Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

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Xavi
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Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Xavi »

Suliko a écrit :Bonsoir prodigal,
Prodigal a écrit :Anne a été battue et violentée régulièrement par Bernard, son mari. Elle a fini par demander le divorce afin de se protéger elle et ses deux enfants. Elle a rencontré Christian, avec qui elle vit désormais, et qui l'aide à se reconstruire.
Les malheurs d'Anne ne lui donnent pas pour autant le droit de vivre avec un homme qui n'est pas son mari devant Dieu. Je suis désolée, mais l'Eglise est claire là-dessus et je serais bien étonnée de lire le contraire chez les Pères de l'Eglise, saint Thomas ou tout autre autorité religieuse...On ne se "reconstruit" pas en opposition avec la Loi divine, c'est pourtant simple! Jamais le Christ ne nous a promis que notre vie sur terre serait forcément facile : elle peut exiger de grands sacrifices.
Merci à Prodigal et à Suliko d’approfondir avec franchise la difficulté concrète par un exemple qui aide à clarifier les échanges et à comprendre la portée concrète de l’exhortation de notre Pape François.

Le cas de « Anne » est concret mais il se limite à un petit résumé de deux lignes. Ce cas est, en réalité, théorique et abstrait de l’ensemble des circonstances concrètes d’un cas réel.

Que pense « Anne » de son mariage sacramentel ?

Que pense-t-elle, elle-même, de l’indissolubilité du sacrement de mariage ?

Croit-elle que c’est Dieu lui-même qui, par et avec son consentement et celui de son époux, les a unis dans un mariage ?

Si sa réponse est oui, croit-elle que ce lien est indissoluble ?

Si sa réponse est encore oui, croit-elle que ce lien conjugal est exclusif de tout autre lien semblable du vivant des époux en cause ?

Si à l’une de ces questions, la réponse est négative, alors ce sont des questions plus profondes qui émergent.

La foi dans le sacrement du mariage ne suppose-t-elle pas la foi dans l’indissolubilité réalisée par Dieu lui-même ?

Celui qui, aujourd’hui contracte un mariage sacramentel, peut-il le faire valablement en pensant que son mariage ne sera indissoluble que si les époux y contribuent tout au long de leur vie ? L’indissolubilité dépend-t-elle des efforts de l’homme et pas seulement de la grâce de Dieu ? Résulte-t-elle du concours de la grâce de Dieu et des efforts de l’homme ? La grâce n’est-elle réelle qu’avec le concours de l’homme ? Ce concours n’est-il pas seulement nécessaire pour qu’elle se réalise efficacement dans sa vie concrète ?

La grâce d’un mariage indissoluble est-elle ou non du même ordre que celle d’un baptême qui plonge dans le Christ même un bébé sans volonté consciente autre que celle de ses parents, qui subsiste même si le baptisé renie ensuite sa foi ?

Le mariage sacramentel de deux époux est-il aussi définitif que le baptême d’un nouveau-né quelle que soit la fidélité ultérieure ou les fautes ultérieures des époux ou du baptisé ?

Est-il possible de savoir avec certitude, au moment du sacrement du mariage, que c’est Dieu qui unit par le consentement des époux et de croire que les conjoints ne peuvent détruire ce lien réalisé par Dieu, même s’ils abandonnent la fidélité promise, nouent d’autres unions ou succombent aux pires fautes ?

Le mariage n’est-il qu’une espérance qu’avec l’aide de Dieu, les époux eux-mêmes préserveront le lien de leur mariage, mais que l’indissolubilité de ce lien continuera après le sacrement à dépendre des époux eux-mêmes ?

Si « Anne » ne croit pas à l’indissolubilité du mariage : dans ce cas, peut-elle contracter un nouveau mariage catholique avec « Christian » ? La foi en l’indissolubilité du mariage sacramentel est-elle un élément essentiel du don mutuel qu’il implique ?

« Anne » peut avoir cru à l’indissolubilité du mariage au moment de son mariage, mais considérer aujourd’hui qu’elle s’est trompée : dans ce cas, rien ne la protège d’une nouvelle erreur semblable. Comment et pourquoi pourrait-elle croire davantage en l’indissolubilité d’un nouveau mariage ? Sa conviction n’est plus qu’une espérance de l’indissolubilité : chacun espère que son mariage sera indissoluble mais certains devraient constater qu’en réalité il pourrait en être autrement.

Est-il encore possible de croire aujourd’hui en l’indissolubilité d’un mariage au moment où son sacrement est célébré ?

Voilà la question pour « Anne » et pour chacun.

Pour ces questions les plus profondes, l’exhortation du Pape n’est qu’une introduction.

Si nous y cherchons un rappel des règles canoniques à appliquer nous risquons d’être déçus.

A cet égard, il est manifeste que l’exhortation Amoris Laetitia est originale. Non par rapport aux enseignements de l’Eglise, mais par le choix des aspects de cet enseignement qui sont rappelés, mis en évidence et développés, ainsi que par la manière de les présenter.

L’originalité de cette exhortation est autant dans ce qu’elle ne rappelle pas que dans le développement d’aspects souvent laissés davantage en retrait.

Elle se tourne prioritairement vers les souffrances vécues par un si grand nombre dans leur vie affective pour leur montrer davantage la lumière qui traverse les ténèbres que l’obscurité de leurs vies.

Personne ne peut se soustraire à l’appel du Pape à donner toujours et d’abord la priorité à la miséricorde. Dieu n’est pas venu pour des justes mais pour des pécheurs.

Amoris Laetitia, c’est un rappel du cœur de l’Evangile.

De manière générale, les règles relatives à des points particuliers ne sont guère rappelées. Partout on retrouve plutôt un rappel des règles plus générales de la miséricorde et de l’amour à l’égard de tous. Mais aucune règle n’est changée.

Plutôt que d’avancer encore dans la discussion des règles particulières, le Pape nous invite à nous asseoir et à prendre le temps d’approfondir les bases de nos convictions et de nos jugements.

Depuis 50 ans, les progrès technologiques et la médiatisation d’innombrables situations particulières ont entraîné l’Eglise dans le développement de règles et de distinctions de plus en plus détaillées, voire subtiles.

Le Pape nous invite à considérer nos pensées et nos actions dans la lumière plus profonde et plus générale de l’Evangile et de l’action de l’Esprit Saint.

Et, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, ce ne sont pas des faux fuyants.

C’est seulement un chemin obligé.

Le Pape ne nous offre-t-il pas une méditation profonde qui ouvre, de manière très vaste, de nombreux chantiers de réflexions tantôt fondamentales tantôt périphériques qui, aujourd’hui encore dans une relative obscurité, pourraient permettre demain de meilleures clarifications ?

On n’osait pas croire, ni espérer qu’il parviendrait à une parole d’unité au cœur des propos parfois si opposés que nous avons pu lire dans les compte-rendus des medias lors du dernier synode

Et pourtant…

Quel calme ! Qui aurait parié sur une réception aussi paisible de l’exhortation qui était attendue du Pape pour conclure les travaux du synode sur la famille ?

Le Pape a-t-il noyé la vérité dans un océan complexe de réflexions susceptibles des interprétations les plus contradictoires ?

En fait, n’a-t-il pas simplement tenu compte avec beaucoup d’attention des tensions importantes manifestées lors du Synode ?

Son exhortation ne dit rien de différent de ce que l’Eglise a toujours dit.

Il se situe fidèlement dans la ligne de ses prédécesseurs et tout ce qu’il rappelle plonge ses racines dans les enseignements antérieurs de l’Eglise.

Il est, par contre, manifeste qu’il n’attire pas l’attention sur les mêmes détails.

Ce qui est différent, ce sont les aspects de l’enseignement de l’Eglise qu’il met en évidence et qu’il développe. Mais, ce n’est pas parce qu’on parle d’une chose enseignée par l’Eglise qu’on rejette une autre chose qu’elle a enseignée par ailleurs.

Cela n’enlève rien à la pertinence des échanges concrets de Prodigal et Suliko.

Si nous rencontrons « Anne », le Pape nous invite à évaluer d’abord ce que la miséricorde nous permet d’exprimer. Parfois, il vaut mieux se taire. Parfois, nous ne pouvons que placer quelques petites lumières périphériques. Parfois, nous sommes obligés de soigner d’abord des blessures et des souffrances avant de pouvoir aller plus loin.

Mais, supposons que la dialogue s’approfondisse avec « Anne » jusqu’à aborder l’indissolubilité du mariage enseignée par le Christ et son Eglise par rapport à sa situation concrète ainsi que la question pointue et si controversée qui peut surgir: « Peut-elle participer à la communion eucharistique ? »

Faut-il chercher un bon jugement sur les fautes commises et leur imputabilité ?

Sur ce point, l’exhortation du Pape François est riche en conseils avisés.

Mais, est-ce que cela dépend des fautes commises, d’un jugement sur leur imputabilité ou d’un jugement des circonstances concrètes actuelles et des diverses personnes impliquées ?

Est-ce qu’une telle approche apporte la réponse ou est-elle seulement une porte étroite qu’il faut d’abord franchir avec miséricorde avant de pouvoir avancer plus loin ?

Si nous ne passons pas par la porte étroite de la miséricorde et de l’amour pour accueillir une personne en difficulté, comment pourrions-nous apporter de la lumière à l’intérieur de son être ?

Ne devons-nous pas d’abord être l’avocat des pauvres et des souffrants ?

Lorsque la personne a été accueillie avec compréhension et amour, sans jugement de condamnation, alors seulement peut commencer un chemin de conversion.

Cela ne vaut pas seulement pour les divorcés remariés qui demandent la communion, cela vaut pour chacun de nous lorsque nous sommes en difficulté dans une situation concrète où une tension interpersonnelle s’est développée, même lorsqu’elle ne concerne pas directement une règle particulière quelconque.

La réponse du Pape paraît claire : d’abord la miséricorde.

Qui oserait prétendre que ce n’est pas le chemin de l’Evangile ?

Et après ?

Le discernement ne doit-il pas d’abord examiner le mariage sacramentel qui a été vécu ? « Anne » a-t-elle vraiment célébré un don mutuel réciproque d’un homme et d’une femme dans lequel l’Eglise reconnaît un lien créé par Dieu lui-même ?

Il semble que le premier des discernements nécessaires est d’inviter d’abord les personnes concernées à un examen sincère et sérieux de leur mariage sacramentel par rapport aux éléments essentiels requis d’un mariage que Dieu réalise lui-même par l’amour et le consentement des époux (cf. Amoris Laetitia, n° 244).

La question peut être extrêmement difficile et pénible à envisager car elle peut parfois être perçue comme fausse parce qu’elle paraît nier tout ce qui a pu être vécu de beau et de vrai dans la réalité. Cela demande une grande attention et beaucoup de délicatesse.

La validité d’un mariage que des époux ont ensuite brisé ne peut jamais être examinée sans le respect de tout ce qui a été vécu de juste, de vrai et de beau, a fortiori lorsque des enfants en sont issus.

Mais, quelle que soit la beauté de certains de leurs aspects, la nullité possible de certains mariages sacramentels peut parfois apparaître lors d’un divorce civil ultérieur qui met en évidence ce qui a parfois manqué à l’engagement de certains époux.

Le Pape François a consacré d’importants efforts pour faciliter l’accès aux procédures en nullité qui aident à discerner la fausseté de certains mariages contractés sans réel engagement dans une union d’amour indissoluble. Il le rappelle dans son exhortation.

Il est possible que, derrière les apparences d’un sacrement du mariage, le jugement de Dieu puisse constater une autre réalité. Peut-être que le mariage de « Anne » n’est pas valide et que c’est la véritable cause de son divorce civil. Peut-être qu’elle n’a pas les moyens juridiques concrets de pouvoir le faire constater. Peut-être que c’est un véritable mariage que Dieu lui permet de nouer avec « Christian » mais qu’il est concrètement empêché.

N’est-ce pas le premier examen sincère à effectuer pour toute « Anne » ?

A-t-elle réellement contracté un lien d’amour indissoluble au moment de son mariage sacramentel ? Est-ce bien Dieu lui-même qui a unit ces époux, comme Jésus l’affirme dans l’Evangile ?

Mais, si « Anne » pense, après un examen éclairé, qu’elle s’est réellement et valablement engagée dans un lien d’amour indissoluble au moment de son mariage sacramentel, ne lui faut-il pas alors examiner si, dans le présent et devant la communauté, elle confirme sa foi dans le lien indissoluble qu’elle a contracté ?

Nous touchons ici à une question grave et profonde dans la réalité concrète.

Si elle croit que ce lien est dissous, ne faut-il pas constater que « Anne » ne croit pas ou plus à son indissolubilité ? S’est-elle trompée lors du sacrement (elle pense aujourd’hui que Dieu ne l’a pas uni de manière indissoluble à son conjoint) ou pense-t-elle que l’indissolubilité n’est qu’une possibilité qui ne se réalise que par la fidélité continue des conjoints dans le temps (elle pense aujourd’hui que des faits humains postérieurs à son mariage ont rompu son indissolubilité) ?

Dans un cas comme dans l’autre, la question de la nullité se pose, mais aussi la question de la foi dans la beauté du mariage et son indissolubilité que révèle l’enseignement du Christ et de son Eglise.
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Suliko
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Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Suliko »

Bonjour Xavi,

Vos propos sont empreints de subjectivisme. Lorsque vous signez en connaissance de cause un contrat, il est valide, peu importent vos humeurs du moment ou les difficultés ultérieures...Lorsque des catholiques se marient à l'Eglise, ils savent très bien qu'il s'agit d'une union indissoluble, et le fait que beaucoup prennent cela à la légère, par manque ou absence de foi ne change à rien à la validité du mariage. Sinon, autant décréter qu'en fait, le 95% des mariages religieux en Europe sont nuls, car les gens n'ont ni la foi, ni l'intention de se plier aux règles de l'Eglise (notamment en matière de contraception)! C'est absurde et cela affaiblit encore plus l'institution du mariage. Vraiment, on n'a pas besoin de ça en ce moment, mais plutôt d'un rappel clair des commandements divins par les pasteurs de l'Eglise!
J'ai l'impression de me répéter ces jours-ci, mais tant pis : les relations consenties hors du mariage religieux sont des péchés mortels, peu importent les circonstances. C'est ce que l'Eglise a toujours enseigné et je défie quiconque de me prouver le contraire! C'est pourtant simple, non? On ne va pas changer les règles sous prétexte que les catholiques d'aujourd'hui, surtout en Occident, n'y obéissent plus? (D'ailleurs, s'ils n'y obéissent plus, c'est parce que la foi n'est plus transmise et c'est cela, le problème principal de l'Eglise et du monde contemporains!).

Suliko
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
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Théodore
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Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Théodore »

On ne détermine pas la morale en faisant de la casuistique, et les commandements du Seigneur sont pour toujours. La doctrine de l'Église en la matière n'est pas changée par Amoris Laetitia, et comment changerait-elle ?
D'un autre côté - et c'est là le sain rappel de cette Exhortation - on ne peut pas se contenter de dire la (dure) vérité aux divorcés-remariés sur leur situation, puis les laisser en plan. Il faut un accompagnement qui les amène à reconnaître la gravité de leur situation, et, peu à peu, leur donne la force et la détermination pour briser les barrières (souvent très lourdes humainement) s'opposant à la régularisation de leur situation.

Je pense que tel est le fond du message d'Amoris Laetitia, interprétée catholiquement.
Unam peti a Domino, hanc requiram,
Ut inhabitem in domo Domini omnibus diebus vitae meae.
Ut videam voluptatem Domini, et visitem templum eius.


Psaume XXVI, verset 7-8.
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Xavi
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Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Xavi »

Suliko a écrit :Vos propos sont empreints de subjectivisme. Lorsque vous signez en connaissance de cause un contrat, il est valide, peu importent vos humeurs du moment ou les difficultés ultérieures...Lorsque des catholiques se marient à l'Eglise, ils savent très bien qu'il s'agit d'une union indissoluble, et le fait que beaucoup prennent cela à la légère, par manque ou absence de foi ne change à rien à la validité du mariage. Sinon, autant décréter qu'en fait, le 95% des mariages religieux en Europe sont nuls
Bonjour Suliko.

Je ne peux que désapprouver, comme vous, tout subjectivisme qui prétendrait justifier un mal par des circonstances subjectives. A cet égard, il est vrai que la miséricorde qui essaie souvent de rejoindre le pécheur dans sa réalité subjective doit aussi veiller à ne pas glisser vers une justification qui nie le mal ou altère la vérité.

Aussi, je ne peux que vous inviter à ne pas interpréter ou comprendre mes propos en leur donnant une telle portée.

A cet égard, vous avez raison de contester tout « subjectivisme ». J’admets que le risque est réel et vous faites bien d’y être attentif.

Mais, attention de ne pas tomber dans un « objectivisme » qui menace tout autant l’approche de la vérité concrète.

Ne rappeler que les commandements risque de nous attribuer une attitude de jugement des personnes qui appartient à Dieu seul.

Vous constatez vous-même qu’un très grand nombre (que vous estimez même à 95 % !) ne s’engage qu’avec un manque ou une absence de foi (c’est une circonstance subjective personnelle) pour en déduire néanmoins qu’ils sont liés par les obligations du mariage et vous semblez en déduire qu’ils sont nécessairement coupables s’ils s’en écartent.

Vous évoquez les consentements « En connaissance de cause » de personnes qui « savent très bien » ce qu’est le mariage, mais c’est déjà là que la difficulté commence, car le consentement est un acte extérieur objectif (les deux époux disent oui), mais aussi une réalité subjective (les deux époux expriment une volonté intérieure). Que savent-ils « très bien » ?

Vous écrivez que le manque ou l’absence de foi (qui est aussi une réalité subjective) « ne change … rien à la validité du mariage ».

Cette affirmation suscite une bonne question.

Celui qui ne donne pas intérieurement son consentement à un don mutuel et indissoluble des époux pourrait-il ainsi contracter un mariage valable du seul fait que les « formules » adéquates ont été volontairement et librement exprimées dans une célébration ?

Que dit le catéchisme ?
« Si le consentement manque, il n’y a pas de mariage » (n° 1626)
« Le consentement consiste en un acte humain par lequel les époux se donnent et se reçoivent mutuellement » (n° 1627)
« Le consentement doit être un acte de la volonté de chacun des contractants » (n° 1628).

Que dit le code de droit canonique ?
Canon 1101
§ 1. Le consentement intérieur est présumé conforme aux paroles et aux signes employés dans la célébration du mariage.
§ 2. Cependant, si l'une ou l'autre partie, ou les deux, par un acte positif de la volonté, excluent le mariage lui-même, ou un de ses éléments essentiels ou une de ses propriétés essentielles, elles contractent invalidement.


Il est impossible de reprendre ici tous les aspects à considérer pour approcher avec justice et vérité les innombrables situations familiales blessées que nous croisons sur notre route.

J’espère que tous ceux qui dans ce forum ou ailleurs s’y intéressent, prendront la peine de lire en entier l’exhortation Amoris Laetitia de notre pape François. J’espère que vous l’avez lue Suliko.

Votre sensibilité et vos réactions sont nécessaires pour contribuer à la lumière que le Pape François essaie de nous apporter.
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Suliko
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Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Suliko »

Bonsoir Xavi,
Mais, attention de ne pas tomber dans un « objectivisme » qui menace tout autant l’approche de la vérité concrète.

Ne rappeler que les commandements risque de nous attribuer une attitude de jugement des personnes qui appartient à Dieu seul.
Pourtant, à une époque comme la nôtre, où même le pape ne rappelle plus clairement la doctrine, cela me semble plus que nécessaire! Il faut se rendre compte que dans la plupart des paroisses règne un grand libéralisme et une profanation de l'eucharistie par des communions sacrilèges. Multiplier les cas particuliers pour permettre à plus de personne de communier, c'est ajouter encore plus de désordre dans l'Eglise.
J’espère que tous ceux qui dans ce forum ou ailleurs s’y intéressent, prendront la peine de lire en entier l’exhortation Amoris Laetitia de notre pape François. J’espère que vous l’avez lue Suliko.
Honnêtement, j'en ai lu des extraits et je n'ai absolument pas l'intention de la lire en entier. A une époque troublée comme la nôtre, ce qui eût été nécessaire, c'est un rappel clair et bref de la position catholique sur le mariage. Ce n'est fait ni dans les paroisses, ni par le pape...Pourtant, ce n'est pas bien compliqué...Comment s'étonner que les gens se disant catholiques n'ont que faire de la morale chrétienne si elle ne leur a jamais été enseignée depuis l'enfance? Et à présent, sous prétexte que les situations de péché se multiplient, on décide d'adoucir les exigences chrétiennes. Cela ne peut pas marcher et surtout, c'est une infidélité devant Dieu. Je n'arrive pas à vous comprendre : vous cherchez la complication là où l'enseignement de l'Eglise a toujours été limpide.

Que Dieu guide l'Eglise,

Suliko
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Héraclius
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Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Héraclius »

Pour une fois, j'ai plus ou moins le même avis que vous, chère Suliko... J'aime le Saint Père, mais ses maladresses et son incapacité apparente à faire face à de graves crises spirituelles, comme les communions sacrilèges qui sont sans doute majoritaires en France, m'attriste. Je suis un peu dans le doute.

Cela dit, Amoris Laetitia est essentiellement coupable par son silence, pas tant par son propos, qui est beau - même si on se serait bien passé de l'ambiguité cachée au fond d'une obscure note de bas de page.

Enfin. Az wi sai in ze milieu :

Christus vincit! Christus regnat! Christus imperat!
Exaudi, Christe.
Francisco, Summo Pontifici et universali Pape, vita!
Salvator mundi, tu illum adiuva
Sancte Petre, tu illum adiuva
Sancte Paule, tu illum adiuva
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
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Xavi
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Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Xavi »

Héraclius a écrit :Pour une fois, j'ai plus ou moins le même avis que vous, chère Suliko... J'aime le Saint Père, mais ses maladresse et son incapacité apparente à faire face à de graves crises spirituelles, comme les communion sacrilèges qui sont sans doute majoritaires en France, m'attriste. Je suis un peu dans le doute.

Cela dit, Amoris Laetitia est essentiellement coupable par son silence, pas tant par son propos, qui est beau - même si on serait bien passé de l'ambiguïté cachée au fond d'une obscure note de bas de page.
Qu’un administrateur et modérateur d’un forum catholique reproche au Saint Père des « maladresses » ainsi qu’une « incapacité apparente » et qualifie son exhortation de « coupable », n’est-ce pas une source de confusion majeure pour « l’intelligence de la foi » ?

Cher Heraclius, ne pensez-vous pas que le premier devoir d’un catholique, c’est de chercher, au moins, à comprendre le Saint Père ?

Et donc, d’abord, de lire son exhortation. Comment pouvez-vous être d’accord avec Suliko qui déclare n’avoir même pas lu Amoris Laetitia, mais n’en connaître que des extraits.

Avez-vous lu le texte en entier ?

Juger publiquement un texte du Magistère sans l’avoir lu, n’est-ce pas un terrible indice d’un manque de justice ? Imaginez que vous seriez vous-même devant un juge qui voudrait vous juger en écoutant seulement quelques extraits de vos explications !

Si nous jugeons le Pape sans même regarder l’entièreté de ce qu’il nous présente, ne faut-il pas craindre que nous ayons des jugements similaires des situations irrégulières sans même regarder l’entièreté de leurs aspects ?

N’est-ce pas exactement, et pour la deuxième fois (après son encyclique Laudato si qui nous invite à considérer tous les aspects de l’humain dans la création), ce que le Pape nous demande, de manière justifiée, d’éviter, en nous invitant à considérer tous les aspects des souffrances des familles de notre époque et pas uniquement les règles qui les concernent ?

Il est très important de rappeler les règles particulières de la morale familiale, mais n’oublions pas de rappeler aussi les règles principales. Quel est le premier et le plus important des commandements ?

Nous pouvons tous avoir des difficultés avec certaines orientations de notre Saint Père, mais nous ne sommes pas ici en présence de propos spontanés ou informels mais d’un document important du Magistère.

Si nous ne le recevons pas avec tout le respect et l’écoute attentive que nous devons au successeur de Pierre, ne sommes-nous pas sur un chemin subjectiviste et relativiste où chacun croit pouvoir juger de tout et se met au-dessus de tout ?

Rappelons autant que nous le souhaitons les enseignements des papes antérieurs qui nous semblent pertinents, mais si nous ne trouvons pas les textes actuels du Pape actuel comme dignes de respect c’est aussi l’autorité de tous les textes plus anciens des autres papes que nous affaiblissons.

L’exhortation Amoris Laetitia ne peut être reçue et interprétée que dans la continuité et la fidélité avec les enseignements du Magistère qui l’ont précédée.

Un catholique ne devrait-il pas éviter, voir s’interdire, des procès d’intentions ou des suspicions fondées sur de prétendues contradictions dans l’enseignement de l’Eglise, entre le Pape François et les papes qui l’ont précédé ?

Le Pape François a, bien sûr, ses opinions et ses souhaits personnels, comme chacun de nous, et nous pouvons en discuter en toute liberté, mais ne devons-nous pas croire que l’Esprit Saint protège son Eglise lorsque le successeur de Pierre s’exprime et croire que le Pape cherche et veut fermement rester fidèle à l’enseignement de l’Eglise ?

Il est libre de choisir les aspects de la doctrine de la foi qu’il présente et qu’il approfondit.

Mais, toujours dans la fidélité.

A nous de ne pas fermer les yeux sur certains aspects que n’aimons pas regarder.

De l’ambiguïté, il y en a toujours lorsque nous parlons de Dieu ou des vérités fondamentales, car Dieu ne se laisse jamais enfermer dans nos mots ou nos règles.

Suliko souhaite un rappel « clair et bref ».

Restons en communion avec le Pape.

C’est le Christ lui-même qui ne cesse de prier pour que sa foi ne défaille pas. Et soyons en sûr, elle ne défaillera pas !

Même si elle n’est pas à l’abri du vent, des tempêtes ou des nuages dans le ciel.
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Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Héraclius »

Cher Xavi,

J'ai just émis l'idée que le pape omettait certains sujets sensibles. Je reste fidèle au Saint Père et même de façon générale à ce qu'on l'on pourrait appeller la "ligne romaine", qui se trouve être également la "ligne éditoriale" du forum. Nul part vous me verrez mettre dos à dos le Pape et ses prédécesseurs.

Le Catholicisme n'implique pas d'être d'accord avec toutes les postures du Pape, seulement celles qui sont contraignantes. Non seulement ce texte n'a pas de valeur magistérielle forte, mais encore je ne l'accuse en rien dans son contenu, seulement dans son silence. Disons qu'un rappel de la doctrine de l'Eglise n'aurait pas fait de mal, étant donné l'opinion erronée de nombreux catholiques à son sujet.

Il ne s'agit en tout cas en aucun cas de nier l'autorité de Sa Sainteté, ou même l'intérêt de la publication de cet exhortation dont j'estime le contenu. Cependant, tout en maintenant l'attention particulière et tout à fait évangélique qu'il a pour les "marges" de notre société humaine, cela ne coûterait pas grand' chose au Vatican de produire un décret sur les communions sacrilèges incitant les prêtres à précher les risques de communier sans confession en général, ou d'insérer tois lignes dans cette exhortation rappelant la Doctrine pour le cas très particulier des divorcés remariés, en lieu et place d'une contentieuse note de bas de page qui pourrait laisser croire à certains prêtres que ça y est, il peuvent accorder les sacrements.


Héraclius -
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
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Xavi
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Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Xavi »

Merci Héraclius pour vos précisions.

Ecrire que « ce texte n'a pas de valeur magistérielle forte » n’est-il pas surprenant ?

Même s’il ne s’agit ni d’une déclaration infaillible solennelle, ni d’une encyclique, un forum catholique peut-il nier la « valeur magistérielle forte » d’une exhortation apostolique adressée par le Pape à tous les catholiques ?

Aurait-il fallu insérer trois lignes en lieu et place d’une note ?

Là, permettrez-moi, cher Héraclius , de vous répéter ma question la plus importante : avez-vous lu Amoris Laetitia (en entier) ?

N’est-ce pas le minimum dû à notre Saint Père avant tout commentaire public critique sur tel ou tel passage interpellant ?
S.S. le Pape François, dans Amoris Laetitia, n° 7 a écrit : je ne recommande pas une lecture générale hâtive. Elle sera plus bénéfique, tant pour les familles que pour les agents de pastorale familiale, s’ils l’approfondissent avec patience, morceau par morceau, ou s’ils cherchent en elle ce dont ils peuvent avoir besoin dans chaque circonstance concrète …
J’espère que chacun, à travers la lecture, se sentira appelé à prendre soin avec amour de la vie des familles
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Héraclius
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Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Héraclius »

Cher Xavi,
Ecrire que « ce texte n'a pas de valeur magistérielle forte » n’est-il pas surprenant ?

Même s’il ne s’agit ni d’une déclaration infaillible solennelle, ni d’une encyclique, un forum catholique peut-il nier la « valeur magistérielle forte » d’une exhortation apostolique adressée par le Pape à tous les catholiques ?
C'est précisément en ce sens qu'il ne s'agit pas d'un document à valeur contraignante et doctrinale, comme une encyclique, qu'une exhortation essentiellement pastorale n'a pas de "valeur magistérielle forte". Si on la compare avec Laudato Si', par exemple, elle est "moins importante". Mais dire cela, cela n'est pas nier qu'elle reste part de l'enseignement du Siège apostolique !
Aurait-il fallu insérer trois lignes en lieu et place d’une note ?
Non, la question est d'avantage : le gain de laisser planner une ambiguité au lieu de réaffirmer l'enseignement traditionnel en vallait-il le coût ?
Là, permettrez-moi, cher Héraclius , de vous répéter ma question la plus importante : avez-vous lu Amoris Laetitia (en entier) ?
J'admet en avoir fait une lecture un peu rapide, "générale" et incomplète. Mais ma réfléxion, encore une fois, ne porte pas tant sur le contenu de l'exhortation, que je suis même prêt à louer, que sur ce qu'elle ne contient pas.

Héraclius -
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
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Toto
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Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Toto »

Mais non, nous n'avons pas à lire en entier un texte avant de se prononcer sur tel ou tel morceau particulier. Au surplus, si le Pape veut être lu en entier, qu'il ne rédige pas des exhortations de 260 pages.
Et j'ajoute que je ne me sens nullement gêné pour dénoncer les ambiguïtés de certains passages de ce texte, surtout quand ces remarques sont soutenues par le rappel du Magistère passé. Saint Jean Paul II, Familiaris Consortio, ce n'est pas si vieux, pourtant! C'est vraiment un enseignement affadi, tel le sel de l'Evangile, qui sera bientôt foulé aux pieds.
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Suliko
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Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Suliko »

Bonsoir Xavi,

Je suis désolée si je vous trouble.
Et donc, d’abord, de lire son exhortation. Comment pouvez-vous être d’accord avec Suliko qui déclare n’avoir même pas lu Amoris Laetitia, mais n’en connaître que des extraits.
Si je ne la lis pas, c'est parce que les propos et les actes ambigus du pape me sont suffisants pour percevoir la ligne de son pontificat. Il faudrait vraiment être aveugle pour ne pas constater que François multiplie les paroles et les gestes pour le moins peu clairs. Je veux bien regarder d'un œil indulgent un ou deux actes ou propos suspects, mais lorsqu'ils se répètent de manière régulière, je ne puis plus croire à de la maladresse de la part du pape. Et surtout, eu égard à ce qui se passe depuis des décennies dans la majorité des paroisses, je pense être dans mon droit en attendant des textes pontificaux clairs à l'adresse des fidèles, mais aussi des remontrances envers les (nombreux) évêques et prêtres peu enclin à enseigner la doctrine et la morale orthodoxes. Je ne pense pas trop en demander....

Suliko
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
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Xavi
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Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Xavi »

Merci à Héraclius, Toto et Suliko.

Je trouve interpellant votre persistance à contester une exhortation du Saint-Père et, en outre, à le faire sur la base d’une lecture incomplète ou par extraits.

Il me semble que le manque de communion avec le Saint-Père peut créer des désordres plus graves que ceux que vous lui reprochez ou que vous dénoncez.

Vous le trouvez « incomplet » tout en lui reprochant d’être trop long pour être lu utilement !

Pensez-vous savoir mieux que lui ce qu’il convient de dire aujourd’hui à l’Eglise au point que vous ne trouvez même pas utile de lire ce qu’il dit ?

Mais, cher Heraclius, ce sont surtout vos interventions qui m’inquiètent car vous assurez l’administration et la modération de ce forum dans lequel de nombreux visiteurs et membres aimeraient trouver des clarifications positives sur la foi de l’Eglise catholique telle qu’elle est enseignée par le Magistère et pas seulement des critiques qui augmentent l’obscurité.

La critique du Saint-Père me semble dépasser, dans ce sujet, les limites qu’un forum catholique devrait veiller à préserver s’il veut rester une référence pour l’intelligence de la foi catholique qui ne peut être que celle qui est professée en communion avec le Pape.
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Héraclius
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Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Héraclius »

Mais, cher Heraclius, ce sont surtout vos interventions qui m’inquiètent car vous assurez l’administration et la modération de ce forum dans lequel de nombreux visiteurs et membres aimeraient trouver des clarifications positives sur la foi de l’Eglise catholique telle qu’elle est enseignée par le Magistère et pas seulement des critiques qui augmentent l’obscurité.

La critique du Saint-Père me semble dépasser, dans ce sujet, les limites qu’un forum catholique devrait veiller à préserver s’il veut rester une référence pour l’intelligence de la foi catholique qui ne peut être que celle qui est professée en communion avec le Pape.
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Comprennez bien que ma postion n'est en rien comparable (dans mon esprit) à des propos comme ceux de Suliko ou de Toto. Je comprends, certes, leur désir de clarté. Mais je ne remet en cause ni les intentions, ni la catholicité, ni l'enseignement du Pape ; je ne crois pas qu'il collabore activement à l'affaidissement de l'évangile.

Je crois simplement qu'il devrait faire quelques précisions, sans que cet avis prétende avoir quelque autorité intellectuelle ou spirituelle, ni engage le forum. Je crois aussi que le Saint Père devrait célébrer Ad Orientem : est-ce un crime ? Le Catholicisme n'est pas une religion de moutons. Pas besoin d'être parfaitement d'accord avec le pape sur tous les points pour être en communion avec lui ; j'aurais été un piètre catholique sous le Bx Pie IX.

Je reste le fils dévoué et très soumis du Pontife Romain.


Pour ce qui est des avis exprimés, ils sont d'un bord traditionaliste fort, mais le forum cultive la pluralité. Sinon autant se séparer de la moitié des intervenants parce qu'ils sont à "droite" ou à "gauche" de la ligne romaine.

Dieu vous bénisse.
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
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Toto
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Re: Exhortation apostolique : Amoris Laetitia, la joie de l'amour

Message non lu par Toto »

Je me suis livré à un petit jeu : avec une fonction alea sur Excel, j'ai sorti trois numéros de paragraphes au hasard, c'étaient les 48, 100 et 161. Je les ai lus avec intérêt et je dois reconnaître qu'ils sont appréciables et intéressants, surtout au paragraphe 48, où l'euthanasie et le suicide sont décrits comme de "graves menaces". Ainsi, il y a aussi beaucoup de choses bonnes.
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