Re: Perte de Foi
Publié : mar. 07 avr. 2015, 18:35
J'ai retrouvé la petite "dissertation" sur le thème" dans "Le journal d'un curé de campagne" de Bernanos :
« Cette expression de « perdre la foi » comme on perd sa bourse ou un trousseau de clefs m’a toujours paru d’ailleurs un peu niaise. Elle doit appartenir à ce vocabulaire de piété bourgeoise et comme il faut légué par ces tristes prêtres du XVIIIe siècle si bavards.
On ne perd pas la foi, elle cesse d’informer la vie, voilà tout. Et c’est pourquoi les vieux directeurs n’ont pas tort de se montrer sceptiques à l’égard de ces crises intellectuelles, beaucoup plus rares sans doute qu’on ne prétend.
Lorsqu’un homme cultivé en est venu peu à peu, et d’une manière insensible, à refouler sa croyance en quelque recoin de son cerveau, où il la retrouve par un effort de réflexion, de mémoire, eût-il encore de la tendresse pour ce qui n’est plus, aurait pu être, on ne saurait donner le nom de foi à un signe abstrait, qui ne ressemble pas plus à la foi, pour reprendre une comparaison célèbre que la constellation du Cygne à un cygne. »
Le langage de Bernanos est toujours extraordinaire, mais l'important ici, c'est de considérer la foi comme étant tout autre chose qu'une connaissance intellectuelle. Du reste, aimer, c'est déjà croire. Quiconque pense avoir la foi sans s'être montré charitable ou sans avoir jamais pardonné à quiconque... gare à lui !
« Cette expression de « perdre la foi » comme on perd sa bourse ou un trousseau de clefs m’a toujours paru d’ailleurs un peu niaise. Elle doit appartenir à ce vocabulaire de piété bourgeoise et comme il faut légué par ces tristes prêtres du XVIIIe siècle si bavards.
On ne perd pas la foi, elle cesse d’informer la vie, voilà tout. Et c’est pourquoi les vieux directeurs n’ont pas tort de se montrer sceptiques à l’égard de ces crises intellectuelles, beaucoup plus rares sans doute qu’on ne prétend.
Lorsqu’un homme cultivé en est venu peu à peu, et d’une manière insensible, à refouler sa croyance en quelque recoin de son cerveau, où il la retrouve par un effort de réflexion, de mémoire, eût-il encore de la tendresse pour ce qui n’est plus, aurait pu être, on ne saurait donner le nom de foi à un signe abstrait, qui ne ressemble pas plus à la foi, pour reprendre une comparaison célèbre que la constellation du Cygne à un cygne. »
Le langage de Bernanos est toujours extraordinaire, mais l'important ici, c'est de considérer la foi comme étant tout autre chose qu'une connaissance intellectuelle. Du reste, aimer, c'est déjà croire. Quiconque pense avoir la foi sans s'être montré charitable ou sans avoir jamais pardonné à quiconque... gare à lui !