Re: Pour les chrétiens d'Irak
Publié : jeu. 19 juin 2014, 23:54
Article d'Aleteia:
http://www.aleteia.org/fr/international ... 8624710656
http://www.aleteia.org/fr/international ... 8624710656
Pour l'intelligence de la foi
https://cite-catholique.org/
La toute fin des chrétiens d'Irak
Ils représentent 2% de l'ensemble de la population irakienne, contre 20% en 1932 et 5% à la veille de l'invasion américaine en 2003.
Depuis la chute de Saddam Hussein, et l'enlisement du pays dans la spirale de la violence et du terrorisme, leur nombre n'a cessé de diminuer.
Aujourd'hui, les chrétiens, dont le nombre est déjà en nette réduction dans tout le
Moyen-Orient, risquent de disparaître d'un des plus vieux berceaux du christianisme.
A Mossoul, tombée aux mains des djihadistes de l'Etat islamique d'Irak et du Levant (EIIL) dans la nuit du lundi 9 juin, ils étaient 30.000, sur une population totale de deux millions d'habitants majoritairement musulmans, à résider encore dans cette ville-clé de la présence chrétienne en Irak. «Aujourd'hui, il ne reste plus qu'une cinquantaine de familles chrétiennes, tout au plus», assure Monseigneur Georges Casmoussa, ancien archevêque syriaque catholique de cette ville, dans laquelle il avait été lui-même enlevé par un groupe islamiste en 2005.
A Mossoul, les chrétiens doivent payer l'impôt de la dhimmitude
De l'Observatoire de la Christianophobie:
"Ce ne sera une surprise que pour ceux qui se bercent d’illusions.
Les chrétiens de Mossoul – en tout cas ceux qui y sont restés après que l’État Islamique d’Irak et du Levant (EIIL) en a pris le contrôle – doivent désormais payer la djizîa, l’impôt de dhimmitude, aux occupants islamistes.
L’information a été donnée sur le site de langue arabe Alsumaria News de la Haute Commission pour les droits de l’homme en Irak, et confirmée vendredi par des sources de la province de Ninive du site Assist News Service.
Faute de payer la djizîa – dont le montant minimum est de 250 US$ [ soit 183.8 euros] par mois –, les chrétiens risquent la mort et la saisie de leurs biens. Aucun chrétien ne peut, évidemment, payer une telle somme… L’idée des islamistes est que cet impôt de dhimmitude fera fuir le peu de chrétiens qui demeurent à Mossoul et dans sa région afin de la débarrasser de toute présence chrétienne… "
Irak: Le Qatar recruterait des Africains pour combattre aux côtés de l'EIIL
Bagdad/Tripoli, 22 juin 2014 (Apic) Selon l'agence d'information iranienne FARS, le Qatar a récemment recruté en Libye près de 1'800 combattants nord-africains pour appuyer les forces de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), qui occupent actuellement le nord de l'Irak.
ASIE/IRAQ - Témoignage de l’Archevêque chaldéen de Mossoul en cette journée de prière et de jeûne pour la paix :
« les interventions armées ne résolvent pas les problèmes »
Mossoul (Agence Fides) – « Dans les villages de la plaine de Ninive, qui ont accueilli une partie de la population ayant fui Mossoul, la situation empire de jour en jour. Depuis deux jours, l’eau manque tout comme l’énergie électrique. Le carburant quant à lui commence à se faire rare. Par ailleurs, la nuit dernière, une partie de Mossoul a été bombardée, causant un nouvel exode de civils ».
C’est ainsi que l’Archevêque chaldéen de Mossoul, S.Exc. Mgr Amel Shamon Nona, décrit à l’Agence Fides la dégradation progressive des conditions de vie de la population après l’offensive qui a placé la ville sous le contrôle des miliciens du prétendu « Etat islamique de l’Irak et du Levant ».
Entre temps, aujourd’hui, mercredi 18 juin, dans l’ensemble des communautés chaldéennes du monde, est observée la journée de prière et de jeûne pour la paix en Irak, proclamée par le Patriarche, S.B. Louis Raphaël I Sako.
« Ici, dans le village de Tilkif – indique Mgr Nona – nous prierons avec les enfants et les familles en demandant au Sacré-Cœur de Jésus de conserver la paix également dans nos cœurs et de préserver tous nos compatriotes de la violence et de la guerre ».
S’agissant des conjectures relatives à de possibles interventions militaires de puissances étrangères dans le contexte irakien actuel, l’Archevêque chaldéen de Mossoul rappelle que, « ici en Irak, nous avons déjà vu bien des fois que la guerre et les interventions militaires ne résolvent rien et que les problèmes explosent à nouveau, tôt ou tard, d’une manière encore plus dévastatrice. Il faut trouver, avec patience, un langage commun et des instruments de dialogue en mesure d’impliquer tous les irakiens ».
Dans le même temps, dans la plaine de Ninive, une équipe de responsables de l’UNICEF a réalisé un premier état des lieux afin de promouvoir dès les prochains jours des initiatives de soutien au profit des enfants et des jeunes impliqués dans l’exode à partir des zones de conflit. Au bureau de l’UNICEF d’Erbil travaillent environ 50 personnes. « Notre priorité – indique à Fides le médecin Marzio Babille, originaire de Trieste et représentant de l’UNICEF pour l’Irak – est de préserver l’enfance irakienne en accordant une attention particulière aux communautés minoritaires qui, dans cette zone, ont été pénalisées depuis longtemps et vivent maintenant l’expérience traumatisante de devoir fuir de leurs propres maisons ». (GV) (Agence Fides 18/06/2014)
!Irak : au Nord de Bagdad, les chrétiens ne seraient pas inquiétés
Les chrétiens ne sont pas inquiétés du tout au nord de Bagdad
À propos de l’Irak, la désinformation est coutumière, alors qu’il suffit de téléphoner à des amis qui sont présents là-bas pour savoir ce qui se passe (le téléphone n’a été coupé qu’un jour).
Dans la période d’incertitude qui a suivi le départ des troupes de l’armée « irakienne » de Mossoul – ces troupes, ainsi que l’administration que les Américains avaient mis en place depuis 11 ans, étaient chiites –, 300 familles chrétiennes sont allées chercher refuge à Qarakosh ; près de vingt familles sont restées sur place et n’ont aucunement été inquiétées. Au reste, la vie normale a repris dès le lendemain du départ des chiites.
• Une « invasion » très curieuse
En réalité, il n’y a pas eu « d’invasion » jihadiste, mais une insurrection de la population sunnite, encadrée par des anciens cadres du parti Bath, et à laquelle ont donné un coup de mai[/b]n des jihadistes payés par l’Arabie Saoudite et venus de Syrie où ils commettent des atrocités contre la population syrienne depuis trois ans. En tant que mercenaires internationaux (islamistes), ils font ce que les payeurs leur demandent. En Irak, ils ont été employés pour terrifier les soldats chiites, qui ont vite quitté la région de Mossoul. Quant au projet d’Etat islamique du Levant – qui engloberait une partie de la Syrie et de l’Irak –, il relève surtout de la propagande d’un petit groupe terroriste employé en Syrie (Daech ou EIIL en français), mais il a été habilement mis en avant par des médias américains. Car, sur le terrain, à Mossoul, le nouveau gouverneur est celui qui était en place en 2003. C’est dire s’il n’a rien d’islamiste
ASIE/IRAQ - Témoignage de l’Archevêque chaldéen de Mossoul à propos de la destruction d’une statue de Notre-Dame de la part des islamistes et de la situation
Mossoul (Agence Fides) – S.Exc. Mgr Amel Shamon Nona confirme à l’Agence Fides la destruction d’une statue de la Très Sainte Vierge Marie de la part des insurgés sunnites qui ont pris le contrôle de la ville mais ajoute que, pour le moment, il n’existe pas de preuves de l’imposition aux chrétiens d’une « taxe islamique » de la part des miliciens du prétendu « Etat islamique de l’Irak et du Levant ». « Une statue de la Très Sainte Vierge Marie – indique l’Archevêque à Fides – a été détruite par des éléments islamistes qui l’avaient descendu d’une tour de l’église chaldéenne de l’Immaculée Conception.
Le sanctuaire marial constitue un lieu de culte très fréquenté par les fidèles – ajoute Mgr Nona – et, au cours du démontage et de la destruction de la statue de Notre-Dame, l’intérieur de l’église n’a pas été violé. Le même sort a été réservé à d’autres statues de la ville ».
De la campagne iconoclaste conduite par les insurgés islamistes à Mossoul et dans le nord de l’Ira k ont également fait les frais des statues comme celles du mullah Osman Musli et du poète Abu Tammam.
L’Archevêque chaldéen de Mossoul ne confirme pas pour l’instant les rumeurs circulant à propos d’une présumée « taxe personnelle » imposée aux chrétiens de Mossoul par les miliciens du prétendu « Etat islamique de l’Irak et du Levant ».
Différentes sources affirment que les chrétiens demeurés en ville sont très peu nombreux, en majorité des personnes âgées. « Jusqu’ici – indique Mgr Nona, se trouvant lui aussi dans le village de Tilkif – seuls certains salariés du secteur publics de religion chrétienne se sont vus intimer de ne pas retourner à leur poste en faisant explicitement référence à leur statut de membres d’une minorité. Certes, la situation empire et nous sommes tous préoccupés mais je vois également que la condition des chrétiens fait parfois l’objet d’opérations de propagande. Il s’agit d’une instrumentalisation dangereuse y compris pour les chrétiens eux-mêmes. Ils parlent de nous mais en réalité, ils ont un autre but ».
Dans la journée du Dimanche 22 juin, au cours d’un entretien télévisé, le Ministre irakien chargé des droits fondamentaux, Mohammed Shia al Sudani, a accusé les miliciens sunnites du prétendu « Etat islamique de l’Irak et du Levant » d’avoir commis des atrocités envers la population de la plaine de Ninive, incendiant des églises, imposant des taxes aux communautés chrétiennes et violant des chrétiennes, cinq desquelles, selon le Ministre, se seraient ensuite suicidées. (GV)
Les derniers chrétiens de Mossoul, cible des jihadistes
Environ 500 chrétiens vivraient encore à Mossoul.
L'EIIL a imposé aux chrétiens d'Irak le statut discriminatoire de «dhimmi», les obligeant à payer un impôt élevé contre une garantie de protection.
Une bien triste nouvelle pour les derniers chrétiens de Mossoul, l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), Daech selon son anagramme en arabe, vient de leur ordonner le payer le jizya, soit un impôt spécial dit de capitation, ce qui leur confère par la même un statut de citoyen de seconde zone.
Cet impôt, selon divers témoignages recueillis par téléphone à Mossoul auprès de familles chrétiennes, s’élève à 250 dollars par personne ayant un emploi, soit 500 dollars pour un couple. «Ils ont le choix entre payer, se convertir ou s’en aller», a indiqué lundi le père Issa Tahir, de la petite Eglise chaldéenne.
«PACTE DE PROTECTION» OBLIGATOIRE
Cette obligation de payer le jizya fait du chrétien un dhimmi «un protégé», soit un citoyen non-musulman dans Etat musulman, lié à celui-ci par un «pacte de protection» obligatoire. Il s’adresse également à tout citoyen non-musulman à condition qu’il appartienne à une religion révélée (judaïsme, zoroastrisme, etc.). Il s’accompagne en général de certaines obligations discriminantes, d’une liberté de culte restreinte, de la perte de certains droits en échange d’une garantie de sécurité pour leur personne et leurs biens.
Selon plusieurs chrétiens réfugiés dans le Kurdistan d’Irak, les islamistes d'EIIL ont même fait savoir qu’un musulman qui volerait un chrétien serait exécuté alors qu’il n’aurait que la main tranchée s’il volait un autre musulman. Une information qui n’a pu être confirmée.
VANDALISME
Un chrétien de Bagdad a aussi fait savoir que sa fille venait d’être chassée de son emploi en raison de sa confession. Le nombre de chrétiens à Mossoul est estimé aujourd’hui à quelque 500 personnes sur près de deux millions d’habitants. Beaucoup ont fui ces dix dernières années, en particulier après l’invasion américaine de l’Irak, qui en a fait la cible des islamistes.
Par ailleurs, selon le père Tahir, deux églises de Mossoul, celle du Saint-Esprit, qui appartient à l’Eglise chaldéeene, et une autre en construction de la communauté arménienne ont été dernièrement complètement vandalisées. Une statue de la Vierge qui se trouvait sur autre église a également été détruite.
Jean-Pierre PERRIN (envoyé spécial en Irak)
Et pendant ce temps là : Du Salon beige :Chrétiens d'Irak : plus urgent que le foot !
C'est le cardinal Barbarin qui l'écrit avec raison. Au lieu de plonger devant les écrans pour le troisième match de l'équipe de France, lisons cet appel urgentissime qui concerne nos frères :
"Les mots semblent impuissants devant la tragédie des chrétiens d'Orient. En Irak, les informations parfois contradictoires qui nous parviennent témoignent du chaos et de l'angoisse de nos frères.
Mardi soir, j'ai reçu l'appel du Patriarche des Chaldéens, Louis-Raphaël Ier Sako que j'avais eu la joie d'accueillir à Lyon en Mars. Il est actuellement en synode avec une vingtaine d'évêques de la région. Il me dit que la situation est effrayante, mais que des menaces beaucoup plus graves sont encore à venir. L'éradication des minorités religieuses n'est hélas pas un dommage collatéral de la folle stratégie des assassins: c'est leur but affiché.
En France, il faut bien le dire, la situation des chrétiens d'Irak n'est pas un grand générateur d'émotions. Comment expliquer que, jusque dans nos paroisses, nous ne portions pas davantage le souci de nos frères d'Orient? Plusieurs raisons l'expliquent sans doute. La presse est le reflet des consciences de notre pays: les chrétiens de là-bas sont considérés comme un problème étranger. Il y a sans doute aussi une espèce de fatalisme: la région est en proie à des secousses meurtrières depuis si longtemps que tous, nous nous habituons à l'inacceptable.
Le fait qu'ici, en Occident, les religions soient officiellement respectées mais aussi fréquemment suspectées, n'arrange rien. La situation des chrétiens persécutés dans le monde ne provoque souvent chez nos politiques qu'une compassion polie, tardive et peu suivie d'effets. Asia Bibi entame sa 4e année de détention préventive dans une prison pakistanaise de haute sécurité sans que cela n'empêche grand-monde de dormir ; ces dernières semaines, Meriam Yahia Ibrahim Ishag a accouché dans les prisons soudanaises, enchaînée pour allaiter son petit dans le couloir de la mort ; la pression américaine a permis une libération... de quelques heures, puisqu'elle a de nouveau été arrêtée."
Le grand mufti d’Irak soutient EIIL
Le grand mufti d’Irak a pris ouvertement et fermement position pour les terroristes de l’Etat islamique en Irak et au Levant. Rafi Al-Rifa'i, plus haute autorité sunnite d’Irak a déclaré :
« Les révolutionnaires tribaux agissent pour changer complètement le processus politique en Irak ; 15 factions armées prennent part à la révolution contre le gouvernement, suite à l’injustice à laquelle sont soumis les Arabes sunnites. Ceci est une révolution populaire à laquelle le peuple irakien participe aux côtés de ces groupes armés. Notre seul objectif est de mettre fin à l’injustice de Maliki et de ceux qui le suivent, qui ont détruit le pays, volé sa richesse, tué son peuple et détruit ses sanctuaires sacrés. »
Mais surtout, ne mélangez pas islam et islamisme, sunnisme et terrorisme et padamalgam.
France: Appel du cardinal Barbarin en faveur des chrétiens en Irak
«Plus urgent que le foot!»
Lyon, 27 juin 2014 (Apic) Dans son édition du 27 juin 2014, L’Osservatore Romano a relayé l’appel pressant lancé la veille dans les colonnes du quotidien français «Le Figaro» par le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, en faveur des chrétiens en Irak.
Et, pendant ce temps, les différents protagonistes fourbissent leurs armes et tuent ....Irak : éviter une "catastrophe humanitaire"
Appel de la Communauté de Sant'Egidio pour les chrétiens
ROME, 27 juin 2014 (Zenit.org) - « Faire l’impossible, rapidement », pour « éviter une catastrophe humanitaire » et « mettre fin à la spirale de violence » qui risque « de diviser l’Irak en morceaux » et « d’effacer la présence millénaire des chrétiens dans ce pays »: c’est le cri d’alarme du fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, Andrea Riccardi.
Les événements se sont précipités en Irak avec le bombardement de la ville de Karakoch dans la nuit du 25 juin. Début juin, les milices de l'EEIL (Etat islamique en Irak et au Levant, une faction djihadiste proche d’Al-Qaïda) avaient déjà pris la ville de Mossoul. L'invasion s'étend aujourd'hui non seulement sur Karakoch, mais sur toute la plaine de Ninive, région qui était encore récemment demeurée relativement calme, et où vivent environ la moitié des chrétiens restés en Irak, rappelle Sant'Egidio.
La communauté craint que « l'explosion de violence extrémiste » ne mette « un point final à un projet d’intégration religieuse et de développement social, basé sur la collaboration entre chrétiens et musulmans, qui était un modèle pour tout le pays » mais aussi « ne fasse disparaître les chrétiens de la carte géographique de l’Irak ».
Le professeur Riccardi demande à la communauté internationale et au gouvernement irakien un sursaut de responsabilité. Il s’adresse aussi aux agences humanitaires pour qu’elles « interviennent diligemment au secours des populations qui ont fui dans le Kurdistan : la situation humanitaire devient dramatique. Il faut agir immédiatement ! ».
Actuellement, les combats opposent les milices kurdes peshmerga, qui défendent la plaine de Ninive, à des groupes extrémistes sunnites, faisant de nombreuses victimes. La population de Karakoch fuit la ville dévastée par les coups de mortier. Selon Sant'Egidio, des sources locales font état de 40.000 personnes (presque toute la population de la ville, qui compte 50.000 habitants, principalement des chrétiens syriens) entrées au Kurdistan ces dernières heures, et qui se trouvent à Ankawa et dans la capitale Erbil.
Des milliers de personnes, des familles, des enfants, campent dans les rues et dans les édifices publics. Les réfugiés de Karakoch se sont ajoutés aux centaines de milliers de ceux qui ont fui les Syrie ces derniers mois (environ 250.000 personnes). Dans le Kurdistan irakien, qui compte environ six millions d’habitants, la situation humanitaire est de plus en plus difficile.
Les chrétiens et les Églises de la région « ont besoin de sentir la solidarité effective et la proximité de tous, en ces heures de grande souffrance », insiste la Communauté de Sant’Egidio
A cet appel comme à l'appel du Saint Père il est répondu simplement : "Cause toujours".ce sont aussi les interventions armées occidentales qui ont déchainé le chaos plein de sang et de violence qui fait souffrir nos peuples exsangues
ASIE/IRAK - Appel de l’Archevêque syro-catholique, Mgr Moshe, à la communauté internationale : Sauvez-nous !
Qaraqosh (Agence Fides) – Qaraqosh est pratiquement une ville fantôme. Plus de 90% des plus de 40 000 habitants, presque tous chrétiens appartenant à l’Eglise catholique syriaque, ont fuit au cours des deux derniers jours face à l’offensive des insurgés sunnites des djihadistes de l’Etat islamique d’Irak et du Levant (ISIL), qui font pleuvoir sur toute la zone urbaine des missiles et des grenades.
Mgr Yohanna Petros Moshe, archevêque de Mossoul des Syriens, plusieurs prêtres et plusieurs jeunes de cette Eglise ont décidé de ne pas fuir et figurent parmi les rares personnes demeurées sur place. Ces deux derniers jours, de nouvelles armes et de nouveaux contingents sont arrivés dans la ville pour renforcer les milices kurdes des Peshmerga qui opposent une résistance à l’avancée des insurgés sunnites. L'impression est que l’on est en train de préparer le terrain pour un combat frontal.
Hier, Mgr Moshe a tenté une médiation entre les forces opposées, dans l’intention de préserver la ville de Qaraqosh de la destruction. Pour le moment, cette tentative est restée sans succès. Les insurgés sunnites demandent aux milices kurdes de se retirer. Les Peshmerga kurdes n’ont aucune intention de permettre aux insurgés de s’approcher des frontières du Kurdistan irakien.
Dans cette situation dramatique, de Qaraqosh, l’Archevêque, à travers l’Agence Fides, veut lancer un appel humanitaire pressant à toute la communauté internationale : « Face au drame que vit notre peuple – dit l’Archevêque à Fides – je m’adresse aux consciences des responsables politiques du monde entier, aux organismes internationaux et à tous les hommes de bonne volonté : il faut intervenir tout de suite pour empêcher la situation de précipiter, en œuvrant non seulement sur le plan des secours humanitaires, mais aussi aux niveaux politique et diplomatique. Chaque heure, chaque jour perdu, risque de rendre tout irrécupérable. On ne peut pas laisser passer des jours et des semaines dans la passivité. L’immobilisme devient complicité avec le crime et l’invasion. Le monde ne peut pas fermer les yeux devant le drame d’un peuple entier qui a fui de ses maisons en quelques heures, n’emportant avec soi que les vêtements qu’il avait sur lui ».
L’Archevêque syro-catholique de Mossoul peint en quelques paroles vibrantes la condition particulière vécue par les chrétiens avec cette nouvelle explosion des conflits sectaires qui mettent en danger la survie même de l’Irak : « Qaraqosh et les autres villes de la Plaine de Ninive ont été longtemps des lieux de paix et de coexistence pacifique. Nous, les chrétiens, nous sommes désarmés et, comme chrétiens, nous n’avons alimenté aucun conflit et aucun problème avec les sunnites, les chiites, les kurdes, ni avec les autres réalités qui forment la nation irakienne. Nous voulons seulement vivre en paix, en collaborant avec tous et en respectant tout le monde ».
Le prêtre syro-catholique Nizar Semaan, collaborateur de Mgr Moshe, explique à Fides que cet appel « s’adresse aussi aux Gouvernements occidentaux et européens qui parlent souvent des droits de l’homme de manière intermittente et intéressée, pour finir terrer dan un mutisme de commodité quand leurs opérations et leurs analyses des problèmes du Moyen-Orient se révèlent myopes et sans succès.
Pour être clair, l’Archevêque ne demande pas de résoudre la situation en envoyant d’autres armes au Moyen-Orient. Car ce sont aussi les interventions armées occidentales qui ont déchainé le chaos plein de sang et de violence qui fait souffrir nos peuples exsangues ». (GV) (Agence Fides 27/6/2014).
Et, dans la même livraison de Fides, une information qui contredit les propos du Patriarche :ASIE/IRAK - Le Patriarche Louis Raphael Ier Sako : jusqu’à présent il n’y a pas de violences ciblées contre les chrétiens
Bagdad (Agence Fides) – « Au milieu des convulsions qui secouent la ville de Mossoul et le Nord de l’Irak, les rumeurs continuent de se répandre sur des violences et des malversations de manière sélective à l’encontre des chrétiens. Je réaffirme que jusqu’à présent il n’y a pas eu d’attaques ciblées contre ceux qui portent le nom du Christ. Les chrétiens partagent les angoisses et les souffrances avec leurs frères musulmans. Dans la phase que nous vivons, toute alarmisme manipulateur répond à des motifs d’instrumentalisation et, en un instant, finit par aggraver les dangers ». C’est en ces termes que le Patriarche de Babylone des Chaldéens, Mgr Louis Raphael Ier Sako, réaffirme à l’Agence Fides ses réserves sur les bruits relancés, surtout via internet, au sujet de la situation des chrétiens dans les zones du pays qui sont passées sous contrôle des insurgés sunnites guidés par les djihadistes de l’Etat Islamique de l’Irak et du Levant (ISIL).
Au total il y a les déclarations officielles et la réalité du terrain.ASIE/IRAK - Deux sœurs et trois jeunes chaldéens arrêtés à Mossoul par les djihadistes de l’ISIL
Mossoul (Agence Fides) – Depuis samedi 28 juin, les contacts ont été perdus avec sœur Atur et sœur Miskinta, deux religieuses chaldéenne de la Congrégation des Filles de Marie Immaculée, qui étaient rentrées en voiture à Mossoul, en provenance de la ville de Dohuk en compagnie de deux jeunes filles et d’un garçon chrétiens. Les cinq membres de l’équipage sont injoignables sur leur téléphone portable. Selon ce qu’ont rapporté à l’Agence Fides des sources du Patriarcat chaldéen, les deux sœurs et les trois jeunes ont été arrêtés par des miliciens de l’Etat Islamique de l’Irak et du Levant (ISIL) qui, pour l’instant, confirment leurs bonnes conditions de santé et affirment les garder en état d’arrestation pour garantir leur « sécurité ». Les autorités ecclésiastiques sont en contact permanent avec les chefs religieux de la communauté sunnite de Mossoul pour garder la situation sous contrôle et faire en sorte que les personnes arrêtées retrouvent au plus vite leur liberté de mouvement.
Mgr Pontier appelle à prier pour les chrétiens d’Irak
Président de la Conférence des évêques de France, Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille, invite les catholiques à être solidaires et accueillants envers les chrétiens d’Orient.
« Je suis au courant des événements en Irak par l’intermédiaire d’un dominicain à Marseille, le Père Jean-Marie Mérigoux. Il a passé une partie de sa vie à Mossoul et connaît très bien le contexte ainsi que de nombreuses personnes sur place. Il reçoit, de façon quasi quotidienne, des renseignements sur l’évolution de la situation, dont il me fait part. J’ai accueilli à Marseille Mgr Antoine Audo, évêque d’Alep, en Syrie. Je suis aussi en lien avec le Patriarche Gregorios III, chef de l’Église melkite-catholique, et avec Mgr Louis Sako, patriarche des Chaldéens.
Que représente pour vous le lien avec les chrétiens d’Orient ?
Il se situe dans l’histoire – longue de 2000 ans – de la présence chrétienne sur cette terre. Le drame que vivent les chrétiens d’Orient touche aussi l’ensemble de la population de ces régions. Nous voyons bien, dans ces pays à forte population, dirigés par des responsables de confession musulmane, la situation des minorités. Celles-ci subissent les conséquences du conflit interne à l’islam qui oppose Sunnites et Chiites. Le lien avec les chrétiens d’Orient s’inscrit dans le contexte global – politique et historique – mais aussi dans notre fraternité pour eux. Nos frères chrétiens sont là-bas depuis toujours, souvent sur des lieux très forts de l’histoire biblique et chrétienne. Le phénomène de l’émigration est dramatique. Les évêques de ces Eglises essaient de les encourager à rester.
Comment le diocèse de Marseille accueille-t-il les chrétiens orientaux ?
Il existe une tradition d’accueil à Marseille. Les communautés de rite oriental y sont présentes depuis très longtemps. Suivant les aléas de l’histoire, telle ou telle communauté a souffert le plus : Libanais, Arméniens… Actuellement, la paroisse des Assyro-chaldéens vit des moments douloureux. J’observe pourtant une grande solidarité et un courage inouï. Les communautés de rite latin sont très sensibles à leur vie. Elles sont en lien avec les paroisses proches.
Quel est votre message aux communautés chrétiennes ?
Notre premier devoir est celui de l’information. Nous sommes à une époque où l’information circule, sans que nous puissions contrôler ce qui nous est dit. J’encourage les chrétiens de France à la prudence et à la vérification des informations. Le deuxième devoir est celui de la prière pour ces communautés, tous les dimanches, lors de la prière universelle. Notamment dans les centres mariaux qui nous unissent à eux de façon très forte. Ensuite, nous avons un devoir de solidarité, par le biais des associations qui travaillent au soutien matériel des communautés chrétiennes dans ces pays. Il nous faut aller jusque-là, jusqu’à ce partage matériel. Le dernier point est l’accueil. Dans la mesure où des chrétiens de ces communautés arrivent chez nous, ne jugeons pas leur décision mais essayons de les accueillir, de les comprendre et de les aider autant que faire se peut.
A quoi souhaitez-vous sensibiliser les responsables politiques ?
On voit bien que la compréhension des événements au Moyen-Orient est mouvante, à cause de la radicalisation de certains groupes qui utilisent la violence. On peut souhaiter que nos responsables politiques entendent toutes les opinions et toutes les analyses ; qu’ils soient sensibles aux messages que leur transmettent, lors de leurs voyages, les responsables religieux, en particulier chrétiens, qu’ils les rencontrent (ou qui les rencontrent)pour leur donner leur éclairage d’hommes de terrain, fin connaisseurs de l’histoire de ces pays. Que l’on ne reste pas dans la géopolitique trop lointaine qui finalement se retourne contre les autochtones à cause d’alliances pas toujours heureuses. »
La honte : chrétiens d’Irak et vestiges bibliques abandonnés à leur sort tragique par la communauté internationale
Pour la première fois depuis seize siècles à Mossoul, le 6 juillet 2014, la messe du dimanche n'a pas été dite.
Presque tous les chrétiens de la ville ont fui.
Afin de se mobiliser contre la disparition des chrétiens d'Irak, une journée est organisée à Paris et à Sarcelles, ville regroupant la plus grande communauté assyro-chaldéenne d'Europe.
Aujourd'hui, mardi 8 juillet, une journée de mobilisation et d'action contre la disparition des chrétiens d'Irak est organisée à Paris et à Sarcelles, ville où se trouve l'une des plus grandes communautés assyro-chaldéennes d'Europe.
A Mossoul, deuxième ville d'Irak, c'est la première fois depuis 1600 ans qu'aucune messe n'est plus célébrée le dimanche.
Et pour cause, il n'y resterait plus aucun chrétien.
Quel sort leur est actuellement réservé par l'Etat islamique ?
Sébastien de Courtois : Je ne sais pas s’il s’agit vraiment de la première fois qu'aucun messe n'est dite un dimanche depuis seize siècles – qui le sait vraiment ? – mais il est certain que les temps qui s’annoncent pour les chrétiens de Mossoul, pour ce qu’il en reste du moins, vont être terriblement difficiles…
Très peu d’informations filtrent et le peu qui ont été recueillies sont contradictoires, mais tous les chrétiens dont j’ai eu des nouvelles sont déjà partis. Il n’y a pas le choix.
Qui accepterait de vivre sous un tel obscurantisme ? Depuis que le pseudo calife s’est auto-proclamé, on n’a aucune idée de ce qu’il se passe sur place. Quoi qu’il en soit, le nouveau calife n’a aucune légitimité et la situation des chrétiens est très périlleuse.
Ce pseudo Etat – je ne sais même pas si on peut l’appeler ainsi – est composé d’environ 15 000 personnes et règne par la terreur