Bonjour Et.H,
Profitez bien de vos vacances.
L'exemple de votre ami est effectivement malheureux... Je n'en dirais pas plus sur un cas que je ne connais pas, mais ces cas existent sans doute et c'est triste.
Concernant l'article du Monde, je ne suis pas d'accord avec votre remarque. Vous écrivez : "Partir d’une réalité sociale pour faire une loi, c’est lamentable. La loi doit partir du principe que l’homme et la femme sont égaux et doit donner les mêmes droits aux deux." C'est déjà ce qui est fait ! La loi, et c'est une bonne chose, ne fait pas de différence entre le père et la mère et accorde les mêmes droits aux deux parents. Elle ne dit pas qu'il faut privilégier la mère. Donc, concrètement, que voudriez-vous changer dans la loi ?
Ce papier ne cherche pas vraiment à apitoyer les femmes, vous pouvez lire à la fin que la loi se heurte notamment "à la mauvaise volonté de la part de certaines femmes". Dire qu'une femme qui n'obtient pas le garde de son enfant peut être considérée par son entourage comme une mauvaise mère, c'est la réalité. Certes, ça fait très old school, mais les mentalités n'évoluent pas toujours aussi vite qu'on le souhaite. Les femme sont également très nombreuses à arrêter ou à diminuer leur activité professionnelle après la naissance d'un enfant (
beaucoup plus que les hommes), consacrent en moyenne plus de temps aux "activités parentales" (voir
ici) que ces derniers, ce sont des faits qui pèsent sans doute dans la décision de certains juges quant il s'agit de choisir où est l'intérêt de l'enfant.
Quant au texte de Jean-Paul II, mon intention n'était pas de dire qu'un chef religieux doit influencer des lois laïques (en plus, je ne suis pas catholique pour un sou). Simplement, ce discours est le reflet de ce que pense une partie de la société, encore aujourd'hui : ""la femme est plus capable que l'homme d'attention à la personne humaine concrète, et [que] la maternité développe encore cette disposition", "le rôle de la mère est décisif pour les fondements d'une personnalité humaine nouvelle". On en revient à ce que vous avez appelez "le cliché patriarcal qui veut que les femmes sont faites pour élever des enfants", ou en tout cas qu'elles s'en sortent mieux que les hommes. Certains hommes sont même d'accord pour dire que c'est la mère qui doit avoir la garde après un divorce (voir
ici), c'est dire comme cette idée est encore présente aujourd'hui.
De plus, je constate que de nombreux emplois peu qualifiés sont occupés par des femmes. Des hommes aussi sont candidats à ce genre d’emploi (caissier est un bon exemple), or les faits sont là. J’estime qu’il est du devoir du gouvernement d’insister pour que, dans ses emplois, il y ait autant d’hommes que de femmes. Un peu comme ce qui est fait pour les métiers de type « ingénieurs » et « cadres » par exemple.
Vous auriez des chiffres ? Pas sur le fait que les femmes sont plus nombreuses à occuper certains emplois non ou peu qualifiés comme caissière, ça ne fait aucun doute, mais sur le fait que les hommes ont du mal à accéder à ces emplois ? Je pensais que peu d'hommes étaient candidats à ces emplois, et que cela expliquait leur faible représentation (de la même façon que peu de garçons se présentent aux écrits des concours d'infirmier), vous semblez dire au contraire qu'ils sont candidats mais qu'"on les empêche" d'accéder à ces emplois.
Concernant maintenant les "paternités forcées"... C'est un sujet que je connais peu, mais il est sans doute intéressant. D'où sort le chiffre qui dit que cela concerne 5 à 15% des naissances ?
J'ai lu, comme vous me l'avez conseillé, l'article de Marie-Claire. Certaines de ces femmes se conduisent d'une manière dégueulasse, il faut bien le dire, et j'ai du mal à concevoir qu'on trahisse la confiance de son compagnon, qu'on lui mente et qu'on se serve de lui comme ça. Sans que ça excuse leur partenaire, certains hommes ne sont pas non plus très futés. "Il y a quelques années, j'ai eu une relation purement sexuelle avec une fille qui m'avait dit qu'elle prenait la pilule." : ça me dépasse qu'on fasse confiance aussi naïvement à une quasi-inconnue.
Pour l'instant, je n'ai pas d'avis sur la question du refus de paternité et du "géniteur sous X", même si je vois bien toutes les dérives que cela peut entrainer (un homme qui dit oui à sa compagne, et qui finalement se défile). Et puis, je ne sais pas quelles conséquences ça pourrait avoir sur/pour l'enfant.
Cordialement