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Re: Prendre un ami du sexe opposé dans ses bras

Publié : sam. 20 avr. 2013, 9:25
par Un gentil athée
Bonjour,
Mac a écrit :Bonjour gentil athée, :)

Vous êtes en train de vous séparer si je comprends bien.
Votre femme vous a fait des gosses,
Non, nous n'avons pas d'enfant. C'est pourquoi, s'il doit y avoir séparation, il vaut mieux qu'elle intervienne maintenant.
Mac a écrit : a mis de côté ses projets professionnelles.
Je ne lui ai jamais demandé de les mettre de côté. De toute façon, vous êtes rigolo mais j'attire votre attention sur le fait qu'il se pourrait que j'ai fait aussi des concessions de mon côté, au cas où ça vous aurait échappé.
Mac a écrit : Excusez-moi mais je serais le père de votre femme que je vous demanderais comment vous osez venir me souler avec votre polit amour.
Le père de ma femme l'a laissé tombé. Par contre, je me suis déjà sérieusement fâché avec sa mère. Rien que mon insupportable belle-mère est déjà un motif de séparation en soi, c'est vous dire. Je ne cherche à souler personne. C'est juste un fait, je suis comme ça. Elles ne veulent pas que je les soule ? Fort bien. Donc séparons-nous, et ainsi je ne les soulerai plus. Moi aussi ça me soule qu'on veuille m'interdire d'être moi-même et de vivre selon mes aspirations.
Mac a écrit : Donc elle va se retrouver à la rue si c'est vous qui travaillez.
Elle travaille aussi, mais elle gagne moins et sa situation professionnelle est moins stable que la mienne. Du reste, je n'ai pas dit que je la laissais tomber. Ça ne me dérange pas qu'elle continue d'occuper mon appartement le temps qu'elle voudra et je continuerai de l'aider financièrement comme je le fais déjà.
Mac a écrit : Toutes mes excuses mais vous êtes sur une autre planête....
C'est l’hôpital qui se moque de la charité. Les catholiques — les vrais, j'entends — seraient donc "de ce monde", eux ?
Mac a écrit : Et qui vous dit qu'après ce sera mieux?
J'ai testé la stricte monogamie pendant 9 ans. Ça ne me correspond pas. Avec ce carcan, je n'avais même pas le droit de voir une de mes meilleures amies, pour la seule raison que c'était avec elle que j'avais eu ma première expérience sexuelle. J'en ai souffert. Dernièrement, j'ai pris le taureau par les cornes et j'ai dit à ma femme que je la reverrais, tant pis si ça ne lui plaisait pas. Je l'ai donc revu, et bien évidemment, il ne s'est rien passé de spécial. Nous avons juste discuté et bu un verre. Ma femme s'était inquiétée pour rien.

Je ne ressens aucun besoin d'exclusivité. En revanche, je me sens porté "amireusement" vers plusieurs autres femmes, à divers degré. Je ne vois pas ce qu'il vous faut de plus.
Mac a écrit : Est-ce que ne croyez pas qu'il y a un gouffre entre vos fantasmes et la réalité de ce qui n'est qu'un adultère.

Fraternellement. :coeur:
:ciao:
Ce n'est pas un adultère (du latin adultere, altérer) si tous les protagonistes concernés sont au courant et consentent pleinement à la chose. C'est en restant avec elle que nous nous altérons tous les deux, ainsi que je l'ai dit. Ne croyez-vous pas qu'elle serait plus heureuse avec un mari parfaitement monogame et qui plus est fervent catholique ? Je ne suis ni l'un ni l'autre, et je ne le serai jamais. C'est assez clair ? En revanche, je suis prêt à l'aider à retrouver quelqu'un d'autre qui soit sur la même longueur d'onde qu'elle. On s'est suffisamment dupé l'un l'autre involontairement. Vous voudriez que ça continue encore 10 ans comme ça ?
Raistlin a écrit :Rien à voir avec l'amour authentique non plus, avec l'engagement et la fidélité. En gros, rien à voir avec le don de soi : c'est de l'égoïsme qui essaie de se donner bonne conscience en dévoyant le mot amour.
C'est de la mauvaise foi ou vous pensez sincèrement ce que vous dites ? Pourquoi ne pourrais-je pas m'engager avec plusieurs personnes et être fidèle à toutes ses personnes ? L'amitié, pour vous, c'est de l'égoïsme ou alors est-ce que vous êtes favorable à la mono-amitié ?

Cordialement,
Mikaël

Re: Prendre un ami du sexe opposé dans ses bras

Publié : sam. 20 avr. 2013, 10:13
par Un gentil athée
Bonjour Christophe,
Christophe a écrit :Je vous le dis comme je le pense, sans vouloir ni décider pour vous, ni vous juger. Mais il me semble que vous êtes à la croisée des chemins : soit vous sauvez votre couple, soit vous le condamnez. Si vous tenez à votre couple, à votre épouse , si vous croyez encore au mariage (à votre mariage), mettez de la distance entre cette amie et vous-même.
Je tiens à la femme qui est pour l'heure mon épouse. Je veux bien continuer de la soutenir et de l'aider, d'aller au resto ou au ciné avec elle, et peut-être, enfin, de devenir son ami, son confident : je dis "enfin", car d'après moi, mon épouse devrait être en même temps ma meilleure amie (j'aime bien, d'ailleurs, l'expression d' "amitié conjugale" que j'ai pu lire, entre autres, sur des documents catholiques) mais franchement, c'est loin d'être le cas et c'est pourquoi je sens qu'il faut qu'on arrête. Je ne suis pas l'homme qu'il lui faut et elle n'est pas la femme qu'il me faut. Voyez-vous, je crois que je préfèrerais vivre avec une tendre amie qui me comprenne, avec qui je communique et partage des valeurs et une vision de la vie, qui ne souhaite pas me posséder, et cela même s'il ne devait jamais rien y avoir de sexuel entre nous, plutôt que de vivre avec quelqu'un avec lequel ce partage, cette communication, est l'exception plutôt que la règle, quand bien même nous aurions du sexe entre nous...

D'ailleurs, je n'ai plus de sexe avec ma femme, je vais vous dire pourquoi : elle me reproche de ne pas tenir mes engagements pris lors de notre mariage religieux, relativement à mes idées / aspirations polyamoureuses. Fort bien, sauf qu'en principe, ces engagements incluaient aussi "pas de contraception" (pilier "fécondité"). Or, ma femme, jusqu'à lors, était bien contente que je ne sois pas franchement catholique (même si elle aurait aimé que j'y sois un peu plus : jusque là où elle l'aurait décidé), car du coup, nous avons usé de contraception (préservatif) et elle se donnait bonne conscience en se disant qu'elle faisait une concession à mon athéisme... sauf qu'avoir des relations sexuelles sans trop de risque de procréation, ce n'était pas pour lui déplaire... J'ai donc décidé que nous n'utiliserions plus de moyens de contraception, car je trouve déplacé de pointer du doigt un manquement dans mes engagements, quand on en tolère un autre... Il faut être cohérent jusqu'au bout, ou alors on ne fait pas de reproche.
Christophe a écrit : Je sais que ce ne sera pas facile, mais certaines choses méritent que l'on se battent pour elles. Essayez de donner une seconde chance à votre couple,
Une seconde chance, je veux bien. C'est déjà fait depuis longtemps. J'avais déjà parlé divorce en août 2011, et finalement, j'étais retombé dans ses bras... Je croyais qu'elle avait un peu changé dans le bon sens, mais en fait non. On peut même dire que j'ai donné une 3ème chance à notre couple car déjà en mai 2009 on s'était bien pris la tête, mais j'avais passé l'éponge. Combien de chances dois-je encore donner à notre couple avant de tirer un constat de désaccord irrémédiable et d'échec patent ? Faut-il qu'on fasse des enfants avant et qu'on soit vieux, histoire de rendre la séparation encore plus douloureuse et de bien pouvoir se dire qu'on a gâché notre vie ? Ou alors il ne faut pas faire d'enfant, attendre d'avoir passé l'âge, et se dire tristement qu'on ne sera jamais parents ?... Vous comprenez, j'ai 35 ans, elle en a 34, je crois qu'on arrive à un âge où on ne peut plus se permettre de se dire pendant des années "on a encore le temps avant d'être heureux".
Christophe a écrit : peut-être en allant voir ensemble un conseiller conjugal.
Malheureusement, suite à des investissements à mon avis un peu inconsidérés impulsés par ma femme, c'est la corde raide chaque fin de mois, donc pour ce qui est d'aller voir un conseiller conjugal, ça me paraît compromis. De toute façon, ce n'est certainement pas un conseiller conjugal qui va me faire devenir monogame et chrétien...
Christophe a écrit :Enfin, ne caricaturez pas, ne méprisez pas les angoisses de votre épouse qui me semblent parfaitement rationnelles et légitimes : elle s'inquiète de cette relation qui naît avec une autre femme, car elle sent votre couple fragile et elle a peur de vous perdre.
Le problème ce n'est pas cette amie, c'est notre relation de couple. A la limite, cette amie n'agit que comme révélateur du malaise dans notre couple, étant donné qu'il est quand même plutôt étonnant que je me sente mieux avec elle qu'avec ma propre femme. Elle ne devrait pas craindre de me perdre : d'une, je ne compte pas l'abandonner ; de deux, je ne suis pas l'homme qui pourra la rendre heureuse, il vaudrait mieux qu'elle trouve un vrai-catho-mais-pas-trop qui respecte les piliers du mariage chrétien (sauf au sujet de la contraception, mais chut ! :diable: ).
Christophe a écrit :La séparation avec cette amie sera d'autant plus facile que l'amitié n'aura pas (encore) évoluée en sentiment amoureux. Vous avez écrit que « l'amitié et l'amour sont un continuum ». Vous êtes donc conscient que vous êtes sur une pente savonneuse et que le temps joue contre vous.
Encore une fois, je ne vous juge pas, je ne vous condamne pas. Vous n'êtes ni le premier, ni ne serez le dernier homme marié à éprouver des sentiments sincères à l'égard d'une autre femme. Mais ce n'est pas parce qu'il y a des sentiments sincères que l'adultère n'est pas un adultère : et comme une intervenante l'a souligné avant moi, la menace sur votre couple est d'autant plus sérieux que des sentiments s'y mêlent. Vos sentiments ne font pas de vous un salaud, mais ne sacrifiez pas votre couple sur l'autel de la naïveté. Ne vous croyez pas plus fort que vos sentiments.
Si je sacrifie mon couple, ce sera sur l'autel de la réalité. J'ignore comment va évoluer ma relation avec cette nouvelle amie, mais si ça devait évoluer en amour... eh bien ainsi soit-il, car je sens vraiment que notre couple est fondé sur le compromis aliénant, la négociation tendue, le tirage de couette, les concessions à-qui-mieux-mieux, plutôt que sur le partage et la connexion spontanée et naturelle de nos êtres. Qu'il y ait des divergences dans un couple, c'est normal, mais que les divergences soit la norme et les convergences les cas particuliers, c'est inquiétant...

Amicalement
Mikaël

Re: Prendre un ami du sexe opposé dans ses bras

Publié : sam. 20 avr. 2013, 10:14
par PaxetBonum
Un gentil athée a écrit : C'est de la mauvaise foi ou vous pensez sincèrement ce que vous dites ? Pourquoi ne pourrais-je pas m'engager avec plusieurs personnes et être fidèle à toutes ses personnes ? L'amitié, pour vous, c'est de l'égoïsme ou alors est-ce que vous êtes favorable à la mono-amitié ?

Cordialement,
Mikaël
Cher Gentil Athée,

Vous êtes un être insoupçonnable pour moi.
Côté pile une probité remarquable pour notre époque.
Côté face totalement pétrie des idées de notre époque.
Je conçois que vous vous posiez tant de questions selon la face de Janus que vous arborez en vous levant.

Je vous livre mon sentiment pour votre réflexion profonde et honorable sur vos relations avec votre épouse.
Le polyamour est tout simplement de la polygamie soyons franc et ne jouons pas sur les mots.
Mais c'est aussi, selon votre acceptation dudit polyamour, pour nous du polyadultère.
Et je suis prêt à vous parier que ce que vous nommez polyamour se changera en échangisme régulier car ce mode de vie n'apporte aucune stabilité et ne peut qu'être une course à trouver mieux, différent ailleurs et cela sera sans fin.

Je prie pour que Dieu vous donne la grâce de trouver l'amour, l'amour qui construit, qui stabilise, qui est un roc face à l'écume des illusions de notre époque.

Re: Prendre un ami du sexe opposé dans ses bras

Publié : sam. 20 avr. 2013, 10:20
par PaxetBonum
Je n'avais pas vu votre dernière intervention.
Au stade où vous en êtes pourquoi ne pas faire de votre épouse votre meilleur amie tout de suite puisque vous ne vivez plus en relation conjugales ?
C'est ce qui semble vous plaire le plus et c'est certainement ce qui sauvera votre couple.

Re: Prendre un ami du sexe opposé dans ses bras

Publié : sam. 20 avr. 2013, 10:45
par Un gentil athée
PaxetBonum a écrit :Cher Gentil Athée,

Vous êtes un être insoupçonnable pour moi.
Côté pile une probité remarquable pour notre époque.
Côté face totalement pétrie des idées de notre époque.
Le polyamour n'est pas trop dans l'air du temps, ne vous en déplaise. J'ai pourtant pondu un long pavé à Isabelle pour expliquer le concept. Elle a compris. Pourquoi pas vous ?

Vous confondez tout : polyamour, échangisme, coup d'un soir, libertinage, donjuanisme, adultère, monogamie en série... Ce n'est pas très rigoureux comme démarche !

Si vous me trouvez contradictoire, interrogez-vous : c'est peut-être que ma probité imprègne à la fois le côté pile et le côté face, mais que par vision étriquée de ce que doit être une relation amoureuse, vous cherchez à me faire entrer de force dans des cases inadaptées à mon cas.
PaxetBonum a écrit :Je vous livre mon sentiment pour votre réflexion profonde et honorable sur vos relations avec votre épouse.
Le polyamour est tout simplement de la polygamie soyons franc et ne jouons pas sur les mots.
J'ai expliqué pourquoi ça n'en était pas. Mais à la limite, je préfère encore cette comparaison aux autres.
PaxetBonum a écrit :Mais c'est aussi, selon votre acceptation dudit polyamour, pour nous du polyadultère.
Comment cela, selon mon acceptation ?
PaxetBonum a écrit :Et je suis prêt à vous parier que ce que vous nommez polyamour se changera en échangisme régulier car ce mode de vie n'apporte aucune stabilité et ne peut qu'être une course à trouver mieux, différent ailleurs et cela sera sans fin.
Est-ce que vos sources sur le polyamour sont de première main, ou est-ce que vous ne faites que répéter ce que d'autres ont pensé pour vous et consigné dans des ouvrages que vous n'avez pas cherché à vérifier ? Pour ma part, je vais à la source. Je connais des polyamoureux qui pratiquent ce mode de vie et qui y trouvent un épanouissement supérieur à la monogamie. C'est plutôt la monogamie qui risque l'instabilité, car un amour va en chasser un autre. En polyamour, puisqu'on peut aimer plusieurs personnes en même temps, il n'y a pas ce problème.
Des études scientifiques existent et montrent que le polyamour n'est pas un mode de vie malsain ou pathologique. Au contraire.
Enfin, de nombreux témoignages de polyamoureux respirent le bonheur !

Cordialement,
Mikaël

Re: Prendre un ami du sexe opposé dans ses bras

Publié : sam. 20 avr. 2013, 10:49
par Un gentil athée
PaxetBonum a écrit :Je n'avais pas vu votre dernière intervention.
Au stade où vous en êtes pourquoi ne pas faire de votre épouse votre meilleur amie tout de suite puisque vous ne vivez plus en relation conjugales ?
C'est ce qui semble vous plaire le plus et c'est certainement ce qui sauvera votre couple.
Je ne peux pas plus forcer l'amitié que l'amour. Pour que l'amitié soit possible, il faut un partage de valeurs, il faut se sentir à l'aise avec la personne, pouvoir communiquer sainement. Pour l'heure, c'est impossible avec mon épouse. J'espère qu'une amitié sera possible une fois qu'il n'y aura plus les enjeux de l'attente que l'autre se conforme à ce que l'on veut, une fois qu'on aura recouvré notre liberté et qu'elle pourra refaire sa vie. Mais je ne pense pas non plus qu'on pourra être meilleurs amis, car ça m'étonnerait qu'elle change dans mon sens, au contraire. Je peux être ami avec des chrétiens monogames, mais je ne crois pas que je puisse être intimement et profondément ami avec quelqu'un qui ne comprend pas mes idées/aspirations polyamoureuses et mon athéisme.

Re: Prendre un ami du sexe opposé dans ses bras

Publié : sam. 20 avr. 2013, 11:14
par Mac
Bonjour gentil athée, :)

Vous connaissez un moment difficile dans votre vie personnelle et j'espère que cela va s'arranger gentil athée. Comme le problème conjugal que vous rencontrez actuellement fait parti de votre vie privée, je ne m'étendrais pas sur celle-ci. Vous ne m'en voudrez pas. Je me rappelle juste vous avoir lu une fois et vous disiez que vous étiez fidèle. :oui:
gentil athée a écrit :C'est l’hôpital qui se moque de la charité. Les catholiques — les vrais, j'entends — seraient donc "de ce monde", eux ?
Les catholiques ne sont pas de ce monde ne signifie pas que nous ignorons ce que sont les sentiments. Les faits divers regorgent de cas dramatiques parce que à un moment les sentiments sont passés sont passés du vert au rouge.

ps : J'espère ne pas vous avoir blessé dans mon avant dernier post, sinon je vous présente toutes mes excuses.

Amicalement. :coeur:
:ciao:

Re: Prendre un ami du sexe opposé dans ses bras

Publié : sam. 20 avr. 2013, 11:47
par Suliko
Voyez-vous, je crois que je préfèrerais vivre avec une tendre amie qui me comprenne, avec qui je communique et partage des valeurs et une vision de la vie, qui ne souhaite pas me posséder, et cela même s'il ne devait jamais rien y avoir de sexuel entre nous, plutôt que de vivre avec quelqu'un avec lequel ce partage, cette communication, est l'exception plutôt que la règle, quand bien même nous aurions du sexe entre nous...
Mais au début de votre relation, il devait bien y avoir du partage et des liens forts entre vous? Il serait peut-être utile de voir ce qui a provoqué la situation actuelle. Car tout de même, si vous l'avez choisie pour femme, c'est bien que vous lui trouviez plein de qualités, non?
de deux, je ne suis pas l'homme qui pourra la rendre heureuse, il vaudrait mieux qu'elle trouve un vrai-catho-mais-pas-trop qui respecte les piliers du mariage chrétien (sauf au sujet de la contraception, mais chut ! :diable: ).
Mais vous et votre épouse êtes mariés religieusement, donc vous savez, je pense, que si vous divorcez, votre épouse ne pourra plus se remarier avec un catholique, à l'église. En gros, si elle est vraiment catholique, vous la condamnez à rester seule et la possibilité de bonheur avec un autre homme que vous évoquez dans ce post n'est pas possible sans pécher.

Sinon, vous écrivez que vous ne désirez plus tenir vos promesses de mariage quant au polyamour en vous justifiant par le fait que votre femme ne respecte pas non plus un des piliers fondamental du mariage. Il me semble cependant qu'entre la contraception et l'adultère (au sens courant du terme, càd relation sexuelle avec un autre que son conjoint), il y a un gouffre. Il est en effet nettement plus difficile de réparer les dégâts causés par un adultère (encore une fois au sens traditionnel du terme).

Vous écrivez que le polyamour est dans votre nature et que ce serait vous brider que de le nier indéfiniment. Pourtant, lors de votre mariage, si j'ai bien compris, vous étiez prêt à ce sacrifice. Et c'est justement quand une promesse est difficile à tenir que l'on peut voir ce que valent nos engagements. Dans les périodes où il est facile de les respecter, il n'y a aucun mérite de notre part. Vous pourriez voir la situation actuelle comme un défi et une manière de vous prouver que vous pouvez être fidèle à votre promesse, non?

Je ne sais pas trop quoi vous dire de plus. Je suis toujours un peu réticente à participer à ce genre de fil, d'autant plus que nous ne pouvons pas avoir le témoignage de votre épouse. En tout cas, ce qui me semble clair, c'est que pour l'écrasante majorité des femmes, le polyamour est inconcevable. Vous me trouverez sûrement des exemples qui vont dans votre sens, mais cela reste une minorité. Donc en quelque sorte, vous forcez vous aussi la nature profonde de votre femme.

P.S.: Je suis peut-être totalement à côté de la plaque, mais ne pensez-vous pas que le polyamour est une façon de satisfaire un idéal que vous ne trouverez jamais dans une relation monogame? Je m'explique: les qualités que vous ne trouverez pas chez une femme, vous les verrez chez une autre, et ainsi de suite. De cette manière, vous trouveriez en plusieurs femme la perfection féminine que vous ne trouverez jamais dans une seule femme (perfection qui ne saurait exister, étant donné notre nature imparfaite). Tout comme l'on peut trouver chez un ami très proche telle qualité et chez un autre, telle autre qualité...
Pardonnez-moi si je suis hors sujet...Peut-être vos motivations sont-elles bien différentes (bien que parfois, nous ne comprenons pas vraiment quelles sont nos motivations profondes...)

Suliko (qui prie pour vous et votre couple)

Re: Prendre un ami du sexe opposé dans ses bras

Publié : sam. 20 avr. 2013, 11:58
par PaxetBonum
Un gentil athée a écrit : Le polyamour n'est pas trop dans l'air du temps, ne vous en déplaise. J'ai pourtant pondu un long pavé à Isabelle pour expliquer le concept. Elle a compris. Pourquoi pas vous ?

Vous confondez tout : polyamour, échangisme, coup d'un soir, libertinage, donjuanisme, adultère, monogamie en série... Ce n'est pas très rigoureux comme démarche !
Désolé mais au contraire le polyamour est tout à fait dans l'air du temps… et d'ailleurs revendiqué.
A ce que je lis de votre définition du polyamour il s'agit de mêler amour sexuel - amour amitié - amitié fraternelle.
C'est le propos exact de l'amour de conjoints à notre sens, mais vous vous voudriez le partager à plusieurs.
Notre conception de l'amour étant un don total, il ne peut se reproduire à plusieurs personnes sinon il ne saurait être total. Dés lors, vous comprendrez qu'il s'agit pour nous soit de libertinage soit d'adultère (si un être a la prédominance).
En tout cas toujours un comportement désordonné (qui ne suit pas l'ordre de la nature humaine).

J'espère ne pas vous choquer en vous exprimant ce que je ressens face à cette fausse nouveauté.

Re: Prendre un ami du sexe opposé dans ses bras

Publié : sam. 20 avr. 2013, 21:02
par Un gentil athée
PaxetBonum a écrit :Désolé mais au contraire le polyamour est tout à fait dans l'air du temps… et d'ailleurs revendiqué.
Il est revendiqué par une communauté minuscule où quasiment tout le monde se connaît... Faites ce test : demandez à des gens dans la rue s'ils s'identifient comme catholiques ; s'ils s'identifient comme polyamoureux. Vous verrez lequel est le plus dans l'air du temps...
PaxetBonum a écrit :A ce que je lis de votre définition du polyamour il s'agit de mêler amour sexuel - amour amitié - amitié fraternelle.
C'est le propos exact de l'amour de conjoints à notre sens, mais vous vous voudriez le partager à plusieurs.
Notre conception de l'amour étant un don total, il ne peut se reproduire à plusieurs personnes sinon il ne saurait être total.
Donc "don total" implique : "ne peut se reproduire à plusieurs personnes", c'est bien ça ? L'amitié peut se reproduire à plusieurs personnes, donc ce n'est pas un don total, nous sommes d'accord ? Par suite, ou bien tout ce n'est pas un don total est immoral, ou bien tout ce qui n'est pas un don total n'est pas nécessairement immoral. Dans le premier cas, il s'ensuit que l'amitié est immorale, ce qui est absurde. Dans le 2ème cas, il manque une raison pour affirmer que le don n'a pas besoin d'être total en amitié mais qu'il doit l'être en amour.
PaxetBonum a écrit : Dés lors, vous comprendrez qu'il s'agit pour nous soit de libertinage soit d'adultère (si un être a la prédominance).
En tout cas toujours un comportement désordonné (qui ne suit pas l'ordre de la nature humaine).
C'est pourtant dans la nature humaine que de nouer des amitiés. Par ailleurs, l'interdépendance de l'âme et du corps est également une donnée de la nature humaine. Enfin l'interdépendance entre la sexualité et la personnalité est aussi une donnée de la nature humaine. Vous avez donc tous les ingrédients pour comprendre que le polyamour est conforme à la nature humaine.

Re: Prendre un ami du sexe opposé dans ses bras

Publié : sam. 20 avr. 2013, 22:10
par Un gentil athée
Suliko a écrit :Mais au début de votre relation, il devait bien y avoir du partage et des liens forts entre vous? Il serait peut-être utile de voir ce qui a provoqué la situation actuelle. Car tout de même, si vous l'avez choisie pour femme, c'est bien que vous lui trouviez plein de qualités, non?
Des qualités, oui. Plein de qualités, non. Il faut comprendre le peu d'estime de moi-même que j'avais à l'époque, et aussi le peu de connaissance de moi-même, de ce que je voulais, de mes aspirations. Je n'arrivais à trouver personne. On me disait que j'étais peut-être trop exigeant, que je visais l'idéal, etc. Je pensais ne pas mériter d'être aimé. Quand mon épouse s'est intéressée à moi, c'était presque anormal à mes yeux, ça m'a fait une très forte impression. Elle était loin d'être parfaite, mais cette pensée qu'il ne fallait pas que je sois trop exigeant, m'est revenue à l'esprit. Et le fait qu'elle s'intéresse à moi était si nouveau pour moi que je l'ai vu comme une qualité inestimable en tant que telle (elle ne pouvait qu'être très bien pour s'intéresser à un mec comme moi). J'ai été prêt à concéder plein de trucs sans m'en rendre compte, tellement j'avais peur de la perdre et de me retrouver à nouveau seul pour le restant de mes jours...

... et puis j'ai mûri, je me suis affirmé. Et voilà où nous en sommes.
Suliko a écrit :Mais vous et votre épouse êtes mariés religieusement, donc vous savez, je pense, que si vous divorcez, votre épouse ne pourra plus se remarier avec un catholique, à l'église. En gros, si elle est vraiment catholique, vous la condamnez à rester seule et la possibilité de bonheur avec un autre homme que vous évoquez dans ce post n'est pas possible sans pécher.
Il y a de très bonnes raisons de penser que notre mariage religieux n'a en fait jamais eu lieu, même si tout le monde a cru le contraire, y compris le prêtre. Moi-même j'ai cru que la cérémonie avait été valide, mais a posteriori, je me rends compte qu'il y a plusieurs choses invalidantes. Je crois que la préparation au mariage n'a peut-être pas été faite suffisamment bien, ou alors que je n'ai pas été suffisamment réceptif.
Suliko a écrit :Sinon, vous écrivez que vous ne désirez plus tenir vos promesses de mariage quant au polyamour en vous justifiant par le fait que votre femme ne respecte pas non plus un des piliers fondamental du mariage. Il me semble cependant qu'entre la contraception et l'adultère (au sens courant du terme, càd relation sexuelle avec un autre que son conjoint), il y a un gouffre. Il est en effet nettement plus difficile de réparer les dégâts causés par un adultère (encore une fois au sens traditionnel du terme).
En fait, ma femme m'attaquait sur le principe, non sur les conséquences. Je lui ai donc répondu sur le principe. Je devais faire, car je m'étais engagé. Donc, en toute logique, elle devait faire aussi, puisqu'elle s'était engagée.
Suliko a écrit :Vous écrivez que le polyamour est dans votre nature et que ce serait vous brider que de le nier indéfiniment. Pourtant, lors de votre mariage, si j'ai bien compris, vous étiez prêt à ce sacrifice.
J'ai été naïf. J'ai cru que je pourrais renégocier la chose avec elle plus tard. Je pensais qu'un jour elle serait prête, par le dialogue et la discussion. J'ai été naïf de penser que je pourrais changer l'acceptation de ma femme à ce sujet avec des arguments. J'ai été doublement naïf en fait. Je n'ai pas pensé qu'il y avait un 3ème contractant dans l'affaire, avec lequel il était impossible de négocier : l’Église catholique (c'est une des raisons qui, à mon sens, rend nul notre mariage religieux).
Suliko a écrit :Et c'est justement quand une promesse est difficile à tenir que l'on peut voir ce que valent nos engagements. Dans les périodes où il est facile de les respecter, il n'y a aucun mérite de notre part. Vous pourriez voir la situation actuelle comme un défi et une manière de vous prouver que vous pouvez être fidèle à votre promesse, non?
La difficulté, en soi, n'a pas nécessairement de valeur morale. Comme me disait ti'hamo dans un de ses commentaires à une de mes interventions : tuer quelqu'un avec un couteau émoussé est plus difficile qu'avec un sabre bien coupant, ça ne rend pas l'opération plus méritante sur un plan moral !

Et s'il s'agit de me nier moi-même, c'est tout sauf une riche idée.

Je crois qu'il est bon d'être fidèle à nos promesses, mais ce n'est pas absolument bon. Être fidèle à soi-même est plus important.
Suliko a écrit :Je ne sais pas trop quoi vous dire de plus. Je suis toujours un peu réticente à participer à ce genre de fil, d'autant plus que nous ne pouvons pas avoir le témoignage de votre épouse. En tout cas, ce qui me semble clair, c'est que pour l'écrasante majorité des femmes, le polyamour est inconcevable. Vous me trouverez sûrement des exemples qui vont dans votre sens, mais cela reste une minorité. Donc en quelque sorte, vous forcez vous aussi la nature profonde de votre femme.
C'est parce que je ne veux pas forcer la nature profonde de ma femme que je crois plus sage de lui rendre sa liberté et de récupérer la mienne au passage.
Suliko a écrit :P.S.: Je suis peut-être totalement à côté de la plaque, mais ne pensez-vous pas que le polyamour est une façon de satisfaire un idéal que vous ne trouverez jamais dans une relation monogame? Je m'explique: les qualités que vous ne trouverez pas chez une femme, vous les verrez chez une autre, et ainsi de suite. De cette manière, vous trouveriez en plusieurs femme la perfection féminine que vous ne trouverez jamais dans une seule femme (perfection qui ne saurait exister, étant donné notre nature imparfaite). Tout comme l'on peut trouver chez un ami très proche telle qualité et chez un autre, telle autre qualité...
Ce n'est pas que ça. Fondamentalement, ce n'est pas ça. Mais c'est un effet secondaire appréciable :)

Re: Prendre un ami du sexe opposé dans ses bras

Publié : sam. 20 avr. 2013, 22:16
par Un gentil athée
... et là je n'ai parlé que du polyamour comme difficulté d'être avec ma femme, mais il y en a d'autres, et pas des moindres ! Quand il y a quelques trous dans le navire, on peut être tenté de vouloir les boucher, mais quand ça prend l'eau de partout, il faut avoir la sagesse de quitter le navire.

Re: Prendre un ami du sexe opposé dans ses bras

Publié : sam. 20 avr. 2013, 22:49
par Suliko
Merci beaucoup pour votre message. Je comprends bien mieux à présent ce qu'il en est.
En fait, ma femme m'attaquait sur le principe, non sur les conséquences. Je lui ai donc répondu sur le principe. Je devais faire, car je m'étais engagé. Donc, en toute logique, elle devait faire aussi, puisqu'elle s'était engagée.
Mais si je ne me trompe pas, vous avez écrit il y a très peu de temps qu'à présent, elle tenait son engagement qu'elle n'avait pas tenu pendant des années. Vous devriez donc par conséquent tenir le vôtre, non?
J'ai été naïf. J'ai cru que je pourrais renégocier la chose avec elle plus tard. Je pensais qu'un jour elle serait prête, par le dialogue et la discussion. J'ai été naïf de penser que je pourrais changer l'acceptation de ma femme à ce sujet avec des arguments.
Mais vous avez écrit qu'à l'époque de la rencontre avec votre future femme, vous vous sentiez très peu en confiance et aviez peur de finir seul votre vie. C'est tout de même étrange que dans cet état d'esprit, vous pensiez déjà au polyamour, alors que vous désespériez d'avoir ne serait-ce qu'une seule femme. J'avoue avoir du mal à saisir ce point précis...N'était-ce déjà pas un grand bonheur, à l'époque, d'avoir une fiancée, puis une femme?
Je pense également qu'il était maladroit de votre part de cacher à votre future femme qu'au fond, vous n'aviez pas changé d'avis en ce qui concerne le polyamour, et même plus: que vous espériez secrètement la convaincre avec le temps. Je ne sais trop que vous dire, si ce n'est que je trouve qu'en acceptant de vous épouser tout en sachant que vous étiez pour le polyamour, votre fiancée vous a témoigné une grande confiance. Je crois que vous devriez lui en être reconnaissant, car je ne pense pas que toutes les femmes auraient accepté le mariage suite à ce genre de révélation.
La difficulté, en soi, n'a pas nécessairement de valeur morale. Comme me disait ti'hamo dans un de ses commentaires à une de mes interventions : tuer quelqu'un avec un couteau émoussé est plus difficile qu'avec un sabre bien coupant, ça ne rend pas l'opération plus méritante sur un plan moral !
Ce n'est pas tout à fait ce que je voulais dire. Ce que je voulais souligner, c'est que l'on montre son attachement aux valeurs que l'on choisit de respecter dans les moments où l'on a l'envie de tout rejeter, et non pas dans les moments de bonheur, durant lesquels elles sont faciles à respecter. C'est justement dans les moments d'épreuve, où l'on est à la limite du rejet de ces valeurs que pourtant l'on s'était juré de respecter, que tout se joue et que l'on peut véritablement se montrer que tout n'était pas que des paroles. En respectant votre promesse envers votre épouse, vous ne niez pas votre nature. Au contraire, vous montrez à quel point vous êtes digne de confiance et d'estime! D'ailleurs, il est parfois si facile de se leurrer sur notre nature profonde...Nous prenons souvent le risque de prendre nos désirs, si forts puissent-ils être, pour cette nature. Il n'en est rien, et c'est une chose sur laquelle nous devriez souvent méditer. (Néanmoins, j'ai bien conscience du fait que mes paroles vous toucheraient peut-être plus si vous étiez croyant. En effet, vous auriez peut-être plus à l'esprit que cette vie est un temps d'essais, un instant éphémère durant lequel nous avons à être le disciple le plus fidèle possible du Christ, si difficile que cela puisse être parfois, et que nous ne devons pas être leurrés par certaines aspirations qui nous semblent bonnes, mais ne le sont pas vraiment et ne sauraient nous rendre véritablement heureux.)

Suliko (qui est désolée de vous avoir écrit un si long message sur le "devoir" du chrétien. En espérant que vous ne pensez pas que je prône le dolorisme ou quelque chose de ce genre. Il est bien sûr inutile et néfaste de rechercher la souffrance pour elle-même. J'espère également ne pas vous avoir blessé. Cela n'est nullement mon intention et si tel est le cas, sachez que ce n'est que la stupide conséquence de ma maladresse, et rien d'autre.)

Re: Prendre un ami du sexe opposé dans ses bras

Publié : dim. 21 avr. 2013, 11:01
par Un gentil athée
Suliko a écrit :Mais si je ne me trompe pas, vous avez écrit il y a très peu de temps qu'à présent, elle tenait son engagement qu'elle n'avait pas tenu pendant des années. Vous devriez donc par conséquent tenir le vôtre, non?
Elle le tient par la force des choses, parce qu'elle ne peut quand même pas me forcer à avoir une relation sexuelle, mais régulièrement elle me sollicite... (c'est là que l'on voit que tout polyamoureux que je suis, je suis très loin de ne penser qu'au sexe : mais c'est normal, comme je l'ai dit, le polyamour est relatif à l'amour, pas au sexe). De toute façon, ma remarque était essentiellement d'ordre "pédagogique". Je voulais juste lui faire comprendre à quel point cela pouvait être difficile de respecter certains engagements, et à quel point ils pouvaient parfois être "officiellement" pris avec un peu trop de légèreté, sans réellement penser qu'ils nous engageaient vraiment ou à quel point ils nous engageaient, et en se disant au fond de soi-même qu'on ne les tiendrait pas ou qu'on les contournerait : car aucun de nous deux ne pensait sérieusement renoncer à la contraception en prononçant nos vœux. Je crois que nous avons joué sur les mots (dans les piliers du mariage chrétien, il n'est pas écrit explicitement que l'on doit renoncer à la contraception, c'est tout le contexte autour qui permet d'interpréter ainsi le pilier "fécondité"), comme moi j'ai pu jouer sur mots au sujet de l'exclusivité (de même, dans les piliers du mariage chrétien, il n'est pas écrit explicitement que l'on doit se tenir à la stricte exclusivité amoureuse, c'est tout le contexte autour qui permet d'interpréter ainsi le pilier "fidélité"). Je pense que 90% des mariages catholiques sont nuls car rares sont les mariés qui sont prêts à renoncer à la contraception. Personnellement, je n'en connais pas dans mon cercle d'amis catholiques proches.
Suliko a écrit :Mais vous avez écrit qu'à l'époque de la rencontre avec votre future femme, vous vous sentiez très peu en confiance et aviez peur de finir seul votre vie. C'est tout de même étrange que dans cet état d'esprit, vous pensiez déjà au polyamour, alors que vous désespériez d'avoir ne serait-ce qu'une seule femme. J'avoue avoir du mal à saisir ce point précis...N'était-ce déjà pas un grand bonheur, à l'époque, d'avoir une fiancée, puis une femme?
Je comprends votre difficulté. En fait, cela fait longtemps que je ne ressens aucun besoin d'exclusivité. En ce qui concerne mes inclinations amoureuses envers plusieurs femmes, par contre, c'est plus récent. Lorsque j'avais 16-17 ans, j'ai connu une véritable passion amoureuse type "limérence" envers une fille de ma classe. Aucune autre fille n'attirait mon attention, il n'y avait qu'elle. J'ai un jour pris mon courage à deux mains et je lui ai déclaré un peu maladroitement ma flamme par écrit. Hélas, je me suis fait éconduire. J'en ai énormément souffert. Plusieurs fois, je suis "revenu à la charge", en espérant réussir à la faire changer d'avis. En vain. Le pire c'est que du coup je passais pour un gars lourd et ch... J'avais tout gagné ! Je n'arrivais pas à la chasser de mon esprit. Il a fallu, pour ça, que je jette mon dévolu sur une autre fille... avec qui je me suis pris aussi un râteau... Ça m'a calmé pendant un moment. En deuxième année de fac, je me suis épris d'une autre demoiselle. Au départ, elle ne m'intéressais pas, mais j'étais persuadé qu'elle me draguait. Du coup, j'ai fini par m'y attacher, par me dire qu'au fond, elle n'était pas inintéressante, etc., et à tenter quelque chose... Ce fut ma première et dernière veste avec une fille qui ne m'intéressait même pas à la base ! :zut: En 3ème, 4ème, 5ème et 6ème année de fac, j'ai eu quelques coups de cœur vite fait avortés... Le plus souvent j'abandonnais avant même de demander quoi que ce soit... et quand je faisais part de mes sentiments, je laissais tomber sitôt la veste prise... Progressivement, j'en suis venu à perdre confiance en moi, à perdre la croyance en Dieu (N.B. : ça a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, mais cela faisait un moment que ça sourdait pour plusieurs autres raisons), à me résigner, à déprimer, à me dire que jamais personne ne m'aimerait, que je devais être inintéressant, ou juste intéressant comme "bonne copine"... Et en même temps, mes hormones me travaillaient. Après l'époque de la cristallisation stendhalienne, j'étais en train de virer "philosophie dans le boudoir" ;) D'un côté, n'importe quelle fille pas trop moche aurait fait l'affaire, pourvu que je puisse me déniaiser !... D'un autre côté, je continuais quand même d'espérer autre chose, une relation faite d'amour, même si ma conception de l'amour était déjà en train de changer. Déjà, j'avais tiré les leçons de mes échecs passés. Je m'étais rendu compte de la vanité de l'amour-passion. En fait, c'est une sorte de drogue qui donne une impression d'absolu, quand bien même c'est d'une superficialité affligeante. Il fallait que je sois vigilant avec ça. Que je l'évite et, si je ne pouvais l'éviter, que j'en garde le contrôle. Parallèlement, grâce notamment à l'Internet, j'ai pris connaissance de tout un pan du monde que j'ignorais. Certaines choses me plaisaient, d'autres moins, mais j'avais l'impression de n'avoir jusque maintenant vu que la partie émergée de l'iceberg. Par exemple, j'ai un jour discuté avec une fille qui pratiquait ce qu'elle appelait l'amitié sexuelle. Elle avait un petit ami officiel, et aussi des relations sexuelles avec certains de ses amis. Je lui avais demandé : "— Mais, ton petit ami, il est au courant ?", "— Oui, bien sûr qu'il est au courant, et il est d'accord !" (je traduis le fond plus que le texte exact). Ça m'avait beaucoup impressionné : je ne m'étais jusque là jamais vraiment interrogé sur l'exclusivité amoureuse et sexuelle, et je me suis dit (là aussi, je traduis plus le fond que les mots exacts) : "Mais c'est vrai après tout, pourquoi on ne pourrait pas avoir des relations amoureuses ou sexuelles avec plusieurs personnes en même temps ? Pourquoi limiter cela à une seule personne ? A partir du moment où tout le monde est au courant et d'accord, où est le problème ? Qui suis-je pour prétendre savoir mieux que les autres ce qui est bon pour eux ?". Cela dit, je ne pensais pas encore que c'était pour moi, même si c'était une perspective que je trouvais séduisante. Il est vrai qu'il m'était arrivé d'éprouver du béguin ou de l'intérêt pour plus d'une fille en même temps, mais tout le monde me disait : "— Tu verras, quand tu auras trouvé une fille bien que tu aimeras et qui t'aimeras, tu n'auras plus qu'elle dans le cœur, et tu ne voudras pas qu'elle aille voir ailleurs", "— Ah, si tu l'dis ! Alors ça doit être vrai !". En bon ingénu qui ne connaissait pas grand chose aux relations avec les femmes, je m'en remettais à l'expérience de ceux qui avaient déjà vécu l'amour. Sauf que quand j'ai rencontré ma femme, à 26 ans, avec juste une vague expérience sexuelle d'un soir avec une amie comme tout bagage d'expérience... je me suis rendu compte que je restais sensible au charme des autres femmes, que je pouvais continuer de leur trouver de l'attrait et de l'intérêt. Par ailleurs, depuis que j'avais été déniaisé pour de bon avec ma femme, j'avais l'impression qu'un verrou psychologique était tombé, je me sentais beaucoup plus à l'aise et naturel avec les femmes qui me plaisaient... et je me suis rendu compte que je pouvais plaire à certaines... Mais étant engagé avec une femme exclusive, je ne pouvais guère donner suite... Cependant, mes réflexions sur le polyamour me revinrent à l'esprit : je me suis dit que, nonobstant mon engagement d'exclusivité, il n'y avait rien de mal à la chose, et que j'étais probablement moi-même aussi un polyamoureux. Par ailleurs, comme je l'ai dit, je n'avais jamais ressenti de besoin d'exclusivité. En creusant la question du polyamour, j'ai pris conscience que non seulement il n'y avait rien de mal à ça, mais qu'en plus c'était même — à mes yeux — une forme supérieure d'amour, sans limites, sans possessivité, en laissant l'autonomie à chacun, sans chercher à le changer pour nous plaire. Ça allait aussi bien contre la norme traditionnelle du mariage monogame que contre l'esprit du temps de la monogamie successive, de l'adultère bourgeois ou des aventures sans lendemain. Ici, il s'agissait d'être fidèle à plusieurs personnes sur la durée, avec le consentement de tous. J'ai commencé à chercher des arguments — mon esprit logique et philosophique aidant — afin de démontrer la supériorité morale du polyamour, et de convaincre, par suite, ma femme de l'accepter. Mais j'ai été naïf !
Suliko a écrit :Je pense également qu'il était maladroit de votre part de cacher à votre future femme qu'au fond, vous n'aviez pas changé d'avis en ce qui concerne le polyamour, et même plus: que vous espériez secrètement la convaincre avec le temps.
Je ne m'en suis jamais vraiment caché. Mais comme c'était un sujet duquel je ne pouvais discuter sereinement avec elle sans qu'elle s'énerve vite fait, je pris donc le parti de ne plus l'aborder avec elle, mais ça ne voulait pas dire que je renonçais à mes idées, et si c'est ainsi qu'elle l'a pris, alors elle s'est lourdement trompé. Au contraire, j'ai cherché des personnes, notamment sur Internet, avec qui je pourrais avoir les discussions que je ne pouvais pas avoir avec ma femme... histoire de confronter mes arguments, de les perfectionner, de nuancer / préciser mes idées, etc. A long-terme, j'espérais réussir à écrire un pavé sur le sujet, dont l'argumentation serait si serrée qu'elle ne laisserait pas la place au doute, qui répondrait de manière convaincante à toutes les objections possibles. Je l'aurais soumis alors à ma femme, qui aurait eu la liberté de le lire ou pas. J'étais loin d'être convaincu qu'elle le lirait, mais au moins, je me disais que tous les arguments auraient été là, que j'aurais fait, moi, l'effort d'apporter une justification, et qu'en l'absence de volonté, de sa part, de prendre connaissance de ce travail, ne serait-ce que pour le réfuter, cela ne lui donnait pas pour autant le droit de m'empêcher de vivre selon ma vérité (que j'estime coïncider avec la vérité relative aux relations amoureuses), comme je ne l'empêchais pas d'aller à la messe pour vivre selon sa vérité. J'aurais eu fourni tous les éléments requis pour rendre acceptable mes aspirations. La balle aurait été dans son camps. Je me disais que si elle refusait cette lecture, cela ne pouvait être que parce qu'elle pensait que, peut-être, mes arguments étaient bons et qu'elle n'aurait rien à leur répondre, que ce serait donc, de toute façon, de la mauvaise foi, et que je n'étais pas tenu de me soumettre à la mauvaise foi.

Je me suis tellement peu caché de mes idées, que voici ce que j'ai écrit dans ma déclaration d'intention :
Dans sa déclaration d'intention, un gentil athée a écrit :Rien ne me prédisposait donc à me marier à l’Eglise Catholique. D’autant plus que mon libéralisme éthique entre en conflit frontal avec certains préceptes catholiques, y compris ceux parmi les mieux implantés encore dans notre culture massivement laïcisée.
En effet, en moral, l’essentiel, d’après moi, est d’agir dans le respect – voire dans la défense et la promotion – de la liberté de chacun de faire – et d’assumer la responsabilité de – ses propres choix de vie. Et les actes d’une personne doivent être jugés, ultimement, non selon le sens habituel qu’ils prennent dans un contexte social donné, mais en fonction du sens particulier que cette personne leur donne ou entend leur donner.
[...] Je m’engage à tout faire pour que notre amour grandisse dans une fidélité totale et à être pour Catherine un véritable soutien. On s’étonnera peut-être d’un tel engagement de ma part, car je suis plus que sceptique, sur un plan moral, face à l’exclusivisme, dont je ne perçois pas du tout le sens ; si ce n’est de ne pas brusquer les mentalités préférant le doux confort des idées reçues que la hardiesse intellectuelle, ou de museler les sentiments de jalousie et de possessivité plutôt que de les dresser.
C’est que d’une, fidélité et exclusivité sont, d’après moi, deux notions différentes : être fidèle à ses amis ne signifie pas qu’on n’a qu’un seul ami ; être fidèle à ses idées ne signifie pas qu’on se contente d’une seule idée… J’entends donc, contre l’orthodoxie libertine et contre la catholique, me revendiquer à la fois fidèle et non-exclusif, et je souhaite que mes opinions en la matière soient respectées, de même que je respecte celles des autres.
De deux, malgré cette revendication principielle, il me faut bien entendu tenir compte du monde réel, où règne, hélas, la jalousie et la possessivité. Vivre selon cet idéal est d’autant moins possible que la femme que j’aime au point de lui unir mon destin ne le partage pas du tout, et qu’entre deux maux, il faut choisir le moindre. Pour moi, il est de renoncer à une partie de ma légitime liberté, pour pouvoir continuer de vivre ces moments intenses de bonheur partagé avec ma tendre et chère.
De trois, l’exclusivisme se justifie sur un plan : celui des relations sexuelles. La communion corporelle ne doit aller jusqu’à la relation sexuelle proprement dite que dans le cadre du couple monogame. Et ceci pour une raison des plus pragmatiques : l’acte sexuel est potentiellement fertile, et les enfants ont besoin d’une structure solide – le couple monogame formé d’un père et d’une mère bien identifiés – adaptée à leur plein développement et à la société actuelle (cf. aussi Thomas d’Aquin, Somme théologique, II2, Q. 154, Art. 2 et 8).
Cependant, renoncer à cet idéal pour moi-même ne m’empêche pas d’en faire bénéficier Catherine. Aussi, j’entends personnellement proscrire de ma vie de couple toute jalousie et toute possessivité. Je n’attends d’autre fidélité que « la constance, […] la loyauté, […] la gratitude, […] tournées toutes les trois vers l’avenir au moins autant que vers le passé. Vertu de mémoire, certes, mais aussi d’engagement : [la fidélité] c’est le souvenir reconnaissant de ce qui a eu lieu, joint à la volonté de l’entretenir, de le protéger, de le faire durer, tant que c’est possible, bref de résister à l’oubli, à la trahison, à l’inconstance, à la frivolité, et même à la lassitude. » (André Comte-Sponville, Dictionnaire philosophique)
Je crois que c'est assez clair quand même... Et ce document a été contresigné par le prêtre en l'état...
Suliko a écrit : Je ne sais trop que vous dire, si ce n'est que je trouve qu'en acceptant de vous épouser tout en sachant que vous étiez pour le polyamour, votre fiancée vous a témoigné une grande confiance. Je crois que vous devriez lui en être reconnaissant, car je ne pense pas que toutes les femmes auraient accepté le mariage suite à ce genre de révélation.
Sans doute, et de même, en acceptant de l'épouser tout en sachant qu'elle était pour la monogamie stricte, je lui ai témoigné d'une grande confiance. Je crois qu'elle devrait m'être reconnaissant, car je ne pense pas que beaucoup de polyamoureux auraient accepté d'épouser une monogame stricte.
Suliko a écrit :Ce n'est pas tout à fait ce que je voulais dire. Ce que je voulais souligner, c'est que l'on montre son attachement aux valeurs que l'on choisit de respecter dans les moments où l'on a l'envie de tout rejeter, et non pas dans les moments de bonheur, durant lesquels elles sont faciles à respecter. C'est justement dans les moments d'épreuve, où l'on est à la limite du rejet de ces valeurs que pourtant l'on s'était juré de respecter, que tout se joue et que l'on peut véritablement se montrer que tout n'était pas que des paroles. En respectant votre promesse envers votre épouse, vous ne niez pas votre nature. Au contraire, vous montrez à quel point vous êtes digne de confiance et d'estime!
Je n'ai jamais choisi — positivement — de respecter les valeurs monogames et religieuses, j'ai choisi — négativement — de faire avec, bon gré mal gré... C'est différent. Pour prendre un exemple qui vous parlera peut-être davantage : un certain nombre de prostituées préfèreraient, dans l'absolu, faire un autre métier, mais elles se prostituent quand même. Elles l'ont choisi après tout, personne ne les a menacé avec un flingue. Mais le choix, souvent, se réduisait à : se prostituer, vivre dans la misère.
J'ai donc, comme une prostituée, choisi mes contraintes, et non pas choisi de vivre ce qui correspondait objectivement à mes aspirations idéales.
Suliko a écrit :D'ailleurs, il est parfois si facile de se leurrer sur notre nature profonde...Nous prenons souvent le risque de prendre nos désirs, si forts puissent-ils être, pour cette nature. Il n'en est rien, et c'est une chose sur laquelle nous devriez souvent méditer.
Je suis assez d'accord avec ces lignes. J'ai d'ailleurs cru qu'en aspirant à la monogamie stricte, ma femme se leurrait sur sa nature profonde, qu'elle prenait ses forts désirs de m'avoir pour elle toute seule pour cette nature.

Cordialement,

Mikaël

Re: Prendre un ami du sexe opposé dans ses bras

Publié : dim. 21 avr. 2013, 13:07
par Menthe
Bonjour,

Pour parler franchement, en vous lisant, plusieurs choses me frappent :
. j'ai l'impression que vous êtes sorti avec votre femme par peur de ne jamais retrouver une femme qui vous témoignerait, comme elle, de l'intérêt, par peur de finir seul. Je ne dis évidemment pas que c'était votre seul motif, d'autant que vous parlez aussi de "moments intenses de bonheur partagé" dans votre déclaration.
. vous vantez le polyamour comme "une forme supérieure d'amour, sans limites, sans possessivité, en laissant l'autonomie à chacun, sans chercher à le changer pour nous plaire". Ça me semble très naïf. Que le polyamour vous convienne mieux que l'exclusivité amoureuse et sexuelle, c'est possible et vous êtes le seul à le savoir. Qu'il soit le remède miracle à la possessivité/jalousie et qu'aucun polyamoureux ne cherche jamais à changer l'autre ou les autres à sa convenance (pas uniquement dans le domaine sexuel), c'est déjà beaucoup moins probable. Pareillement, pour moi, sans l'avoir expérimenté, vous ne pouvez pas dire que vous vivrez bien - par exemple - le fait d'être une "relation secondaire" à laquelle on accorde moins de temps et avec laquelle on n'a pas les projets qu'on a avec une relation principale.
. votre femme n'est pas votre adversaire politique, ni une personne à convertir. Pour le coup, vous me faites penser aux religieux qui pensent emporter l'adhésion des foules en leur présentant, comme vous, "un pavé sur le sujet, dont l'argumentation serait si serrée qu'elle ne laisserait pas la place au doute, qui répondrait de manière convaincante à toutes les objections possibles". Cela dépend de ce que vous objecte votre femme, mais une telle démarche peut tomber complètement à côté de la plaque.
. vous vous comparez à la prostituée qui a choisi ses contraintes. Vous avez choisi, à un moment, de voir le verre à moitié plein. Qu'est-ce qui fait que maintenant, vous le voyez à moitié vide ?

PS : qu'importe votre décision, je vous souhaite bon courage et bon vent :)