_______
Bonsoir à Emmanuel et à tous,
Je dois faire face à une avalanche de contributions, qui méritent toutes des commentaires sérieux de ma part. Je me sens un peu seul contre tous : heureusement que cela reste dans les limites de l’affection fraternelle. Le message le plus « ancien » que je voudrais commenter est celui d’Emmanuel.
Que désigne le mot croire ? On pourrait commencer par citer Romains 10, 9 sqq : «si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé. Car du cœur on croit à justice, et de la bouche on fait confession à salut. Car l’écriture dit : «Quiconque croit en lui ne sera pas confus» [Ésaïe 28:16].
Il s’agit donc d’une conviction, non seulement intellectuelle ou conventionnelle, mais d’une certitude qui pénètre profondément jusqu’au plus profond de l’être du croyant. Cela est permis par la nouvelle naissance qu’acquiert le chrétien du fait de sa conversion, et par le fait qu’il est scellé du Saint Esprit, en tant que personne divine qui vient faire son habitation en lui.
Celui qui croit acquiert une nouvelle nature, qui par l’Esprit, l’incite aux bonnes œuvres, sans que ces dernières aient une vertu expiatoire.
Ananias et Saphira étaient des croyants, mais ils ont commis un péché à la mort, si grave pour l’époque qu’il a entraîné ipso facto la mort de leur corps. Mais je pense que cela n’a pas remis en cause leur salut éternel : ils ont été sauvés comme à travers le feu (1 Cor 3 je crois).
D’après de nombreux commentateurs, Simon le magicien, bien que baptisé, n’avait pas la vie de Dieu, c'est-à-dire n’était pas chrétien, tout au moins à l’époque de la commission de son péché de simonie (lequel a été largement imité par la suite).
Vous avez raison de dire que Paul « engueulé » les corinthiens et les galates. J’ai employé ce terme dans mon groupe chrétien et cela a été diversement apprécié, mais le fait était là. Mais ces admonestations ne visaient pas à remettre en cause leur salut éternel.
L’Epître de Jacques a été totalement incomprise de beaucoup, même parmi les Réformateurs. A cet égard je pourrais développer ce thème. Notons que la Parole de Dieu ne peut pas se contredire.
Ce qui a été retranché selon vous par la sphère protestante : vous citez des versets qui ont été totalement incompris, voire pervertis, par le catholicisme.
les apôtres ont eu à poser les fondements de la foi. Leur travail a été achevé avec l'achèvement de la Bible.
Vous n'avez pas de référence à l'Écriture à donner pour justifier cette affirmation.
Ephésiens 2, 20 : « ayant été édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin ». Il y a certes d’autres passages qui disent aussi que le fondement c’est le Christ.
Ce ne sont pas les Apôtres qui "achèvent la Bible".
Colossiens 2, 25 : « moi je suis devenu serviteur selon l’administration de Dieu qui m’a été donnée envers vous, pour compléter la parole de Dieu ». Certes tous les écrivains inspirés du NT n’étaient pas des apôtres, mais ils écrivaient sous couvert de l’autorité apostolique, du vivant de ces derniers.
avec un culot certain, le discours de Paul à des Éphésiens (Ac 20). Vous omettez de préciser qu'il s'adresse aux "anciens", c'est à dire aux prêtres (presbuteroi).
Merci pour « le culot certain ! ». Les anciens, ou surveillants, ou presbytres, ou épiscopes, n’avaient pas d’autorité hiérarchique sur leurs frères. Cela fut une déviation de la période ultérieure. Ils étaient mis en place par les apôtres ou leurs légats au temps de l’existence de ces apôtres. Il n’y a aucune certitude que cela ait été systématique. Par ailleurs après le départ des apôtres, nul n’avait plus l’autorité de le faire. Néanmoins, à titre informel, il y a encore des chrétiens qui ont des capacités de surveillants ou de serviteurs : nous devons reconnaître de telles personnes.
Il y avait deux types distincts de gens qui avaient des capacités dans l’Eglise : ceux qui avaient des dons (apôtres, docteurs, prophètes, pasteurs, évangélistes …), et ceux qui avaient des charges locales (surveillants et serviteurs) : les 2 ne doivent pas être confondus.
Votre position est surprenante en soi. Si je vous suis bien, Dieu a envoyé son fils révéler la Vérité, puis laissé (dès la génération suivante !) l'Église sombrer dans l'erreur puis attendu dix-huit siècles pour susciter John Darby qui seul a pu donner la bonne interprétation que Lin, Clet, Clément et tous les autres avaient sottement ignorée.
Dieu n’a pas laissé les chrétiens orphelins : notamment il leur a donné son Esprit. Cela dit il était clairement écrit dans le NT que l’Eglise allait dériver, à l’instar que toutes les choses bonnes que Dieu a instituées dans l’histoire sainte. Cependant il y a toujours eu à toutes les époques de fidèles témoins dans l’Eglise, même si beaucoup n’avaient pas de lumières sur tout ou commettaient des erreurs.
Les Pères de l’Eglise ont écrit beaucoup de bonnes choses, mais aussi beaucoup de mauvaises. Il faut en retenir ce qui est bon, mais ne pas considérer ces auteurs comme infaillibles.
Affectueusement.
______________