Re: La question du Diable.
Publié : ven. 06 avr. 2012, 20:01
Didyme, je reprendrai ici :
Tu me dis que tu aurais davantage le sentiment d'être mû par une force inconsciente à la limite, une force souterraine (ou «une poussée» résultante d'un enchevêtrement de facteurs non-choisis) qui t'enlignerait vers tel cap au lieu d'un autre, sans non plus que la part d'intellect serait vraiment déterminante dans tout cela. Disons, c'est comme si l'intellect ou la volonté de choisir (le discernement, etc), rien de tout cela, n'aurait plus de poids qu'un hasard de circonstance, tel petit accident ou telle coïncidence. Et, à la fin, l'on devrait se demander si notre propre salut (ou pas) n'en devrait pas tenir à notre radicale dépendance envers tout une trame qui nous serait étrangère.
Il ne dépend pas de moi si je puis être sauvé (comme sauvé plutôt que perdu), il ne dépendrait en rien de moi si je puis me perdre définitivement le cas échéant (?)
Tu n'aurais pas un peu l'impression de retrouver là un truc comme la fatalité antique, didyme ? un peu comme l'ami Oedipe ne disposant pas réellement de choix : la liberté serait une belle illusion. Des facteurs externes - sur lesquels je n'ai aucune prise - pourraient ''contraindre'' dans un sens ou dans un autre.
Bon
Dans un premier temps, je penserais que ce genre de sentiment éprouvé est réel. Il est probablement vrai aussi qu'une marge de décision est ''contrainte'' par une trame nous dépassant. Un handicapé moteur ne peut pas faire choix de danser le ballet, un pharaon d'Égype choisir Jésus, un individu devoir fuir le catholicisme et de ce que son beau-père l'aura traumatisé à vie [...], etc. Je comprendrais qu'il y a une marge décisionnelle. Le possible ne sera pas le même pour tous. En revanche, il devrait demeurer un «je» tel que capable de désirer vraiment s'orienter vers le bien, peu importe les facteurs sur lesquels nous n'avons prise.
Du mérite ou pas ?
Je pense qu'il ne serait pas facile de démêler les mérites (ou démérites) de l'un l'autre au quotidien. L'histoire biblique de Job serait là pour nous le rappeler aussi. « Qu'est-ce donc que tu as fait d'incorrect pour devoir démériter ...» Et Dieu, au contraire, peut venir trouver du mérite à Job de parler comme il parle, quand tout le monde y aurait vu du démérite. Pas facile de voir (sourire).
Sauvé malgré soi ? à cause d'un hasard ?
Pour qu'il puisse s'en révéler (révéler) notre véritable vouloir : l'intervention divine ne supprime pas les conditions initiales contrariantes telles qu'oppositions, scandales, obstacles. Et au lieu d'être rendu captif par les hasards (envoyé à Dieu ou à diable à cause d'une contingence), par les accidents et tout, mais alors ces genres de choses sont plutôt comme matière à partir duquelle pouvoir s'en révéler soi-même au final. Ici : une occasion offerte d'exercer en acte notre liberté. Le dernier mot n'appartient pas au hasard.
J'essaies de comprendre, dans mes mots :Mais en ce qui concerne ma décision personnelle, je n’ai vraiment pas l’impression d’y être pour quelque chose. Il y a un tas de facteurs (culture, éducation, environnement, expériences, épreuves, etc…) qui m’ont poussé dans ce sens. Et si ça venait de mon propre fond de répondre à cet appel, encore une fois je n’ai pas l’impression d’y être pour quelque chose, il est tel qu’il a été crée. Et c’est aussi l’impression qui m’habite en ce qui concerne celui qui prendra une route différente.
Tu me dis que tu aurais davantage le sentiment d'être mû par une force inconsciente à la limite, une force souterraine (ou «une poussée» résultante d'un enchevêtrement de facteurs non-choisis) qui t'enlignerait vers tel cap au lieu d'un autre, sans non plus que la part d'intellect serait vraiment déterminante dans tout cela. Disons, c'est comme si l'intellect ou la volonté de choisir (le discernement, etc), rien de tout cela, n'aurait plus de poids qu'un hasard de circonstance, tel petit accident ou telle coïncidence. Et, à la fin, l'on devrait se demander si notre propre salut (ou pas) n'en devrait pas tenir à notre radicale dépendance envers tout une trame qui nous serait étrangère.
Il ne dépend pas de moi si je puis être sauvé (comme sauvé plutôt que perdu), il ne dépendrait en rien de moi si je puis me perdre définitivement le cas échéant (?)
Tu n'aurais pas un peu l'impression de retrouver là un truc comme la fatalité antique, didyme ? un peu comme l'ami Oedipe ne disposant pas réellement de choix : la liberté serait une belle illusion. Des facteurs externes - sur lesquels je n'ai aucune prise - pourraient ''contraindre'' dans un sens ou dans un autre.
Bon
Dans un premier temps, je penserais que ce genre de sentiment éprouvé est réel. Il est probablement vrai aussi qu'une marge de décision est ''contrainte'' par une trame nous dépassant. Un handicapé moteur ne peut pas faire choix de danser le ballet, un pharaon d'Égype choisir Jésus, un individu devoir fuir le catholicisme et de ce que son beau-père l'aura traumatisé à vie [...], etc. Je comprendrais qu'il y a une marge décisionnelle. Le possible ne sera pas le même pour tous. En revanche, il devrait demeurer un «je» tel que capable de désirer vraiment s'orienter vers le bien, peu importe les facteurs sur lesquels nous n'avons prise.
Du mérite ou pas ?
Je pense qu'il ne serait pas facile de démêler les mérites (ou démérites) de l'un l'autre au quotidien. L'histoire biblique de Job serait là pour nous le rappeler aussi. « Qu'est-ce donc que tu as fait d'incorrect pour devoir démériter ...» Et Dieu, au contraire, peut venir trouver du mérite à Job de parler comme il parle, quand tout le monde y aurait vu du démérite. Pas facile de voir (sourire).
Sauvé malgré soi ? à cause d'un hasard ?
Pour qu'il puisse s'en révéler (révéler) notre véritable vouloir : l'intervention divine ne supprime pas les conditions initiales contrariantes telles qu'oppositions, scandales, obstacles. Et au lieu d'être rendu captif par les hasards (envoyé à Dieu ou à diable à cause d'une contingence), par les accidents et tout, mais alors ces genres de choses sont plutôt comme matière à partir duquelle pouvoir s'en révéler soi-même au final. Ici : une occasion offerte d'exercer en acte notre liberté. Le dernier mot n'appartient pas au hasard.