Amour&Responsabilité a écrit :
Si vous recevez tant de dons spirituels, il est très nécessaire que vous vous fassiez aider. Car une spiritualité très profonde, sans formation, sans expérience et sans obéissance, est dangereuse, même si c'est vraiment Dieu qui parle. Tous les saints, en particulier ceux qui recevaient des songes, visions et apparitions, nous ont donné l'exemple de s'en remettre à un guide spirituel.
Il peut en effet exister un risque. De mon côté, après ma conversion, j'ai cherché un guide spirituel, sans le trouver... mais c'est lui qui est venu à moi ! (Le Seigneur s'amuse à ce type de surprises, car Il veut toujours que nous puissions dire: mais non, tout cela, après tout, n'était que coïncidences !) Bref, le Père Verhaege m'a suivi jour après jour durant cinq ans. Il venait chaque matin à la boutique prendre un café et "bavardé". Mais il ne me pressait nullement. Il me disait des choses étranges:
- "Vous devriez écrire ce que vous vivez ici - il y a beaucoup de vie autour de vous. Tous ces jeunes égarés qui vous racontent leurs déboires, c'est ce que nous n'arrivons plus à faire dans notre couvent - un couvent c'est un monde recrée à l'intérieur..."
- Comme je restais très soucieux de me trouver un "nid" dans l’Église, il m'a dit carrément que je n'étais pas fait pour cela. Que je n'étais pas attendu, qu'il s'agissait d'une illusion spirituelle. Pour lui, le Seigneur m'avait converti parce que j'étais à une bonne place pour son œuvre - mais pas votre oeuvre : "mais son œuvre à Lui" !
- Un jour qu'un de mes clients, qui s'était presque vanté d'avoir divorcé de son épouse légitime et abandonné ses deux enfants pour une plus jeune femme, voici le père qui se lève, pointe sa canne vers le monsieur et lui dit : regardez-moi, bien je ne suis qu'un vieux prêtre et Dieu est plein de miséricorde, mais pour moi, à cause de ce que vous avez fait, c'est douze balles dans la peau, et la miséricorde ensuite !
- Il a vu tout de suite, au bout des trois années de grâces vécues à cent à l'heure dans une Joie parfaite... que l'épreuve m'attendait. "C'est le démon. Il réclame sa part, comme pour Job. Retenez ceci: le démon déteste les convertis". "Vous irez au désert"...
- Il est décédé une année plus tard, très paisiblement. Il m'avait dit: "Chassez vous soucis, avec force ! Allez comme un boeuf dans une prairie verte et broutez de l'herbe fraîche sans vous causer du soucis !
Avant de partir, il m'avait dit aussi que je n'étais pas fait pour un couple: "Les femmes ont besoin d'avoir une prise, un corps avec de la masse ! ... mais vous, vous êtes tout lisse, vous ne leur laissez aucune prise !"
(Eh bien, ce jour-là, ce n'était pas ce que j'avais entendu de plus gai... mais c'était vrai encore. J'ai encore une fois tenté de fonder un couple, avec une célibataire... qui disait être baptisée... mais menteuse ! Ouf, vive le célibat ensuite !)
Par la suite, je n'ai plus eu de directeur, mais j'avais trouvé le couvent des soeurs Clarisses, et mon esprit s'est éveillé.