PaxetBonum a écrit :Et n'est-il pas de notre devoir de prévenir une telle dérive ?
Bonjour,
exactement.
Et d'autant plus de notre devoir lorsque des faits avérés de désobéissance sont rendus publics et:
- 1) conduisent de fait un certain nombre de fidèles peu informés à entrer dans des types de comportements qui sont contraires à ce que demande l'Eglise (à la désobéissance)
- 2) conduisent automatiquement les médias, qui ne cherchent que celà et dont il faut bien dire qu'ils sont majoritairement hostiles à l'Eglise, à faire accréditer auprès du public catholique comme du public non-catholique cette étrange idée qu'il existe dans l'Eglise des "gens ouverts" parce que "rebelles" qui "luttent" pour la "liberté" et de l'autre des "traditionnalistes" au mieux, des "excités fondamentalistes" ou des "intégristes" réfractaires au bon sens et au monde moderne au pire (et donc des "partisans du Pape"), contribuant ainsi à diviser davantage l'Eglise. Et davantage qu'elle ne l'est en raison des comportements, attitudes, paroles et actions de ceux-là même qui mettent en péril l'unité de l'Eglise.
La désobéissance au Christ et à l'Eglise d'un baptisé, qu'il soit simple fidèle, prêtre ou évêque est une chose d'une gravité extrême. Que l'on demande aux fidèles de déposer un "recours" juridique dans certains cas est une chose - parfaitement normale - il n'en reste pas moins que ce "recours" ne doit pas servir à couvrir, laisser perpétrer ou se poursuivre, voire encourager des actes graves de désobéissance. Le Père Louis Bouyer, de l'Oratoire, dont j'ai donné une référence dans le message précédent, a parfaitement définit ce qu'il importe de faire: résister fermement.
Résister, ce n'est pas désobéir - et ce serait un autre scandale de le penser, de le faire croire ou simplement de le sous-entendre. Ce serait une honte: j'ai écrit même écrit le mot "répugnant" - lorsque me sont revenus en mémoire les visages d'un certain nombre de "résistants" rencontrés dans ma jeunesse, et en premier lieu l'évêque de mon diocèse d'origine dans sa "fosse aux lions" (et oui! il y a des évêques qui ont eu à "résister") ; ce vicaire général d'une lumineuse intelligence perdu parmi les barbares; de simples prêtres aussi, remarquablement intègres et obéissants (parmis lesquels plusieurs déportés que certains clercs ont osé traiter de "fascistes"); des religieux souriants et si calmes dans la tourmente; des laïcs, tous ces hommes et toutes ces femmes pour qui l'obéissance dans la foi valait tous les sacrifices... et qui n'eurent droit qu'à de la dérision, des moqueries et du mépris. Ou pire encore.
Résistez est une chose en même temps extraordinairement facile et difficile.
C'est avant toute chose informer, diffuser, répondre, rétablir, réparer, protéger, encourager sans jamais se lasser; et rappeler à temps et à contre-temps les exigences qu'impose l'obéissance au Christ et à Son Eglise; c'est mettre tous ceux à qui il incombe d'obéir davantage et de montrer l'exemple d'une obéissance sainte et irréprochable - à proportion de la charge qu'ils ont accepté librement de prendre - de les mettre, donc, en face de toutes leurs responsabilités dans la garde et la sauvegarde de l'unité de l'Eglise. Résister, c'est refuser non pas l'obéissance, mais de transiger avec l'obéissance. C'est exposer, avec humour ou sérieusement, les impasses dramatiques auxquelles conduisent toutes les désobéissances. Résister, c'est être présent et ne jamais fuir.
Et résister c'est maintenir une fidélité constante et irréprochable au Christ et à Son Eglise - au prêtre de sa paroisse comme à l'évêque de son diocèse. Résister c'est rester avec eux, ne jamais les quitter ou les abandonner, quelles que soient les circonstances. Les aimer comme on aime le Christ. En particulier, c'est s'interdire toutes les vaines révoltes et les refus de communion dans l'Eglise. Nous devons tous à nos pasteurs une fidélité qui se doit d'être sans partage, autant que nous avons droit à leur obéissance inconditionnelle au Christ et à l'Eglise.
C'est la raison pour laquelle, pour répondre à l'agression invraisemblable (le mot n'est pas trop fort pour moi) que constitue la question d'Emmanuel, ce forum est bien un forum catholique. Il n'est même que cela. La ligne éditoriale de ce forum est celle d'une fidélité inconditionnelle au Christ, à l'Eglise, au Pape, à la Tradition, aux évêques, aux prêtres: obéissance dans la foi - qui n'a évidemment rien à voir avec la soumission inconditionnelle et sans examen raisonné, passive et attentiste à tout et à n'importe quoi. Sans parler du silence qui équivaut à une démission.
V.