Que pensez-vous des lois anti-blasphème, par exemple celle du Pakistan... ?
Que pensez-vous de l'Irlande (un affreux pays obscurantiste, sans doute...) où, depuis le 1er janvier 2010, une loi est entrée en vigueur punissant le blasphème... Désormais, tout irlandais se rendant coupable de ce crime sera passible d'une amende allant jusqu'à 25 000 € !
En France, alors que les articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 supprimèrent la notion de blasphème du droit français, celle-ci fut fort heureusement rétablie sous la Restauration. En effet, dès la Restauration de la monarchie à partir de 1815, pour éviter que puisse se reproduire des actes ignobles comme pendant la Révolution, une loi sur le sacrilège fut étudiée et envisagée, puis enfin votée en janvier 1825, punissant de mort toute personne ayant commis un sacrilège.
D'où vient donc que dans notre société "super évoluée" la notion de blasphème ait été effacée, qu'un torchon de gauche puisse cracher son venin contre la Religion en toute impunité, alors que pendant des siècles le blasphème et le sacrilège était sévèrement puni par les tribunaux civils et ecclésiastiques ?
De la coutume, des opinions et de l'imagination révolutionnaire (pour reprendre des termes pascaliens). En effet, parce depuis 150 ans on nous bourre le crâne avec les fabuleuses "liberté fondamentales", qu'on nous gave comme des canards avec "la démocratie", "le libéralisme"...etc., on croit faussement que ce seraient des concepts intouchables, et que tenter d'y revenir seraient criminel et fou.
Alors quoi ? On serait condamné par les hommes pour homophobie quand on oserait dire que l'homosexualité est contre-nature et intrinsèquement perverse, et d'un autre côté presque loué et encouragé quand il s'agit d'insulter le Christ !? Est-ce donc ce modèle de société que vous défendez ?
La lecture de la lettre 93 de Saint-Augustin me conforte dans mon avis qu'il peut être utile d'user de la force contre le blasphème.
«...les donatistes sont si remuants qu'il ne me paraît pas inutile que les puissances établies de Dieu les répriment et les corrigent. Plusieurs d'entre eux ainsi ramenés font notre joie: ils se montrent si sincèrement attachés à l'unité catholique, ils la défendent avec tant d'énergie et se réjouissent si fort d'avoir été tirés de leur ancienne erreur, qu'ils sont pour nous un sujet d'admiration.
Ceux-là pourtant, par je ne sais quelle force de la coutume, n'auraient jamais songé à changer en mieux, si la crainte des lois n'avait amené leur esprit à la recherche de la vérité; si ce n'était point à cause de la justice, mais à cause de la perversité et de l'orgueil des hommes que leur stérile et vaine patience souffrait des châtiments temporels, ils ne trouveraient plus tard que les peines réservées à l'impie, auprès de ce Dieu dont ils auraient méprisé les doux avertissements et les paternelles corrections. »
« Nous aurions rendu le mal pour le mal à ces hommes autrefois nos ennemis acharnés et qui troublaient notre paix et notre repos par toutes sortes de violences et d'embûches, si, à force de mépris et de patience, nous n'avions rien imaginé, rien fait qui pût leur inspirer de la crainte et les corriger. Supposez quelqu'un qui verrait son ennemi, devenu frénétique dans un accès d'horrible fièvre, courir à la mort: si, au lieu de le saisir et de le lier, il lui permettait de courir jusqu'au bout, ne lui rendrait-il pas le mal pour le mal? Il lui paraîtrait cependant bien désagréable et bien dur, pendant qu'en réalité il lui serait très-utile par sa compatissance; mais revenu à la santé, celui-ci rendrait à son libérateur des grâces d'autant plus abondantes qu'il sentirait qu'il a été moins ménagé. Oh! si je pouvais vous montrer combien déjà nous comptons même de circoncellions devenus catholiques déclarés, condamnant leur ancienne vie et l'erreur misérable par laquelle ils croyaient pour l'Église de Dieu tout ce que leur inspiraient leur audace inquiète! Ils ne seraient point arrivés à cette santé de l'âme, si les lois qui nous déplaisent ne les avaient pas liés comme on lie des frénétiques. »
« Il se rencontrait une autre sorte de malades gravement atteints qui n'avaient pas cette audace turbulente, mais qui, sous le poids d'une ancienne indolence, nous disaient: Vous avez raison, il n'y a rien à répondre; mais il nous est pénible d'abandonner la tradition des parents; n'était-il pas salutaire de secouer ces hommes-là par la crainte des peines temporelles, afin de les tirer d'un sommeil léthargique et de les réveiller pour les sauver dans l'unité? Combien en est-il parmi eux qui se réjouissent maintenant avec nous, se reprochent l'ancien poids de leurs mauvaises œuvres, et avouent que nous avons bien fait de les molester, parce qu'ils auraient péri dans le mal d'une coutume assoupissante comme dans un sommeil de mort. »
...
Je ne vais pas vous citer toute la lettre, bien quelle soit fort édifiante, mais l'idée est là : l'usage de la force contre les pécheurs, en vue de leur conversion, est tout à fait légitime selon le saint évêque, et même très utile. Nos pères avaient compris ce bon principe et c'est tout naturellement que la Sainte Inquisition est apparue dans l'Occident chrétien pour réprimer l'hérésie cathares.
Ce n'est qu'à partir de la Révolution française que Dieu et la notion de blasphème contre Lui a été évacué du droit. La Révolution qui survint en France représente le passage, par l’effet d’une fracture violente et radicale, entre un monde fondé sur des valeurs sacrées, et un autre livré et dominé par les puissances de l’enfer auxquelles nous sommes à présent soumis et asservis. La Révolution, satanique dans son essence, est une révolte contre l’ordre naturel et surnaturel établi par Dieu. Elle doit être dénoncée comme telle et combattue sur le plan spirituel et religieux !