« Dieu leur donnera peut-être de se convertir et de connaître la vérité. » (2Tm 2.25)
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Forum de débats dialectiques entre personnes de bonne volonté autour de la religion chrétienne (catholicisme) et des objections formulées à son encontre
NB : L'attention des intervenants est particulièrement attirée sur la courtoisie et le respect ; les blasphèmes et provocations visant à blesser le sentiment religieux des lecteurs seront modérés ; les discussions inutilement polémiques seront verrouillées et leur initiateurs sanctionnés.
Il suffit de lire l'ouvrage de référence du Conseil pontifical pour la famille :
"La théorie américaine du Gender, référence des instances internationales (ONU, Unesco, Commission européenne, etc.) et source d’inspiration de nombreuses législations, figure désormais dans les manuels de S.V.T. de 1re L et ES. Selon le Gender, l’identité sexuelle n’est pas une donnée biologique mais une construction sociale : on ne naît pas homme ou femme, on le devient. Ainsi, chacun peut choisir son orientation sexuelle (homosexuelle, hétérosexuelle, bisexuelle, transsexuelle).
Mais comment la société peut-elle se fonder sans reconnaître la différence sexuelle ? Comment la famille peut-elle se structurer en dehors des liens engagés entre un homme et une femme, sources d’alliance, de filiation et de génération ? Comment la vie psychique de la personne peut-elle s’élaborer quand la réalité du corps est niée ?
Face au bouleversement identitaire, social et familial, qui se met en place, cet ouvrage présente, dans un esprit critique, les axes fondamentaux du Gender (ses origines féministes et égalitaristes, ses données anthropologiques, sociologiques et psychanalytiques, son évolution depuis les années 1980, etc.). Enseignants, éducateurs et parents pourront se forger, en toute connaissance de cause, une pensée argumentée et pédagogique à l’adresse des jeunes dont ils ont la responsabilité.
Les éditions Téqui rassemblent ici sept interventions d’experts : Tony Anatrella, Oscar Alzamora, Jutta Burggraf, Xavier Lacroix, Beatriz Vollmer, Angelo Scola.
(Source : le Salon beige)
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
Lu dans Le Monde à propos de l'ensiegnement du gender au lycée :
"Intitulée "Défendons la liberté de conscience à l'école", une pétition sur Internet lancée par les associations familiales catholiques compte fin août "plus de 25 600 signatures". Par ailleurs, à l'abri de pseudonymes, deux professeurs, s'affirmant étrangers à toute motivation religieuse, ont mis en ligne une pétition pour "la neutralité de l'école républicaine" qui réclame l'interdiction des nouveaux manuels de SVT édités par Bordas, Hachette et Hatier. Sur un site dénommé "L'école déboussolée", elle affiche 36 000 signatures. [...]
Agacé mais ne voulant pas mettre d'huile sur le feu, le ministère de l'éducation a fait savoir, le 20 juillet, que les programmes étaient "conformes à l'état actuel des connaissances scientifiques en biologie" et qu'ils "prônent un respect de chacun, conformément aux valeurs de la République"."
Où l'on constate que, agacé, le ministère de l'éducation souhaite surtout ne plus être importuné sur ce sujet, mais c'est bien trop facile. Le gender n'a rien à voir avec la biologie, ce qui signifie que les conformes ne sont certainement pas conformes.
(Source le Salon beige)
Note: Ce que dit le ministre à propos de ces programmes "conformes à l'état actuel des connaissances en biologie", il ferait mieux de le préciser !
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
J'y vois personnellement l'oeuvre de Satan... cette théorie n'est faite que pour destructuré l'être humain et donc l'enmenné à sa perte, détruire la famille comme l'a expliqué Stephlorant.
Il n'y a qu'unse seule solution à l'heure actuelle pour résister a toutes ses oeuvres qui ont pour but notre perdition : enlever ses enfants des écoles en contrat avec l'état (école privée), bien évidement pour moi les écoles publiques n'ont aucune valeurs, je ne les reconnais pas !
2 solution s'offrent aux Chrétiens qui veulent vivre droitement dans la paroles du Christ :
- Faire l'école à la maison, ce qui implique beaucoup de désinvantage tout de même.
- Mettre ses enfants en école privée hors Contrat avec l'Etat.
Ce qui implique un coût dans le budget de la famille, car ses écoles ne sont pas données, il n'yen a pas partout non plus, mais ont au moins l'avantage de suivre les valeurs inculquées dans la famille (valeurs de partage, coyance, prières ect...), la continuité en quelques sortes.
Et aussi le gros avantage que je trouve : Pas de LAICITE et les mensonges qui vont avec, moi je ne voudrais pas que mes enfants s'entendent dire que la Chrétienté a fait du mal, que Dieu n'existe pas et que l'homme est au centre de tout ect... la propagande Laïcarde...
Du calme !
J'ai été enseignante dans le secondaire public en Histoire-Géographie et vous avez une vision très déformée de l'enseignement public. Fille d'instituteur laïc et athée, ayant fait mes études dans le public, je n'ai jamais eu à subir ce genre de discours. Ni ma foi ni mon catholicisme n'ont posé le moindre problème que ce soit auprès de mes camarades de classe (et il y a des catholiques pratiquants dans le public), de mes professeurs (il y a des professeurs catholiques pratiquants dans le public), ou ensuite de mes collègues. Il y a beaucoup d'honnêteté intellectuelle chez les professeurs du public, autant que chez ceux du privé. C'est d'ailleurs grâce à l'enseignement public que j'ai "rencontré" Saint François de Sales : imaginez 400 élèves de Licence d'Histoire obligés de potasser l'Introduction à la Vie Dévote, avec un professeur athée (bien qu'élevée chez les Jésuites) spécialiste de la Révolution Française (et donc il existe également des professeurs de droite athées dans le public). Un pur moment de grâce pour moi. Je n'ai jamais eu de meilleur cours d'histoire de ma vie.l
Et l'école n'est pas tout : si les parents sont aimants, aimables et présents, qu'ils ont la foi et la partagent, les enfants risquent fort d'avoir un bon esprit critique
La théorie du genre risque de ne pas tenir longtemps...
Mon père m'expliquait la laïcité en prenant l'exemple de Jeanne d'Arc.
- Si un professeur dit : "Jeanne d'Arc a cru entendre des voix", il n'est pas laïc.
- Si un professeur dit : "Sainte Jeanne d'Arc a entendu des voix", il n'est pas laïc.
- Si un professeur dit : "Lors de son procès, Jeanne d'Arc a dit avoir entendu des voix", il est laïc.
Malgré ma foi, j'ai toujours procédé ainsi durant mes cours, et la plupart de mes collègues également...
François-Xavier Bellamy, agrégé de philosophie, professeur en lycée, adjoint au maire de Versailles, répond dans Le Monde à la tribune de Caroline de Hass , membre de l'équipe de Martine Aubry, sur la théorie du gender. Extraits :
"Cette tribune est réellement intéressante pour ce qu'elle révèle d'une confusion fondamentale qui pèse largement sur ces débats de genre. Caroline de Haas veut lutter pour l'égalité de l'homme et de la femme ; combat légitime s'il en est, nécessaire, urgent même, et auquel tout être humain qui n'est pas totalement aveugle ou barbare ne peut que s'associer. Considérer que l'un des deux sexes soit supérieur à l'autre (quel qu'il soit – et combien de fois je me suis senti, en tant qu'homme, ravalé au rang d'être inférieur, primaire, violent, obsédé et dominateur, par des féministes emportées par leur sainte colère !), c'est incontestablement à la fois une erreur objective et une faute morale grave. Mais pourquoi faudrait-il, pour être sûr de l'établir définitivement, confondre cette égalité indéniable avec une identité plus que douteuse ? Pourquoi faudrait-il, pour assurer que la femme n'est pas inférieure à l'homme, s'évertuer à démontrer qu'elle n'est pas différente de lui ? Pourquoi fragiliser un combat aussi légitime, une démonstration aussi solide, en voulant le fonder sur un raisonnement aussi absurde ? Oui, l'homme n'est pas une femme, la femme n'est pas un homme. Alors que notre société prend conscience, enfin, de la nécessité de respecter vraiment la nature telle qu'elle est, de renoncer à la modeler selon les excès de son désir de toute-puissance, pourquoi ne pas respecter notre propre nature, telle qu'elle est, sans chercher à la nier ? [...]
Egalité ne veut pas dire nécessairement identité ; pour tomber dans cette confusion élémentaire, Caroline de Haas fragilise son beau combat, et tombe souvent à côté de la plaque. Elle veut prouver que nous avons les mêmes cerveaux, également réceptifs à la culture ambiante ; personne n'en doute... Mais nous ne sommes pas que des cerveaux ! L'être humain est un corps, doté de sa part d'animalité, d'instinct, de sensibilité ; et ce corps est sexué. Cette réalité physique ne dépend pas de notre culture. Partageant une égale rationalité, comment ne pourrions-nous pas reconnaître que l'homme et la femme sont génétiquement, organiquement, charnellement différents ? Et de même que la biodiversité est reconnue comme un patrimoine à protéger, pourquoi ne pas regarder cette différence comme un trésor à protéger et à découvrir ? [...]
Méfions-nous : le combat du gender pour affirmer une identité illusoire pourrait bien constituer, par une ruse de l'histoire, la victoire paradoxale de la phallocratie, et apporter une réussite encore jamais atteinte aux forces d'aliénation de la femme. Lorsque le féminisme en vient à nier l'existence de la femme, on est en droit de se demander qui y gagne dans son long et légitime combat. Lorsque Caroline de Haas exige que la femme soit considérée comme identique à l'homme, elle renonce à construire un modèle d'individualité propre, autonome, et se laisse finalement aliéner par le modèle masculin, succombant à l'ancestrale prédominance qu'elle dénonce. La liberté de la femme ne consiste pas à ne pas pouvoir être elle-même ! Le féminisme du gender partage le projet du machisme le plus inégalitaire : fermer toute possibilité de dialogue. Je n'ai rien à échanger avec celui qui m'est identique, comme avec mon inférieur. Dans l'un et l'autre cas, rien à apprendre, rien à recevoir – rien à donner non plus. Mais de l'être qui est mon égal sans être identique à moi-même, de celui-là seulement, je désire la relation, car elle est la promesse d'une découverte et d'un enrichissement mutuel. Femmes, vous nous fascinez pour ce que vous êtes ; notre différence est le difficile trésor qu'il nous appartient d'apprivoiser ensemble. Pour y parvenir, reconnaître et vivre notre égalité est une nécessité concrète ; mais proclamer notre identité serait notre commun échec. Femmes, ne vous laissez pas aliéner, ne devenez pas des hommes comme les autres !" (Salon beige)
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
@salésienne
Ayez au moins conscience de votre chance, et du fait qu'elle est une chance, et ne constitue pas la règle : que ce soit en école privée ou publique, la relecture partiale et partisane de l'Histoire est monnaie courante :
"la monarchie absolue" représentée comme une tyrannie, renversée par un mouvement spontané et libérateur, la révolution ; le moyen-âge présenté comme une "parenthèse", la "renaissance" comme une réapparition de la culture et de l'innovation scientifique ; l'église et la religion dépeintes comme des forces obscurantistes s'opposant par nature au progrès ; etc...
Les instituteurs honnêtes, cela existe. Mais beaucoup ont appris ou développé (honnêtement, c'est possible) une mentalité partiale, biaisée, idéologique, qui plombe complètement leur enseignement et en fait plus un manifeste de la lutte des classes qu'un réel enseignement.
Et comme la plupart semblent manquer beaucoup d'une nécessaire formation et réflexion philosophique, beaucoup ne verront même pas le problème que pose la théorie du genre.
Edit : par "honnêtement, c'est possible", je veux dire qu'il est tout à fait possible que la plupart soient réellement persuadés de la justesse de ce qu'ils enseignent ; on ne veut donc pas dire que ces enseignants se diraient, consciemment, "tiens, je vais enseigner n'importe quoi pour détruire la culture, le sens critique et la liberté des générations futures".
Dernière modification par ti'hamo le lun. 29 août 2011, 21:48, modifié 1 fois.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz] Extrait de L'Agression
Moi (en école privée) mes profs passaient leurs temps a parler d'extrême gauche et des grandes choses que la gauche a apportée.
Un jour un élèvre a même dit à une de mes profs de Français qui se cachait pas être une rouge :"si vous êtes tant fière d'être de gauche, pourquoi vous enseigné pas dans un collège public laïque et en ZEP"
Il s'est prit une heure de colle, typique des rouges, dès qu'on les critique ils montrent leur grande tolérance !
Ma foi, j'ai toujours été de gauche et cela n'empêche pas du tout d'être catholique pratiquant. Disons que les questions morales m'intéressent moins que les questions sociales. Donc, dans ma pratique du catholicisme, je privilégie la pauvreté, la sobriété, la justice sociale, l'équité (donc le collectif) à tout ce qui touche de près ou de loin la sexualité (plus individuel).
La théorie du gender offusque nombre d'enseignants non catholiques. Il s'agit bien d'une théorie...
Quant aux écoles "privées sans contrats", je crains aussi les dérives, notamment sur le révisionnisme, la théorie de l'évolution (pourquoi ne pas apprendre comme dans certaines écoles américaines que la Genèse est un récit historique?), et des contre vérités également sur la Révolution Française (et là, les monarchistes accumulent autant d'erreurs pour servir leur cause que les gauchistes... qui ne sont pas les seuls anti-monarchistes -il en existe de très virulents à droite).
Bref, il ne faut pas généraliser. La théorie du gender dépasse les clivages.
AFP
Des députés UMP ont écrit au ministre de l'Education pour demander le retrait de manuels scolaires, expliquant la formation tout au long de sa vie de l'identité sexuelle. Le secrétaire national de l'Education au PS, Bruno Julliard dénonce une "petite polémique politicienne".
Quatre-vingt députés UMP ont demandé mardi au ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, le retrait de manuels scolaires qui expliquent "l'identité sexuelle" des individus autant par le contexte socio-culturel que par leur sexe biologique. Ces livres expliquent que l'on peut naître homme ou femme, tout en se formant ensuite sa propre "identité sexuelle" (homo, hétéro, trans, bi,...).
Interrogé par LEXPRESS.fr, le secrétaire national de l'éducation socialiste, Bruno Julliard regrette l'instrumentalisation de ce sujet de société.
Comment réagissez-vous à cette requête d'un groupe de député UMP?
Malheureusement, je ne suis pas surpris au vu de la personnalité des signataires qui sont les membres les plus conservateurs et réactionnaires de la majorité. On retrouve bon nombre de membres de la Droite Populaire.
C'est inquiétant sur le fond. Le ministre de l'Education ne doit pas céder à ses pressions et doit se saisir de tout urgence de cette question importante. Sur un sujet de société majeur comme lui là, c'est d'ailleurs dommage qu'une petite polémique politicienne prenne le dessus. Il faut quand même rappeler que le taux de suicide des jeunes homosexuels est sept fois plus élevé que dans le reste de la population
L'Etat doit-il avoir un droit de regard sur le contenu des manuels scolaires?
Par souci d'exigence démocratique, on doit se garder de toute intervention politique dans la constitution des programmes scolaires. Je milite d'ailleurs pour une remise à plat des conditions d'élaboration des manuels scolaires pour garantir l'indépendance des enseignants et des programmes.
La société est-elle prête à cette vision progressiste de la sexualité?
La société est plus en avance que le monde politique et les institutions. Dans quelques années, on pensera que cette polémique est d'une banalité affligeante. Il faut bien comprendre que la mise en place d'un outil de compréhension de l'identité sexuelle, ce n'est pas faire avancer les droits des LGBT ("Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres") mais contribuer à l'éducation et la formation des futurs citoyens.
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
La théorie de "l'identité sexuelle", qu'est-ce-que c'est? Tout comprendre ici.
Tous les 'bons' arguments ! (Ou : comment vous devez penser pour être 'comme tout le monde)
Retour sur la notion de genre avec l'économiste François Milewski.
Elle enflamme l'Eglise catholique, alarme la droite, divise les philosophes et agite le Web. Depuis quelques semaines, l'expression "gender studies", importée des Etats-Unis et jusqu'alors largement méconnue du grand public, est omniprésente. A l'origine de ce coup de projecteur, la polémique née de l'introduction, dans les manuels de sciences de la vie et de la Terre de la classe de première, de deux chapitres intitulés "Devenir homme ou femme" et "Vivre sa sexualité". Une façon, a justifié l'Education nationale, de proposer un enseignement qui affirme "la distinction entre identité sexuelle, qui relève de la sphère publique, et orientation sexuelle", qui dépend "de la sphère privée". Ses détracteurs y voient, eux, une référence à la théorie du genre. Mais de quoi parle-t-on exactement? Explications avec l'économiste Françoise Milewski, qui coordonnera à la rentrée, à Sciences po, un programme spécifiquement dédié aux gender studies.
Comment définissez-vous les gender studies?
Il s'agit d'un vaste champ d'études, né outre-Atlantique au début des années 1970, qui s'intéresse à l'analyse des inégalités entre les hommes et les femmes, à la construction identitaire de l'individu et aux relations entre ces deux domaines. Pour cela, les théories du genre croisent plusieurs disciplines: biologie, anthropologie, économie, sociologie, sciences politiques, droit, etc. Car les inégalités hommes-femmes se caractérisent par un enchevêtrement de causes et de conséquences et sont au carrefour de la sphère professionnelle et de la sphère privée. Par exemple, on ne peut pas comprendre l'insertion des femmes sur le marché du travail si on ne prend pas en considération l'absence de progrès du partage des tâches parentales... Les "gender studies" se demandent pourquoi les différences entre les individus devraient conduire à des inégalités fondées sur le sexe ou la préférence sexuelle. Et montrent que les inégalités entre les sexes sont une construction sociale.
En France, ces courants de pensée ne semblent pas très développés...
Au contraire. Nous avons produit beaucoup d'écrits -à commencer par ceux de Simone de Beauvoir- sur ces questions. Notre pays ne se caractérise pas par une pauvreté de réflexion, mais par un manque de prise en charge de ces sujets dans les domaines publics, et notamment dans l'enseignement. C'est probablement le résultat d'une interprétation réductrice de notre principe (que j'approuve!) d'universalisme républicain. Par crainte du particularisme, voire du communautarisme, tout ce qui pouvait ressembler à des spécificités a été banni et nous accusons beaucoup de retard. Mais, depuis quelques années, nous observons une convergence des acteurs -universités, institutions- pour faire émerger le thème du genre dans l'enseignement et le débat social. Aujourd'hui, il est même dans l'air du temps.
Introduire, dans les manuels de SVT, des enseignements sur le genre ne revient pas à faire rentrer à l'école un "parti pris" militant
Mais il reste très décrié! On reproche aux "gender studies" de s'inscrire dans une démarche militante féministe et homosexuelle, de nier l'altérité hommes-femmes...
Contrairement aux présentations caricaturales de nos détracteurs, nous ne nous intéressons pas uniquement aux questions de construction identitaire de la personne, de préférence sexuelle, d'homosexualité, de bisexualité ou de transsexualité - même si ces sujets ont leur place. Le fait d'introduire, dans les manuels de sciences de la vie et de la Terre, des enseignements sur le genre ne revient pas à faire rentrer à l'école un "parti pris" militant ou un mouvement, comme certains semblent le croire. Les "gender studies" ne sont pas une opinion ou une idéologie, mais un domaine de recherche. Qui plus est, l'objet des théories du genre n'est pas de prôner une société où tous les individus seraient ressemblants. Personne ne nie qu'il existe une différence biologique entre une fille et un garçon. Ce qu'il faut déconstruire, ce sont les stéréotypes du masculin et du féminin et les inégalités construites socialement - "un garçon, ça ne pleure pas, ça ne débarrasse pas la table, ça peut éventuellement taper sur les filles".
C'est ce que vous entendez faire via le programme de recherche et d'enseignement des savoirs sur le genre (Presage) (1) que Sciences po proposera à la rentrée. Cette formation sera délivrée à tous les étudiants, quel que soit leur cursus. Pourquoi?
Car il faut éveiller toutes les consciences sur le fait qu'il existe un ordre sexué dans la société et une assignation des rôles entre les hommes et les femmes. Aujourd'hui, plus personne n'ose dire des choses comme "le cerveau des femmes est plus petit, il est donc normal qu'elles soient cantonnées à telle ou telle tâche". Mais d'autres formes de sexisme existent. On considère par exemple que les femmes ont des qualités particulières - la gentillesse, l'empathie - qui les inciteraient à choisir certains métiers plutôt que d'autres. Lorsque vous achetez un jouet pour un enfant, on vous demande toujours si c'est pour un garçon ou une fille. Même chose en politique: on interroge les femmes sur la façon dont elles comptent concilier leur mandat et leurs obligations parentales. Mais jamais les hommes. Des études ont également montré que les conseillers d'orientation dirigent différemment les filles et les garçons, même s'ils sont persuadés du contraire... Il est important de réfléchir à la façon dont on peut changer la donne. Je crois aux vertus de la formation. J'ose espérer qu'à partir du moment où on sensibilisera les nouvelles générations, elles en tireront des conséquences, sur les plans personnel ou professionnel.
(1)Programme coordonné avec Hélène Périvier.
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http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
@Salésienne
. Les questions morales vous intéressent moins que les questions sociales ?
Mais... vous faites comment du social, sans morale, dites ?
Dans ma pratique du catholicisme, je crois ne rien devoir privilégier. Je n'ai pas vu affirmé dans la doctrine de l'Église qu'une vertu vaille plus qu'une autre (sinon la charité mais la charité est ce qui fait vivre toutes les autres vertus). Nulle part je n'ai vu qu'il faudrait choisir entre la pauvreté, la sobriété, la justice (tout court : qu'elle soit sociale ou non, la justice, c'est la justice), l'équité, la chasteté, et la fidélité. (Après, il y a, c'est vrai, des vertus et des parties du message de l'église catholique plus à la mode que d'autres, ou plus en phase avec l'esprit du siècle que d'autres, mais ça n'a rien à voir).
. En plus de cela, à partir du moment où il s'agit d'enseignement, on ne peut pas prétendre opposer "vertus sociales" concernant la communauté et "morale sexuelle" qui ne serait qu'individuelle : il s'agit bien ici de ce qui sera enseigné aux enfants, aux enfants français, de la communauté française, et il s'agit donc d'une question d'ordre on ne peut plus publique.
. La théorie du gender n'est qu'une théorie - quoique, en réalité, plutôt une idéologie, puisque forgée de toutes pièces pour répondre à des impératifs idéologiques et non une explication rationnelle construite à partir des faits.
Soit.
Mais le marxisme aussi ça n'est qu'une théorie, et elle a suffisamment fait de ravages dans l'enseignement. Le seul fait de présenter le gender comme une théorie ne suffira pas à en neutraliser les effets délétères sur les esprits des enfants qui se la verront présentée comme valable et digne de foi ; par contre, ça permettra à ses apologistes de se cacher derrière cette excuse : mais, on le présente comme une théorie, on n'a pas vraiment affirmé noir sur blanc que c'était totalement vrai, donc tout va bien.
(sauf que, de fait, il semble bien que dans les manuels on dépasse déjà largement la présentation d'un théorie : les choses semblent bien clairement affirmées)
. Quand on se lance dans l'épidémiologie, fût-elle des idées, on compare des dangers comparables. Or, de nos jours, dans le contexte actuel, faire mine de s'inquiéter autant de possibles dérives créationnistes dans de possibles écoles hors contrats, que des réelles dérives détruisant la culture et le savoir, dans des écoles réelles sous contrat,
c'est confondre un risque hypothétique et limité avec une maladie réellement déclarée et en cours d'expansion : donc, une erreur de perspective assez grave.
Voilà voilà.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz] Extrait de L'Agression
@Stephlorant
Après lecture des extraits publiés : (gros soupir) je sens qu'on va devoir faire l'école à la maison ; entre ça et les programmes d'Histoire...
Ça a quelque chose de déprimant de voir comme ça les tenants d'une idéologie absurde entuber tout le monde... de voir les grosses ficelles... et de voir tout ce monde se faire avoir le sourire aux lèvres...
Comme toujours, des justifications impossibles à critiquer sont avancées... mais qui n'ont juste rien à voir avec ce qu'ils essayent de faire passer (et pourtant, tout le monde tombe dedans) :
. Ce qu'il faut déconstruire, ce sont les stéréotypes du masculin et du féminin et les inégalités construites socialement - "un garçon, ça ne pleure pas, ça ne débarrasse pas la table, ça peut éventuellement taper sur les filles".
Avons-nous eu besoin, nous, de la théorie du genre pour apprendre à ne pas taper sur les filles et à ne pas accorder de valeur absolue à toutes les croyances sur ce que doit ou ne doit pas faire un représentant de tel ou tel sexe ?
. Le suicide des jeunes homosexuels : qui ne voudrait pas l'empêcher ? Mais on ne voit pas bien le rapport.
C'est toujours le même genre d'"argumentation" médiatique : pouf, on balance un sujet qui provoque une émotion, et paf, vous êtes un salaud si vous ne suivez pas... et il n'y a personne pour marquer une petite pause propice à la réflexion et demander : "attendez... le suicide des homosexuels c'est grave et triste, mais, quel est le rapport, et en quoi le fait d'apprendre aux enfants qu'ils peuvent choisir leur sexe, leur prénom et leur espèce, empêchera les homosexuels de se suicider ?"
(huhu : Mais d'autres formes de sexisme existent. On considère par exemple que les femmes ont des qualités particulières - la gentillesse, l'empathie - : ah non non non, moi je ne crois pas à ça, non. )
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
[Konrad Lorenz]
“Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.”
[Konrad Lorenz] Extrait de L'Agression
Selon l’ancien député de Nice Jérôme Rivière, la théorie du gender est « une idée philosophique qui n’est pas scientifique, tout comme l’était la théorie de l’eugénisme si populaire au début du XXème siècle ».
Le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, a apporté son soutien aux députés qui réclament le retrait des manuels scolaires présentant la théorie du gender comme une vérité scientifique :
"Ce qui est profondément choquant dans cette affaire, c’est que la théorie du genre, qui est une théorie défendue par des personnes mais combattue par d’autres, soit présentée comme une vérité scientifique alors que ça ne l’est pas. C’est comme si on présentait dans les manuels d’économie la théorie marxiste comme une vérité scientifique. Cela justifie que des députés s’en émeuvent et je pense qu’ils ont raison et il serait absolument inacceptable que l’on fasse des procès d’intention d’homophobie ou autres, ce qui n’est absolument pas le cas, à des parlementaires qui s’interrogent".
De son côté, Christian Vanneste a écrit une lettre personnelle au ministre, dont voici un extraiit :
"Il est manifeste que certains manuels, soutenus par des déclarations d’enseignants, de chercheurs ou de lobbyistes, souhaitent introduire dans cet enseignement une idéologie qui consiste à faire de l’identité sexuelle, comme c’est le cas du rôle et de l’orientation, une construction sociale. Je me contenterai d’un exemple qui me paraît en tous points scandaleux. Il s’agit de la page 173 du livre Bordas, qui traite la question de l’identité et de l’orientation sexuelles dans le sens de l’idéologie du gender, en s’appuyant sur les exceptions pour justifier l’importance du conditionnement social non seulement pour l’orientation mais aussi pour l’identité, et en accompagnant les textes de photos qui appartiennent au registre de la propagande : la première montrant une manifestation de transsexuels, et la seconde, indiquant sur une banderole : « l’orientation sexuelle est une liberté fondamentale ». Il me paraît très clair que cette manipulation idéologique éhontée d’élèves, est non seulement contraire à la lettre et à l’esprit du programme, mais qu’elle est tout simplement révoltante quant aux buts de l’éducation nationale. Celle-ci doit prodiguer un enseignement scientifique. Elle doit également susciter une réflexion dans les disciplines appropriées, la philosophie par exemple. Elle n’a pas à inoculer insidieusement une idéologie, d’ailleurs contraire au bon sens, à de jeunes esprits qui ne seront pas à même de la critiquer. Les réactions du ministère ont, pour le moment, été singulièrement insuffisantes. Elles ont manqué de clarté et de fermeté, alors qu’il s’agit simplement de faire respecter les textes."
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