françois67 a écrit :mais n'y-a-t'il pas énormément de divinités mortes et relevées des morts? Comme Ré, Baal, Melqart, Adonis, Eshmun, Attis, Tammuz, Zalmoxis, Asclepius, Orpheus, Dionysos, Odin, Inanna/Ishtar et Perséphone.
Je ne sais pas d'où vous tirez ces choses mais il y a des erreurs : Perséphone ne fut pas ressuscitée mais capturée par Hadès pour devenir son épouse aux enfers.
Bref, passons. Certes, il y a des cas de résurrection de divinités, mais elles n'ont rien à voir avec celle de Jésus. Prenez l'exemple d'Osiris : il est ressuscité mais est condamné à régner sur le royaume des morts. De plus, avec Jésus, nous parlons d'un personnage historique, d'un homme qui a vaincu la mort. Rien de tel dans les mythes que vous mentionnez.
Il faut bien comprendre que les récits du Nouveau Testament ont la structure du témoignage, pas du mythe. Ce sont des gens qui ont vu et qui le disent ! Donc faire un parallèle avec des divinités mythologiques n’a aucun sens.
Le problème des mythistes est qu’ils partent d’un préjugé de départ : ce que relatent les Évangiles ne peut qu’être faux. Et donc, ils vont échafauder des théories, faire des parallèles douteux, etc. pour essayer d’expliquer comment le christianisme a bien pu émerger. Mais ça ne tient pas quand on regarde les faits. Ainsi, les exégètes identifient clairement que le kérygme – l’annonce de la crucifixion et de la Résurrection du Christ – est affirmée très tôt par les chrétiens, et qu’elle précède toute réflexion théologique ultérieure. Comment croire alors que ces affirmations puissent être l’œuvre d’une obscure communauté décidée à inventer une nouvelle religion ? Comment comprendre que des hommes aient décidé, alors qu’ils étaient en minorité, de tout quitter pour partir sur les routes annoncer au monde un mensonge forgé de leurs mains, quitte à mourir pour ce mensonge ? Alors oui, on peut imaginer n’importe quelle théorie. Mais ça ne signifie pas pour autant qu’elle tienne la route…
Ma conclusion : depuis le XIXème siècle, beaucoup se sont amusés à inventer des théories pour expliquer l’émergence du christianisme et ses croyances. Rien ne résiste mieux à l’analyse historique que le fait de la Résurrection. Comme en histoire, il n’y a pas de certitude mais seulement des degrés de probabilité, je pense que l’état actuel de la recherche historique permet de conclure sans problème que l’hypothèse de la Résurrection a de très loin le plus haut degré de probabilité.
Epsilon a écrit :A ce stade nous pouvons dire que la croyance en la résurrection, à l’époque de Jésus, existait belle et bien dans le Judaïsme … mais, ttfois, plus « rejetée » dans le futur d’un Jugement dernier que le fait qu’elle puisse être actée au présent …
Permettez-moi de compléter un peu : la notion de Résurrection était certes connue du judaïsme mais pas de la manière dont Jésus a ressuscité. Certes, vous mentionnez le fait que les juifs parlaient de résurrection pour la fin des temps, mais même les modalités des corps ressuscités diffèrent. Ainsi, des juifs inventant une histoire de résurrection aurait fait référence au livre de Daniel et au fait que les élus doivent briller comme des étoiles. Jésus ressuscité ne fait pas cela.
En outre, les juifs n’attendaient pas un Messie qui soit crucifié et qui ressuscite le 3ème jour. Il semble que nulle part vous ne trouviez cette idée dans la littérature juive de l’époque.
Epsilon a écrit :Le moins que l’on puisse dire les récits dans les quatre Evangiles ne coïncident pas … ce qui est « fâcheux » pour des récits qualifiés de « paroles de Dieu » … et pour un esprit « moderne » habitué à une conception scientifique de la vérité.
Au contraire. Car pour un historien, des récits qui divergent sur des détails entre eux, et donc viennent de sources différentes, mais concordent sur l’essentiel sont beaucoup plus fiables qu’un récit unique susceptible d’avoir été manipulé.
De fait, les divergences entre les Évangiles n’ont strictement AUCUN impact sur la foi. Quant à la notion de parole de Dieu, tant qu’on ne l’entend pas à la manière de l’islam, il n’y a aucune difficulté non plus.
Epsilon a écrit :Comment accorder foi à des témoignages si on ne sait même pas avec certitude qui sont les témoins ???
Rien ne coïncide entre les récits …
Non, c’est une exagération. Les Évangiles sont très clairs sur les témoins : les femmes et les apôtres. D’ailleurs, le fait que ce soient des femmes qui soient témoins ne s’invente pas : à l’époque, le témoignage des femmes ne valaient rien. Celse raillera le fait que la foi des chrétiens s’appuie sur le témoignage de « quelques femmes hystériques ». C’est donc un élément historique solide.
Dire que rien ne coïncide dans les récits est une erreur. Il y a des divergences, c’est certain – divergences que l’Église a assumée, signe qu’elle n’a rien cherché à falsifier – mais dire que rien ne coïncide est complètement faux.
Cordialement,