Boris a écrit :Métazét a écrit :Car je n'ai qu'à dire que les personnes homosexuelles, de par leur nature, ont des relations sexuelles avec des personnes de même sexe qu'elles et vous voilà dans l'embarras...
Je ne suis pas le moins du monde embarrassé car vous vous basez sur un mensonge : prétendre que la pratique homosexuelle est une relation sexuelle naturelle.
Il n'y rien de plus faux.
Il s'agit comme je l'ai déjà montré d'une pratique pervertie de la sexualité. Dans la pratique homosexuelle, les organes génitaux des 2 personnes ne sont pas unis en vue d'accéder aux finalités de l'union des époux. Visiblement, je vais devoir vous faire un schéma :
- l'anus n'est pas un organe génital (sodomie)
- la main n'est pas un organe génital (masturbation seul ou à 2)
- la bouche n'est pas un organe génital (félation et cunilingus)
Or, ce sont bien ce type de membres que met en oeuvre la pratique homosexuelle. Donc c'est bien une perversion dans le sens de dévier de la finalité première des organes génitaux.
Donc on est d'accord : le prêtre, en n'usant pas de ses organes génitaux pour se reproduire, en pervertie l'usage naturelle. Je ne vois pas pourquoi une perversion serait uniquement dans le positif (utiliser quelque chose dans un but pas prévu) et pas dans le négatif (ne pas utiliser quelque chose dans le but prévu).
Boris a écrit :Wikipédia a écrit :Le terme pervertir est issu de deux termes latins (per qui signifie par et vertere[/ i] que l'on peut traduire tourner). La traduction la plus littérale serait mettre sens dessus-dessous ou faire mal tourner. Dans le latin ecclésiastique du IIIe siècle ce terme désignait toute opération de falsification d'un texte et par extension une volonté de corrompre les esprits en les détournant du dogme.
Ce n'est qu'au XIIe siècle que le terme pervers est attesté dérivé de pervertir et, de sa racine latine, il signifie appliqué à contre-sens, vicieux. Le pervers, dans le langage religieux de l'époque, est une personne qui est portée à faire le mal.
Ainsi, selon cette définition, la perversion est bien la pratique qui consiste à utiliser la nature de manière contre-nature.
La pratique homosexuelle est une perversion sexuelle. Et partant de là, la perversion est immorale.
Admettons que l'homosexualité soit une perversion sexuelle. Il vous reste à démontrer que ce qui est pervers est immoral. Vous ne faite que l'affirmer sans preuve.
Je vous rappelle la définition de la morale :
Wikipedia a écrit :La morale est un ensemble de règles de conduite, de relations sociales, qu'une société se donne et qui varient selon la culture, les croyances, les conditions de vie et les besoins de la société ( en dehors d'un "noyau dur" de morale universelle: tuer, violer, nuire... est immoral).
[...]
En français, morale et éthique ont des sens proches et sont souvent confondus.
Ainsi le Petit Larousse donne les définitions suivantes :
Morale (du latin mores, mœurs) :
- Ensemble des règles d'action et des valeurs qui fonctionnent comme norme dans une société,
- Théorie des fins des actions de l'homme,
- Précepte, conclusion pratique que l'on veut tirer d'une histoire.
Éthique, Philosophie (du grec ethikos, moral, de éthos mœurs) :
- Doctrine du bonheur des hommes et des moyens d'accès à cette fin,
- Ensemble particulier de règles de conduite (syn. morale),
- Partie théorique de la morale.
Métazét a écrit :Je pense, si l'on tient vraiment à être "physico-téléonomique", qu'il faut s'en tenir strictement à la "finalité naturelle" au sens... naturel du terme, donc biologique, psychologique, anthropologique, etc. sinon, on peut dire tout et son contraire. Ce que le constat empirique le plus élémentaire montre c'est que les prêtres ont des organes reproducteurs, comme n'importe qui d'autre. Si c'était par nature qu'ils n'avaient pas de relation sexuelle, alors ils seraient physiquement asexué...
Là, vous reniez l'usage de la raison : un prêtre ou un moine ayant fait promesse ou voeux d'abstinence possède effectivement un organe sexuel mais ne l'utilisera pas grâce à la suprématie de sa volonté issue de sa raison.
Fort bien, on arrive exactement là où je voulais en venir : Donc une personne qui, après y avoir murement réfléchi, décide librement de pratiquer l'homosexualité ne commet pas de faute morale, on est d'accord ?
Métazét a écrit :En tout état de cause, si la morale que vous voulez proposer aux personnes homosexuelles, ne repose que sur des considérations catholico-catholiques, vous n'irez pas bien loin. L'adepte de la religion X n'aura qu'à vous répliquer que le Dieu en lequel il croit lui a donné d'autres commandements, et le dialogue s'arrêtera net, car comment voulez-vous lui prouver que votre religion est meilleure que la sienne ? Attention : je ne dis pas qu'une religion meilleure qu'une autre n'est pas concevable dans l'absolu, ma question est méthodologique, non pas ontologique.
C'est du relativisme. Je ne réponds pas.
C'est de la mauvaise foi mais je répond quand même :
Donc si je vous comprend bien : soit on est catholique romain, soit on est relativiste ? Si j'estime que la vérité unique et connaissable se trouve dans la religion X, je n'adopte pourtant pas une attitude différente de la votre, vous en rendez-vous compte ou êtes-vous à ce point là aveuglé par vos convictions ?
Le relativisme prétend que la connaissance de la vérité est impossible, voire que la vérité n'existe pas, ou encore qu'il y en a plusieurs. Moi je ne dis pas une chose pareille. J'affirme juste quelque chose de bon sens : on ne peut prouver un système de pensée en présupposant sa vérité. J'attend donc que vous m'apportiez des arguments
non-catholiques, basés sur des prémisses communément admises, à l'appui de votre hypothèse suivant laquelle la religion catholique est la meilleure.
Métazét a écrit :A mon avis, cette encyclique se trompe. Quelles raisons avance-t-elle à l'appui de cette inséparabilité ? Pour ma part, j'ai quelques arguments en sens contraire : il peut y avoir don de soi des époux sans procréation, par exemple dans le cas de la stérilité. Pensez-vous qu'il est immoral d'avoir des relations sexuelles lorsqu'on est stérile ? Il peut aussi y avoir procréation sans don de soi, mais là c'est plus compliqué à démontrer, il faut passer par une analogie : je prendrai celle de l'alimentation. L'alimentation a (au moins) deux finalités : apporter de l'énergie à l'organisme (à travers les glucides et les lipides), apporter des éléments pour sa construction (à travers les protides). Or ces finalités sont clairement séparables : on peut manger un bonbon, qui ne contient quasiment que des glucides, sans commettre une faute morale, du moins j'espère que vous ne voyez pas de faute morale dans le fait de manger un bonbon. Si donc, dans le cas de l'alimentation, les deux finalités sont séparables, pourquoi n'y seraient-elles pas dans le cas de la sexualité ?
C'est facile (à mon tour de le dire) de dire qu'une encyclique se trompe sans la lire !
Sa Sainteté le Pape Paul VI parle de la volonté. Si il y a désir de séparation des 2 finalités, alors il y a perversion donc immoralité.
Le cas de la stérilité n'entre évidemment pas dans la perversion : aucun des époux ne veux par sa raison être stérile.
Votre analogie avec l'alimentation est mauvaise. Dans les cas que vous citez, il s'agit d'entretenir le corps à court terme (énergie) ou à long terme (construction).
Dans la sexualité, comme je vous l'ai déjà expliqué, l'une des fins est purement physique (la procréation) et la seconde est spirituelle (le don de soi dans le mariage, permettant de souder un peu plus le mariage). Ce sont 2 finalités qui n'ont pas la même nature.
Ce sont deux aspects différents du corps qu'il s'agit d'entretenir dans l'alimentation. Dire qu'il s'agit d'un entretien sur le court terme ou le long terme est une simplification abusive.
On peut les séparer mais dans ce cas, on tombe dans la perversion. (usage de contraceptifs)
Une telle perversion appliqué à la proccréation a en réalité plus de conséquence sur le don : il n'y a plus réel don si on y met une barrière artificielle (préservatif, pilule, ...) Ce qui ne veut pas dire que chaque union doit engendrer la Vie.
Pour éviter la perversion, il faut le couple soit en permanence ouvert à la Vie et qu'il utilise sa raison pour différer une naissance si nécessaire.
Autrement les méthodes naturelles de régulation des naissances et en particulier la méthode Billings qui fonctionne mieux que la pilule (99% de réussite pour différer une naissance, 30% de réussite pour résoudre certains cas de stérilité apparente).
Vous limitez abusivement l'usage de la raison à ce que vous appelez les "méthodes naturelles". Dois-je vous rappeler que c'est l'usage de la raison qui a permi l'invention des préservatifs et de la pilule ?
Métazét a écrit :
Le problème est que la nature humaine n'est pas monolithique : il y a bien un socle commun, mais il y a aussi pas mal de diversité. Non seulement (et c'est évident) au niveau de l'acquis, mais aussi au niveau de l'inné, donc des gènes. Pour construire une éthique valide, il faut tenir compte de cette diversité, ce que l'Eglise tend malheureusement à ne pas faire...
Donc vous niez ce que je dit juste au-dessus ?
L'Eglise n'est pas présente depuis plusieurs siècles sur tous les continents ? Elle n'a donc pas connaissance d'un très grand nombre de cultures différentes ?
L'Eglise n'existe pas depuis 2000 ans ?
Il ne suffit pas d'être présent partout depuis longtemps et d'accumuler une connaissance toute théorique. Encore faut-il la mettre en pratique.
Si les arguments sur la durée et la répartition géographique vous impressionnent, alors que dire du bouddhisme qui existe depuis plus de 2600 ans, et qui est lui aussi implanté sur tous les continents ?
Métazét a écrit :C'est sans doute important pour certaines personnes, mais qu'est-ce qui vous permet d'affirmer que c'est important pour toutes ?
Vous êtes relativiste.
Il ne s'agit pas des personnes mais de la Nature Humaine.
Vous êtes têtu. Je viens de vous dire juste avant que la nature humaine n'est pas monolithique, arguments empiriques à l'appui.
Mikaël