Re: Boutin : Charité bien ordonnée ....
Publié : mer. 16 juin 2010, 12:30
Vous avez quelque peu caricaturé mes propos... Mais comme visiblement vous cherchez un compagnon de comptoir pour vous tenir la bouteille, je vais essayer de mettre un peu de modération dans le débat. Le discours consistant à soupçonner systématiquement le riche n'est pas plus scandaleux que celui qui soupçonne systématiquement le pauvre ou le fonctionnaire. La stigmatisation sociale, quelle qu'elle soit, n'est jamais qu'un réflexe archaïque dont la seule logique est de défendre son propre territoire et de traiter tout étranger en ennemi. Et d'ailleurs, il y aura toujours des gens aisés et des gens modestes. Le tout est de savoir si l'on vit dans un système juste, équilibré, modéré, où chacun est libre. Il fut un temps où le capitalisme était à peu près supportable pour les classes "inférieures". Mais vous savez bien que depuis les années 1980, la balance s'est mise à pencher de plus en plus. Les salaires ont été désindexés des prix, pour commencer, entraînant une perte de pouvoir d'achat. Dans le même temps, les investisseurs, aidés par l'Etat (!), ont spéculé sur l'immobilier, de sorte à faire flamber les prix et les loyers. La baisse des taux d'intérêt a encouragé l'emballement du phénomène, sans compter tous les dispositifs exonérant d'impôts tout investissement locatif, ce qui consiste grosso modo a prendre dans la poche des contribuables pour aider les bailleurs professionnels à s'enrichir davantage (véritable vol organisé). Pendant ce temps, les intermédiaires ont profité de la disparition des petits commerces pour agrandir leurs marges, que ce soit au détriment des consommateurs ou des producteurs. Ce rétrécissement général du pouvoir d'achat n'a fait que pousser l'ensemble de la population à se tourner vers le crédit, voire le micro crédit, de telle sorte que nous sommes endettés plus que jamais. Quant aux professions libérales, j'imagine que pour conserver leur train de vie, ont continué d'indexer leurs prestations sur l'évolution des prix. Mais comme ce n'est pas le cas des salaires, cela ne fait qu'aggraver la paupérisation générale. Je ne suis pas en train de vous dire que le boulanger est un voleur. Mais disons que dans cette lutte pour son confort personnel, le "client" salarié et le commerçant ne disposent pas d'armes égales. Le commerçant peut augmenter ses tarifs, il a cette liberté. Où est la liberté du consommateur ? Nulle part. Il subit, et c'est tout. Soit il consomme moins, soit il s'endette encore plus. Voilà pourquoi je pense qu'on est revenu à un système de caste qui ne dit pas son nom :
- les maîtres, les seigneurs : banques, investisseurs, grands dirigeants d'entreprises, actionnaires, qui accumulent leur emprise sur la société, concentrant toutes les richesses, exerçant leur domination grâce au crédit et au dumping social.
- les clercs : politiciens, journalistes, et autres experts officiels, de plus en plus intéressés financièrement au système.
- les clients : cadres supérieurs, et professions libérales, qui parviennent pour l'instant à maintenir leur rang, et n'ont donc pas vraiment intérêt à se rebeller.
- les esclaves : masse salariale, dont la soumission est assurée par l'endettement, le chômage, les délocalisations, la concurrence avec la main d'oeuvre immigrée, etc.
- les intouchables, parias : les exclus, qui sont définitivement sortis du système de l'emploi, et vivotent d'aides misérables.
- les maîtres, les seigneurs : banques, investisseurs, grands dirigeants d'entreprises, actionnaires, qui accumulent leur emprise sur la société, concentrant toutes les richesses, exerçant leur domination grâce au crédit et au dumping social.
- les clercs : politiciens, journalistes, et autres experts officiels, de plus en plus intéressés financièrement au système.
- les clients : cadres supérieurs, et professions libérales, qui parviennent pour l'instant à maintenir leur rang, et n'ont donc pas vraiment intérêt à se rebeller.
- les esclaves : masse salariale, dont la soumission est assurée par l'endettement, le chômage, les délocalisations, la concurrence avec la main d'oeuvre immigrée, etc.
- les intouchables, parias : les exclus, qui sont définitivement sortis du système de l'emploi, et vivotent d'aides misérables.