Griffon, je met sur le fait que le sujet vous tienne à cœur le fait que vous m'ayez mal lu.
Je me cite :
Ainsi, le terme anthropophagie est effectivement impropre car ne recouvrant qu'une part de la réalité, et n'est pas juste.
Quel était mon propos ? Dire simplement que l'usage du mot anthropophagie n'est pas absurde, mais est impropre.
De la même manière que dire est Jésus est un homme est juste, est vrai, si l'on ajoute, mentalement ou oralement : Jésus est aussi vrai Dieu.
Le terme d'anthropophagie ne recouvre pas toute la réalité de l'Eucharistie :
- Manducation du Corps glorieux de Jésus vrai homme et vrai Dieu.
Voilà quel était mon propos.
Or vous, c’est par un jeu de l’esprit que vous arriver à cette formule.
Il ne s'agit pas d'un jeu d'esprit. Il s'agit de savoir si un mot, pris dans son sens le plus brut, dit quelque chose de ce Mystère ou non.
Ainsi le mot dogme par exemple :
- Dogma, thèse, doctrine : le
dogme chrétien, entendu comme la doctrine chrétienne.
- Dogme au sens courant moderne : savoir qui oblige autrui contre sa liberté de penser.
Doit-on s'empêcher d'user du mot dogme sous prétexte qu'il pourrait être compris dans un autre sens par autrui ? N'est-il pas préférable d'expliquer ce que nous entendons par ce mot ?
Ainsi du mot anthropophagie.
Jésus ressuscité est toujours vrai homme et vrai Dieu. Il ne perd pas sa nature humaine avec la résurrection. Donc au sens strict, l'Eucharistie est (en partie) une anthropophagie.
Ensuite, dans un cadre pastoral, il est absolument évident que ce mot est à proscrire. Et même d'ailleurs dans quasiment toutes les situations, car c'est un mot qui ne recouvre toute la réalité de l'Eucharistie.
Il reste que lorsque vous expliquerez à une personne que par l'Eucharistie vous manger vraiment la vraie chair et le vrai sang du Christ, on pensera que vous êtes zinzin, et vous aurez à vous expliquer : que l'on trouve absurde de croire qu'un bout de pain est de la chair, ou que l'on trouve délirant que sa plus grande joie soit de manger le corps d'une personne. Et peut-être même les deux.
Or vous, c’est par un jeu de l’esprit que vous arriver à cette formule.
Un jeu de l’esprit qui en plus contient une erreur de taille : vous ne prenez pas en compte la résurrection de notre Seigneur.
Ah ?
Il est facile de trouver des erreurs de taille qui permettrai de sous-entendre un manque de foi chez autrui quand il s'agit de combattre des idées que l'on ne partage pas.
Ainsi je pourrais très facilement rétorquer qu'en refusant le mot d'anthropophagie en invoquant la notion de Corps Glorieux vous sous-entendez que le Christ ressuscité n'est plus vraiment un homme, alors qu'en bonne théologie catholique l'essence humaine parfaitement réalisée c'est le Christ Ressuscité.
D'où la célèbre phrase : devenez ce que vous recevez. L'homme devient vraiment homme lorsqu'il s'incorpore au Corps du Christ Ressuscité.
Mais ce serait de la mauvaise foi de ma part car je sais très bien que vous n'avez jamais remis en cause l'humanité du Christ. Donc, je vous en prie, ne jouez pas à ce jeu.
Pour conclure, l'origine de la discorde ne vient pas du fond, mais des mots employés et de la manière dont nous les entendons.
Encore une fois je tiens à préciser que le mot d'anthropophagie :
- Est insuffisant
- Est à proscrire en général, et surtout quand il s'agit d'expliquer ce qu'est l'Eucharistie à des enfants ou à tout autre personne extérieure à notre foi.
Donc, sur le fond, nous sommes d'accord.