Damas Drive a écrit :Pour être claire, moi aussi, je condamne (comme Papillon) les femmes qui utilisent l'avortement comme moyen de contraception possible... ça, je ne suis pas d'accord... car ça revient cher à la sécurité sociale (pas pour le fétus, car en ce qui me conerne, je ne reconnais pas son existence).
Bonjour,
je tiens à faire ici une mise au point. Je trouve évidemment irrresponsable d'utiliser l'avortement comme moyen de contraception, et je désaprouve totalement cela, il va sans dire, mais je ne "condamne" pas les gens, qui suis-je pour condamner qui que ce soit? Je ne fais pas cela.
D'autre part, j'ai eu une soirée apaisante qui a ravivé ma confiance en la nature humaine.
Après ma journée de travail, je suis allée dîner avec ma bonne amie Louise. Je lui ai parlé de ce fil. Bien que nous soyons amies depuis de longues années, nous n'avons jamais vraiment discuté d'avortement. Louise est née et a grandi comme moi dans une famille catholique puis elle a délaissé la religion et n'y est pas revenue.
C'est une femme indépendante qui a vécu sa vie comme elle l'a voulu, de façon plutôt 'libérale', si on peut dire. Elle est cependant très responsable, dans sa vie privé comme dans son travail, ayant grandi dans une famille tissée serré qui pratiquait de belles valeurs de discipline personnelle, d'entraide, de soutien mutuel et de respect. Elle a toujours assumé ce qu'elle a fait, même quand c'était une erreur. Elle vit (le sait-elle?) en mettant en pratique, je crois, de beaux principes chrétiens.
Sans aucune référence religieuse, Louise est contre l'avortement mais ayant "roulé sa bosse", elle ne se permet pas de juger qui que ce soit, croit comme moi que personne ne peut se le permettre, et considère que de poursuivre une grossesse non désirée doit rester une décision personnelle libre et non imposée.
J'ai confiance personnellement en la liberté des gens. Comme je l'ai écrit plus haut, je crois que tout commence par l'éducation et qu'une liberté sainement vécue chez un être équilibré s'accompagne d'un sens aigu des responsabilités, et que des femmes et des hommes épanouis
aiment assumer leurs responsabilités, réfléchir, prendre position et poser les gestes qui en découlent.
Je refuse de croire que la décriminalisation de l'avortement va automatiquement se traduire par sa banalisation, des avortements 'at large' et le 'je m'en foutisme' général.
Ici, au Québec, l'avortement n'est plus un crime depuis de nombreuses années et bien que je ne travaille pas dans le domaine du planning, j'ai le souvenir touchant d'une jeune femme qui m'a dit, il y a à peu près un an et demi, alors que nous discutions de la possibilité qu'elle soit enceinte (grossesse non planifiée et non désirée): "Moi, l'avortement, j'suis pas d'accord avec ça." Et elle était pourtant le portrait type de la jeune femme moderne: belle, bien vêtue, d'allure décontractée, l'air indépendant et sûre d'elle. Ça ne l'avait pas empêchée de réfléchir et d'avoir une prise de conscience, et ce en dépit de la décriminalisation de l'avortement.
Aussi cette adolescente qui m'a déclaré d'un air ingénu: "Si jamais je 'tombe' enceinte, je vais garder le bébé."
Et enfin, sur mon milieu de travail, Leslie, qui avait déjà deux petites filles. Il n'était
absolument pas question qu'elle ait un troisième enfant. Quand il y a deux ans elle s'est retrouvée accidentellement enceinte (elle oubliait parfois de prendre sa pilule), sa réaction a été ceci: "Ben, on va le garder, puisqu'il est là. On va se débrouiller."
Elle a eu un beau garçon qui fait maintenant leur joie.
Oui, je crois qu'il faut aimer les gens, d'abord et avant tout, et garder foi en eux.