Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2009-2010)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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Re: Promesses de réconciliation

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Bonjour,
j'ai cherché mais tout ce que j'ai trouvé sont les écrits de Flavius Josèphe.

Je vous laisse les liens. Je n'ai pas vu cependant qu'il parlait de Jean le Baptiste, mais il doit en faire mention quelque part.
J'ai une amie juive et des clients juifs hassidiques trrrrès religieux. Je pourrais leur demander.

http://christianisme.homily-service.net/flavius.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Testimonium_flavianum

http://www.1000questions.net/fr/chroniq/flavius.html

http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/Flavius ... siecle.asp
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Re: Promesses de réconciliation

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Le prophète Élie est-il toujours attendu avant la venue du Messie ?

A votre question je peux répondre: oui.
Dans chaque synagogue, vous avez mis à l'honneur le fauteuil du prophète Élie. Il est le signe de l'attente du prophète et du Messie[.]
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Re: Promesses de réconciliation

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En effet, tel que m'apparaît l'Histoire Sainte, du moins à ce jour, c'est comme si un brouillard opaque recouvrait toujours - du moins de point de vue juif, ce qui s'est passé au début de l'ère chrétienne. L'extraordinaire expansion du christianisme à travers le monde n'a-t-elle jamais poussé un quelconque religieux juif à rechercher une explication de ces événements ?

La première extension du christianisme correspond avec la persécution romaine, la destruction du Temple et l'exil des autorités juives. A ce moment, le plus important pour les juifs n'est pas de s'occuper des chrétiens, mais de préserver leur propre foi, leur propre tradition.
En 70 Yohana ben Zakkaï monte une école à Yavhné/Jamnia et là il va reformer un Sanhédrin, fixer le Canon des Ecritures. C'est le nouveau centre du judaïsme puisque Jérsalem est ruinée.
En 132-135 la révolte de Bar Kokbha qui entraîne la mort du grand rabbin Aqiva, des milliers de morts et interdiction d'entrée à Jérusalem romanisée.
On peut comprendre que les juifs de cette époque, avec la disparition des Esséniens et des Sadducéens, ont d'abord le souci de maintenir la foi autour des pharisiens par l'enseignement et la prière et la mise par écrit des commentaires de la Thora qui deviendront le Talmud de Babylone et de Jérusalem. Ils n'ont pas la préoccupation du développement de la secte du Nazaréen sauf pour dire que ce sont des hérétiques qui se sont fait entraîner par un faux messie.
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Fée Violine
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Re: Promesses de réconciliation

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AnneT a écrit :Peut-être parce que Jean le Baptiste était déjà mort depuis longtemps lorsque la destruction du temple de Jérusalem eut lieu?
Sans doute, mais je me demandais si "l'époque de la destruction du Temple " était une expression générale désignant le 1er siècle de notre ère, ou si ça désignait plus précisément les environs de l'année 70, date où bien sûr Jean était mort depuis plus de 40 ans !
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Re: Promesses de réconciliation

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Vous avez le site canadien: relations judeo-chrétienne.
En écrivant cela je pensais: Qu'est-ce qui changerait si nous prenions l'expression: christiano-juive?
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Anne
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Re: Promesses de réconciliation

Message non lu par Anne »

Fée Violine a écrit :
AnneT a écrit :Peut-être parce que Jean le Baptiste était déjà mort depuis longtemps lorsque la destruction du temple de Jérusalem eut lieu?
Sans doute, mais je me demandais si "l'époque de la destruction du Temple " était une expression générale désignant le 1er siècle de notre ère, ou si ça désignait plus précisément les environs de l'année 70, date où bien sûr Jean était mort depuis plus de 40 ans !
Autre bonne question...
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
2 Co 4, 8-10
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Tout obéit à Dieu

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Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 2,1-12.

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut pris d'inquiétude, et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les chefs des prêtres et tous les scribes d'Israël, pour leur demander en quel lieu devait naître le Messie. Ils lui répondirent :
« A Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem en Judée, tu n'es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Judée ; car de toi sortira un chef, qui sera le berger d'Israël mon peuple. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l'étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l'enfant. Et quand vous l'aurez trouvé, avertissez-moi pour que j'aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Sur ces paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l'étoile qu'ils avaient vue se lever les précédait ; elle vint s'arrêter au-dessus du lieu où se trouvait l'enfant.
Quand ils virent l'étoile, ils éprouvèrent une très grande joie.
En entrant dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
Mais ensuite, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Tandis que les bergers ont assisté à une véritable féérie, au cours de laquelle les anges leur sont apparus et les ont traités de façon pratiquement familière, comme pour fêter avec eux le grand événement, les mages venus d'orient - qui sont des personnes de qualité selon les normes de l'époque, ne peuvent éviter d'aller trouver Hérode, ce qui va entraîner une mobilisation générale de tous les savants d'Israël dont le conseil aboutira à une conclusion d'une ligne : il existe bien une ligne de prophétie dans laquelle est mentionné un chef pour Israël. Mais personne ne peut en dire plus. Hérode réagit en homme de pouvoir: non seulement il va espionner les mages, mais il essaie de s'en faire des alliés d'une manière telle que de nos jours on dirait le langage diplomatique le plus hypocrite qui puisse être.

Pourquoi cette différences de faveurs entre les bergers et les mages : c'est la première question qui m'est venue à l'esprit. J'ai appris ailleurs que les bergers étaient des hommes de petite réputation; un auteur cite un proverbe de l'époque: "On ne tirera d'un trou ni un berger ni un Samaritain !" Ne sont-ils pas tous voleurs ? Mais ce sont eux qui apparaissent sur la scène en premier, ce sont eux qui adoreront en premier l'Enfant couché dans la mangeoire - toute brillante de paille fraîche. Scène surprenante même lorsqu'on est habitué de coucher dans une étable ! Quant aux mages, hommes de sciences, capables d'interpréter l'apparition d'une nouvelle étoile, ils se sont mis en route avec armes et bagages, mais ils sont obligés de passer par la voie diplomatique et parviennent à une maison de Bethléem. Du temps s'est écoulé depuis la crèche et je note au passage que l'étoile a la faculté mystérieuse d'apparaître et de disparaître, de suivre un trajet précis au point de s'arrêter précisément au-dessus d'un lieu précis. (Je doute beaucoup, comme on l'a prétendu, que cette étoile fut la conjonction de l'une ou l'autre planète ou un passage de la comète de Halley): elle est vraiment très capricieuse, puisqu'elle apparaît, disparaît, précède et s'arrête - exactement comme si les mages étaient seuls à la voir. Et pourquoi pas ?

Toujours est-il que la préférence de Dieu, comme dans tout l'Evangile, va vers les plus pauvres et les plus humbles des hommes. Et il faut ajouter que les premiers sont bergers en Israël - ce qui a une signification particulière (car David fut berger lui aussi), tandis que les mages représentent des nations païennes. Tout est dans l'ordre, dirais-je.

Restent les présents des mages: l'or est toujours signe de l'autorité royale; l'encens convient de tous temps à la demeure de Dieu; quant à la myrrhe, la plus rare des herbes d'orient, convient le mieux pour l'embaumement des corps ... et l'or viendra bien à point à Joseph lorsqu'il devra fuir sans se retourner vers l'Egypte et y demeurer jusqu'à la mort du roi Hérode. Les mages ont aussi été la providence de la sainte famille, puisque tout obéit à Dieu.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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4 janvier - Irruption du Royaume

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Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 4,12-17.23-25.

A partir de ce moment, Jésus se mit à proclamer : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. »
Jésus, parcourant toute la Galilée, enseignait dans leurs synagogues, proclamait la Bonne Nouvelle du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.
Sa renommée se répandit dans toute la Syrie et on lui amena tous ceux qui souffraient, atteints de maladies et de tourments de toutes sortes : possédés, épileptiques, paralysés ; et il les guérit.
De grandes foules le suivirent, venues de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et de la Transjordanie.

Ceux qui ne croient pas aux miracles, comment croiraient-ils à ceux de Jésus rapportés par l'Evangile ? J'ai souvent sous les yeux des textes écrits par des athées: ils demandent aux croyants de citer des preuves... et je me sens tout désolé que ces derniers cherchent à répondre, à donner des preuves, car ils tombent ainsi dans le piège du débat. En ce qui me concerne, j'ai simplement écrit que de grands miracles s'étaient récemment produits dans ma vie. Aujourd'hui même, tandis que la température est descendue à moins huit, j'ai de la joie, j'ai de la force: quand bien-même je choisis à mon réveil de ne pas aller travailler, je me retrouve à mon travail à l'heure habituelle, car une force me pousse et une joie m'entraîne, et je ne puis résister. J'ai suivi le Christ jusqu'à ce jour. J'ai atteint l'année 2010 dans la foi en la miséricorde divine. J'avance et je ne me retournerai plus.

"Jésus, parcourant toute la Galilée, guérissait les maladies et les tourments de toutes sortes.", dit l'Evangile d'aujourd'hui. Mais les guérisons, les exorcismes et les miracles ne sont que les signes visibles de ce qui se passe dans l'invisible : les âmes abattues sont relevées, un soleil s'est levé dans les coeurs, et quiconque appartient à Jésus ne craint plus les tempêtes, mais il marche sur les eaux et il passe avec assurance.
Soyons donc signes pour ceux qui ne croient pas. Leurs questions montrent bien que l'athéisme est un perpétuel état d'inquiétude, tandis que nos sourires laissent entrevoir une lumière dont rien ne peut venir à bout !
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Re: 4 janvier - Irruption du Royaume

Message non lu par pajaro »

Etienne vos paroles me donnent chaud au cœur en ce 4 janvier morose et pluvieux, mais je m'en tiens fermement au sens littéral du texte, et je me sens émerveillé par les miracles de Notre Seigneur Jésus Christ, il guérissait toute maladie et toute infirmité, c'est le Docteur de nos âmes, et celui auquel nous devons toujours nous attacher et prier. Ses grâces sont infinies, et nous le ressentons à chaque moment de notre journée. Je ne peux m'empêcher de le louer et de le remercier pour m'avoir fait connaitre une femme pieuse, débordante de gentillesse et avec un grand cœur, Il l'a menée vers moi afin de me transmettre son Amour et de me plonger profondément dans la beauté et la sagesse des Saintes Écritures, c'est un véritable miracle, enfin c'est ce que je ressens.
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Re: Promesses de réconciliation

Message non lu par La Chartreuse »

Fée Violine a écrit : Sans doute, mais je me demandais si "l'époque de la destruction du Temple " était une expression générale désignant le 1er siècle de notre ère, ou si ça désignait plus précisément les environs de l'année 70, date où bien sûr Jean était mort depuis plus de 40 ans !
8 septembre 70 : destruction du Temple de JérusalemA l'époque, le peuple des Juifs est bien divisé avec la mort de Jésus-Christ. Mais cette situation était déjà telle plus d'un siècle auparavant et, profitant des dissensions entre les Juifs, le général Pompée avait conquis la Samarie et la Judée en 63 avant J-C. Entra alors en jeu, Hérode, soutenu par les Romains. Il mit fin à la dynastie des Asmonéens en devenant roi de Judée en 37 avant J-C. Cet homme cruel et sans scrupules était détesté d'Octave Auguste (en effet, on a dit de lui qu'il avait tué lui-même certains de ses enfants). Toujours est-il que c'est à la fin de son règne que naquit Jésus-Christ. À la mort d'Hérode, en l'an 4, le royaume de Judée fut divisé en trois parties, chacune appartenant à l'un des fils d'Hérode le vieux.

Ainsi, Octave Auguste en profita pour reprendre le pays et le transformer en province romaine gouvernée par un procurateur. Les Romains décidèrent de ne pas intervenir dans les dissensions religieuses juives en laissant faire le « Sanhédrin », un tribunal religieux. Pourtant, les Juifs n'arrêtent pas de se diviser et de se disputer par rapport à la conduite à tenir vis-à-vis des Romains. D'un côté l'on trouvait le parti des Pharisiens et les grands prêtres qui acceptaient plus ou moins l'occupation romaine, de l'autre, le peuple et le mouvement religieux des Zélotes prônaient la résistance à l'occupant. Ces derniers se révoltèrent en août 66 en massacrant les grands prêtres. Ils s'emparèrent aussi de Jérusalem mais les Romains, menés par le général Vespasien, ne se laissèrent pas faire et voulurent reconquérir la ville. Un siège atroce débuta et Vespasien devenu empereur, laissa son fils Titus mener les opérations en Judée. L'opération s'avérait difficile car Jérusalem était déjà une ville très importante qui comptait 80 000 habitants. Ainsi, le 8 septembre 70, après un siège de deux ans durant lequel la population mourrait de faim, Jérusalem fut mise à sac par les Romains.

Le Temple juif fut pillé et complètement détruit. On n'en trouve aujourd'hui qu'un pan de mur qui est « le mur des lamentations ». Les habitants furent déportés par milliers et devinrent esclaves. Titus, rentré à Rome, fut acclamé par la foule et un arc de triomphe fut bâti à l'entrée des forums romains en hommage. On peut y voir des bas-reliefs retraçant l'épopée romaine en Judée. On pouvait aussi y trouver un chandelier sacré à sept branches, la Menorah, qui allait disparaître en 455 lorsque Rome sera saccagée par les Vandales. Après la destruction de Jérusalem, la forteresse de Massada, dirigée par Eléazar, continuera de résister...


Auteur : Catherine
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Je suis soldat du Christ, si la Vérité est attaquée je parlerai, je tiendrai haut et ferme l'étendard de la foi, l'étendard de mon Dieu.
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Re: Promesses de réconciliation

Message non lu par Fée Violine »

touriste a écrit :Vous avez le site canadien: relations judeo-chrétienne.
En écrivant cela je pensais: Qu'est-ce qui changerait si nous prenions l'expression: christiano-juive?
C'est-à-dire que c'est plus logique de dire judéo-chrétien, puisque le judaïsme est apparu longtemps avant le christianisme.
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Le berger compatissant

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,34-44.

Jésus, voyant une grande foule de gens sur le bord du lac, fut saisi de pitié envers eux, parce qu'ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les instruire longuement.

Ces foules sont toujours là aujourd'hui - et peut-être plus nombreuses qu'avant, car le monde semble avoir replongé dans le paganisme et l'idolâtrie. Je songeais ce matin à tout ce tapage des media autour du vaccin de la grippe A. Pour moi (qui devais encore être très naïf), c'est la grande découverte de l'année 2009 : la manipulation de l'information - sur le sujet de la grippe comme sur beaucoup d'autres. A qui se fier désormais ? Eh bien, les hommes d'aujourd'hui vont de plus en plus ressembler à cette multitude qui suit Jésus parce que, pour une fois, ils entendent des paroles qui rendent compte de l'homme, de son destin, du sens profond des événements. Et ils ont surtout faim de ce savoir, plus encore que de nourriture à manger. Et en répondant aussi à leurs besoins physiques, il démontrera aussi - sans que personne ne lui ait demandé, que sa Parole est vraiment nourriture et que ceux qui la gardent ne manqueront de rien.

Ce matin, je me suis rendu à l'Eucharistie par moins neuf degrés, mais dans la chapelle pourtant non chauffée, je n'ai pas ressenti le froid. C'est que j'avais fermé les yeux, je me recueillais, en sorte que je n'avais besoin de rien. A présent, je viens de lire un message désobligeant sur Bernadette Soubirous et çà m'a donné froid. C'est une chose d'être athée, mais pourquoi venir harceler les croyants ? Heureux ceux qui croient, car ils ont trouvé leur Berger !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Un évangile pour notre temps

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,45-52.

Aussitôt après avoir nourri la foule, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l'autre rive, vers Bethsaïde, pendant que lui-même renvoyait la foule. Quand il les eut congédiés, il s'en alla sur la montagne pour prier.
Le soir venu, la barque était au milieu de la mer et lui, tout seul, à terre. Voyant qu'ils se débattaient avec les rames, car le vent leur était contraire, il vient à eux vers la fin de la nuit en marchant sur la mer, et il allait les dépasser.
En le voyant marcher sur la mer, les disciples crurent que c'était un fantôme et ils se mirent à pousser des cris, car tous l'avaient vu et ils étaient bouleversés. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c'est moi ; n'ayez pas peur ! »
Il monta ensuite avec eux dans la barque et le vent tomba ; et en eux-mêmes ils étaient complètement bouleversés de stupeur, car ils n'avaient pas compris la signification du miracle des pains : leur coeur était aveuglé.

Il y a deux dimensions dans cet Evangile. D'abord, la fin du récit de la multiplication des pains, avec le départ des disciples d'un côté, la foule d'un autre, de Jésus dans la montagne et, enfin, le retour de celui-ci à la fin de la nuit. On pourrait donc sans doute limiter le commentaire à la relation de ces événements.

Mais la déclaration finale de saint Marc, lui qui n'a pas l'habitude d'employer inutilement un seul mot, doit nous pousser à tout reprendre:
"Il n'avaient pas compris la signification du miracle des pains: leur coeur était aveuglé". La signification du miracle des pains, c'est bien sûr la préfiguration de l'Eucharistie. Et du coup, la barque dans laquelle Jésus les a obligés à monter, c'est l'Eglise qui seule détient le pouvoir de renouveler le miracle à destination de toutes les générations. Et puis, tout devient clair: Jésus monté sur la montagne pour prier, c'est son ascension à la droite du Père, où Il intercède pour nous tous. Et son retour, c'est le retour en gloire. Le Seigneur reviendra lorsque l'Eglise se débattra avec ses rames (qui représentent pour moi beaucoup de saints prêtres et laïcs souffrants) afin d'avancer, encore. Le vent contraire, ce sont les arguments du prince de ce monde et de ses séïdes; le fait que les disciples croient que Jésus est un fantôme indique que la figure aura tant été abîmée (dans les livres et les films) par ses ennemis; les expressions "bouleversés, bouleversés de stupeur, et coeurs aveuglés", montrent à quel point nous, les membres de l'Eglise, auront été malmenés au point de ne savoir que penser. Cependant, il suffira d'un mot du Maître pour se faire reconnaître:


"Confiance, c'est moi, n'ayez pas peur !

N'ayez pas peur... c'est bien par ces mots que le pape Jean-Paul II a commencé son pontificat. Et que l'on ne me dise pas que ce Pape, de même que son successeur - qui est son continuateur, ne sont pas dignes du Seigneur !

J'ai rarement commenté un Evangile de cette manière, mais je dois reconnaître que je me suis laissé convaincre par un autre commentaire, celui de l'Evêque saint Hilaire:

Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l'Église
Commentaire sur l'Evangile de Matthieu, 14, 13-14 (trad. SC 258, p. 27 rev.)


« Après cela, il ordonna à ses disciples de monter dans la barque jusqu'à ce qu'il disperse lui-même les foules ; et, la foule dispersée, il monta pour prier et, le soir venu, il était seul » (Mt 14,22-23). Pour donner la raison de ces faits, il faut faire des distinctions de temps. S'il est seul le soir, cela montre sa solitude à l'heure de la Passion, quand la panique a dispersé tout le monde. S'il ordonne à ses disciples de monter dans la barque et de traverser la mer, pendant qu'il renvoie lui-même les foules et, celles-ci une fois renvoyées, s'il monte sur une montagne, c'est qu'il leur ordonne d'être dans l'Eglise et de naviguer par la mer, c'est-à-dire ce monde, jusqu'à ce que, revenant dans son avènement de gloire, il rende le salut à tout le peuple qui sera le reste d'Israël (cf Rm 11,5)...et que ce peuple rende grâce à Dieu son Père et s'établisse dans sa gloire et sa majesté...

« Il vient à eux vers la fin de la nuit, à la quatrième veille. » Dans l'expression « quatrième veille de la nuit » on trouve le nombre correspondant aux marques de sa sollicitude. En effet, la première veille a été celle de la Loi, la seconde celle des prophètes, la troisième celle de son avènement corporel, la quatrième se place à son retour glorieux. Mais il trouvera l'Église déclinante et cernée par l'esprit de l'Antéchrist et toutes les agitations de ce monde ; il viendra au plus fort de l'anxiété et des tourments... Les disciples seront dans l'effroi même à l'avènement du Seigneur, redoutant les images de la réalité déformées par l'Antéchrist et les fictions qui s'insinuent dans le regard. Mais le Seigneur qui est bon leur parlera aussitôt, chassera leur peur et leur dira : « C'est moi », dissipant, par la foi en son avènement, la crainte du naufrage menaçant.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Oui, c'est moi, Je Suis

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,14-22.

Lorsque Jésus, avec la puissance de l'Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région.
Il enseignait dans les synagogues des Juifs, et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l'habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »
Tous lui rendaient témoignage ; et ils s'étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph ? »

"Cette parole de l'écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit"... J'ai difficile d'imaginer la stupéfaction des auditeurs dans la synagogue de Nazareth ! Car si cette parole de l'écriture est accomplie, alors le Christ est présent et ce sont toutes les écritures qui sont accomplies. Or, pour scribes autant que pour les prophètes, pour Jean le baptiste aussi, la venue du Messie correspond aussi à la fin de l'Histoire et au jugement final. En parlant ainsi, Jésus, d'emblée, semble vouloir dresser tout le monde contre lui. Et ma première réaction est de dire: est-ce bien prudent ? Cependant, ma seconde réaction, c'est qu'il ne pouvait en être autrement: Jésus ouvrant les Ecritures, ce sont aussi les Ecritures qui désignent Jésus. Ah, me direz-vous, s'il y avait eu des signes, des prodiges, une danse du soleil comme a Fatima ! Mais nous voyons bien que sur ce forum même, la danse du soleil à Fatima n'a pas convaincu les sceptiques et les "esprits forts". Le corps intact de Bernadette Soubirous, j'ai lu qu'il ne s'agit en partie que de cire: une supercherie !.. Quant aux miracles de Lourdes, il y a toujours moyen de les ranger dans la catégorie des phénomènes psychosomatiques. Etc.

Parmi les athées qui viennent ici lancer des fils de discussion, je n’en ai pas encore trouvé un seul qui ne soit venu dans l’intention de contredire la foi. C’est ce que faisait aussi, dans mon quotidien, l’ami Christophe, pour qui la seule « prolongation possible de l’être » était dans le « lignage »… d’où de multiples enfants qu’il a laissés ici et là…sauf les derniers. Les trois derniers, il a voulu les reconnaître, et il a désormais une fille de douze ans, Ségolène, qui lui parle simplement et lui dit : « Papa, je prie beaucoup pour toi. Plus tard, quand je serai grande, je me ferai religieuse et infirmière parce que j’aime Jésus et je veux être utile aux autres ». Désormais, il ne me parle plus de ses « preuves » de la non-existence de Dieu… Voyez comme la logique et la rationalité sont descendues en flammes par la voix sortie d’un cœur d’enfant ?

Alors, à plus forte raison, face au scepticisme des religieux, Jésus ne pouvait vraiment que dire : « Oui, je Le suis »
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Il peut croître, puisque je diminue !

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,22-30.

Jésus se rendit en Judée, accompagné de ses disciples ; il y séjourna avec eux, et il baptisait.
Jean, de son côté, baptisait à Aïnone, près de Salim, où l'eau était abondante. On venait là pour se faire baptiser.
En effet, Jean n'avait pas encore été mis en prison.
Or, les disciples de Jean s'étaient mis à discuter avec un Juif à propos des bains de purification.
Ils allèrent donc trouver Jean et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi de l'autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui ! »
Jean répondit : « Un homme ne peut rien s'attribuer, sauf ce qu'il a reçu du Ciel.
Vous-mêmes pouvez témoigner que j'ai dit : Je ne suis pas le Messie, je suis celui qui a été envoyé devant lui.
L'époux, c'est celui à qui l'épouse appartient ; quant à l'ami de l'époux, il se tient là, il entend la voix de l'époux, et il en est tout joyeux. C'est ma joie, et j'en suis comblé.
Lui, il faut qu'il grandisse ; et moi, que je diminue.

Jean baptise en même temps que Jésus, mais il sait que son temps de service s’achève. Malgré cela, il est dans la joie, car tout ce pour qui il a vécu jusqu’à ce moment s’est réalisé. Il est l’ami de l’époux et c’est un bonheur extraordinaire d’entendre sa voix ;

Je me suis demandé quelle est ma joie – personnelle – d’avoir entendu la voix du Seigneur et désormais, de Le laisser habiter ma vie. Je sais que mon travail est beaucoup plus simple qu’autrefois, lorsque je devais lutter, puisque j’hésitais sur la question de savoir ce que je ferai de ma vie. Evidemment, mon mode d’existence est beaucoup plus simple qu’autrefois ! Sur un forum ou l’autre, je témoigne assez régulièrement de petits événements qui ne trompent pas.

Je choisis de lire tel livre, mais en réalité, lorsque je l’ouvre, je découvre qu’il contient des réponses aux questions que je me posais et je comprends que j’ai été guidé dans mon choix.

Le jour où je me suis rendu à l’hôpital pour y subir des examens en série, durant trois jours, je me sentais dans mes petits souliers, mais en m’étendant sur mon lit, j’ai vu un petit crucifix mural – le seul qui avait échappé en l’enlèvement des signes distinctifs de religion – et aussitôt, j’ai compris que j’avais obéi et que tout se passerait bien.

J’ai souvent perdu (et retrouvé mon téléphone portable) ; or, il y a deux jours à peine, je butte du pied sur un appareil sophistiqué et je me pose la question : que faire de cet engin ? Mais en sortant, je vois un homme qui semblent chercher des pièces de monnaie sur le sol d’un grand parking (beaucoup d’exclus font cela) et puis, en un clin d’œil, je songe qu’il s’agit peut-être du propriétaire du téléphone. C’était bien lui. Bien sûr, on me dira (encore) : hasard et coïncidence ! Mais quelle était la probabilité que je croise cet homme, sur ce parking (qui est grand !) et à cette heure d’affluence ?

Des réconciliations que j’aurais jugées « absolument impensables » il y a trois mois ont abouti et il est merveilleux de retrouver, du jour au lendemain, la confiance, l’entraide, la compréhension immédiate.

Etc. Je peux dire, moi aussi, en entendant Jean le Baptiste – mais aussi Maître Eckhart : « Il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. » Du point de vue de l’intériorité, cela vérifie encore l’enseignement de ce grand théologien – car mon égo diminue, et le Seigneur vient vivre dans mon âme. Oui, d’accord, on me raccourcira de la tête comme à Jean, mais c’est au profit de mon cœur !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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