Discussion sur le coran

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Teano
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Re: Plus ancien exemplaire d'un évangile

Message non lu par Teano »

ledisciple a écrit :Chère Teano, vous m'écrivez:
Teano a écrit :Je relève une contradiction importante dans vos traductions de Coran 4, 157 :
voici votre réponse du 18 mai
Teano a écrit:
Je ne suis pas arabophone mais il me semble que ces traductions, illusion d'un côté et substitution physique de l'autre, sont parfaitement incompatibles. L'une des 2 est fausse, pour ne pas dire une falsification du Coran
.

Votre réponse : Obligatoirement. Je persiste et signe, je traduits: un autre individu qui lui ressemblait lui fut substitué. C'est la seule façon de comprendre, et c'est bien ce qui est écrit en arabe. "Illusion" est fautif, "substitution physique" est correct. C'est en arabe une substitution, on remplace par... C'est l'esprit du Coran, du mahométisme, on substitue tout.
J'ai pensé en relisant cette sourate, que vraiment ce n'est pas clair du tout, en arabe. Et je reconnais être incapable de savoir comment rendre au mieux en français certains passages. Certes non le verbe en sa forme passive mais cet ensemble "Wa Lakin Shubbiha Lahum", exactement "وَإِنَّ الَّذِينَ اخْتَلَفُوا فِيهِِ لَفِي شَكٍّ مِنْهُ". Illusion ne convient pas, sosie est douteux puisque chacun est responsable de ses seuls actes en Islam, donc pour être le plus respectueux possible du Coran, ayant proposé mon humble traduction "un autre individu qui lui ressemblait lui fut substitué", il reste un problème dans l'Islam. Oui, je le reconnais, je l'avoue, cela me dépasse. Que "Archi-faux" m'accuse de cela et non de ses faux propos. Et je ne sais quoi vous proposer d'autre. En arabe dans le texte du Coran, il leur a semblé que c'était Isa, et Allah est plus savant.
Cela ne change en rien les incohérences du Coran et son anti-christianisme blasphématoire très agressif.

Après tout, niant la crucifixion, falsifiant la Sainte Trinité, et péchant contre le Saint-Esprit, ce genre de subtilité mensongère dans le Coran n'est pas mon problème puisque tout menteur se retrouve dans son impasse. Et justement ici le Coran est flou.

Puisse quelqu'un proposer quelque chose de bon, s'il y arrive...
Difficile de trancher en effet, on retombe sur la traduction de Berque (faux-semblant) ou celle de Chouraqui (substitution physique) ! Ils ont dû être confronté à la même difficulté que vous devant un texte peu clair... sur un sujet très important (la Crucifixion, donc la Résurrection, donc la Rédemption, donc la rémission des péchés, donc le salut de l'âme).
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


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Suliko
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Re: Discussions sur le Coran

Message non lu par Suliko »

Tabarî (829-923). Tafsir At-Tabari_Tabarî, Tabarî, La Chronique, De Salomon à la chute des Sassanides, Éditions Actes Sud, p. 114
Oui mais attention, Tabari, dans sa monumentale exégèse, propose plusieurs interprétations de la crucifixion. Ce n'est pas parce qu'il présente une tradition qu'il est personnellement convaincu que l'interprétation donnée est correcte. Si je me souviens bien, Tabari pense que Jésus était avec ses disciples et que ces derniers prirent tous l'apparence de Jésus. Les Juifs crucifièrent alors la fausse personne (il y a plusieurs hypothèses sur son identité: Judas, etc...) et Jésus monta au ciel.
Sinon, je ne connais pas assez les courants docétistes de l'époque de Muhammad pour comprendre quelles furent les influences sur ce verset.
D'ailleurs j'invite chaque membre à me renseigner sur le sujet en me citant des sources exactes. Fraternellement.
Pour ma part, je vous conseillerais la sira nabawwiyya de Ibn Hicham. C'est la vie du Prophète, et donc il y a plein d'informations intéressantes dedans.
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)
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Re: Discussions sur le Coran

Message non lu par Sol Invictus »

Tabari est bien celui en qui je fais le plus confiance pour ce qui est de représenter une vision islamique de ce qui est pour l'islam l'épisode de la "cruci-fiction". ( :/ )

Cher Suliko, pouvez-vous me dire ce que vous pensez de ce "Yesûʿa," évoqué par Tabari ? :>

Pour la Sira, la vraie, traduite par Wahib Atallah je l'ai lue, j'ai survolé celle de Abdurrahmân Badawî en revanche, mais tout cela date un peu, et je n'ai pas focalisé mon attention sur ce point, je n'ai pas l'ouvrage de W.A. actuellement et je vois qu'ici il y a des gens sérieux, dignes de confiance, c'est rare.

Je vais prendre en compte vos écrits. :saint:

Fraternellement.
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Message non lu par Sol Invictus »

Concernant toujours la Sira, celle de Ibn Kathir est-elle disponible en Français ou en Latin ? Je n'ai pas la chance d'être arabisant...
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François-Xavier
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Re: Discussions sur le Coran

Message non lu par François-Xavier »

ledisciple a écrit : Certes non le verbe en sa forme passive mais cet ensemble "Wa Lakin Shubbiha Lahum", exactement "وَإِنَّ الَّذِينَ اخْتَلَفُوا فِيهِِ لَفِي شَكٍّ مِنْهُ".
Je dirais exactement plutôt ça, non ? "وَلَـٰكِن شُبِّهَ لَهُمْ"
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Re: Discussions sur le Coran

Message non lu par ledisciple »

Merci d'avoir corrigé, cher François-Xavier :)
C'est bien ceci évidemment.
Image

Pour la Sira, Ibn Ishaq écrivit la première et c'est la grande référence de tous les autres auteurs de Sira. Je n'ai pas le temps maintenant de développer ses auteurs et leurs comparaisons, avec ce qui les distingues, pour ce que j'en sais. Demain si j'ai le temps, car c'est assez long. Je ne sais pas ce qui est publié en français de disponible en neuf et dans quelle qualité de traduction. Sinon reportez-vous dans des bibliothèques, on trouve aussi du bon.

Le sujet est très sérieux, merci pour la qualité des intervenants!
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Re: Discussions sur le Coran

Message non lu par Sol Invictus »

Concernant votre PDf @Ledisciple, il y a une faute vers le début : vous avez écrit : "il faudrait mieux". ;)
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Re: Discussions sur le Coran

Message non lu par ledisciple »

Cher Sol Invictus,
Je n'ai pas eu accès aux dernières conférences que vous citez. J'essaye de voir dans le passé ce que des missionnaires jésuites avaient eu comme documents originaux du Koran, entre les mains, donc à partir du XVII siècle et avant, parce qu'ils donnent des versets différents, des références différentes, très précises, et c'est très intéressant. Les musulmans nous disent au bluff que le Coran serait inchangé depuis Mahomet, et c'est faux, comme nous l'avons vu avec le troisième calife Uthman. Mais il y avait encore quelques siècles auparavant, des traditions orales de transmission très traditionnelles qui proposaient des Corans différents. C'est à ce piège du mensonge tabou que je veux mettre l'évidence des courtisans de l'Islam.

Avec l'aide de quelques pères, j'épluche tout ce que je puis. J'essaye juste de comprendre :) Ils étaient vraiment très forts! En chinois par exemple, ils ont rapporté des textes qui ont été détruits par la Révolution Culturelle ou même avant, perdus, et c'est encore une autre base que j'étudie aussi, puisque que 孔夫子, Confucius, latinisé ainsi par les jésuites, n'avait dit que transmettre ce qu'il avait reçu des anciens...
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Re: Discussions sur le Coran

Message non lu par Sol Invictus »

J'avais lu quelques articles de vulgarisation concernant les travaux de Gerd-Rüdiger Puin, un universitaire émérite Allemand et visiblement il ne dit pas autre chose. Je ne sais pas ou bien je ne sais plus si vous aviez abordé ses travaux ainsi que ceux de Luxenberg sur ce forum.

GR Puin est le spécialiste consulté par les autorités Yéménites, il avait pour mission l'étude du Coran découvert à Sanaa, un Coran en langue ancienne du Hedjaz ( le Hijazi ?).

Dans un article paru dans un article de l'Atlantique 1999 Gerd Puin disait : [1 Lester, Toby (January 1999). "What Is t ... 012-01-31. ]
"Mon idée est que le Coran est une sorte de cocktail de textes qui n'étaient déjà pas entièrement compris même à l'époque de Muḥammad. Beaucoup d'entre eux peuvent même être plus vieux que l'Islam lui-même d'une centaine d'années. Même dans les traditions islamiques, il existe une énorme quantité d'informations contradictoires, y compris un important substrat chrétien ; on peut, si l'on veut, en tirer toute une histoire alternative de l'islam. Le Coran lui-même proclame qu'il est « mubeen », c'est-à-dire clair, mais si vous le regardez de près, vous remarquerez qu'une phrase sur cinq ou à peu près n'a tout simplement pas de sens. Beaucoup de musulmans vous diront le contraire, bien sûr, mais c'est un fait qu'un cinquième du texte coranique est absolument incompréhensible. C'est ce qui est à l'origine de la gêne traditionnelle concernant la traduction. Si le Coran n'est pas compréhensible, si même en arabe on ne peut pas le comprendre, alors il n'est traduisible dans aucune langue. Voilà pourquoi les musulmans ont peur. Puisque le Coran répète à plusieurs reprises qu'il est clair alors qu'il ne l'est pas, il y a là une contradiction évidente et très grave. Il faut passer à autre chose."
Je vous met en lien cette excellente synthèse du Professeur Brague : http://www.revue-texto.net/Parutions/CR/Brague_CR.html
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ledisciple
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Re: Discussions sur le Coran

Message non lu par ledisciple »

Merci beaucoup cher Sol Invictus pour ce lien URL sur le Professeur Brague! Image
Deo gratias
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Re: Discussions sur le Coran

Message non lu par Sol Invictus »

:saint: Je vous en prie.

http://www.mondedelabible.com/non-class ... librairie/

Aux origines du Coran» en kiosque et en librairie

Le numéro 201 de juin-juillet-août 2012 du Monde de la Bible Aux origines du Coran vient de paraître.

Peut-on appliquer au Coran, Livre saint des musulmans, les mêmes méthodes d’analyse, notamment historico-critiques, sémiologiques, philologiques, épigraphiques… que des générations de chercheurs universitaires occidentaux utilisent pour l’étude des textes de la Bible ? Compte tenu de la fécondité de longues décennies d’exégèse biblique, nous voulons croire qu’elle soit tout aussi profitable aux études du Coran et de l’islam. Le Coran, son histoire et les plus anciens textes coraniques posent aux chercheurs de nombreuses questions.
Que sait-on de l’Arabie préislamique de Muhammad lui-même ? Que peut-on dire du processus de mise par écrit du Coran et des plus anciens textes connus ? Quels rôles ont pu jouer des juifs et des chrétiens dans ce processus ? Existe-il un Coran des origines différent de celui que nous connaissons aujourd’hui ? Que dit le Coran des pierres, ou ces graffiti laissés par les pèlerins vers La Mecque, dès les premiers temps de l’islam ?
Ces questions ne manquent pas d’intérêt. Toutes ne sont pas résolues. Mais les réponses, les interrogations nouvelles et hypothèses avancées bousculent un certain nombre d’idées reçues sur le sujet. Et sans doute à la fin de la lecture de ce dossier, serez-vous persuadés du fait que le Coran intéresse également ceux que la Bible intéresse…

Image

http://blog.mondedelabible.com/wp-conte ... IRE201.jpg

Les articles du numéro 201

L’Arabie à l’aube de l’islam

par Jérémie Schiettecatte, chargé de recherche CNRS-UMR 8167 « Orient et Méditerranée »
Avant que l’islam ne gagne les rives de la Méditerranée et les confins de l’Asie centrale, l’Arabie n’avait fait l’objet que de bien peu de récits descriptifs. La Péninsule était restée à l’écart des grands Empires de Mésopotamie et de Méditerranée, à l’exception des quelques régions périphériques. Son passé préislamique restait énigmatique. Ce n’est qu’avec le début des recherches archéologiques et épigraphiques, au milieu du siècle dernier, que l’Arabie préislamique allait progressivement se défaire de l’image du vaste désert parcouru de nomades, qui alimente encore l’imaginaire collectif.

Muhammad avant le mythe ou le Coran des historiens

par Jacqueline Chabbi, professeur des universités, professeur d’études arabes, université de Paris VIII
Est-il possible d’appliquer au Coran les méthodes d’analyse, notamment historico-critique, déjà utilisées sur la Bible depuis plus d’un siècle ? Est-il possible pour une grande religion de considérer son histoire autrement que par le prisme rassurant d’un récit contrôlé par le présent qu’elle vit ? Cela suppose que l’on ait été préparé par la réflexion et par l’étude à se mettre à distance de soi-même. Dans cet article, Jacqueline Chabbi cherche à définir, d’après les textes, la figure historique de Muhammad.

Le Coran des pierres. Graffiti sur les routes du pèlerinage

par Frédéric Imbert, maître de conférences en langue et épigraphie arabes à l’université d’Aix-Marseille
Au VIIe et au VIIIe siècle ap. J.-C., c’est-à-dire au début de l’hégire,
des Arabes appartenant au monde des tribus ont gravé des graffiti
en écriture coufique le long des routes du pèlerinage. Ces textes, qui sont une source d’information fondamentale et méconnue sur la société arabe et musulmane des origines, enrichissent notre connaissance de l’histoire du Coran et de l’islam. Immersion dans le Coran des pierres…

La canonisation progressive du texte coranique

entretien avec Claude Gilliot, o.p., islamologue et professeur émérite à l’université de Provence
Comment et dans quelles circonstances le Coran fut-il mis par écrit ? C’est à cette question essentielle que Claude Gilliot, professeur émérite à l’université de Provence, a bien voulu répondre en sa qualité de spécialiste d’études arabes et d’islamologie. Il nous précise, entre tradition musulmane et recherche historique, le long processus de la canonisation des textes coraniques aux premiers siècles de l’hégire. Nous l’avons également interrogé sur les questions linguistiques que posent les plus anciens documents connus du Livre saint des musulmans.

Deux Corans superposés. Le palimpseste de Sanaa

Asma Hilali, chercheur à l’Institut ismaélien de Londres, analyse pour Le Monde de la Bible ce que représente la découverte des manuscrits de la grande mosquée de Sanaa, au Yémen, et l’état de la connaissance scientifique sur ces derniers.

Lire l’article. (http://blog.mondedelabible.com/wp-conte ... _Sanaa.pdf)

Le palimpseste de Ṣanʿā’ : Deux Corans superposés
[+] Texte masqué
Asma Hilali, Londres. La découverte des manuscrits de Ṣanʿā’ en 1972 met en lumière l’existence de milliers de
manuscrits coraniques ainsi que d’autres manuscrits retrouvés dans le faux plafond de la
grande mosquée de Sanaa. La mise à jour de ces manuscrits a constitué et constitue toujours
un parcours long et complexe dans lequel intervient institutions étatiques et privées, locales
et étrangère, arabes et européennes. Des individus y participent également, savants et
marchands d’antiquités, habités plus ou moins par un souci scientifique et une curiosité
profonde quant à la valeur historique des manuscrits. Au rythme de la tendance des études
coraniques, l’histoire des manuscrits de Sanaa présente sous de multiples facettes la relation
complexe entre héritage islamique et savoir occidental.1

Je me limiterais ici a l’apport scientifique de la découverte des manuscrits de Sanaa en
présentant un manuscrit précis, celui qui porte la référence 01.27.1 à Dār al-Maḫţūţāt Ṣanʿā’
au Yemen, souvent appelé le palimpseste de Ṣanʿā. Le savant allemand Gerd Puin est le
premier à avoir souligné, en 1972, l’importance de ce manuscrit en raison des différences
entre les fragments coraniques qu’il contient et le Coran standard.2 Jusqu'à nos jours, le
palimpseste de Ṣanʿā n’a pas fait l’objet d’une édition complète. Le palimpseste de Ṣanʿā’ se
présente comme des fragments d’un texte coranique à deux niveaux que nous appelons
« inférieur » et « supérieur » : Des fragments du Coran partiellement effacés sur lesquels on
a écrit un deuxième Coran également fragmenté. Daté par les experts du VIIe siècle (Ier
siècle islamique), ce manuscrit est associé dans l’imaginaire des musulmans et des nonmusulmans
à une période souvent appelée « originelle ».3 En effet, qu’elles soient
1 Voir le résumé du parcours du manuscrit dans l’article récent de Scott Macmillan, Sanaa City Book.
http://www.historytoday.com/scott-macmi ... -city-book.
2 G. R. Puin, Observations on early Qur’an manuscripts in Ṣanʿā’ , dans Stephan Wild (ed.), The Qur’an as text ,
Leyde, New York, Cologne, 1996, p. 107-111.
3 Des tentatives de datation ont été entreprises par des chercheurs se basant surtout sur la méthode d’analyse
Radio Carbone 14. Voir à ce propos, H. G. Von Bothmer, K. H. Ohlig et G. R. Puin « Neue Wege der
Koranforshung » dans Magazin Forschung (Univsersitat des Saarlandes), I, 1999, p. 33-46 ; B. Sadeghi et U.
Bergmann, «The Codex of a Compagnion of the Prophet and the Qur’ān of the Prophet», dans Arabica 57, 2010,
p. 343-436.
1
apologétiques ou scientifiques, les études coraniques ont souvent en commun une
interrogation profonde, mais inféconde sur « les origines du Coran ». Faute de trace
matérielle d’un Coran complet remontant au premier siècle de l’Islam, aucune connaissance
dans ce domaine ne peut être certifiée.4 Notre travail de déchiffrement des deux textes,
supérieur et inferieur, du manuscrit s’est limité à deux objectifs préliminaires : la
reconstitution des deux textes et l’analyse des types de variantes coraniques qui s’y trouvent.
Le texte inférieur du manuscrit ainsi que le texte supérieur sont des fragments du texte
coranique, mais aucun signe matériel ne permet d’avancer qu’il existe, à l’origine de cet
ensemble de feuillets disparates, un Coran complet. Dans l’état actuel des recherches, tout
travail d’édition de ce manuscrit ne peut aboutir à des conclusions qui concerneraient
l’ensemble du texte coranique car les feuillets dont nous disposons appartiennent
probablement à des manuscrits différents. La présence de plusieurs mains de scribes et de
correcteurs, surtout dans le texte inférieur, va dans le sens de cette hypothèse.

L’édition de ce texte exige donc d’accorder une considération particulière à chaque fragment, et ceci
d’une manière indépendante car leur unité matérielle actuelle n’est probablement que le
fruit du hasard. On peut avancer l’hypothèse que les deux textes, inférieur et supérieur,
n’étaient peut-être pas destinés au même type d’usage. Livre voué à un usage liturgique?
Manuel d’enseignement et d’apprentissage du Coran? Support pédagogique? Codex? La
découverte du manuscrit dans le faux plafond de la mosquée de Ṣanʿā’ peut être expliquée
par la tradition ancienne de stockage de textes religieux ou ayant un contenu religieux.5 Elle
n’explique pas néanmoins à quoi a servi le manuscrit.

Description et contenu du manuscrit

Le manuscrit compte 38 feuillets disjoints de 30 lignes chacun. Les bords des feuillets sont
non seulement irréguliers, mais parfois endommagés. Le processus de dégradation a entamé
plusieurs feuillets et 28 d’entre eux seulement ont pu être déchiffrés, dont 9 presque
4 Y. Ragheb, « Les premiers documents arabes de l’ère musulmane » dans Aspects du septième siècle, Etudes et
travaux, à paraitre, Paris 2012. Je remercie Youssef Ragheb qui m’a permit de consulter cet article ; F. Imbert,
« Le Coran dans les graffiti des deux premiers siècles de l’Hégire » dans Arabica, 47, 2000, p. 381-390.
5 J. Sadan “Genizah and Genizah-like Practices in Islamic and Jewish Traditions” dans Bibliotheca Orientalis ,
1/2 (1986), pp. 37-58; p. 42, note, 24.
2
entièrement effacés. Le processus d’effacement n’est pas toujours dû à la superposition des
deux textes mais au mauvais état du manuscrit. 6
Le texte inférieur du manuscrit se distingue parfois entre les lignes du texte supérieur. Ceci a
des implications majeures quant au déchiffrement des deux textes et surtout du texte
inférieur. Les seules traces qu’on a de ce dernier se trouvent entre les lignes du texte
supérieur. Les mots sont coupés en fin de ligne lorsque la dernière lettre n’est pas liée à celle
qui la précède. Cependant, l’espace vide qui se trouve entre les mots n’est pas uniforme, ce
qui rend totalement inadéquate l’édition du texte de ce mansucrit utilisant les caractères
arabes modernes disponibles dans les programmes d’informatique ou encore sur Internet
d’autant plus que le texte n’est pas diacrité.7 Nous relevons également dans le texte
inférieur la présence d’espaces blancs qui ne s’expliquent ni par l’effacement du texte ni par
la présence d’une variante.

L’aspect fragmentaire des passages coraniques et le mystère qui entoure l’usage du
manuscrit exigent la plus grande prudence quant à l’interprétation de l’écriture. Dans sa
restitution, j’ai choisi de porter mon attention sur les particularités textuelles et
contextuelles du manuscrit. La découverte de variantes coraniques n’a jamais constitué pour
moi le but de ce travail d’édition, mais elles ont été le point de départ d’une interrogation
plus profonde, liée à l’usage du manuscrit par les scribes, récitants et auditeurs qui sont les
différents acteurs de sa transmission. Les variantes coraniques n’ont pas toujours, en effet, la
même importance et leur interprétation dépend du contexte de la transmission du texte.
Elles peuvent être liées notamment à des erreurs de scribes, et impliquent alors l’omission
ou l’addition de lettres ou de mots.

Le problème des variantes

6 Des photos de certains folios du manuscrit sont diponible sur ce site : http://www.islamicawareness.
org/Quran/Text/Mss/soth.html
7 Th. Milo, Computing and the Qur'ān, some caveats : Schlaglichter: Die beiden ersten islamischen
Jahrhunderte, Berlin 2005, Markus Groß / Karl-Heinz Ohlig (Edd.), pp.494-515; Thomas Milo, Towards
arabic historical script grammar, through contrastive analysis of Qurʾān manuscripts : Writings and Writing,
from another world an another era - investigations in Islamic Text and Script in Honour of Dr Januarius Justus
Witkam (Archetype-Brill, forthcoming in 2012), pp.249-292.
3

Texte supérieur

Le texte supérieur du palimpseste présente des variantes par rapport au Coran standard
(l’édition du Caire imprimée en 1924). Elles peuvent être attribuées à des erreurs
involontaires de la part des copistes : omission de lettres ou mots ou encore ajouts de ces
mêmes lettres et mots. Il y a aussi des variantes intentionnelles faites dans le but de corriger le
texte. Elles peuvent indiquer une provenance différente du texte, dans notre cas, un codex
coranique différent du Coran standard. Ce texte supérieur présente des variantes régulières,
on retrouve par exemple des variantes orthographiques comme la suppression de certaines
voyelles longues, comme le remplacement de la voyelle a fatḥa longue par un wāw : ḥayawāt
au lieu de ḥayāt (vie).
حيوة au lieu de حياة
On notera également l’absence du signe hamza marquant l’attaque vocalique. Il est parfois
remplacée par la lettre yā’ .
وايتا ذي القربى au lieu de وايتاء ذي القربى
Les variantes de vocabulaire concernent des mots entiers inversés :
خلف وناديناه من au lieu de وناديناه من جانب
Quant aux variantes de pronoms personnels, elles concernent le changement de
pronoms personnels , ainsi le verbe s’accorde avec le pronom vous au lieu de ils :
فتمتعوا فسوف تعلمون au lieu de فيتمتعوا فسوف يعلمون
Les variantes relevées dans le texte supérieur sont de même type que celles des plus anciens
corans de type hijazite. Elles ont été repérées par le savant Arthur Jeffery qui a composé un
4

outil de travail essentiel sous forme de répertoire de toutes les variantes coraniques
disponibles dans la littérature des lectures coraniques canoniques.
Quel est le lien entre le texte supérieur et le texte inférieur du manuscrit ? Aucun si ce n’est le
fait qu’ils se trouvent tous deux sur le même parchemin, contraints au même espace
d’écriture. Le Coran supérieur ne reproduit pas à l’identique le Coran effacé au niveau
inférieur du palimpseste. Force est de croire que le texte inférieur a été effacé dans le but de
le faire disparaître pour réutiliser le parchemin.

Texte inférieur

Dans le texte inférieur, chaque folio comporte approximativement 29 lignes et il y a des
espaces blancs : on ne sait pas s’il s’agit d’espaces laissés vides ou de mots qui ont été effacés
sans laisser aucune trace. Ce texte inférieur indique la présence de deux scribes au moins. Il
comporte les sourates suivantes : 2 (La Vache), 8 (Le Butin), 9 (Le Repentir), 15 (al-Ḥijr), 19
(Marie), 24 (La Lumière), 33 (Les Coalisés), 34 (Saba’). Lorsqu’elle est visible, la séparation
entre les sourates du Coran est signalée avec une ligne droite. Le texte inférieur contient des
omissions et des ajouts par rapport au texte coranique standard. Ces mêmes ajouts
correspondent cependant, souvent, au lexique coranique.

Un passage particulier du manuscrit a attiré mon attention : il s’agit de la fin de la sourate 8
« Le Butin » (al -Anfāl ) . Entre la fin de la sourate 8 et la fin de la ligne 7, le scribe a tracé
une ligne. Il s’agit de l’un des deux endroits où l’on observe la fin d’une sourate et le début
d’une autre. Ce passage est d’autant plus intéressant qu’il s’agit de la sourate 9, « al-Tawba »
(Le Repentir), la seule, dans la tradition islamique, à ne pas commencer par la basmala . Or
dans ce folio, le texte de la sourate 9 commence par la basmala (voir le début de la ligne 8).
Le reste de l’écriture de la ligne 8 n’est pas lisible mais on peut distinguer au début de la ligne
9 la formule suivante :

« Ne dis pas : -Au nom de Dieu ». Nous avons reconstitué cette phrase
injonctive au début de la ligne 9 du folio et dans l’édition du même passage. Suite à cette
reconstitution, il nous est permis de croire qu’il y a dans ce folio du manuscrit une forme de
correction de l’écriture du scribe. S’agit-il du même scribe qui écrit la basmala et qui
l’annule une ligne plus loin ? L’état de l’écriture ne permet pas de l’affirmer. Cependant, la
5 présence d’une basmala comme une sorte d’automatisme de l’écriture au début d’une
sourate du Coran et son annulation à la ligne suivante met en scène une sorte de dialogue
entre deux instances, celle qui écrit et celle qui corrige. L’injonction « Ne dis pas : -Au nom
de Dieu » dénoterait l’intervention d’une main correctrice dans le manuscrit. Il s’agit d’une
remarque didactique qui corrige le texte en fonction des règles de l’écriture du Coran et de
sa récitation et précise que la basmala ne se prononce pas au début du chapitre 9. Elle
signifie deux choses : un texte du Coran était déjà connu au moment où le copiste a corrigé
ce qu’il considère comme une erreur ; les règles de la récitation du Coran devaient être
connues de ceux qui ont copié et corrigé ces textes.

Les remarques précédentes nous laissent croire que le texte inférieur n’appartient pas à un
codex du Coran mais à un support voué à un usage autre que liturgique. Il pourrait s’agir
d’un texte ayant un statut intermédiaire, situé entre l’aspect fixe du codex et l’aspect
inachevé de l’exercice scolaire. Je serais tentée de dire que le (ou les) scribes du texte
inférieur ne reproduisent pas le codex du Coran mais qu’ils mettent par écrit certaines règles
d’apprentissage de fragments coraniques.

Par ailleurs, les variantes du texte inférieur sont problématiques dans le sens où il n’est pas
possible de vérifier leur régularité dans l’ensemble du manuscrit. Un autre aspect essentiel
concerne l’originalité de ces variantes qui ne figurent pas dans la littérature des variantes
canoniques ni dans les variantes coraniques recensées par les auteurs Shiʿites. Il s’agit donc
de variantes inédites ce qui pousse certains chercheurs à proposer l’hypothèse d’un Coran
pré-Uhtmanien c’est-à-dire plus ancien que le canon adopté par la communauté des
musulmans à l’initiative du troisième calife Uhtmân Ibn ʿAffān (m.656 C.A.)

Un processus de transformation

La variante coranique concernant la basmala permet de supposer qu’une tradition exégétique
a accompagné les séances d’apprentissage du Coran. Par leur ancienneté, les fragments du
texte inférieur du palimpseste, témoignent de l’existence d’un texte coranique plus ou moins
fixé probablement dès le premier siècle de l’Islam. On doit supposer que des normes
concernant l’écriture du Coran, sa récitation et son interprétation circulaient déjà parmi la
communauté des croyants au moment où le copiste du texte inférieur a corrigé les erreurs du
texte et a apporté ses notes exégétiques. Le scribe ne reproduit pas seulement certains
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fragments du Coran mais met également par écrit les lois de la récitation. Malgré son
ancienneté, le palimpseste de Ṣanʿā’ n’est donc probablement pas la plus ancienne trace du
texte coranique, qui a probablement circulé du vivant du Prophète Muḥammad, c’est-à-dire
avant 632 de l’ère chrétienne. A en croire les traditions relatant la transmission du texte sacré
aux deux premiers siècles de l’islam, la version la plus ancienne aurait été une version orale,
préservée dans la mémoire des hommes. Ce qui pourrait apparaître comme un travail ingrat
de reconstitution d’un texte connu à partir de fragments disparates, nous a permis de prendre
contact avec un manuscrit d’une importance capitale qui montre que la transmission est aussi
un processus de transformation et d’écriture créative.
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Scribes musulmans et scribes chrétiens. La fabrication des premiers corans

par Alain George, professeur d’art islamique à l’université d’Édimbourg (Écosse)
Avec la venue de l’islam, les Arabes passèrent en quelques décennies d’une culture de l’oralité à une culture où l’écrit allait jouer un rôle majeur. Les débuts de la transmission du Coran furent pour beaucoup dans ce processus, qui vit des chrétiens apporter leur contribution à la tradition scribale musulmane naissante. Ces échanges touchant de si près au domaine du sacré sont le fruit d’une époque d’identités encore fluides, loin des rigidités d’époques plus tardives.
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ledisciple
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Re: Discussions sur le Coran

Message non lu par ledisciple »

Le palimpseste de Ṣanʿā’ : Deux Corans superposés
A comparer avec l'ouvrage "Aux origines du Coran", d’Alfred-Louis de Prémare et le reportage Le Coran, aux origines du Livre.

Le Monde de la Bible reprend donc dans ce numéro les travaux d'Asma Hilali qui avait écrit dans les "Cahiers Gustave Glotz", en 2011: Le palimpseste de Ṣanʿā’ et la canonisation du Coran : nouveaux éléments où il concluait que ce palimpseste n'était pas le plus ancien Coran bien qu'il ait pu circuler du vivant de Mahomet. Cela suivait sa série de conférences sur ce palimpseste "Chroniques du manuscrit au Yémen"

Asma Hilali avait fait une autre conférence sur le même sujet le vendredi 18 mars 2011 au The Institute of Ismaili Studies de Londres, intitulée: "Coran, hadith et genres intermédiaires : l’apport du palimpseste de Sanaa" J'avais trouvé Rainer Brunner du CNRS plus pertinent et approfondi sur les versets 9-29 et 2-256 du Coran. Le docteur Puin avait également mis en valeur les troublantes conclusions qu'imposent ce palimpseste, et les savant musulmans avaient répondu par des questions introduisant la notion de contemporanéité face à celle scientifique d'authenticité, affirmant que sans des réponses précises (qui sont impossibles), il ne fallait pas tenir compte des manuscrits de Sanaa...

Pour ces musulmans finalement attaqués dans leur foi au Coran incréé d'Allah, l'imprécision du texte sans signes diacritiques ne serait qu'une théorie sans conclusion prouvée!!! Autrement dit, ce serait Mahomet qui aurait fait exprès qu'il ne puisse y avoir de signes diacritiques afin de varier les récitations, le tout restant fidèle puisque la chaine orale de transmission est ininterrompue depuis Mahomet.

C'est loin d'être idiot comme argumentation, puisque des missionnaires jésuites (j'y reviens car leurs témoignages sont essentiels et uniques) affirmaient en leur temps, sous Louis XIV, que le Coran était encore récité intégralement par tradition orale et que les écrits en rappels de mémoire variaient. On a l'exemple de ce fait antérieurement avec les ouvrages de Confucius en Chine, pour des ouvrages beaucoup plus longs que le Coran.

Ce numéro du Monde de la Bible n'apportera donc pas de plus pour ceux qui suivent les travaux et conférences de Asma Hilali, ni sur le palimpseste de Sanaa. Pour les autres, il est un bon condensé ferme.
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Raistlin
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Re: Discussions sur le Coran

Message non lu par Raistlin »

ledisciple a écrit :Pour ces musulmans finalement attaqués dans leur foi au Coran incréé d'Allah, l'imprécision du texte sans signes diacritiques ne serait qu'une théorie sans conclusion prouvée!!! Autrement dit, ce serait Mahomet qui aurait fait exprès qu'il ne puisse y avoir de signes diacritiques afin de varier les récitations, le tout restant fidèle puisque la chaine orale de transmission est ininterrompue depuis Mahomet.
Mais je pensais que selon la tradition musulmane, la mise par écrit du Coran a été fait après la mort de Mahomet ? Comment donc aurait-il pu faire exprès qu'il n'y ait pas de signes diacritiques ?

Eh puis, nous savons que la modification des signes diacritiques peuvent changer considérablement le sens de certains versets, les travaux de Luxenberg : comment donc imaginer que les proto-musulmans aient voulu varier les récitations, au risque de nuire au sens ? Ca paraît fortement improbable.

Pour ma part, je trouve l'hypothèse du père Gallez bien plus crédible : les feuillets ayant servi au Coran étaient originellement les notes des prédicateurs judéo-nazaréens ayant endoctriné les arabes. Comme il s'agissait de simples notes, ces prédicateurs les avaient inscrites sans signes diacritiques. Ceci explique également le style complètement décousu du Coran.

Fraternellement,
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Re: Discussions sur le Coran

Message non lu par Sol Invictus »

D'après la tradition, il avait également des scribes qui inscrivaient des versets sur des peaux, des os larges ou encore des pierres.

Je crois bien sûr aux influences Nestoriennes, Syriaques, Ebionites, Monophysites, et Judéo-Nazaréenne, mais il y a toute une influence Talmudique, hérétique venant d'Apocryphes, Persane et également des "sciences de" Galien et de la connaissance du monde inspirée des grands noms des siècles et des civilisations précédentes. On voit bien qu'il n'a pas renié l'ensemble des croyances païennes Hejazi et plus largement Antiques, avec le mythe des Bétyles (Pierre Noire de la Kaaba), les Djiins, la circumambulation, la lapidation symbolique du diable . Cassius Maximus Tyrius (grec du IIe siècle) dans ses Dissertations, au IIe siècle,rapporte ses doutes en la matière : « les Arabes adorent aussi, mais je ne sais quoi. Quant à l'objet sensible de leurs adorations, je l'ai vu, c'est une pierre quadrangulaire. »*
(*_ Maxime de Tyr, Dissertations, VIII)

Saint Clément d'Alexandrie, l'un des Pères de l'Église, est né à Athènes vers 150 et mort en Asie Mineure vers 220 : http://books.google.fr/books?id=9sZJAAA ... nt&f=false (Jacques-Antoine Dulaure, né le 3 décembre 1755 à Clermont-Ferrand et mort le 18 août 1835 à Paris, est un archéologue et historien français.)
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http://books.google.fr/books?id=c6VEJ6J ... re&f=false
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Raistlin
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Re: Discussions sur le Coran

Message non lu par Raistlin »

Sol Invictus a écrit :D'après la tradition, il avait également des scribes qui inscrivaient des versets sur des peaux, des os larges ou encore des pierres.
Effectivement. Cette traditon m'a toujours étonnée : pourquoi ne pas avoir directement écrit les "révélations" faites à Mahomet sur du papier (ou du papyrus, je ne sais pas) ? Pourquoi avoir utilisé des supports de fortune ? Et a-t-on des reliques de ces supports pour les étudier ?

Néanmoins, la bizarrerie demeure : même en admettant que des versets du Coran aient été mis par écrit sur des supports divers du temps de Mahomet, on comprend mal l'absence de signes diacritiques.
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