Mac a écrit :
Dans l'évangile Notre Seigneur Jésus Christ parle du blasphème contre l'Esprit lorsque les pharisiens Lui dirent : "Cet homme ne chasse les démons que par Béelzébul, prince des démons." ( Matthieu 12 24). Plus loin dans le texte dont il est question, Notre Seigneur Jésus Christ explique ce qu'est le blasphème contre l'Esprit lorsqu'Il dit : " Quiconque parlera contre le Fils de l'homme, il lui sera pardonné; mais quiconque parlera contre le Saint-Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir." Or, dans votre réponse, le blasphème contre l'Esprit est un mépris lucide et volontaire de tout repentir. Cette dernière approche ne correspond pas totalement à ce que dit Notre Seigneur Jésus Christ pour Qui le blasphème contre le Saint-esprit est-il constitué dès lors qu'il y a une offense verbale ( comme c'est le cas dans le texte) envers La Personne du Saint-Esprit. Pourriez-vous m'éclairez sur ce point cher Arnaud?
Cher Mac, voici ce qu'en dit saint Thomas et je trouve cela clair et sublime :
Voici d'abord le texte qui en parle:
Donc pour résumer voici:
Matthieu 12, 31 Aussi je vous le dis, tout péché et blasphème sera remis aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera pas remis.
Matthieu 12, 32 Et quiconque aura dit une parole contre le Fils de l'homme, cela lui sera remis; mais quiconque aura parlé contre l'Esprit Saint, cela ne lui sera remis ni en ce monde ni dans l'autre.
Et
saint Thomas distingue de manière précise les trois blasphèmes qui existent en utilisant la méthode d'attribution aux personnes trinitaires.
On attribue au Père la puissance >>> Le blasphème contre le Père est le rejet de Dieu à cause d'un motif de faiblesse. (Exemple: La semence est tombée au bord du chemin, là où il n'y avait pas de terre profonde - Matthieu)
On attribue au Fils la connaissance >>>> Le blasphème contre le Fils est le rejet de Dieu à cause d'une ignorance (exemple: "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font".)
Enfin, on attribue au Saint esprit l'Amour. >>>> Le blasphème contre l'Esprit est commis directement contre l'amour de Dieu, en pleine LUCIDITE (pas d'ignorance) et MAITRISE DE SOI (pas de faiblesse).
Le blasphème contre l'Esprit saint est un péché mortel qui procède de la LUCIDITE (comme le Saint esprit procède du Verbe) et de la MAITRISE DE SOI (comme le Saint Esprit procède du Père).
C'est donc un acte grave commis avec pleine lucidité et maîtrise de soi?. Autrement dit, celui qui le commet sait parfaitement ses conséquences jusque dans l'éternité et commet froidement, sans y être entrainé par une faiblesse.
Ce pécheur là n'est JAMAIS pardonné car il ne demande pas pardon.Jusque face au Christ, il maintient. Ils savait déjà avant ce qu'il faisait.
On comprend pourquoi ce blasphème conduit en enfer éternel. Face au Christ glorieux, celui qui le commet sur terre le maintient: Il savait bien ce qu'il faisait DÉS CETTE TERRE.
A l’heure de la mort, il existe six manières dont l’âme, en toute liberté, se détourne à jamais de l’amour de Dieu. Elles sont citées par saint Thomas d’Aquin.
1. Le refus de croire malgré l'évidence, (face au christ glorieux). Ex sur terre, de la part de théologiens lucides : les prêtres qui ont condamné Jésus malgré des miracles indubitables ; Monseigneur Cauchon face à Jeanne d’Arc et à son évidente pureté.
2. La présomption (refuser l'humilité et l'amour mais exiger la vision béatifique) ex. Lucifer veut voit dieu face à face. Mais il exige cette merveille, tout en refusant ses conditions (humilité et amour).
3. La désespérance (On estime que son péché est si grand que Jésus, dans sa proposition de pardon, nous semble ridicule). Ex. Judas. En général, ce sont des personnes fières qui estiment indigne Jésus dans sa proposition de pardon
4. L'envie des grâces de son frère (On est furieux de constater la place des humbles dans le paradis, place qu’on sait ne jamais atteindre). Ex : Hitler face aux Juifs sauvés et plus grands que lui pour l’éternité.
5. L'impénitence finale (refus de demander pardon) Ex : « J’ai vécu ainsi. Jamais je ne m’abaisserai à me repentir ».)
6. L'obstination (refus de céder).
Cependant, vous n'avez pas relevé le fait que dans le passage que je citais, Notre Seigneur Jésus Christ dit : " 22 Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom?" Vous constatez comme moi je suppose que Notre Seigneur Jésus Christ ne ratifie pas la décision propre de ceux qui sont concernés dans ce passage. A leur volonté, à leur propre choix, Notre Seigneur oppose un refus qui est un jugement unilatéral, qui se comprend à la lecture de ce qui est dit précédemment dans le passage; Puisque Notre Seigneur Jésus Christ dit que pour être sauvé il faut faire la volonté de son Père qui est dans les cieux. Il ne dit pas : " à la mort vous choisirez; Mais faites la volonté de mon Père pendant que vous êtes en vie pour être sauvé"; Et cet dernière exhortation, nous pouvons l'a voir à plusieurs reprise dans l'évangile notamment lorsqu'il dit de se mettre d'accord avec son adversaire pendant que nous sommes en chemin ( Matthieu 5 25)
Jésus est obligé de bannir les damnés. En effet, dans leur lucidité absolue,
ils VEULENT LA VISION BEATIFIQUE. Mais ils en refusent les conditions (repentir, amour). Leur péché principal est donc la présomption. Il s'estiment dignent de voir Dieu face à face car ils s'estiment intelligents et faits pour cela. En fait, il ne veulent que les avantage que peut donner Dieu, sans en accepter les sacrifices.
Alors Dieu leur dit : "Allez vous en loin de moi !"
Par ailleurs, si à la mort il y a une possibilité de choisir, pourquoi les premiers apôtres sont allés porter la bonne nouvelle aux nations au prix de leur vie. Je vois là une incohérence, puisqu'au fond, ils auraient pu se dire : " épargnons nos vies, puisque c'est au moment de la mort que l'on choisit Dieu."
L'évangélisation se fit au départ par
LA JOIE, joie d'annoncer la bonne nouvelle.
Puis, lorsque l'enthousiasme des débuts se tarit, Dieu lui adjoignit un second moteur :
La peur pour le salut des pauvres pécheurs. C'est cette peur qui mettait en larme saint Dominique : "Que deviendront les pauvres pécheurs ??? !!"
Dans les derniers temps, il se peut que le motif de l'évangélisation soit à la fois
la joie et l'amour : en effet, il est difficile de voir combien, sans le Christ, nos frères vivent leur vie dans l'angoisse. Comme on aimerait leur donner le bonheur de savoir la raison de leur existence !
Pour ce passage, vous dites que ce ne serait pas l'enfer mais le purgatoire. Si le texte de Matthieu 5 21-26 me semble parlez du purgatoire, celui que vous citez me semble plutôt parler de l'enfer puisque ce riche ne s'est absolument pas repenti alors que Lazare n'a même pas pu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche. N'est-il pas mort dans son péché, pour n'avoir pas vu et entendu? De plus, le riche le dit lui-même qu'il ne s'est pas convertis, repentis ce qui lui vaut cette sentence : " Et il dit : Non, père Abraham, mais si quelqu'un des morts va vers eux, ils se repentiront." Nous comprenons que s'il est dans ce lieu, c'est bien parce qu'il ne s'est pas repenti. Par ailleurs, au purgatoire selon le catéchisme catholique, les souffrances peuvent être apaisées, alors que dans le cas du riche, Notre Seigneur Jésus Christ ne laisse entrevoir aucune possibilité d'apaisement. Enfin, l'abime dont parle Notre Seigneur ne semble pas permettre de relation, d'interaction, avec quiconque; Or le catéchisme catholique, dit que les âmes du purgatoire peuvent bénéficier des prières, pénitences... Je note néanmoins que le riche dans sa torture, pense à ses frères ne leur souhaitant pas le même sort que lui : Notre Seigneur Jésus Christ voulait-Il alors mettre l'accent sur le fait que le riche aimait ses frères de là où il était , ou était-ce une façon de montrer combien cet endroit était un lieu de désolation effroyable?
Le pape Benoît XVI fait remarquer (Spe Salvi, 44) que, si on regarde plus précisément ce riche, il est non seulement assoiffé de la grâce (donne l'eau !) mais il aime sincèrement ses frères et veut leur bien (envoie un ange à mes frères !-).
Cela n'a rien à voir avec l'attitude des damnés qui fanfaronnent en se prétendant heureux sans la grâce, puis accusent Dieu, plein de rage, de ce qu'il n'arrivent pas à être heureux ! D'autres part, les damnés veulent que leurs "frères" viennent en enfer, parce qu'ils espèrent, en étant de plus en plus nombreux à se révolter, que Dieu cèdera et donnera la vision béatifique à ces révoltés.
Cette intuition, je la défendais avant de savoir que le pape l'avait méditée. Ceci montre qu'elle est une évidence pour celui qui réfléchit.
Ceci montre aussi à quel point la théologie progresse car tous les Pères et Docteurs de l'Eglise, sans exception, soutinrent que ce riche était dans l'enfer éternel. Un homme repentant ne PEUT PAS ÊTRE EN ENFER ETERNEL. L’enfer éternel, c’est le lieu d’hommes endurcis dans le mal et qui ne se soucient absolument pas de leurs frères !
Regardez ce débat :
http://docteurangelique.forumactif.com/ ... ight=riche