@cath et priere universelle
Je ne comprends pas bien l'intérêt qu'il y a à inventer des idées et des pensées à des interlocuteurs imaginaires, que l'on transforme en caricatures, pour finalement se lancer dans des louanges à sa propre gloire, et enfin ne même pas prendre en compte les interventions réelles des autres interlocuteurs, réels ceux-là.
Parce que du coup cela tient plus du monologue que de la discussion, et que peut-il en sortir de constructif ?
Sans doute n'avez vous pas bien compris ce que je soulignais, peut-être ai-je été trop confus. Je réécris donc :
. Concernant les hommes :
Il s'agit d'un constat, qui concerne un discours, des idées, des présupposés, répandus dans notre société actuelle, et qu'on retrouvait dans les propos de "priere universelle" : tenir le double discours qui consiste à en même temps exiger des hommes qu'ils ne se mêlent pas de régulation des naissances, du sort de l'enfant qu'ils conçoivent, ni d'avortement, et en même temps déplorer que trop d'entre eux ne se sentent pas concernés et n'assument pas leurs responsabilités,
en se demandant comment ça se fait.
D'ailleurs, là aussi vous m'avez mal lu, je n'ai jamais parlé d'ambiguïté (je ne sais pas où vous êtes allé cherché ça dans mes propos ?). Le problème d'une double contrainte est tout au contraire son caractère très clair... mais contradictoire.
Le constat était clair, ma question à ce sujet également : trouvez-vous cela logique ?
Ne voyez-vous pas qu'en répétant à des hommes qu'ils ne doivent pas se sentir concernés, il est assez normal ensuite de constater qu'il ne se sentent pas concernés ?
. L'opposition entre un "monde masculin hostile à l'avortement" et un "monde féminin
De même, d'ailleurs, que l'opposition entre un monde masculin forcément violent et lâche, et un monde féminin forcément fait de compréhension, d'empathie et de solidarité : la simple fréquentation du monde réel, tel qu'il est, des gens de tous les jours, suffit à faire voler en éclat une représentation aussi simpliste.
D'une façon générale, d'ailleurs, ne vaut-il pas mieux se méfier des systèmes d'explication binaires "méchants/gentils" ?
Il vaut mieux se méfier, je pense, de l'explication qui vous assure que tous les maux du monde sont dus avant tout aux hommes en général, ou aux femmes en général, ou aux pauvres qui profitent de la société, ou aux riches qui l'exploitent, ou aux étrangers qui volent le travail, ou aux autochtones qui sont tous racistes. Une idée, comme ça.
. Enfin, puisqu'il est question de l'attitude des hommes face à leurs responsabilités :
comment ne pas voir combien l'avortement libre, remboursé, justifié, est, justement, un instrument contribuant à cette déchirure entre hommes et femmes, contribuant à la lâcheté des hommes lâches ?
Répondez à cette simple question :
de l'homme qui ne veut pas assumer ses responsabilités et qui veut laisser la femme se débrouiller seule, et de l'homme qui veut assumer ses responsabilités envers l'enfant,
qui, dites-moi, l'avortement perturbera et gênera-t-il le plus ?
En quoi, dites moi, un homme qui profite des femmes au passage sans rien assumer se trouverait-t-il choqué ou perturbé par l'avortement ?
. Notez que la remarque de priere universelle à propos des viols ne répond pas à la question : on parlait d'hommes qui doivent assumer (là dessus nous sommes d'accord) alors qu'on leur répète qu'ils ne doivent pas se sentir concernés.
Le cas du viol sort donc complètement de cas de figure-ci :
d'un violeur on n'attend pas qu'il "assume" ses responsabilités en soutenant la femme enceinte et en assurant l'éducation de l'enfant !!
La question est donc simple :
. si l'on considère que l'homme qui conçoit un enfant avec une femme n'a aucun droit sur cet enfant, n'est pas concerné par son sort sur lequel il n'a pas le droit de se prononcer, ne doit même pas s'intéresser au sujet ni avoir d'avis sur la question,
comment en même temps lui parler de responsabilités et exiger qu'il les assume ?
Quelles responsabilités ? On vient de les réduire à néant et de les nier, comment exiger ensuite qu'il les assume ?
Et cette question rejoint la remarque posée plus haut :
Oui, il faut forcément agir sur tous les aspects du problème : financiers, moraux, sociaux,... (ce que font déjà, donc, les associations suscitées... dont certaines, bizarrement, ont un homme à leur tête ou à leur origine)
Mais cette action n'a de sens et ne peut être initiée
QUE SI on reconnaît et constate l'injustice que représente l'avortement, l'acte en lui-même aussi bien que la politique actuelle sur ce sujet.
De même qu'on ne peut se mettre réellement à agir contre la faim dans le monde qu'une fois qu'on l'a constatée et qu'on a admis qu'il s'agissait d'une injustice criante.
Tant qu'on considère l'avortement comme une solution acceptable et qu'on s'interdit de le juger moralement,
on s'empêche d'agir contre.
La subtilité - déjà largement répétée et expliquée - étant que le jugement moral de l'acte d'avortement ne vaut pas condamnation morale de la femme qui a demandé l'avortement.
@cath et priere universelle, donc, je fais gentiment remarquer que, s'étant tout de go embarqué dans une louange à leur propre gloire, elles n'ont pas fait attention qu'elle ne répondait pas du tout aux questions posées, et répondait tout à côté.
Merci donc d'arrêter le monologue et de revenir à une discussion.
(soit dit en passant, cath, on aurait pu croire que certaine expérience malheureuse récente vous aurait mis en garde contre les jugements hâtifs destinés à se glorifier soi-même par contraste avec des interlocuteurs imaginaires)