Tristan a écrit :
Comme je le disais, le problème est logique avant tout, puisque nous avons affaire au principe de non-contradiction. Jean-Paul II et Benoit XVI ont explicitement déclaré à de multiples reprises : "ce ne sera jamais possible, c'est la volonté de Dieu" et François déclare (ou semble déclarer) : "ce sera parfois possible, c'est la volonté de Dieu". L'un des deux énoncés est faux. Lequel ?
J'avoue qu'il semble impossible de réconcilier les deux points de vue.
Oui, je reconnais que les "demandes" du pape François nous placent (moi en tout cas) dans une position inconfortable, assez illogique. Je me questionne. Ce n'est vraiment pas facile d'accepter sa révision pastorale.
J'ai un petit livre ici qui est écrit par un jeune prêtre français* qui oeuvre chez nous ... qui enseigne à l'université de Montréal, qui fait de l'accompagnement auprès de personnes en fin de vie, qui a produit une thèse doctorale portant sur la "nouvelle évangélisation", qui est un fan du pape François, qui est conférencier au collège des Bernardins, etc. Or je lis "mon" auteur et je ne comprend rien. Ce sont pourtant les idées du pape François. J'y trouve surtout un langage elliptique et qui me renvoie à des expressions que je trouve assez floues et dont je ne sais trop dans quoi cela devrait déboucher au final. Ce n'est pas bien rassurant. L'auteur n'est pas en cause, je l'ai déjà rencontré en personne. Il est très sympathique. Ce sont les propos qui ne sont pas clairs.
C'est pourquoi j'ai dit que je trouvais le cardinal Ouellet rassurant. Non parce qu'il nous livrerait la solution clé en main au casse-tête de la nouvelle évangélisation, juste parce qu'il nous dit que l'ancienne norme n'est pas abolie. "Ouf!" Il fait ici le boulot que le pape François se refuse à faire, dirait-on. Le pape François préférant apparemment considérer d'un air supérieur les "petits esprits", les vieilles croûtes pataugeant dans leur mélasse xénophobe ou leur immobilisme. Pour moi c'est l'idée qui se dégage de ses réflexions médiatisées et de son attitude d'ignorance affectée envers les objecteurs.
On pourrait au moins s'entendre pour dire qu'il existe une "petit" problème de communication entre le Pape et une foule de ses ouailles, pour ne pas dire de ses collègues dans le ministère.
Et tout comme les nombreuses paroles du pape rapportées par des journalistes, à tout propos, telles des idées personnelles de Jose Bergoglio : elles viennent accroître les sentiments de désolation chez nombre de catholiques. Je pense à tous ceux qui ne pensent pas comme lui. On peut se questionner aussi sur le rôle des médias dans toute cette affaire, un rôle qui n'est sans doute pas neutre.
Est-ce que le Pape est naïf par rapport aux médias? Sous-estime-t-il ses effets sur les gens? Le Pape François cède-t-il à une sorte d'ivresse? Une sorte d'euphorie à jouer le révolutionnaire de salon et en jouant avec des formules? Prend-il un petit plaisir pas net à bénéficier de la complicité des "beaux esprits" du côté de la gent journalistique? à sentir chez ces ennemis de la foi une approbation de ses manières de leader se soumettant à la "bonne pensée démocratique du monde", et tout en flétrissant (lui, François) comme autant de vielle noix stérile le moindre critique parmi les coreligionnaires? Je me questionne, je me questionne ... Honnêtement, je trouve difficile à supporter la méthode bergolienne en lien avec les médias modernes. C'est une méthode qui ne m'aiderait pas du tout à avoir la foi, à la conserver ou à l'accroître. C'est juste l'Inverse! A cause du pape François, je suis obligé de me battre pour conserver la foi. Et ce n'est pas une situation que j'aurais pu anticiper.
Je suis convaincu qu'une foule de catholiques sont incapables de comprendre ce que je dis. Tous les vrais fans du pape François ne l'entende pas. Et la meilleure façon de ne pas entendre, ni comprendre ni recevoir : c'est la caricature. Toujours ravaler le critique au rang du conservateur malade, animé d'une prétendue attirance pour le fascisme et autre connerie.
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* Jean-Marc Barreau,
François et la miséricorde. De la nouvelle évangélisation à la miséricorde, "... un ouvrage direct, brûlant du feu de l'Évangile, attentif à mettre en lumière l'audacieuse vision pastorale du pape François. [...] L'évangélisation vue par le pape François, serviteur ordinaire d'une miséricorde extraordinaire, à monnayer ... Comment? Jusqu'où? ..." (Quatrième de couverture)