Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2009-2010)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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La croix, mystère, scandale, victoire de la Miséricorde

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme.
De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.
Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

Je me demande s'il existe un texte plus simple à lire que celui-ci. Mais au même moment, je me dis que, pour quiconque n'a pas rencontre le Christ, c'est un de ces textes impénétrables qu'ils vont refermer avec impatience et agacement, en regrettant le temps perdu !

Voici donc un de ces passages de l'Evangile qui reste fermé et opaque pour ceux et celles qui lui opposent les vérités de la raison et de la science, mais qui se dévoile, ouvert comme le Salut, comme une écluse céleste, pour les petits enfants qui en ont franchi le mystère avec leur coeur. Pour les uns, le ciel est fermé et hermétiquement scellé par l'athmosphère : aucune prière ne peut franchir cette frontière, ni aucune grâce descendre des astres vers la terre. Mais pour les seconds, tout l'extérieur étant contenu dans l'intérieur de l'être, franchir ces espaces infinis vers Dieu ne prend qu'un instant.

Et la compréhension de l'univers, celle qui permet à ces deux opposés de se rejoindre et de coexister dans le monde, c'est la Croix.

Il est clair que le monde (autrefois, on disait aussi : "le siècle") ne veut reconnaître ni le Christ, ni la Croix. Celle-ci demeure un scandale absolu. Car la Croix condamne le péché pour ceux qui ne croient pas à la miséricorde - et elle est également un obstacle au labeur des philosophes et des théoriciens qui voudraient bien que les droits et les devoirs coexistent en harmonie. La Croix leur répond sans fin que l'harmonie des deux n'est pas de ce monde.

Pourtant, si les opposés peuvent malgré tout se rejoindre et coexister dans le monde, ainsi que je l'écris, c'est simplement que les hommes, tous les hommes, du passé, du présent et de l'avenir, sont en son croisement. Il faut reprendre la première lecture qui l'explique avec des images très claires: "Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d'un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu'il regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie !" Dieu est vainqueur par la croix, car l'humain désire la vie ! Et l'homme ou la femme qui désirent le salut trouvent la Croix, qui est l'unique issue : le serpent de bronze qui y est cloué, c'est le péché de l'homme, où le Christ l'a vaincu, une fois pour toutes.

Ainsi, à tous ceux qui croient, à toutes celles qui croient, je peux me permettre de dire: "Quelle joie, quel bonheur ! Le monde nous crucifie mais nous sommes dans la Joie !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Marie dans notre maison

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 19,25-27.
Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

Notre-Dame des Sept Douleurs, je viens à vous, je recours à vous. Hélas, en ce bas monde comme abonde le péché ! Souvent, ayant moi-même péché, je ressens que je suis malade de mon moi, encore plus que de mon corps. Ne serait-il pas plus simple de porter les douleurs physiques que les douleurs morales causées par les fautes ? Car dire au Seigneur que j'ai un très grand regret, c'est vraiment dire peu ! Le ressenti des fautes, c'est le poids qui nous attire vers le centre de la terre, c'est aussi l'ombre qui masque l'esprit, et c'est la peur de la mort.

Mais l'état de grâce, même avec les douleurs physiques, c'est la Joie. La Joie de la communion au Seigneur est telle que, non seulement, elle fait bouger et entreprendre, mais elle couvre tout le corps d'une lumière surnaturelle. On dira certainement que j'affabule si je dis que je peux la ressentir en cet instant, mais oui, elle est là, et la preuve que j'en ai, c'est que je me suis senti poussé par deux fois à interrompre mon écriture pour prier une dizaine de chapelet. Or, je souffre d'indigestion, comme souvent, mais la prière à Marie me fait me lever.

On me pardonnera cette courte méditation, peut-être peu adaptée au texte, et cependant, je suis certain que c'est bien la mère de Jésus qui me fait me relever quand je ne voudrais pas. Et elle me tient debout quand l'ennui me saisit et l'ennui est comme l'avertissement de la présence de l'Adversaire. Nous tous donc, aussi bien que Jean, avons tout intérêt à prendre Marie chez nous et la laisser diriger notre maison intérieure...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
christiane
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Re: Marie dans notre maison

Message non lu par christiane »

Tu as tellement raison, Etienne, de parler de Marie ! En effet, personnellement, je suis surtout axée sur le Seigneur et tes paroles me rappellent combien Marie, toute discrète qu'elle soit, fait tout ce qu'elle peut pour que nous nous sentions bien.

Belle journée pour toi !
Christiane
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Griffon
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Re: Marie dans notre maison

Message non lu par Griffon »

Bonjour,

C'est bon de vous lire, et cela donne envie d'en rajouter...

Marie est si discrète
Au point qu'on peut se demander si les époux de Cana ont jamais su que c'est grâce à son intervention qu'ils ont eu assez de vin pour terminer les noces.
Ainsi est-ce dans nos vies. Marie intervient, mais elle ne vient jamais nous dire : " Voici ce que j'ai fait pour toi. ".
Autant le savoir pour pouvoir la remercier, même sans savoir exactement pour quoi.

Marie nous aide à accueillir Jésus
Jésus est le Roi de gloire. Le minimum pour accueillir sa Majesté, c'est de faire un peu de frais. Alors, qui peut nous dire comment aménager notre coeur ?

- le débarrasser de tout ce qui l'encombre, faire le tri et garder ce qui est précieux
- le dératiser, le débarrasser de toutes ces bestioles qui n'ont rien à y faire
- procéder au grand nettoyage
- le parfumer,
- y mettre de l'ordre

Ouf !
On voit tout de suite qu'une femme est plus capable que le pauvre homme que je suis.
Enfin, moi, sans Marie, et sans Joseph, je ne vois pas comment je pourrais faire.
Ils ont quand-même accueilli Jésus chez eux pendant quelques 30 ans.
Ils savent y faire... c'est sûr.

Cordialement,

Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.
etienne lorant
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Re: Marie dans notre maison

Message non lu par etienne lorant »

La journée s'est achevée et j'ai dû laisser fondre sur ma langue pas moins de quatre de ses pastilles qui enrayent la diarrhée... et je suis resté couché deux heures. Tout à fait conscient que la "colopathie fonctionnelle" m'a rejoint, purement et simplement à cause de tout ce que j'ai lu dans media sur les abominations de l'Eglise en matière de sexualité... en plus de la situation politique et de ce que nous a appris Christiane sur le nombre de pauvres gens qui doivent vivre avec moins d'un euro par jour... Je sens bien que tout ce qui se passe dans le monde, comme chez nous, ne peut plus être résolu par le "génie" humain. Le Seigneur nous offre sa Miséricorde mais il faut vouloir devenir saints, Le laisser pénétrer jusqu'au plus profond de nous-mêmes. Quant au reste, à chaque jour suffit sa peine !
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Celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 7,36-50.

Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table.
Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum.
Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum.
En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une pécheresse. »
Jésus prit la parole : « Simon, j'ai quelque chose à te dire. - Parle, Maître. »
Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d'argent, l'autre cinquante.
Comme ni l'un ni l'autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l'aimera davantage ? »
Simon répondit : « C'est celui à qui il a remis davantage, il me semble. - Tu as raison », lui dit Jésus.
Il se tourna vers la femme, en disant à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m'as pas versé d'eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux.
Tu ne m'as pas embrassé ; elle, depuis son entrée, elle n'a pas cessé d'embrasser mes pieds.
Tu ne m'as pas versé de parfum sur la tête ; elle, elle m'a versé un parfum précieux sur les pieds.
Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour. »
Puis il s'adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. »
Les invités se dirent : « Qui est cet homme, qui va jusqu'à pardonner les péchés ? »
Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t'a sauvée. Va en paix ! »

Il fallait à cette femme beaucoup de courage pour aller droit au but et accomplir ces gestes qui ont touché directement le Seigneur dans Sa miséricorde. C'est du moins ce que le texte laisse entendre - mais aussi que l'on devine étant donné la condition des femmes à cette époque !
J'ai donc pensé au courage et ensuite, je me suis souvenu de que m'avait dit un confesseur et qui m'avait très surpris. Selon lui, c'est la Miséricorde divine qui précède la reconnaissance du pécheur concernant son état. Tout au début, il me fut très difficile d'admettre une telle interprétation. Car l'Evangile dit ailleurs : "Ceux qui font le mal se gardent bien de venir à la Lumière car leurs actions apparaîtraient pour ce qu'elles valent". Comment passer au-dessus de çà ! "Mais par les versets qui précèdent", m'a-t-il répondu... J'ai donc rouvert ma Bible et j'ai lu:

"Jn 3:18- Qui croit en lui n'est pas jugé ; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu.
Jn 3:19- Et tel est le jugement : la lumière est venue dans le monde et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, car leurs œuvres étaient mauvaises.
Jn 3:20- Quiconque, en effet, commet le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient démontrées coupables,
Jn 3:21- mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, afin que soit manifesté que ses œuvres sont faites en Dieu."

Quiconque croit n'est pas jugé. Jésus n'est pas venu juger le monde mais pour que le monde soit sauvé par Lui. Et donc la pécheresse a cru au Christ sauveur et elle échappe au jugement. La voici, dans ce passage qui vient témoigner et manifester sa délivrance par des signes et des gestes qui manifestent aussi bien : le regret des fautes mais aussi: la joie du pardon, et bien entendu : l'amour du Sauveur.

A présent, je suis certain que cette femme est venue voir Jésus après avoir compris qu'elle était déjà sauvée. Le texte dit bien: "Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum." Elle apprend donc qu'Il est de passage en ville, et c'est l'occasion d'aller rendre grâce. Le parfum était précieux - ce qui signifie rare, et donc une acquisition antérieure et elle savait très bien l'usage qu'elle en ferait.

Le pharisien Simon, que Jésus traite d'ailleurs avec beaucoup d'amabilité, est tout aussi surpris que j'ai pu l'être. Nathanaël n'a-t-il pas eu la même surprise lorsque Jésus lui a révélé: "Avant que tu viennes à ma rencontre, je t'ai vu sous le figuier" ? Il reste donc cette Parole que Jésus seul, Roi et Centre de tous les coeurs, pouvait prononcer - et elle est extraodirnaire :

"Celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour"
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Jésus sur la route - scène ordinaire ?

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 8,1-3.

Jésus passait à travers villes et villages, proclamant la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l'accompagnaient,ainsi que des femmes qu'il avait délivrées d'esprits mauvais et guéries de leurs maladies : Marie, appelée Madeleine (qui avait été libérée de sept démons), Jeanne, femme de Kouza, l'intendant d'Hérode, Suzanne, et beaucoup d'autres, qui les aidaient de leurs ressources.

Petite troupe hétéroclite, mais cependant ordonnée: Jésus en tête, les douze l'accompagnent suivie de femmes délivrées par le Seigneur et d'autres qui le soutiennent assurent "l'intendance". J'imagine une vie rude, mais combien exaltante ! "Tous s'étonnaient des paroles de grâces de sa bouche"... rien que ce témoignage dit beaucoup. Mais est-ce que le silence de Jésus n'était pas plus encore empli de sa présence ? La route n'en était-elle pas comme ensoleillée ? Avons-nous un peintre qui ait songé à la scène toute banale du repas pris en commun... mais avec le Seigneur pour rendre grâces à son Père pour les "fruits de la terre "? Que de souvenirs pour Jean qui écrivit que "tous les livres" de la terre ne suffiraient pour rapporter dans le détail tout ce que Jésus a accompli... Mais c'est que sur sa présence, à elle seule, il y aurait des montagnes de livres à écrire ! J'imagine cette anecdote: Pierre se penche vers Jésus et lui demande, sans arrêter de marcher: "Ne devrions-nous pas presser le pas ? Le soleil va se coucher bientôt et nous n'arriverons au prochain village qu'à la nuit tombée... et Jésus de lui répondre: "L'un d'entre vous a mal aux pieds, mais ne veut pas le montrer afin de faire pénitence - et c'est pourquoi nous irons à son rythme, car aucun autre parmi vous n'a songé à cela"...

Il existe une petite communauté, appelée Tibériade, qui est devenue itinérante et qui désormais, part en mission. Ce que je trouve extraordinaire, c'est qu'ils vont à pieds accompagnés d'un âne. N'est-ce pas une vie hors de la vie de ce monde, une expérience unique ? Je l'ai désirée - mais j'ai désiré tant de choses ! Avec une courte et simple méditation comme aujourd'hui (qui ressemble plutôt à une petite contemplation), n'ai-je pas marché avec Jésus, moi aussi, ce matin ?.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Un Evangile bien de circonstance !

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 16,1-13.
Jésus disait encore à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé parce qu'il gaspillait ses biens.
Il le convoqua et lui dit : 'Qu'est-ce que j'entends dire de toi ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car désormais tu ne pourras plus gérer mes affaires. '
Le gérant pensa : 'Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Travailler la terre ? Je n'ai pas la force. Mendier ? J'aurais honte.
Je sais ce que je vais faire, pour qu'une fois renvoyé de ma gérance, je trouve des gens pour m'accueillir. '
Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : 'Combien dois-tu à mon maître ? -
Cent barils d'huile. ' Le gérant lui dit : 'Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante. '
Puis il demanda à un autre : 'Et toi, combien dois-tu ? - Cent sacs de blé. ' Le gérant lui dit : 'Voici ton reçu, écris quatre-vingts. '
Ce gérant trompeur, le maître fit son éloge : effectivement, il s'était montré habile, car les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière.
Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l'Argent trompeur, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
Celui qui est digne de confiance dans une toute petite affaire est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est trompeur dans une petite affaire est trompeur aussi dans une grande.
Si vous n'avez pas été dignes de confiance avec l'Argent trompeur, qui vous confiera le bien véritable ?
Et si vous n'avez pas été dignes de confiance pour des biens étrangers, le vôtre, qui vous le donnera ?
Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera le premier, et aimera le second ; ou bien il s'attachera au premier, et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent. »

J'ai écouté cet Evangile aujourd'hui et je songeais à ce qui arrive à une personne proche. Durant vingt ans, elle s'est vraiment "défoncée" pour son travail, mais elle a tout de même été dépassée par la quantité de travail et le rythme toujours plus rapide qu'il exige désormais... car le personnel n'a jamais augmenté. Elle a fini par "craquer" au point de tomber en syncope nerveuse un lundi matin - en fait celui de la rentrée. Son cas est loin d'être exceptionnel, évidemment. Elle est en congé de repos - certificats médicaux à l'appui et elle est en recherche: comment désormais envisager le travail et l'avenir ?

J'ai attendu une quinzaine de jours et je lui ai dit: que désormais, ce ne soit plus la quantité de travail abattu qui compte, mais la qualité. Non pas que la qualité de son travail laissait à désirer autrefois au profit de la quantité, mais simplement, puisqu'elle ne peut en faire plus, qu'elle s'attache à accomplir - en laissant tout autre "paramètre" de côté, ce qu'elle peut accomplir.

Que le travail ne devienne pas un esclavage, qu'il ne devienne pas non plus idôle : Dieu pourvoiera pour le reste. C'est le seul commentaire qui me vient à l'esprit en ce dimanche, car je suis moi-même fatigué et je vois bien que cela joue sur l'écriture.
Or, chez moi, depuis des années et des années, le travail véritable et réel que je cherche à accomplir, est caché derrière le travail apparent. Je considère depuis longtemps mon travail de libraire comme le paravent du travail que je désire réussir pour l'Amour de Dieu. Malgré tout, quelques-uns se sont rendu compte de ce "décalage" et me posent des questions: à cela je peux reconnaître si j'en suis toujours à servir Dieu et non l'argent, ce maître déloyal et sans pitié.

La rentrée chez France Telecom s'est traduite par un nouveau suicide:
Un ingénieur de France Télécom s’est pendu aujourd’hui à son domicile à Lannion dans les Côtes d’Armor. Cet homme de 48 ans était en arrêt maladie depuis un mois sur les conseils de son médecin de travail, apprend-on sur le site « 20minutes.fr ». Le nombre de suicides dans la société s’élève à 25 en deux ans. Le site de Lannion avait déjà été affecté par un suicide au mois d’août. Hier, un employé marseillais avait été sauvé in extremis grâce à un SMS qu'il avait envoyé à son manager, informant de sa volonté de mettre fin à ses jours.
Ce suicide intervient au moment où les syndicats de France Télécom ont décidé d’appeler le personnel du groupe à une journée d’action « sous toutes ses formes et notamment des assemblées générales » le 20 octobre, jour de la prochaine séance de négociation sur le stress au travail, d’après le site du « Figaro ». Un syndicat d’inspecteurs du travail avait dénoncé hier « les mesurettes » du plan anti-suicide proposé par Didier Lombard, PDG de France Télécom. J.DLR.

15/10/2009
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Re: Un Evangile bien de circonstance !

Message non lu par christiane »

Le travail est de plus en plus difficile donc de plus en plus stressant de nos jours, c'est ce que dit mon fils Jean-Yves qui fait un travail de manutention vu qu'il ne trouve pas de travail dans sa branche. Et il y tient à ce travail étant donné qu'il y en a peu d'autres. Je suis contente d'être à la maison dans ce contexte épouvantable.

Je suis tellement horrifiée par ce qui se passe à FRANCE TELECOM. De toute ma vie, je n'ai jamais rien vu d'aussi tragique dans le domaine du travail. Seigneur, je t'en supplie, accueille ces âmes désespérées tout contre ton coeur.

Christiane
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Nous sommes avertis !

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 8,16-18.
Comme la foule se rassemblait autour de Jésus, il disait en parabole : " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la cache sous un couvercle ou ne la met en dessous du lit; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière.
Car rien n'est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour.
Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car celui qui a recevra encore, et celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il paraît avoir. »

Seigneur, je T'ai entendu. Ce n'est plus le temps de tergiverser, de sauter d'un pied sur l'autre dans sa foi, de se gratter le menton, de se montre dubitatif. Ce n'est plus le temps non plus de chercher à "philosopher" l'Evangile, à en faire une sorte de registre de morale. Le Christ n'a-t-il pas dit: "Que votre Oui soit Oui, que votre Non soit Non, tout le reste vient du diable" ? Eh bien, de plus en plus, l'Adversaire se montrera et exigera de nous de manifester à qui nous appartenons : au Christ ou au monde.

J'en suis persuadé : le temps que nous vivons sera celui de l'abandon, par le plus grand nombre, de toute attitude morale et de toute droiture. Et au moment de faire face à l'Adversaire, une majorité d'entre nous s'effondrera dans la crainte de devoir supporter des moqueries, des restrictions, des jeûnes, des injustices et peut-être simplement d'être appelés chrétiens.

Les signes sont là, puisque dans l'Eglise même, je lis que deux Monseigneurs de chez nous se sont désolidarisés de la Conférence des Evêques et ont affirmé dans la presse qu'ils ne verraient pas d'un mauvais oeil des prêtres mariés. C'est une première faille. Des pseudo-fidèles réclament de plus en plus une "démocratie" dans l'Eglise - le droit de vote sur tous les thèmes, et ce serait l'aposasie finale.

Donc, j'ai résolu - et j'invite tous ceux et toutes celles qui me liront, non pas à manifester bruyamment, mais à s'engager plus encore dans la Foi, l'Espérance et la Charité. Que craignons-nous ? Si Dieu est avec nous, qui sera contre nous ? La dernière phrase de l'Evangile d'aujourd'hui nous dit plus long qu'un long discours : "Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car celui qui a recevra encore, et celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il paraît avoir. La foi se nourrit des oeuvres. En ce temps, si nous nous replions sur nous-mêmes, pour en arriver à tenir des visages sombres et adopter des attitudes de rejet envers les plus faibles, nous ne finirons par perdre ce que nous croyons avoir aujourd'hui. Et donc demeurons dans la Joie, suivons les intuitions de l'Esprit, soyons en tout temps dans la Paix. Car nous aurons plus encore que ce que nous croyons avoir !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Vanité et crainte de Dieu

Message non lu par etienne lorant »

'Vanité des vanités, disait l'Ecclésiaste. Vanité des vanités, tout est vanité !
Quel profit l'homme retire-t-il de toute la peine qu'il se donne sous le soleil ?
Une génération s'en va, une génération arrive, et la terre subsiste toujours.
Le soleil se lève, le soleil se couche ; il se hâte de retourner à sa place, et de nouveau il se lèvera.
Le vent part vers le midi, il tourne vers le nord ; il tourne et il tourne, et il recommence à tournoyer.
Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est pas remplie ; dans le sens où vont les fleuves, les fleuves continuent de couler.
Tout discours est fatigant, on ne peut jamais tout dire. L'œil n'a jamais fini de voir, ni l'oreille d'entendre.
Ce qui a existé, c'est cela qui existera ; ce qui s'est fait, c'est cela qui se fera ; il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
Y a-t-il une seule chose dont on dise : « Voilà enfin du nouveau ! » - Non, cela existait déjà dans les siècles passés.
Seulement, il ne reste pas de souvenir d'autrefois ; de même, les événements futurs ne laisseront pas de souvenir après eux.'


Le Livre de l'Ecclésiaste paraît sombre à celui qui ne l'écoute pas chanter - car c'est un texte qui chante et nous dit non pas seulement la sagesse, mais aussi la miséricorde de Dieu à l'oeuvre dans la création.

Pour moi, cet automne, je pourrais dire qu'il n'y a rien de neuf sous le soleil, mais je dois dire qu'il y a déjà six ans aujourd'hui, que le Seigneur m'a délivré de deux mauvaises habitudes qui pouvaient nuire à ma santé - la première est d'ailleurs indiquée sur tous les paquets ! Cette délivrance, la première, fut en réalité une nouvelle création : l'homme fumeur, celui que je fus, Dieu le recréa non fumeur - il fit de même avec mon "être social" qui ne pouvait se sentir accepté sans traîner ici et là et se raconter en buvant un verre de bière. Finies les sorties. Et par la suite, une année après l'autre, Il le délivra encore des pensées que le monde lui avait suggérées concernant la réussite - mais aussi des désirs et des craintes véritablement charnelles.

Il n'y eut donc plus rien sous le soleil ... mais il y eut en moi le soleil de Dieu, lumière en tous les coeurs et fournaise de charité.

Que cette année 2010 passe, elle me trouve à mon labeur quotidien. Le raisonneur est vaincu. Il est vaincu comme fut abattue la tour de Babel qui devait grimper jusqu'au Cieux, mais que la confusion du langage anéantit. Les hommes forts et sûrs sont vaincus, eux qui sont semblables à la ville de Jéricho dont Israël ne pouvait venir à bout, mais dont les murailles s'effondrèrent d'elles-mêmes. Pour cette fois, je citerai donc aussi Victor Hugo :


Sonnez, sonnez toujours, clairons de la pensée.
Quand Josué rêveur, la tête aux cieux dressée,
Suivi des siens, marchait, et, prophète irrité,
Sonnait de la trompette autour de la cité,
Au premier tour qu'il fit le roi se mit à rire;
Au second tour, riant toujours, il lui fit dire :
- Crois-tu donc renverser ma ville avec du vent ?
A la troisième fois, l'arche allait en avant,
Puis les trompettes, puis toute l'armée en marche,
Et les petits enfants venaient cracher sur l'arche,
Et, soufflant dans leur trompe, imitaient le clairon;
Au quatrième tour, bravant les fils d'Aaron,
Entre les vieux créneaux tout brunis par la rouille,
Les femmes s'asseyaient en filant leur quenouille,
Et se moquaient jetant des pierres aux Hébreux;
A la cinquième fois, sur ces murs ténébreux,
Aveugles et boiteux vinrent, et leurs huées
Raillaient le noir clairon sonnant sous les nuées;
A la sixième fois, sur sa tour de granit
Si haute qu'au sommet l'aigle faisait son nid,
Si dure que l'éclair l'eût en vain foudroyée,
Le roi revint, riant à gorge déployée,
Et cria : - Ces Hébreux sont bons musiciens!
Autour du roi joyeux, riaient tous les anciens
Qui le soir sont assis au temple, et délibèrent.
A la septième fois, les murailles tombèrent.

Si la création est l'expression de la miséricorde divine, c'est bien parce qu'elle demeure, tandis que l'homme est changeant. Si un homme désire demeurer, qu'il contemple l'oeuvre de Dieu: il y trouvera l'apaisement, la sagesse, la droiture, la vérité. Sa maison sera fondée sur le roc. Une année de sécheresse ne le trouvera pas démuni. La Joie s'allumera pour lui aux jours d'hiver. Ceux qui ne l'aimeront pas se demanderont pourquoi les événements du monde le troublent peux. Ils regarderont vers lui pour lui trouver un défaut, mais lui regarde vers Dieu et se repose en Lui.

Dans l'Evangile de ce jour, le roi Hérode est intriqué et cherche à voir le Christ, mais sa vanité l'en empêche. Comment déplacer toute sa cour afin de rencontrer ce prédicateur qui n'est jamais au même endroit ?

Vanité des vanités, dit l'Ecclésiaste, mais "Dieu agit ainsi afin qu'on le craigne" ... Question: qu'est-ce que la vraie crainte de Dieu ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Jésus en agonie jusqu'à la fin du monde

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,18-22.

Un jour, Jésus priait à l'écart.

Jésus est tout prêt de se faire reconnaître par ses disciples comme le "messie de Dieu" et de leur annoncer ses souffrances, sa mort et sa résurrection. On se souvent que, ne pouvant comprendre ce qu'est la résurrection, Pierre gardera l'esprit fermé à un moment et lorsqu'il saisira la gravité de la situtation voudra influencer son maître pour qu'Il renonce.

Or, "c'est pour cette heure que je suis venu".

Le scandale de la Croix n'a pas fini de faire verser beaucoup d'encre, même chez les chrétiens ! Pour commencer à comprendre, il faut bien se dire que les mystères de Dieu, nous n'aurons de toute manière pas assez de l'éternité pour les comprendre, et encore moins les résoudre !

Pour ma part, ce que je retiens d'emblée, c'est qu'il n'y a pas d'amour sans liberté (ce que je n'explique plus: si vous parvenez à vous faire aimer en privant l'autre de sa liberté, vous pouvez cesser la lecture ici). Il n'y a pas non plus d'amour sans souffrance: il faut apprendre à pardonner, effacer les ardoises, aimer ses enfants pour qu'ils vous quittent un jour pleinement libres - et parfois en claquant la porte pour de bon. Et je pourrais poursuivre sur cette lancée.

L'heure pour laquelle Jésus est venue, c'est d'abord l'agonie - non la mort douloureuse et infamante sur la croix. Je crois ce qui a été dit par Pascal : "« Jésus sera en agonie jusqu’à la fin du monde : il ne faut pas dormir pendant ce temps-là. »

Et donc, en ce qui me concerne, de savoir si le Christ a bien satisfait à la "Justice de Dieu" par sa mort si douloureuse sur la Croix, est moins important que de m'associer à cette "agonie perpétuelle" en acceptant le mieux possible mes propres épreuves et mes souffrances.

J'ai dit ceci, je le maintiens, mais je souhaite encore me prévenir des contradicteurs qui me diront que, non, le Christ a satisfait à toute la Justice de Dieu et donc offrir mes épreuves et mes souffrances ne sert de rien. Sur ce point, je cite saint Paul: "« Je complète en ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ pour son Corps, qui est l'Église. » (Col, I, 24). Cette "prétention" de saint Paul, je la retrouve chez saint Paul, mais aussi chez les Docteurs de l'Eglise. Mais plus évocateur est pour moi le récit que fit la Bienheureuse AC Emmercik qui décrit ainsi, au cours de l'agonie de Ghetsemani, comment les anges sont venus le soutenir. Pour commencer, le diable avait fait défiler devant Jésus les faces de tous les hérétiques et les apostats qui s'en prendraient au fil des siècles à son Eglise: morne défilé qui aboutit au cri de supplication qu'on connaît "Père, si c'est possible, que cette coupe passe loin de moi..." (parlait-il de la coupe de sa mort prochaine, ou de sa souffrance pour tous les fidèles qui le renieraient ?). Mais après cet épisode, le Seigneur ayant adhéré pleinement à la volonté de son Père, des anges lui apparurent et Lui montrèrent toute autre chose que la pseudo-inutilité de Sa souffrance:

"Je vis Jésus priant encore dans la grotte et luttant contre la répugnance de la nature humaine à souffrir. Il était épuisé de fatigue et abattu, et il disait : “ Mon père, si c'est votre volonté, éloignez de moi ce calice. Cependant, que votre volonté se fasse et non pas la mienne. ” Mais alors l'abîme s'ouvrit devant lui, et les premiers degrés des Limbes lui apparurent comme à l'extrémité d'une vole lumineuse. Il vit Adam et Eve, les patriarches. les prophètes, les justes, les parents de sa mère et Jean-Baptiste attendant son arrivée dans le monde inférieur avec un désir si violent, que cette vue fortifia et ranima son coeur plein d'amour. Sa mort devait ouvrir le ciel à ces captifs; elle devait les tirer de la prison où ils languissaient dans l'attente. Lorsque Jésus eut regardé avec une profonde émotion ces saints de l'ancien monde, les anges lui présentèrent toutes les cohortes des bienheureux à venir qui, joignant leurs combats aux mérites de sa passion, devaient s'unir par lui au Père céleste. C'était une vision inexprimablement belle et consolante. Tous rangés, suivant leur date, leur classe et leur dignité, passèrent devant la Seigneur, parés de leurs souffrances et de leurs oeuvres. Il vit le salut et la sanctification sortant à flots intarissables de la source de rédemption ouverte par sa mort. Les Apôtres, les disciples, les vierges et les saintes femmes, tous les martyrs, les confesseurs et les ermites. les papes et les évêques, des troupes nombreuses de religieux, en un mot l'armée entière des bienheureux s'offrit à sa vue. Tous portaient sur la tête des couronnes triomphales, et les fleurs de leurs couronnes différaient de forme, de couleur, de parfum et de vertu suivant la différence des souffrances, des combats et des victoires qui leur avaient valu la gloire éternelle. Toute leur vie et tous leurs actes, tous leurs mérites et toute leur force, ainsi que toute la gloire de leur triomphe, venaient uniquement de leur union aux mérites de Jésus-Christ.
L'action et l'influence réciproque que tous ces saints exerçaient les uns sur les autres, la manière dont ils puisaient à une source unique, au saint Sacrement et à la passion du Seigneur, offraient un spectacle singulièrement touchant et merveilleux. Rien ne paraissait fortuit en eux; leurs oeuvres, leur martyre, leurs victoires, leur apparence et leur vête-ment, tout cela, quoi que bien divers, se fondait dans une harmonie et une unité infinies; et cette unité dans la diversité était produite par les rayons d'un soleil unique, par la passion du Seigneur, du Verbe fait chair, en qui la vie était la lumière des hommes qui lait dans les ténèbres et que les ténèbres n'ont pas comprise.

C'était la communauté des Saints futurs qui passait devant l’âme du Sauveur, lequel se trouvait placé entre le désir des patriarches et le cortège triomphal des bienheureux à venir; ces deux troupes s’unissant et se complétant en quelque sorte l'une l'autre, entouraient le coeur aimant du Rédempteur comme d'une couronne de victoire. Cette vue inexprimablement touchante donna à l'âme de Jésus un peu de consolation et de force. Ah! il aimait tellement ses frères et ses créatures, qu'il aurait accepté avec joie toutes les souffrances auxquelles il se dévouait pour la rédemption d'une seule âme. Comme ces visions se rapportaient à l'avenir, elles planaient à une certaine hauteur."

En définitive, de savoir que mes acceptations personnelles, mais aussi la confiance que je place dans le Seigneur, et les actes de miséricorde que je puis accomplir, peuvent soulager l'agonie de mon Maître jusqu'à la victoire définitive... je L'aime d'autant plus.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Accomplir sans délai la volonté de Dieu

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,43-45.
Et tous étaient frappés d'étonnement devant la grandeur de Dieu.
« Mettez-vous bien en tête ce que je vous dis là : le Fils de l'homme va être livré aux mains des hommes. »
Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles, elles restaient voilées pour eux, si bien qu'ils n'en saisissaient pas le sens, et ils avaient peur de l'interroger sur ces paroles.

Les disciples ne sont pas prêts à entendre. Jésus leur aurait-Il parlé en termes plus... réalistes, que leurs esprits seraient demeurés inaccessibles. Ce qui est très humain: leur peur de l'interroger sur ces paroles équivaut chez nous à dire : "Je ne veux même pas en entendre parler". Evidemment, le Christ sait très bien qu'ils ont cette réaction, mais Il leur parle afin qu'ils se souviennent quand tout sera terminé. C'est un enseignement dont ils devront se souvenir pour l'évangélisation. Ils pourront dire, par exemple : "Le Seigneur savait très bien qu'Il serait livré aux mains des hommes, mais nous-mêmes, nous étions comme vous et nous ne voulions pas croire au don parfait qu'Il ferait de Lui-même.."

Dans la première lecture, j'ai retrouvé l'Ecclésiaste, j'ai aimé les images qu'il donne de la venue de la fin. Mais lui ne connaît pas l'Espérance chrétienne, tout en insistant qu'il faut louer Dieu et accomplir Sa volonté tant qu'il en est encore temps. En ces jours qui raccourcissent et me donnent une fort sentiment d'oppression le soir, je m'efforce d'accepter le mieux possible la situation qui est la mienne, avec la charge de cette maison devenue vraiment trop grande pour moi.

Reste donc cette poésie. J'admire beaucoup les images employées, qui me rappellent avec sagesse que je suis créature parmi toutes les créations de Dieu

"Souviens-toi de ton Créateur, aux jours de ta jeunesse, avant que viennent les jours mauvais, et qu'approchent les années dont tu diras : « Je ne les aime pas » ;
avant que s'obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que les nuages reviennent encore après la pluie ;
au jour où tremblent les gardiens de la maison, où se courbent les hommes vigoureux ; où les femmes, l'une après l'autre, cessent de moudre, où le jour baisse aux fenêtres ;
quand la porte est fermée sur la rue, quand s'éteint la voix de la meule, quand s'arrête le chant de l'oiseau, et quand se taisent les chansons ;
lorsqu'on redoute la montée et qu'on a des frayeurs en chemin ; lorsque l'amandier s'épanouit, que la sauterelle s'alourdit, et que le câprier laisse échapper son fruit ; lorsque l'homme s'en va vers sa maison d'éternité, et que les pleureurs sont déjà au coin de la rue ;
avant que le fil d'argent se détache, que la lampe d'or se brise, que la cruche se casse à la fontaine, que la poulie se fende sur le puits ;
et que la poussière retourne à la terre comme elle en vint, et le souffle à Dieu qui l'a donné."
Dernière modification par etienne lorant le sam. 25 sept. 2010, 15:45, modifié 1 fois.
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Re: Accomplir sans délai la volonté de Dieu

Message non lu par christiane »

Et bien Etienne ? Tout cela n'est guère réjouissant ! N'oublie jamais que Dieu nous accompagne et nous aide à porter notre croix.

Je peux affirmer que depuis la retraite d'Henri, je suis plus active que jamais et tout ira de mieux en mieux (du moins je l'espère) puisque dès ce lundi, nous irons tous les deux dans un club de sport. Ce qui est une excellente façon de retarder la vieillesse.

D'autre part, mes 56 ans sont cléments : je n'ai mal nulle part même si je dois être particulièrement vigilante pour ce qui concerne mon hypercholestérolémie.

Je te souhaite un excellent après-midi et bien amicalement,
Christiane
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Re: Accomplir sans délai la volonté de Dieu

Message non lu par etienne lorant »

J'ai dû éditer tout mon texte, car en fait il y manquait ma courte méditation de l'Evangile du jour ... probablement à cause d'une mauvaise manipulation des touches. Signe de fatigue: je me suis réveillé ce matin à 1 h et je n'ai plus pu me rendormir. Tu as raison, je "rame" en ce moment. Plusieurs causes: des "PV" que j'ai payés alors que je ne reconnais pas du tout les infractions - ais il faudrait prendre un avocat et tenir tête à toute l'administration; des factures de téléphone trafiquées; des vols à la ruse en magasin; le fauteuil électrique de ma mère à remplacer (le troisième en trois ans: les certificats de garanties ne valent plus grand chose dans l'urgence et la mauvaise foi du vendeur); la famille qui allait enfin venir voir la grand'maman ce lundi: nous avions réservé pour dix et nous ne serons que cinq après des "conflits internes"; ma mère elle-même qui souffrent toujours, etc. Tout cet hiver qui approche avec tout ce manque de lumière (ma lampe nordique n'y fait pas grand chose), etc.

Mais note que je me bats et avec beaucoup de détermination !
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