Théodore a écrit :La démonstration du dogme ? Je pourrai vous répliquer le nombre de fois où Dieu commande aux hommes de ne pas ajouter à ce qu'il a dit, mais je sais que vous me rétorquerez que votre Tradition est Parole de Dieu. Il me faudrait démontrer que tel n'est pas le cas, et ce n'est pas l'endroit.
Navré, mais votre « démonstration » n’est pas pure selon la
sola scriptura puisqu’elle nécessite une interprétation de votre part. Là est la supercherie ! Vous dénoncez la lecture selon l’esprit que fait l’Eglise de l’Écriture (par exemple sur les saints ou sur le Sainte Vierge), mais vous faites exactement la même chose dans un autre registre.
Théodore a écrit :Vous devez reconnaître que certains éléments (culte des saints, Immaculée Conception de Marie, Assomption de Marie) en sont non-scripturaires.
Hors sujet complet. En outre, je peux vous démontrer sans aucun problème que le culte des saints est fondé (voici les prémisses de la démonstration : il est scripturaire de prier les uns pour les autres – saint Paul le fait – et le Christ affirme que celui qui croit en lui ne meurt pas mais a la vie éternelle : donc les saints sont vivants et peuvent prier pour nous comme n’importe quel frère ou soeur). Quant à Marie, il y a certes eu développement, mais jamais sans contredire l’Écriture. A ce titre, la Trinité ou les deux natures du Christ sont dans le même cas, et pourtant vous ne les niez pas.
Théodore a écrit :Or, certains parmi les premiers docteurs de l'Église (Irénée de Lyon notamment), affirmant l'existence d'une Tradition Apostolique, affirmaient également avec force, il me semble, qu'il n'y avait pas la moindre petite doctrine qui en fasse partie qui ne puisse être retrouvée et prouvée à l'aide des Saintes Écritures. Ce qui n'est pas le cas de certains éléments de la Tradition catholique actuelle.
Mais Théodore, si vous connaissiez mieux la doctrine catholique, vous sauriez que tout ce qu’enseigne l’Église s’appuie sur l’Écriture. C’est un préjugé protestant de croire que l’Église crée des dogmes ex nihilo. Les dogmes de la Vierge Marie, par exemple, s’appuient sur la dignité qu’il y a à porter le Fils de Dieu, sur les images de l’Apocalypse concernant Marie, sur le fait que l’Écriture dit formellement que toutes les générations la diront bienheureuse, etc. Et aussi sur le développement de la foi, qui est conforme à la promesse du Seigneur selon laquelle l’Esprit nous conduirait à la vérité tout entière.
Je vous assure Théodore que JAMAIS vous ne trouverez de dogme catholique qui ne s’appuie pas sur l’Écriture. Je vous mets au défi de m’en trouver un seul.
Théodore a écrit :Et 2 Timothée, III, 15-17 ne m'a pas l'air anodin, mais je sais que vous en avez une autre interprétation.
C’est surtout que cet exemple est absolument non pertinent. Car je n’ai pas dit que les Saintes Écritures n’étaient pas essentielles. J’ai dit que la
sola scriptura était un dogme absurde car incapable de satisfaire à ses propres exigences. Croire en ce dogme, c’est donc croire à la légère. Jamais l’Église ne vous demandera, elle, de croire en des choses contradictoires.
Maintenant, vous devriez aller voir du côté de 1Timothée 3, 15. Et passage, arrêtez-vous à 1Timothée 3, 1 qui parle de l’épiscopat…
Théodore a écrit :Quant à l'élection de Matthias, elle est un cas à part.
C’est un peu facile ! Vous vouliez une preuve scripturaire que la transmission de la charge apostolique était possible, je vous l’ai donnée !
L’Écriture est donc formelle : les apôtres avaient le pouvoir de désigner d’autres apôtres. Niez-vous cela ?
Théodore a écrit :Vous remarquerez que Paul prêche et fonde des Églises bien avant être monté à Jérusalem.
Ça me semble inexact : voyez les Actes chapitre 9, saint Paul, après sa conversion, se rendit à Damas puis tout de suite après à Jérusalem où il rencontra les apôtres.
Cette interprétation est une falsification de l’Écriture. Il suffit de lire le passage en question, sans préjugé, pour se rendre compte que le Christ parle bien de saint Pierre et de lui seul :
Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. Pourquoi donc le Seigneur se donnerait-il la peine de renommer Simon et de faire ce jeu de mots avec « pierre » si c’était pour se désigner lui-même ? Dans cette éventualité, c’est lui-même qu’il aurait dû appeler Pierre, et non pas Simon. En l’appelant Pierre, le Seigneur a clairement manifesté qu’il faisait de lui la pierre de son Église comme son nouveau nom l’indique désormais. C’est sans aucune ambiguïté.
Théodore a écrit :J'ajouterai que l'interprétation dite du "trône de Pierre" n'est pas partagée par tous les Pères de l'Église.
C’est-à-dire ? Vous avez des sources ?
Théodore a écrit :Et que Pierre lui-même dit que la pierre de fondation de l'Église, c'est Christ

Et la lettre aux Ephésiens parle bien des apôtres comme les fondations de l’Église (Eph 2, 19-20). Et mentionnons aussi l’Apocalypse (Ap 21, 14). Alors, contradiction ? Non car le Christ et les Apôtres ne sont pas fondations au même niveau. JAMAIS l’Écriture ne dit que le seul fondement de l’Église est le Christ. D’ailleurs, le passage auquel vous faites référence (1Pe 2:4-8 je présume), ne contredit pas le rôle des apôtres.
Car justement, l’Écriture prend bien soin de distinguer le rocher qu’est le Christ, et qui est le fondement même de toute vie chrétienne, avec les fondements de l’Église que sont les Apôtres, c’est-à-dire ceux à qui le Christ a transmis son autorité pour bâtir l’Église puisque du vivant du Christ, l’Église n’existait pas, en plutôt qu’en l’état embryonnaire.
Prenons un exemple concret : pour bâtir une maison, vous devez souvent creuser pour atteindre la roche sur laquelle vous allez poser les fondations. La roche, c’est le Christ. Mais les fondations, ce sont les Apôtres, et particulièrement saint Pierre selon les paroles même du Christ (tant qu’on ne les falsifie pas).
Théodore a écrit :La Réforme se revendique de l'autorité de la Parole. C'est vaste, mais solide

C’est surtout faux. Car de fait, vous vous revendiquez d’une interprétation protestante de l’Écriture. Vous vous inscrivez dans une tradition protestante. C’est un mensonge de dire que les protestants se revendiquent davantage de l’autorité de la parole. Or justement, cette tradition vient d’hommes dont on peut douter de l’inspiration et de la mission divine.
Je vous rappelle quand même que vous refusez des interprétations qui sont attestées dès les débuts de l’Église, donc dès les temps apostoliques, et qui ont été éprouvées et confirmées par l’Église. Et cela sur la foi en quelques réformateurs dont rien ne vous assure qu’ils n’ont pas tout compris de travers, comme vous comprenez peut-être tout de travers. Il s’agit bien d’autorité Théodore : vous préférez reconnaître l'autorité d’un Luther ou d’un Calvin qui jamais ne reçurent de mission de la part du Seigneur, à celle des successeurs légitimes des apôtres.
Théodore a écrit :La promesse de Dieu concernant l'Eucharistie ("prenez, manger, ceci est mon corps, faites ceci") a été faite à tous les croyants, pasteurs compris. Ou alors, les prêtres sont les seuls à recevoir et consommer le Corps et le Sang ?

C’est encore faux, et non scripturaire. Certes, l’Eucharistie est pour tous (car l’alliance du Christ est pour tous), mais seuls les Apôtres ont reçu la mission de célébrer ce Mystère. Pourquoi sinon le Christ n’aurait-il pris que les douze avec lui pour un moment si important ?
Vous me direz bien sûr qu’il s’agit d’interprétation. Oui, c’est vrai. Mais l’interprétation a la légitimité de 2000 ans de tradition. Les premiers chrétiens pensaient comme nous, pas comme vous.
Théodore a écrit :Le premier péquin, comme vous dites, est enfant de Dieu et héritier de la Promesse. La Promesse s'applique donc à lui, car Dieu est fidèle. Ainsi, s'il célèbre l'Eucharistie, l'Esprit descend, car
c'est la promesse de Dieu. Et, croyez-moi, un type qui a la foi, et donc la crainte de Dieu, ne "jouera" pas à l'Eucharistie

Toujours faux. Il n’y a pas de promesse que Dieu descende à chaque fois que le premier baptisé venu célèbrera l’Eucharistie. Et je me permets de vous faire remarquer que ce vous dites ne se trouve en AUCUN endroit de l’Écriture. Il faudra un jour qu’on m’explique de quel droit les protestants exigent des citations scripturaires sans équivoque à certains moments, et se permettent de les ignorer ou de ne pas les exiger pour leurs propres croyances quand ça les arrange.
Théodore a écrit :C'est drôle que vous me dites "Dieu lui obéit" ; c'est exactement le reproche que je fais au catholicisme. On attache l'action de Dieu et l'action humaine, si bien que l'action humaine est celle de Dieu, et que Dieu "obéit" au prêtre, de mon point de vue. Ça me fait rire de penser au nombre d'absolutions prononcées alors que le fidèle n'était pas sincèrement repentant, et considérées comme valides, puisque personne ne s'en est rendu compte

Vous devriez cesser de rire car vous affichez seulement votre ignorance de ce que sont les sacrements (et je ne savais pas que l’ignorance prêtait à rire). Car si vous connaissiez un peu mieux la doctrine catholique, vous sauriez que le sacrement de la réconciliation n’est effectif que si la contrition est réelle. Bien sûr, un prêtre peut être trompé par un fidèle, mais pas Dieu. Tout comme le sacrement du mariage peut être déclaré invalide…
Bref, j’ai l’impression que vous avez la tête farcie de bêtises sur l’Église, et ceci en est encore la preuve. Allez-vous enfin le reconnaître ? Je fais là appel à votre raison : bien des choses que vous croyez savoir sur l’Église sont fausses. Je viens de vous le montrer pour les sacrements, à vous d’être prudent pour le reste et de ne pas ricaner trop vite.
Ensuite, oui, d’une certaine manière, Dieu se livre entre nos mains à chaque Eucharistie. Tout comme il s’est livré au Sanhédrin et s’est remis entre les mains des Romains. Maintenant, je ne vois pas la cohérence de ce reproche alors que dans le luthérianisme, vous croyez aussi que la présence du Christ « descend » à chaque célébration.
Et je vous rappelle que Jésus lui-même, lorsqu’il parle à saint Pierre, lui dit :
Et je te donnerai les clefs du royaume des cieux: tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. " (Matthieu 16, 19)
Alors ? Allez-vous reprocher au Christ qu’il est choquant que saint Pierre puisse ainsi commander à Dieu ?
Théodore a écrit :Je ne vois pas ce que Clément de Rome dit qui justifie de façon indiscutable la succession apostolique. Qui osera dire que l'on avait plus besoin de pasteurs ? Où parle-t-on dans ce texte, spécifiquement, du charisme d'infaillibilité ?

(je lirai l'épître dès que possible

)
Dites donc, vous rigolez ou quoi ? Relisez un peu :
« A travers les campagnes et les villes, ils (Pierre et Paul) proclamaient la parole, et c’est ainsi qu’ils prirent leurs prémices; et après avoir éprouvé quel était leur esprit, ils les établirent évêques et diacres des futurs croyants. Et ce n’était pas là chose nouvelle : depuis de longs siècles déjà l’Écriture parlait des évêques et des diacres; elle dit en effet : "J’établirai leurs évêques dans la justice, et les diacres dans la foi" (Is 60,17) » (Epître de Clément de Rome aux Corinthiens, XLII, 4-5).
« Nos Apôtres aussi ont su qu’il y aurait des contestations au sujet de la dignité de l’épiscopat; c’est pourquoi, sachant très bien ce qui allait advenir, ils instituèrent les ministres que nous avons dit et posèrent ensuite la règle qu’à leur mort d’autres hommes éprouvés succéderaient à leurs fonctions. » (Epître de Clément de Rome aux Corinthiens, XLIV, 1-2).
De quelles fonctions croyez-vous qu’il s’agit ?
Théodore a écrit :Concernant l'élection de Matthias, et Pierre, voir plus haut. Le "à eux seuls" est un abus

A qui d’autre alors ? A qui le Seigneur a-t-il fait les mêmes promesses qu’à Pierre et aux Apôtres ? Je vous en prie, citez-moi l’Écriture à ce sujet.
Théodore a écrit :Contrairement à vous, nous ne considérons
aucun réformateur comme "apôtre". Nul d'entre nous n'est réputé être infaillible (je ne parle bien sûr pas des TJ et autres sectes hérétiques foulant au pied la Parole), ce qui limite sévèrement la casse en matière "d'hérétiques qui imposent leurs idées"

Et comme nul n’est infaillible, nul ne peut dire où est la vérité de façon certaine. C’est exactement le reproche que je fais au protestantisme et qui a conduit à une telle profusion de sectes et courant divergents. Personne n’a l’autorité des Apôtres pour dire où est la vraie foi, pour guider le troupeau, pour enseigner. Du coup, vous êtes à la merci de premier faux prophète venu.