Raistlin a écrit :Un gentil athée a écrit :Je ne vois pas comment. Comment ce qui est bon pour la majorité serait-il nécessairement bon pour une personne en particulier ? Si c'était le cas, alors parler de majorité serait un euphémisme : c'est d'unanimité qu'il faudrait parler.
Je me demande si vous savez ce que vous dites. Depuis le début, nous parlons de savoir ce qui est moral et ce qui ne l’est pas. A moins de dire qu’il est impossible de savoir exactement ce qui est moral (relativisme), et de tomber dans l’indétermination, il faut bien définir une règle. Vous, vous affirmez que « ce qui est bon pour soi est moral ». Soit, tirons donc les conclusions de cette proposition.
Le problème est que j'ai aussi dit que ce qui est réellement bon pour soi ne peut exclure la considération de ce qui est bon pour les autres. Autrement dit, le vrai bien pour soi, le vrai bonheur pour soi, implique nécessairement le vrai bien et le vrai bonheur pour les autres. Autrement dit encore, si les autres n'atteignent pas ce qui est réellement le meilleur pour eux, nous-mêmes ne parviendrons pas à ce qui est réellement le meilleur pour nous.
Ensuite, donc, il n'y a pas que le Bien dans la vie, il y a aussi le Juste. Et le Juste, à mon sens, prime sur le Bien. Voilà encore une raison de ne pas réaliser son bien au détriment d'autrui.
Un gentil athée a écrit :Il y a juste un tout petit problème : où ai-je dit que j'étais utilitariste ?

J'ai dit :
prenons l'exemple de l'utilitarisme.
Et si vous l’avez cité, c’est seulement pour faire joli ? Non, c’est parce que ça illustre bien votre pensée qui se veut « scientifique » (la preuve étant que vous vous servez de l’utilitarisme pour expliquer votre approche expérimentale, approche que vous ne reniez pas ensuite).
Je l'ai cité car c'est une théorie morale très connue qui partage avec la mienne une approche scientifique pour déterminer le bien personnel. Mais il y a deux nuances importantes : l'idée de maximiser le bonheur pour le maximum de monde m'est étrangère. Une telle approche pourrait justifier de sacrifier une personne pour maximiser le bonheur d'un maximum de monde. Par ailleurs, je ne suis pas hédoniste. La valeur à viser n'est pas le plaisir mais la "liberté intérieure" pourrait-on dire (c'est-à-dire : la force de volonté, la connaissance, les compétences, etc. ; je ne fais que redire la même chose mais en variant les expressions de manière à ce qu'une vous paraisse peut-être plus éclairante).
Un gentil athée a écrit :Le cas de la justice est assez facile à régler je pense : chacun doit pouvoir être libre de faire tout ce qui n'empêche pas autrui d'en faire autant. Celui qui n'est pas d'accord commet une contradiction performative, puisqu'alors il ne pourra pas raisonnablement s'opposer à ce que quelqu'un contraigne sa liberté, sans du même coup nier ses propres principes.
Cette conception de la justice permet effectivement de régler les relations sociales. Elle a juste un tout petit problème : elle ne se pose plus la question de savoir ce qui est bien ou mal. Un simple exemple : si l’enfant est consentant, vous pourrez avoir des relations sexuelles avec lui. Et attention à ne surtout pas dire que l’enfant ne peut décider lui-même : vous commettriez alors une « contradiction performative ».
Ainsi, dans cette conception de la justice, vous ne visez plus le Bien mais la maximisation des intérêts personnels, fussent-ils les plus pervers (tant que personne n’est lésé, on peut tout se permettre !). Outre le fait que c’est profondément dégradant, ça ne donne qu’un seul résultat (qu’on constate de nos jours) : l’individualisme.
Le but du Juste, à mon sens, est précisément de régler les relations sociales. Il n'a pas à se préoccuper du Bien. Le Bien est important, mais il n'est pas au même niveau. Pour répondre à votre exemple de la pédophilie : le consentement suppose plusieurs choses :
- la liberté d'action (au sens de l'absence de contrainte) ;
- la conscience des conséquences (lesquelles conséquences peuvent d'ailleurs, dans un certain nombre de cas, être une diminution de la liberté d'action).
Un enfant qui accepte des relations sexuelles qu'un adulte lui propose sans violence ni menace a sans doute sa liberté d'action, mais il n'a pas une pleine conscience des conséquences. Vous auriez pu prendre l'exemple d'un suicidaire. Bien entendu que si je vois quelqu'un prêt à se jeter dans le vide, je vais l'en empêcher. Et se faisant, je ne pense pas commettre d'injustice, au contraire.
Appeler bien ce qui est mal, et justice ce qui est iniquité, voilà une tactique du démon… L’approche chrétienne est à l’exact opposé de la vôtre : nous croyons et défendons l’idée de l’Homme fait pour le Bien et qui ne trouve son bonheur qu’en lui. Nous croyons que ce n’est pas la satisfaction de plaisirs immédiats et autres intérêts personnels qui rend heureux, mais bien la réalisation de ce pour quoi nous sommes faits : la conformité d’une vie au Bien, et la communion dans l’Amour.
Mais je ne défends pas autre chose, si ce n'est que je ne crois pas en des actes intrinsèquement mauvais (sauf ceux qui violent le droit des personnes) ; et que je pense que le Bien consiste dans le développement et l'expression de notre potentiel (je ne vois vraiment pas comment vous pouvez équivaloir cela avec la satisfaction de plaisirs immédiats : vous lisez ce que j'écris ?).
Encore une fois, votre approche est triste car elle ne cherche pas à révéler ce qu’il y a de plus beau en l’Homme. Elle le rabaisse à ce qu’il y a de plus laid en lui.
Bien au contraire ! Ce n'est pas beau l'Amour ? L'art ? La connaissance du vrai ? La créativité ? L'intelligence ? etc. Désolé de vous poser des questions qui ont l'air idiotes, mais en disant que mon approche rabaisse l'homme à ce qu'il y a de plus laid en lui, vous dites donc que ces choses sont laides... Maintenant, je veux bien croire que vous avez compris de travers mes propos, mais c'est lassant de toujours devoir refaire des mises au point. Je ne crois pourtant pas m'exprimer en hébreu...
Un gentil athée a écrit :Mais pour une définition donnée du bonheur et du bien, une approche empirique est possible.
Bien sûr. C’est certain qu’en donnant la définition que vous voulez au bonheur, vous pouvez le mettre dans une jolie petite case. C’est plus facile en procédant ainsi.
Le hic, c’est que ce genre d’approche ne marche pas car vous réduirez inévitablement le bonheur aux plaisirs : en voulant disséquer le bonheur, vous arriverez au même résultat que si vous disséquiez un être humain pour dire ce qu’il est. Le tout n’est pas la somme des parties, et c’est ce qui vous échappe. Votre « méthodologie » est donc biaisée dès le départ.
Je ne suis pas d'accord. L'expérience permet de montrer que l'homme est fait pour vivre en société, puisque s'il vit seul, il est moins épanouit, vit moins longtemps, développe/exprime moins son potentiel, etc. L'expérience permet de montrer que la quête de la vérité est importante car la connaissance de la vérité épanouit davantage, permet des développements technologiques (vérité scientifique) et humains (vérité éthique) qui assurent une meilleure qualité de vie, permet à l'homme d'exprimer et de développer davantage son potentiel, etc.
Un gentil athée a écrit :Sont sujets de droits les êtres qui, en acte ou en puissance, ont la capacité d'opérer des jugements moraux et d'appliquer la règle d'or.
Et qui guidera ces jugements moraux ? Qui leur dira quels jugements moraux sont justes et bons ? Vous citez la règle d’or mais qui vous dit qu’elle est acceptée par tous ? Votre théorie s’effondre alors si elle ne fait pas l’unanimité or il semble bien que si la règle d’or est une évidence pour vous, elle ne l’est pas pour beaucoup. Sur quels critères moraux objectifs l’imposeriez-vous alors que vous essayez vainement de définir ce qui est moral et ce qui ne l’est pas ?
Je l'ai déjà expliqué avec mes histoires de contradiction performative.
Mikaël, vous croyez pouvoir vous passer de Dieu pour fonder votre morale. Je constate simplement qu’en procédant ainsi, vous arrivez à une morale et une justice qui ignorent le Bien, et qui rabaissent l’Homme au lieu de l’élever.
Faux. Comme je l'ai expliqué, cette morale élève l'homme jusqu'aux plus grandes hauteurs spirituelles. A moins que pour vous, viser pour chacun la libération du voile de l'ignorance, une volonté ferme et courageuse, et l'acquisition d'aptitudes physiques et mentales, ça soit du caca...
Je comprends bien que ce genre de propos ne saurait vous toucher, mais pourtant c’est le constat que je fais : la morale chrétienne est infiniment plus belle, et plus digne, que la vôtre. Sans commune mesure. Est-ce un critère pour discerner laquelle de votre morale ou de la nôtre est véridique ? Peut-être bien…
Heureusement que je ne vous demande pas de me justifier la morale chrétienne. Je ne crois pas, sincèrement, que vous vous en sortiriez mieux que moi. Bien au contraire.
Bref, s’il vous reste un tant soit peu de bon sens, cessez de vous enfermer dans des raisonnements stériles et d’échafauder des théories alambiquées pour échapper à la vérité… et ouvrez-vous à la grâce.
C'est une vertu chrétienne la condescendance ?...
Dieu veut votre bonheur et votre pleine réalisation. Il est dommage que vous lui fermiez la porte au nez pour lui préférer une philosophie aussi creuse que déshumanisante. Une philosophie qui n’est même pas belle.
Je ne ferme pas la porte à Dieu. C'est Lui qui tarde à venir... Vous n'êtes pas le premier à prier pour moi, et probablement pas le dernier. Dieu ne me convaincra certainement pas si il ne met pas en mon esprit des arguments solides. Je ne fonctionne pas à l'affectif.
Voilà, j’ai dit ce que j’avais à dire, je ne poursuivrai pas ce débat stérile plus longtemps. Il est un moment où il faut savoir se taire pour laisser Dieu agir. Je le prie de vous éclairer et de vous donner ce bonheur que vous cherchez sans savoir ce qu’il est.
Merci, je vais très bien. Ce n'est pas parce que vous ne comprenez pas grand-chose à mes propos et qu'ils ne vous convainquent pas (ou plutôt que vous ne voulez pas vous laissez convaincre, préférant vous enfermer dans des croyances stériles et alambiquées pour échapper à la vérité... vous voyez, c'est facile d'être condescendant

) que ce n'est pas très clair dans ma tête et très bien fondé à mon sens.
Cordialement,
Mikaël