Bonjour Monsieur Dumouch,
Arnaud Dumouch a écrit :
Jamais le CEC n'utilise cette définition de l'homme comme animal rationnel.
La définition du CEC est en tout point équivalente à la définition classique et aristotélicienne de l’homme, car le genre prochain de l’homme est le genre animal et sa différence spécifique est la rationalité.
De plus le genre animal suppose une corporéité charnelle, et la rationalité un principe spirituel (voir la démonstration de Saint Thomas d’Aquin sur l’autonomie de l’intellect et plus récemment la démonstration du logicien Gödel sur l’impossibilité de réduire l’esprit au cerveau).
Il ya donc équivalence parfaite entre « animal rationnel » et « corps et âme, mais un ».
L’imposture consiste justement à dévoyer le sens des mots et à dire par exemple : « le corps dont il est question ici est un corps de lumière, et l’âme une substance spirituelle ».
Ce qui revient bien sûr à tordre le sens du texte, alors qu’un texte du CEC se veut le plus univoque possible , puisqu’il est destiné à l’enseignement.
D’ailleurs il est à noter que jouer ainsi sur les mots du CEC n’est possible que si l’on ignore ou feint volontairement d’ignorer le contexte dans lequel il a été élaboré, en l’occurrence ici un contexte historique, philosophique et théologique, qui a vu s’affronter les tenants néoplatoniciens de l’âme-substance incorruptible avec les tenants aristotéliciens de l’âme-forme corruptible et d’où a finalement émergé l’anthropologie chrétienne de l’âme-forme incorruptible : forme subsistante et non substance, forme d’un corps de chair et non d’un corps éthéré (à la manière des docètes)
Arnaud Dumouch a écrit :
C'est la première fois que je vois cette expression en théologie, pour replacer celle de saint Thomas : L'homme, est une personne, une substance individuelle de la nature spirituelle.
D’une, Saint Thomas d’Aquin n’a jamais posé une telle définition, de deux la définition « substance spirituelle » est la définition de l’Ange et non de l’homme, a fortiori Saint Thomas n’aurait jamais commis une telle bourde.
Voilà ce que dit Saint Thomas
« (…)
le raisonnable ajouté à l’animal donne à l’animal d’exister en acte(..)
(…)de même en effet que
l’animal qui est un homme diffère spécifiquement des autres animaux par le fait qu’il est raisonnable(…)
(…)Montrons la fausseté de cette position : 1.
Animal et homme sont des réalités sensibles et naturelles. Fait invraisemblable si le corps et ses parties n’entraient pas dans l’essence de l’homme et de l’animal ; mais si toute l’essence de l’un et de l’autre se réduisait à l’âme, comme le prétend l’opinion susdite : car l’âme n’est point une réalité sensible ni matérielle.
Impossible que l’homme ou l’animal soit une âme se servant d’un corps, et non un composé formé d’une âme et d’un corps! »
(« Somme Contre les Gentils »)
Repris d’ailleurs par ses commentateurs comme le Père Garrigou-Lagrange :
« Le « Docteur commun » de l’Eglise remonte ici aux premiers principes de la vie sociale et politique. Il rappelle d’abord la raison profonde pour laquelle l’homme est un être sociable. C’est une de ses propriétés, qui se
déduit de sa définition : animal raisonnable. »
(« Préface de l’opuscule de St Thomas d’Aquin»)
Quant au fait que chez Saint Thomas l’exister humain est l’exister du composé et non d’un seul composant, et que par conséquent l’humain n’est plus après la mort, ce qui est en conformité avec le CEC qui parle d’une seule nature constituée par l’union de deux termes, voilà ce que dit le chanoine Lallement dans son « Commentaire du De Ente et Essentia » :
« Que l’esse soit bien l’esse du composé comme tel, nous le trouvons encore dans le cas de l’homme :
l’homme n’existe que lorsque l’âme informe le corps ; l’esse de l’homme, c’est l’esse du composé. Il ne suffit pas que l’âme existe pour dire que l’homme existe ; dès que l’information cesse, l’homme n’existe plus. Esse ne dit pas du tout la même chose des êtres de la nature changeante et des purs esprits, de l’homme et de l’ange. L’esse de l’homme n’est pas l’esse de l’âme seule : l’exister de l’âme et un exister stable, qui une fois qu’il a été posé ne cessera plus ; l’exister de l’homme est un exister d’une autre sorte, c’est l’exister du composé lui-même, et
quand l’âme n’informe plus le corps, l’homme n’existe plus. »
Arnaud Dumouch a écrit :
Le CEC dit par contre que le corps est partie intégrante de notre être, et que, privé de son corps, l'homme vivant après la mort est incomplet.
Il dit beaucoup plus que cela, il dit que la nature humaine n’existe que dans le composé (« Un de corps et d’âme », « corps et âmes, mais un », « mais leur union forme une unique nature »)
Il ne s’agit donc pas simplement du rapport de la partie au tout, qui n’est pas nécessairement un rapport essentiel, mais au contraire il s’agit justement ici d’un rapport essentiel puisqu’il est question de la nature humaine.
Si tel n’avait pas été le cas, le CEC n’aurait jamais parlé d’une unique nature. Par exemple on ne dit pas que « l’homme et son bras forment une unique nature, ce qui serait ridicule, puisqu’un manchot est encore un homme. Pourtant c’est ce que vous essayez de faire croire, en niant que le corps fasse partie de l’essence humaine.
Parler « d’ importance » ou « d’incomplétude », comme vous le faites pour tenter de rattraper le coup, c’est parler en termes vagues puisque vous ne spécifiez pas cette importance ou cette incomplétude. Alors que dire que le corps est essentiel à la nature humaine, c’est beaucoup plus précis et cela implique que la nature humaine ne peut subsister après la séparation d’avec le corps, puisque c’est l’un des constituants essentiels.
Arnaud Dumouch a écrit :
Mais il ne va pas jusqu'à dire que l'âme disparaît lors de la mort du corps.
La corruptibilité de l’âme est rejetée par Saint Thomas et les thomistes, mais cela ne veut surtout pas dire qu’ils identifient l’exister de l’âme séparée à l’exister de l’homme, c’est même exactement le contraire qu’ils démontrent !
L’exister de l’âme séparée commence là où l’exister de l’homme cesse. L’exister du composé est l’exister humain, l’exister de l’âme séparée n’est plus un exister humain.
Arnaud Dumouch a écrit :
Votre expression est trop forte. Pour être thomiste dites :
l’âme subsiste certes, mais l’âme seule n’est pas l’homme complet.
Beaucoup trop imprécis pour être thomiste, car comme je l’ai déjà dit vous ne spécifiez pas en quoi consiste l’incomplétude, et si vous le faites, c'est-à-dire que vous reconnaissez qu’il s’agit d’une incomplétude essentielle, destructrice de l’essence, la bonne formule est alors ceci :
« L ’âme subsiste certes, mais l’âme seule n’est pas l’homme »
Et là vous êtes en parfaite conformité avec le CEC et toutes les générations de théologiens thomistes.
Arnaud Dumouch a écrit :
Elle subsiste dans sa cause qui est l'âme. Et l'âme aspire au retour de son corps.
Elle subsiste virtuellement, mais elle ne subsiste pas réellement, puisque pour subsister réellement il faudrait que l’âme actue un corps.
« Les êtres dans la nature ne sont, n’existent, que lorsque la forme actue la matière. Puisqu’ils ne sont que par cette composition, l’essence, selon laquelle la chose reçoit l’être, c’est bien la composition elle-même, le composé lui-même. »
(« Commentaire du de ente et essentia », Chanoine Lallement)
Arnaud Dumouch a écrit :
Le corps par contre, étant séparé de son principe (l'âme) est un cadavre et n'est plus un corps humain.
C’est vrai, mais il serait bon d’ajouter que si l’âme peut-être dite humaine, ce n’est pas en raison de son essence, mais parce qu’elle est toujours en puissance d’actuer un corps, ce qui ne manquera pas d’arriver à la résurrection, où l’homme sera recréé.
Arnaud Dumouch a écrit :
L’homme continue d’exister après la séparation d’avec le corps par son principe (l'âme) mais il est un homme incomplet, amputé (par l'absence d'une partie de son être).
Formulation très maladroite, car l’amputation ne se dit que par rapport à un membre du corps, et non par rapport à l’essence de l’homme. « Amputer » l’essence humaine de l’un de ses constituants essentiels, à savoir le corps, cela revient à la détruire car justement le corps est un constituant essentiel, et non un organe, un instrument ou un membre.
Si tel n’était pas le cas, il existerait des « donneurs de corps » comme il existe des donneurs d’organe, par où l’on voit toute la maladresse à exclure le corps de l’essence humaine.
Arnaud Dumouch a écrit :
La substance est la cause de l'être. L'accident est ce qui existe par la substance.
C'est l'expression "substance" et "accident" et non "essence" et "accident" qui est utilisée par Aristote en métaphysique
La substance est la cause de l'être. L'accident est ce qui existe par la substance.
Lisez la « Métaphysique » : «
l’essence est de toutes les choses dont il y a définition » (Aristote)
« (…)Qu’est-ce qui fait
l’unité de l’essence exprimée par la définition,
unité sans laquelle elle ne peut être une substance(…) ?
(…)l’essence n’est pas composée d’éléments comme la syllabe l’est de lettres ;
elle est simple et indivisible (l’analyse de la définition n’étant pas, on l’a vu, une véritable décomposition).(…) » (Bréhier sur Aristote)
La substance est donc substance par son essence : l’essence joue analogiquement le même rôle par rapport à la substance que la forme par rapport à l’être en acte, raison pour laquelle on la nomme parfois la forma totius (forme du tout) et on la distingue de la forma partis (forme de la partie). Chez l’homme l’essence, la forma totius est l’humanité, la forme, la forma partis, est l’âme.
Et si vous n’avez plus l’essence, vous n’avez plus non plus la substance, de même qu’un être perdant sa forme perd du même coup son acte d’être.
Ensuite vous faites gravement erreur en affirmant que l’essence et les accidents ne ressortent pas de la même problématique :
« (…)La métaphysique d’Aristote tient en effet la place laissée vacante par suite du rejet de la dialectique platonicienne. Elle est « la science de l’être en tant qu’être, ou des principes et causes de l’être et de ses
attributs essentiels(…)
(…)Assurément le mot est a d’autres sens que celui qu’il prend dans la définition ;
il peut servir à désigner l’attribut essentiel ou le propre (l’homme est riant), ou encore l’accident (l’homme est blanc), l’accident pouvant d’ailleurs être pris dans une des neuf catégories
». (Bréhier sur Aristote)
En fait l’enjeu principal de la métaphysique est justement de déterminer les attributs essentiels de l’être par opposition à ses attributs accidentels et à ses accidents propres.
Or que vous fassiez du corps un accident ou un propre de l’homme, vous êtes toujours dans une attitude de négation de la métaphysique traditionnelle et catholique, pour laquelle le corps de l’homme est un attribut essentiel.
Ensuite, ce n’est pas « la substance » qui est cause de l’être, cela ne veut pas dire grand-chose, mais l’être est causé par 4 types de causes : la cause efficiente, la cause matérielle, la cause formelle et la cause finale. Et comme nous l’avons dit plus haut, essences et formes individuelles relèvent du type des cause formelles.
Si maintenant vous voulez opposer la substance et l’accident, cela ne se fait pas dans l’ordre de la causalité, mais dans l’ordre ontologique : la substance a une existence « per se » (par soi) alors que l’être accidentel a une existence « per aliud » (par un autre).
En fait vous avez confondu « l’être accidentel » et « être par accident », le premier relève de l’ontologie, et le second de la prédication.
Or le cas qui nous intéresse relève de la prédication : Doit-on attribuer à l’homme un corps, essentiellement, accidentellement ou proprement ?
Et vous en niant l’attribution essentielle vous vous situez en marge de la métaphysique traditionnelle et catholique.
Arnaud Dumouch a écrit :
L'essence est un terme davantage lié à la définition de la nature complète.
Encore une notion vaseuse : il n’y a pas une nature complète et une nature incomplète, il y a une « nature unique » (CEC).
Et cette nature unique ressort de l’essence.
C’est la forma totius qui indique la nature, et non la forma partis, sauf dans le cas de l’Ange où la forma partis coïncide avec la forma totius (puisque chez l’Ange essence et forme son identiques).
Arnaud Dumouch a écrit :
Je pense que vous forcez dans un sens qui est vôtre le texte du CEC cité plus haut arrivant à lui faire dire qu'Abraham actuellement, n'est plus un homme, alors qu'il faut dire qu'il est un homme par son âme vivante, bien qu'incomplet par la privation de son corps. Autrement dit, il n'est pas un ange ! Il est un homme incomplet, en attente du retour Autrement dit, il n'est pas un ange ! Il est un homme incomplet, en attente du retour de sa chair.
Au vu des arguments et précisions apportés plus haut il faut dire : Abraham l’homme, n’est plus, mais son âme continue de vivre et après la résurrection, Abraham l’homme, sera de nouveau.
Le corps étant un attribut essentiel de la substance humaine, sa privation implique la perte de l’essence et donc la destruction de cette même substance humaine
Arnaud Dumouch a écrit :
D’où cette parole de Jésus
Matthieu 22, 31 N'avez-vous pas lu l'oracle dans lequel Dieu vous dit : Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob? Ce n'est pas de morts mais de vivants qu'il est le Dieu!" Et les foules, qui avaient entendu, étaient frappées de son enseignement.
Oui et alors ? l’âme d’Abraham continue de vivre en Dieu, mais tant qu’il n’est pas ressuscité, Abraham n’a toujours pas recouvré sa nature humaine faite d’une âme et d’un corps.
«10. C’est pourquoi le Seigneur fut irrité contre Oza, et le frappa, parce qu’il avait touché l’arche : et il mourut là devant le Seigneur.
11. Et David fut contristé de ce que le
Seigneur avait divisé Oza ; et il appela ce lieu : Division d’Oza, comme il a été appelé jusqu’au présent jour. (*)
(*) Dans l’Ecriture,
diviser quelqu’un veut dire souvent séparer son corps de son âme, lui ôter la vie.
» (I Paralipomènes)
La division de l’âme et du corps met donc fin à l’existence humaine.
Quant à savoir si notre attribut corporel essentiel est un corps subtil ou un corps de chair :
La Fides Damasi, élaborée à la fin du Vème siècle dans le sud de la Gaule dit ceci :
« Nous croyons que nous, qui nous sommes purifiés dans sa mort et dans son sang,
au dernier jour nous serons éveillés dans la chair en laquelle nous vivons présentement»
Concile de Tolède en 675 : « Nous croyons que c’est à l’exemple de notre chef qu’aura lieu la vraie résurrection de la chair de tous les morts.
Selon notre foi, nous ne ressusciterons pas dans une chair éthérée ou différente, comme quelques-uns l’affirment dans leur démence,
mais dans celle-ci en laquelle nous vivons, subsistons et nous mouvons. »
Statuta ecclesiae antiqua de la Gaule du Vème siècle : « On doit demander à l’ordinant s’
il croit à la résurrection de la chair dans laquelle nous vivons maintenant, et non dans une autre ».
Profession de foi du Pape Léon IX en 1053 : « Je crois à
la véritable résurrection de cette chair qui est mienne à présent et à la vie éternelle »
Concile du Latran 1215, contre les albigeois et les cathares : « Tous
ressusciteront avec leur propre corps qu’ils portent ici-bas… »
Donc nul ambiguïté, la résurrection ou
recréation de l’homme se fait avec le même corps de chair, et non un corps subtil.
Voilà ce que dit le Pape dans son livre « La mort et l’au-delà » :
«
Cette notion de l’âme est quelque chose de tout nouveau par rapport à toutes les conceptions antiques de la psyché. Elle est un produit de la foi chrétienne et de ses exigences de pensée : seule une ignorance historique manifeste peut nier cela. Parce qu’il s’agit d’un point capital, formulons-le encore d’une autre manière : la notion de l’âme telle que l’on utilisée la liturgie et la théologie jusqu’à Vatican II n’a pas plus à voir avec l’Antiquité que l’idée de résurrection.
C’est une notion strictement chrétienne ; elle n’a donc pu être formulée que sur la base de la foi chrétienne dont elle exprime, en anthropologie la conception de Dieu, du monde et de l’homme. C’est pourquoi le concile de Vienne en sa troisième session, le 6 mai 1312, a du défendre à juste titre cette définition de l’âme considérée comme une notion adéquate à la foi : «
De plus nous réprouvons, comme erronée, toute doctrine qui met en doute inconsidérément que la substance de l’âme raisonnable soit en vérité et par elle-même la forme du corps humain ! » La bulle Benedictus Deus, citée plus haut, suppose cette explication anthropologique dans sa doctrine de la vision définitive de Dieu. Dès que cette idée eut mûri
la doctrine du schéol devait s’éclairer d’une lumière nouvelle et ce qui auparavant paraissait signifiant devenir un
archaïsme périmé »
Archaïsme périmé ! (alors que vous Mr Dumouch vous nous ressortez cette vieille lune du « schéol »)
Il poursuit :
« Il s’agit au contraire de nier que l’âme soit une substance autonome dotée d’une immortalité qu’elle tiendrait d’elle-même ; il s’agit de fonder la survie de l’homme uniquement sur une disposition et une opération de Dieu.(…) Il se peut que des idées quelque peu simplistes se soient répandues dans la conscience commune. Mais
chez les grands maîtres en théologie, je n’ai trouvé nulle part une justification purement « substantialiste » de l’immortalité, que d’ailleurs Platon lui-même ignore. (alors que vous Mr Dumouch vous considérez les défunts comme des substances humaines à part entière)
Maintenant prenons le document suivant :
« Note de la congrégation pour la doctrine de la foi sur la vie éternelle et l’au-delà
A tous les Evêques membres des Conférences Épiscopales
(…)
Il s’agit de cet article du Credo qui concerne la vie éternelle et donc généralement, l’au-delà de la mort.
Sur une telle question, l’enseignement ne peut pas se permettre de défaillances : il ne peut même pas rester déficient ou incertain, sans mettre en péril la foi et le salut des fidèles(…)
Il faut d’abord que tous ceux qui ont à enseigner discernent bien ce que l’ Église considère comme appartenant à l’essence de sa foi ; la recherche théologique ne peut avoir d’autres vues que de l’approfondir(…)
L’ Église affirme la survivance et la subsistance après la mort d’
un élément spirituel, qui est doué de conscience et de volonté, en sorte que le « moi » humain subsiste. Pour désigner cet élément, l’Église emploie le mot « âme », consacré par l’usage de l’Écriture et de la tradition (…)»
Au cours d’une audience accordée au préfet soussigné, le Pape Jean-Paul II a approuvé cette lettre adoptée en réunion ordinaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et en a ordonné la publication.
A Rome, au siège de la congrégation, le 17 mai 1979
»
D’abord cette note ne parle pas de subsistance de l’homme après la mort, mais de subsistance d’un « élément spirituel », non pas identifié à la substance humaine, mais au « moi humain » (conscience réflexive et volitive). J’ose espérer qu’il ne vous aura pas échappé que le « moi de l’homme » n’est pas l’homme, mais la conscience qu’il a de lui-même. Identifier l’homme avec son « moi » revient à tomber dans tous les travers idéalistes et subjectivistes.
D’autre part cette note du Saint Office affirme que nous touchons là à l’ «essence de la foi » et que la recherche théologique doit l’approfondir et non la pervertir. Que par conséquent celui qui élabore, enseigne et propage une théologie déviante, déviante par rapport à l’essence de la foi, est un hérésiarque, c'est-à-dire le chef de file d’une hérésie, mettant en péril la foi des simples, d’où l’avertissement du début concernant l’obligation d’indéfectibilité pour ce qui est de l’enseignement en la matière.
Or une thèse substantialiste, contraire à l’enseignement de tous les grands maître en théologie (voir ce qu’en dit le Pape plus haut), fleurtant avec des conceptions archaïques et païennes (le shéol, l’Hadès et ses ombres, les corps subtils, astraux etc…), contraire à l’essence de la foi affirmée par la note du Saint Office (qui rappelle que l’âme n’est pas l’homme mais son « moi »), eh bien une telle thèse est manifestement beaucoup plus proche de l’Index que de l’Imprimatur.
Un Tel verra comme feu Celui qu'il n'a pas connu comme lumière (St Grégoire Le Théologien)