Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2009-2010)
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- coeurderoy
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Re: Passer de la nuit au jour
Oui, songeons à Marie "aqueduc" de toutes les grâces disait saint Bernard : même déchirée et si seule au pied de la Croix elle puise au Coeur de son Fils les trésors qui s'écoulent et se répandent sur l'Eglise : humble instrument de Dieu, là encore...
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"
Saint Bernard de Clairvaux
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etienne lorant
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Re: Passer de la nuit au jour
"Si la grâce est de s'oublier, la grâce des grâces est de s'aimer humblement soi-même comme n'importe lequel des membres souffrants de Jésus-Christ" (Bernanos)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
- coeurderoy
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Re: Passer de la nuit au jour
Et ce n'est pas toujours facile...
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etienne lorant
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Re: Passer de la nuit au jour
Tout à fait, c'est un saut ... dans l'absolu, mais je me représente bien que cette "fin du moi", ce rejet de toute volonté propre (pour suivre sainte Faustine) ne va pas sans un sentiment de mort imminente... Jésus, à Gethsémani, s'est tout de même écrié: "Non pas comme je veux, Père, mais comme Toi Tu veux !" Tout remettre d'un coup, je peux envisager que c'est possible, mais aussi qu'on n'y vient pas forcément la chansonette aux lèvres...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Une nuit dans la montagne
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,12-19.
En ces jours-là, Jésus s'en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples, en choisit douze, et leur donna le nom d'Apôtres.
Avant de choisir douze apôtres parmi ses disciples, le Seigneur passe une nuit entière à prier Dieu. Ai-je jamais prié Dieu une nuit entière ? Je ne me souviens plus. Ce dont je me souviens, c'est qu'une nuit d'hiver, accablé par une forte fièvre, j'avais constamment contemplé le Christ souffrant.
Je n'avais pas d'image, de support matériel, de représentation graphique posée sur le rebord de la cheminée... Mais, constamment, mon esprit reproduisait comme une "image" de la très sainte patience de notre maître. Jésus supportait, dirais-je, mais Il supportait comme seul le Christ peut supporter ! Je comprenais qu'Il avait déjà traversé victorieusement la tentation du Jardin des Oliviers, et je Le contemplais, depuis l'intérieur de mon âme, un peu comme si ma fièvre avait ouvert une fenêtre sur un moment de la Passion : Jésus demeurait au repos, figé pour ne pas réveiller les lacérations provoquées par le fouet des bourreaux.
Or, sa souffrance m'offrait comme un "réceptacle" capable d'y accueillir la mienne - et cette nuit-là, j'ai compris comment, par la contemplation, les plaies du Seigneur peuvent devenir un refuge. Donc, durant toute cette longue nuit, j'ai trouvé une paix inespérée dans "l'oeil du cyclone": au coeur même de la tempête, où tout est calme, tandis que tout, tout partout ailleurs, est balayé. Après coup, cela m'a rappelé la maison dont les fondations sont profondes et qui n'est pas emportée par une inondation.
Lorsque j'ai évoqué cet épisode lors d'une entrevue avec mon confesseur, j'ai reconnu la grâce reçue. Car enfin, si, cette nuit-là, plutôt que de rester patient, je m'étais agité, qui sait ce qui serait advenu de moi ? Un an plus tard, lors d'un autre accès de maladie, j'étais comme 'préparé', la grâce n'était certes pas restée sans effet: je me servis de ma température élevée pour retrouver cet état de profonde contemplation, et de nouveau la fièvre passa. Désormais, je ne crains plus... il est vrai que "tout concourt au bien pour celui qui croit", mais comme la veille prolongée est importante dans la vie de l'âme !
En ces jours-là, Jésus s'en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples, en choisit douze, et leur donna le nom d'Apôtres.
Avant de choisir douze apôtres parmi ses disciples, le Seigneur passe une nuit entière à prier Dieu. Ai-je jamais prié Dieu une nuit entière ? Je ne me souviens plus. Ce dont je me souviens, c'est qu'une nuit d'hiver, accablé par une forte fièvre, j'avais constamment contemplé le Christ souffrant.
Je n'avais pas d'image, de support matériel, de représentation graphique posée sur le rebord de la cheminée... Mais, constamment, mon esprit reproduisait comme une "image" de la très sainte patience de notre maître. Jésus supportait, dirais-je, mais Il supportait comme seul le Christ peut supporter ! Je comprenais qu'Il avait déjà traversé victorieusement la tentation du Jardin des Oliviers, et je Le contemplais, depuis l'intérieur de mon âme, un peu comme si ma fièvre avait ouvert une fenêtre sur un moment de la Passion : Jésus demeurait au repos, figé pour ne pas réveiller les lacérations provoquées par le fouet des bourreaux.
Or, sa souffrance m'offrait comme un "réceptacle" capable d'y accueillir la mienne - et cette nuit-là, j'ai compris comment, par la contemplation, les plaies du Seigneur peuvent devenir un refuge. Donc, durant toute cette longue nuit, j'ai trouvé une paix inespérée dans "l'oeil du cyclone": au coeur même de la tempête, où tout est calme, tandis que tout, tout partout ailleurs, est balayé. Après coup, cela m'a rappelé la maison dont les fondations sont profondes et qui n'est pas emportée par une inondation.
Lorsque j'ai évoqué cet épisode lors d'une entrevue avec mon confesseur, j'ai reconnu la grâce reçue. Car enfin, si, cette nuit-là, plutôt que de rester patient, je m'étais agité, qui sait ce qui serait advenu de moi ? Un an plus tard, lors d'un autre accès de maladie, j'étais comme 'préparé', la grâce n'était certes pas restée sans effet: je me servis de ma température élevée pour retrouver cet état de profonde contemplation, et de nouveau la fièvre passa. Désormais, je ne crains plus... il est vrai que "tout concourt au bien pour celui qui croit", mais comme la veille prolongée est importante dans la vie de l'âme !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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christiane
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Re: Une nuit dans la montagne
Merci Etienne pour ton message qui est une belle leçon d'abandon pour moi qui suis vraiment pénible lorsque je suis malade !
J'espère bien devenir plus sage lors de ma prochaine maladie en contemplant le Christ en croix.
Avec toute mon amitié,
Christiane
J'espère bien devenir plus sage lors de ma prochaine maladie en contemplant le Christ en croix.
Avec toute mon amitié,
Christiane
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etienne lorant
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Re: Une nuit dans la montagne
Il est possible - si je puis dire - de "s'entraîner" à cette attitude dans les moments de forte contrariété, par exemple. En ce qui me concerne, j'ai l'occasion d'exercer en même temps la patience et l'abandon lorsque je reçois un client antipathique dont je ne partage aucune des idées. Or, beaucoup de ces personnes, qui se sont repliées sur elles-mêmes (à défaut d'amour, bien sûr), viennent plus pour parler de leurs problèmes et s'en soulager... je me suis dit parfois: "Qu'est-ce qu'il va encore vomir sur mon bureau, cette fois-ci !" C'est une autre forme de peine - moins gênante que la maladie - mais qui garde certains traits de ressemblance: la peine vient de l'extérieur et nous atteint globalement, le souci est là, mais aussi un défi: que le Seigneur l'emporte en nous et que sa grâce resplendisse !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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"Revenez à moi, et je reviendrai à vous", dit le Seigneur !
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,27-38.
Jésus déclarait à la foule : « Je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent.
Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient.
A celui qui te frappe sur une joue, présente l'autre. A celui qui te prend ton manteau, laisse prendre aussi ta tunique.
Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas à celui qui te vole.
Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs en font autant.
Si vous prêtez quand vous êtes sûrs qu'on vous rendra, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu'on leur rende l'équivalent.
Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Dieu très-haut, car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants.
Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous.
On dirait qu'il y avait dans l'univers, et donc sur la terre aussi, une sorte de "principe de cohérence"... Ce devait être au paradis terrestre. Le soleil de l'Amour de Dieu illuminait toute la création, depuis la roche jusqu'à l'homme, en passant par les végétaux et les animaux. Et tous les êtres vivaient dans la connaissance de Dieu, tous vivaient de l'Amour. Il n'y avait donc ni lutte, ni préférence, ni jalousie, ni querelle d'aucune sorte. L'homme contemplait Dieu et aimait son prochain pour l'amour de Dieu sans aucune difficulté. Son regard était lumineux. Il avait naturellement le goût du beau et son travail était de pure création, il prolongeait l'oeuvre de Dieu comme font les enfants qui imitent leur père et vont le trouver en disant: "Papa, regarde, c'est moi qui l'ai fait !"
Mais après la tentation au jardin d'Eden, tout devint noir ou blanc, bon ou mauvais, juste ou injuste, faux ou vrai. On passa d'un univers en expansion dans tous les sens, à un monde en deux dimensions voué à la destruction finale. L'amour cessa d'être totalement don, pour devenir aussi possession. A la place de l'Amour, l'homme substitua les droits et les devoirs, et il y eut aussitôt des bons et des méchants... et l'homme se mit à détruire et à tuer... Vous me direz que ma façon de dire les choses n'est pas très théologique, mais je n'ai que la pauvreté de mes mots pour m'expliquer.
Quoi qu'il en soit, dans l'Evangile d'aujourd'hui, Jésus propose aux hommes de rétablir l'harmonie initiale, tout simplement. Quel choc ! Quelle folie ! Et pourtant... quiconque prétend aimer Dieu, comment n'aimerait-il pas son frère, puisque son frère est lui aussi né de Dieu ? Que mon frère me cause des torts, qu'il parle une langue que je ne comprends pas, qu'il en veuille même à ma vie, peu importe : l'autre est mon frère et nous avons le même Père et c'est cela seul qui compte.
L'image de Dieu que Jésus donne ici (par exemple lorsqu'il dit que le Père est bon tout aussi bien envers les méchants et les ingrats), réapparaît dans ce maître d'un domaine qui envoie des ouvriers à sa vigne, depuis le matin jusqu'à la cinquième heure de l'après-midi. Et à l'heure de la solde, il donne aux derniers autant qu'aux premiers. Et à ceux qui récriminent, le maître répond : "Eh quoi: Allez-vous me regarder d'un oeil mauvais parce que moi, je suis bon ?" Leur tort est de considérer ce qu'a reçu le voisin, alors que c'est la bonté de celui qui donne qu'il faut regarder ! Il en va de même dans la parabole du fils prodigue : à la fin, le fils aîné est très mécontent, mais leur père vient le trouver et lui dit - "Il fallait bien se réjouir ! Ton frère était perdu et il est retrouvé ! Il était mort et il est revenu à la vie !" Autrement dit: pourquoi regarder avec jalousie ton frère, que tu croyais mort, à présent que tu sais qu'il est en vie ? Comment se fait-il que tu ne te réjouisses pas au contraire ?
La conclusion que j'en tire, c'est un peu celle de Bernanos, mais que j'adapte en disant: "Si vous voulez aimer, quoi que vous aimiez, ne vous tenez donc pas hors de l'Amour !" Aujourd'hui, je prie ainsi: puisse le Seigneur changer mon coeur aussi bien que mon regard, afin que je cesse de ne regarder que la création, mais que je contemple d'abord mon Créateur !
Jésus déclarait à la foule : « Je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent.
Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient.
A celui qui te frappe sur une joue, présente l'autre. A celui qui te prend ton manteau, laisse prendre aussi ta tunique.
Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas à celui qui te vole.
Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs en font autant.
Si vous prêtez quand vous êtes sûrs qu'on vous rendra, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu'on leur rende l'équivalent.
Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Dieu très-haut, car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants.
Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous.
On dirait qu'il y avait dans l'univers, et donc sur la terre aussi, une sorte de "principe de cohérence"... Ce devait être au paradis terrestre. Le soleil de l'Amour de Dieu illuminait toute la création, depuis la roche jusqu'à l'homme, en passant par les végétaux et les animaux. Et tous les êtres vivaient dans la connaissance de Dieu, tous vivaient de l'Amour. Il n'y avait donc ni lutte, ni préférence, ni jalousie, ni querelle d'aucune sorte. L'homme contemplait Dieu et aimait son prochain pour l'amour de Dieu sans aucune difficulté. Son regard était lumineux. Il avait naturellement le goût du beau et son travail était de pure création, il prolongeait l'oeuvre de Dieu comme font les enfants qui imitent leur père et vont le trouver en disant: "Papa, regarde, c'est moi qui l'ai fait !"
Mais après la tentation au jardin d'Eden, tout devint noir ou blanc, bon ou mauvais, juste ou injuste, faux ou vrai. On passa d'un univers en expansion dans tous les sens, à un monde en deux dimensions voué à la destruction finale. L'amour cessa d'être totalement don, pour devenir aussi possession. A la place de l'Amour, l'homme substitua les droits et les devoirs, et il y eut aussitôt des bons et des méchants... et l'homme se mit à détruire et à tuer... Vous me direz que ma façon de dire les choses n'est pas très théologique, mais je n'ai que la pauvreté de mes mots pour m'expliquer.
Quoi qu'il en soit, dans l'Evangile d'aujourd'hui, Jésus propose aux hommes de rétablir l'harmonie initiale, tout simplement. Quel choc ! Quelle folie ! Et pourtant... quiconque prétend aimer Dieu, comment n'aimerait-il pas son frère, puisque son frère est lui aussi né de Dieu ? Que mon frère me cause des torts, qu'il parle une langue que je ne comprends pas, qu'il en veuille même à ma vie, peu importe : l'autre est mon frère et nous avons le même Père et c'est cela seul qui compte.
L'image de Dieu que Jésus donne ici (par exemple lorsqu'il dit que le Père est bon tout aussi bien envers les méchants et les ingrats), réapparaît dans ce maître d'un domaine qui envoie des ouvriers à sa vigne, depuis le matin jusqu'à la cinquième heure de l'après-midi. Et à l'heure de la solde, il donne aux derniers autant qu'aux premiers. Et à ceux qui récriminent, le maître répond : "Eh quoi: Allez-vous me regarder d'un oeil mauvais parce que moi, je suis bon ?" Leur tort est de considérer ce qu'a reçu le voisin, alors que c'est la bonté de celui qui donne qu'il faut regarder ! Il en va de même dans la parabole du fils prodigue : à la fin, le fils aîné est très mécontent, mais leur père vient le trouver et lui dit - "Il fallait bien se réjouir ! Ton frère était perdu et il est retrouvé ! Il était mort et il est revenu à la vie !" Autrement dit: pourquoi regarder avec jalousie ton frère, que tu croyais mort, à présent que tu sais qu'il est en vie ? Comment se fait-il que tu ne te réjouisses pas au contraire ?
La conclusion que j'en tire, c'est un peu celle de Bernanos, mais que j'adapte en disant: "Si vous voulez aimer, quoi que vous aimiez, ne vous tenez donc pas hors de l'Amour !" Aujourd'hui, je prie ainsi: puisse le Seigneur changer mon coeur aussi bien que mon regard, afin que je cesse de ne regarder que la création, mais que je contemple d'abord mon Créateur !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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christiane
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- Inscription : sam. 13 déc. 2008, 18:43
Re: "Revenez à moi, et je reviendrai à vous", dit le Seigneu
Etienne, souvent je me dis : "au lieu de regarder ta petite personne, regarde le Créateur sans cesse." Ainsi je ne me focalise plus sur mes petits travers et je baigne dans une contemplation heureuse.
Christiane
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etienne lorant
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Re: "Revenez à moi, et je reviendrai à vous", dit le Seigneu
C'est très vrai ce que tu dis là ! Après avoir posté cette méditation, d'autres images mentales me sont montées à l'esprit. J'ai songé, par exemple, à Caïn et Abel. Abel avait offert à Dieu les premiers-nés de son élevage, et Caïn, les fruits de ses cultures. Mais Dieu préféra le présent d'Abel. Dans le même esprit de contemplation, je crois avoir compris qu'Abel fit de son mieux pour plaire à Dieu, tandis que Caïn transforma l'offrande en compétition. Abel avait donc le coeur tourné vers Dieu, tandis que Caïn regardait vers Abel afin de le dépasser, le surpasser et devenir "le plus fort". Or, le Seigneur eut beau expliquer à Caïn qu'il lui fallait "relever la tête" de ces sombres pensées, rien n'y fit. Ici encore, c'est le fait de se détourner du Père qui occasionne la chute. Il suffit d'entendre la "défense" que présenta le meurtrier: "Suis-je le gardien de mon frère ?" En disant ces mots, ils se condamne lui-même parce qu'il ne peut plus mentir : Oui, "Caïn, tu étais le gardien de ton frère, puisque je suis votre Père à tous deux !"
Ensuite, j'ai songé à ce que Jésus répond à Pilate, lorsque ce dernier cherche à le faire libérer. Pilate dit: "Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te relâcher ou de te crucifier ?" et la réponse, bien sûr: "Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi s'il ne t'avait été donné d'en haut par mon Père". Devant le procurateur romain, Jésus ne se défend pas mais il parle à Pilate, l'homme et il lui dit: le vrai pouvoir ne vient pas de Rome, il vient de Dieu - et Dieu est notre Père.
Et tout à la fin, j'ai reconnu qu'Abel est bien une préfiguration du Christ, car les Juifs qui livrèrent Jésus à Pilate, comme Pilate qui était lié par son serment à l'empereur, ne regardaient pas vers Dieu comme étant le Père: ils se regardaient les uns les autres pour savoir qui, d'Israël ou de Rome, aurait le dessus sur l'autre. La fin des deux villes, Jérusalem d'abord et Rome ensuite, montre bien la justesse de la Parole de Jésus.
Ensuite, j'ai songé à ce que Jésus répond à Pilate, lorsque ce dernier cherche à le faire libérer. Pilate dit: "Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te relâcher ou de te crucifier ?" et la réponse, bien sûr: "Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi s'il ne t'avait été donné d'en haut par mon Père". Devant le procurateur romain, Jésus ne se défend pas mais il parle à Pilate, l'homme et il lui dit: le vrai pouvoir ne vient pas de Rome, il vient de Dieu - et Dieu est notre Père.
Et tout à la fin, j'ai reconnu qu'Abel est bien une préfiguration du Christ, car les Juifs qui livrèrent Jésus à Pilate, comme Pilate qui était lié par son serment à l'empereur, ne regardaient pas vers Dieu comme étant le Père: ils se regardaient les uns les autres pour savoir qui, d'Israël ou de Rome, aurait le dessus sur l'autre. La fin des deux villes, Jérusalem d'abord et Rome ensuite, montre bien la justesse de la Parole de Jésus.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: "Revenez à moi, et je reviendrai à vous", dit le Seigneu
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,39-42.
Qu'as-tu à regarder la paille dans l'œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? Comment peux-tu dire à ton frère : 'Frère, laisse-moi retirer la paille qui est dans ton œil', alors que tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Esprit faux ! enlève d'abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l'œil de ton frère.
Je suis vraiment surpris, Seigneur, car je n'avais rien prévu - j'en suis incapable, je manque tellement d'imagination ! Or, si j'ai pu douter de la validité de l'intuition qui m'a saisie hier, comment en outre aurais-je pu songer à regarder l'Evangile du jour suivant ! Pour moi, c'est un signe. Signe que ton Esprit était bien avec moi lorsque j'ai rédigé mon partage d'hier : car de quoi est-il question dans ce passage, sinon du regard - ce regard posé sur ce que l'autre fait plutôt que sur ce qu'il est. Car mon frère, au yeux du Père, est tout comme moi : il a besoin de miséricorde du Père tout autant que moi.
"Cependant, Seigneur, si j'ai vu cette paille dans l'oeil de mon frère, que dois-je donc faire ?" Mais c'est tout simple: ne juge pas, mais laisse-moi d'abord purifier ton regard. Et lorsque ton regard sera pur, tu verras la peine dans le coeur de ton frère, tu auras pitié de lui, ta justice brillera à ses yeux comme le soleil de midi et il croira à cause de toi. Ainsi, je comprends que la seule oeuvre utile que je puisse entreprendre c'est de devenir le serviteur inutile (Simone Weil disait: l'esclave) qui constate: je n'ai fait que ce que je devais faire.
Monte en moi ce chant en cet instant:
"Tout vient de Toi, O Père très bon:
Nous T'offrons les merveilles de Ton amour"...
Qu'as-tu à regarder la paille dans l'œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? Comment peux-tu dire à ton frère : 'Frère, laisse-moi retirer la paille qui est dans ton œil', alors que tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Esprit faux ! enlève d'abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l'œil de ton frère.
Je suis vraiment surpris, Seigneur, car je n'avais rien prévu - j'en suis incapable, je manque tellement d'imagination ! Or, si j'ai pu douter de la validité de l'intuition qui m'a saisie hier, comment en outre aurais-je pu songer à regarder l'Evangile du jour suivant ! Pour moi, c'est un signe. Signe que ton Esprit était bien avec moi lorsque j'ai rédigé mon partage d'hier : car de quoi est-il question dans ce passage, sinon du regard - ce regard posé sur ce que l'autre fait plutôt que sur ce qu'il est. Car mon frère, au yeux du Père, est tout comme moi : il a besoin de miséricorde du Père tout autant que moi.
"Cependant, Seigneur, si j'ai vu cette paille dans l'oeil de mon frère, que dois-je donc faire ?" Mais c'est tout simple: ne juge pas, mais laisse-moi d'abord purifier ton regard. Et lorsque ton regard sera pur, tu verras la peine dans le coeur de ton frère, tu auras pitié de lui, ta justice brillera à ses yeux comme le soleil de midi et il croira à cause de toi. Ainsi, je comprends que la seule oeuvre utile que je puisse entreprendre c'est de devenir le serviteur inutile (Simone Weil disait: l'esclave) qui constate: je n'ai fait que ce que je devais faire.
Monte en moi ce chant en cet instant:
"Tout vient de Toi, O Père très bon:
Nous T'offrons les merveilles de Ton amour"...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: "Revenez à moi, et je reviendrai à vous", dit le Seigneu
Merci Etienne j'aime beaucoup quand c'est rédigé avec le coeur que Dieu vous bénisse.
j'espère de tout mon coeur d'aimer mon prochain comme moi même et de ne plus m'emporter à mes frères.
Seigneur Jésus Christ entend ma prière car c'est vers toi qu'elle va
j'espère de tout mon coeur d'aimer mon prochain comme moi même et de ne plus m'emporter à mes frères.
Seigneur Jésus Christ entend ma prière car c'est vers toi qu'elle va
«Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance; moi je suis vainqueur du monde» (Jn 16, 33)
Si le Père vous appelle
http://www.youtube.com/watch?v=BCZP1S5kzQ0&feature=related
Si le Père vous appelle
http://www.youtube.com/watch?v=BCZP1S5kzQ0&feature=related
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etienne lorant
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Re: "Revenez à moi, et je reviendrai à vous", dit le Seigneu
Votre citation (en signature) correspond très bien à ce que vous avez écrit ! Non seulement c'est un signe, mais c'est un bon signe... et en plus c'est signé Jean, alors, vraiment tout va bien... ne "roulez" pas trop vite quand-même ! 
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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La foi de l'ennemi
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 7,1-10.
Après avoir achevé tout son discours devant le peuple, Jésus entra dans la ville de Capharnaüm.
Un centurion de l'armée romaine avait un esclave auquel il tenait beaucoup ; celui-ci était malade, sur le point de mourir.
Le centurion avait entendu parler de Jésus ; alors il lui envoya quelques notables juifs pour le prier de venir sauver son esclave.
Arrivés près de Jésus, ceux-ci le suppliaient : « Il mérite que tu lui accordes cette guérison.
Il aime notre nation : c'est lui qui nous a construit la synagogue. »
Jésus était en route avec eux, et déjà il n'était plus loin de la maison, quand le centurion lui fit dire par des amis : « Seigneur, ne prends pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit.
Moi-même, je ne me suis pas senti le droit de venir te trouver. Mais dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri.
Moi qui suis un subalterne, j'ai des soldats sous mes ordres ; à l'un, je dis : 'Va', et il va ; à l'autre : 'Viens', et il vient ; et à mon esclave : 'Fais ceci', et il le fait. »
Entendant cela, Jésus fut dans l'admiration. Il se tourna vers la foule qui le suivait : « Je vous le dis, même en Israël, je n'ai pas trouvé une telle foi ! »
De retour à la maison, les envoyés trouvèrent l'esclave en bonne santé.
"Je ne suis pas digne", dit le centurion romain, et c'est par ces mots qu'il a été rendu digne - et encore mieux que digne, car dès cet instant, il représente, à lui seul, la foule des convertis qui ne viennent pas du judaïsme mais de chez les païens. Autre point qui suscite mon attention, c'est l'argumentation qu'il emploie : "Je ne suis qu'un subalterne, mais même comme tel, il suffit que je donne un ordre, et je sais que je serai obéi, car j'ai confiance en mes hommes. Or, toi, Ô Jésus, tu n'es certes pas un subalterne. Et à combien plus forte raison j'ai confiance en Toi: il Te suffit donc de dire un mot, et je suis parfaitement certain que mon esclave se remettra !"
Bien sûr, c'est l'Esprit Saint qui est venu sur cet homme, car sans cela, aurait-il pu prophétiser ? Et il a bien prophétisé, puisque nous évoquons sa foi chaque jour au moment de recevoir l'Eucharistie ! Si lors de ma conversion, j'ai perçu que des anges s'étaient réjouis à mon sujet, que faut-il dire de ce centurion romain, dont nous évoquons la foi chaque jour ?
Après avoir achevé tout son discours devant le peuple, Jésus entra dans la ville de Capharnaüm.
Un centurion de l'armée romaine avait un esclave auquel il tenait beaucoup ; celui-ci était malade, sur le point de mourir.
Le centurion avait entendu parler de Jésus ; alors il lui envoya quelques notables juifs pour le prier de venir sauver son esclave.
Arrivés près de Jésus, ceux-ci le suppliaient : « Il mérite que tu lui accordes cette guérison.
Il aime notre nation : c'est lui qui nous a construit la synagogue. »
Jésus était en route avec eux, et déjà il n'était plus loin de la maison, quand le centurion lui fit dire par des amis : « Seigneur, ne prends pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit.
Moi-même, je ne me suis pas senti le droit de venir te trouver. Mais dis seulement un mot, et mon serviteur sera guéri.
Moi qui suis un subalterne, j'ai des soldats sous mes ordres ; à l'un, je dis : 'Va', et il va ; à l'autre : 'Viens', et il vient ; et à mon esclave : 'Fais ceci', et il le fait. »
Entendant cela, Jésus fut dans l'admiration. Il se tourna vers la foule qui le suivait : « Je vous le dis, même en Israël, je n'ai pas trouvé une telle foi ! »
De retour à la maison, les envoyés trouvèrent l'esclave en bonne santé.
"Je ne suis pas digne", dit le centurion romain, et c'est par ces mots qu'il a été rendu digne - et encore mieux que digne, car dès cet instant, il représente, à lui seul, la foule des convertis qui ne viennent pas du judaïsme mais de chez les païens. Autre point qui suscite mon attention, c'est l'argumentation qu'il emploie : "Je ne suis qu'un subalterne, mais même comme tel, il suffit que je donne un ordre, et je sais que je serai obéi, car j'ai confiance en mes hommes. Or, toi, Ô Jésus, tu n'es certes pas un subalterne. Et à combien plus forte raison j'ai confiance en Toi: il Te suffit donc de dire un mot, et je suis parfaitement certain que mon esclave se remettra !"
Bien sûr, c'est l'Esprit Saint qui est venu sur cet homme, car sans cela, aurait-il pu prophétiser ? Et il a bien prophétisé, puisque nous évoquons sa foi chaque jour au moment de recevoir l'Eucharistie ! Si lors de ma conversion, j'ai perçu que des anges s'étaient réjouis à mon sujet, que faut-il dire de ce centurion romain, dont nous évoquons la foi chaque jour ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Re: La foi de l'ennemi
Moïse était encore sur la montagne du Sinaï. Le Seigneur lui dit : « Va, descends, ton peuple s'est perverti, lui que tu as fait monter du pays d'Égypte.
Ils n'auront pas mis longtemps à quitter le chemin que je leur avais prescrit ! Ils se sont fabriqué un veau en métal fondu. Ils se sont prosternés devant lui, ils lui ont offert des sacrifices en proclamant : 'Israël, voici tes dieux, qui t'ont fait monter du pays d'Égypte.' »
Le Seigneur dit encore à Moïse :« Je vois que ce peuple est un peuple à la tête dure. Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s'enflammer contre eux et je vais les engloutir ! Mais, de toi, je ferai une grande nation. »
Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu en disant : « Pourquoi, Seigneur, ta colère s'enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d'Égypte par la vigueur de ton bras et la puissance de ta main ?
Souviens-toi de tes serviteurs, Abraham, Isaac et Jacob, à qui tu as juré par toi-même : 'Je rendrai votre descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel, je donnerai à vos descendants tout ce pays que j'avais promis, et il sera pour toujours leur héritage.' »
Le Seigneur renonça au mal qu'il avait voulu faire à son peuple.(Ex 32, 7-11.13-14)
J'ai trouvé une grande familiarité et une sorte d'humour entre Dieu et Moïse dans ce passage. En effet, le Seigneur s'adresse à Moïse et lui "ton peuple s'est perverti", mais Moïse saisit la balle au bond, et rétorque à Dieu: "Pourquoi te vengerais-tu contre ton peuple, n'est-ce pas Toi qui l'as fait sortir d'Egypte ? N'est-ce pas Toi, Dieu, qui a donné tous ces engagements à ceux que Tu aimes: Abraham, Isaac et Jacob ? Comment se fait-il que tu peux me promettre une grande descendance si Tu n'as pas miséricorde de deux que Toi, Tu as élus ?" Et Dieu renonce au mal qu'il avait voulu faire, Dieu se repent ! Pourquoi ne pas traiter Dieu vraiment comment un père de famille ?
Ils n'auront pas mis longtemps à quitter le chemin que je leur avais prescrit ! Ils se sont fabriqué un veau en métal fondu. Ils se sont prosternés devant lui, ils lui ont offert des sacrifices en proclamant : 'Israël, voici tes dieux, qui t'ont fait monter du pays d'Égypte.' »
Le Seigneur dit encore à Moïse :« Je vois que ce peuple est un peuple à la tête dure. Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s'enflammer contre eux et je vais les engloutir ! Mais, de toi, je ferai une grande nation. »
Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu en disant : « Pourquoi, Seigneur, ta colère s'enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d'Égypte par la vigueur de ton bras et la puissance de ta main ?
Souviens-toi de tes serviteurs, Abraham, Isaac et Jacob, à qui tu as juré par toi-même : 'Je rendrai votre descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel, je donnerai à vos descendants tout ce pays que j'avais promis, et il sera pour toujours leur héritage.' »
Le Seigneur renonça au mal qu'il avait voulu faire à son peuple.(Ex 32, 7-11.13-14)
J'ai trouvé une grande familiarité et une sorte d'humour entre Dieu et Moïse dans ce passage. En effet, le Seigneur s'adresse à Moïse et lui "ton peuple s'est perverti", mais Moïse saisit la balle au bond, et rétorque à Dieu: "Pourquoi te vengerais-tu contre ton peuple, n'est-ce pas Toi qui l'as fait sortir d'Egypte ? N'est-ce pas Toi, Dieu, qui a donné tous ces engagements à ceux que Tu aimes: Abraham, Isaac et Jacob ? Comment se fait-il que tu peux me promettre une grande descendance si Tu n'as pas miséricorde de deux que Toi, Tu as élus ?" Et Dieu renonce au mal qu'il avait voulu faire, Dieu se repent ! Pourquoi ne pas traiter Dieu vraiment comment un père de famille ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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