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Re: L'Eglise et la peine de mort

Publié : lun. 02 janv. 2012, 9:54
par PaxetBonum
papoter a écrit :Lors d'un accouchement médicalement difficile, sauf erreur de ma part, l'Eglise privilégerait la vie de l'enfant à la place de celle de la mère s'il y a un choix à faire. C'est une sorte de peine de mort pour la mère. Est-ce toujours exact ?

Si cela est vrai, c'est un choix curieux car d'une part l'enfant a besoin de sa mère et, d'autre part, la mère est susceptible de concevoir d'autres enfants... C'est encore plus grave si la mère a déjà des enfants vivant près d'elle et qui, de ce fait, deviendraient orphelins...
C'est un fantasme colporté par de nombreux médias qui n'a aucune réalité.

Re: L'Eglise et la peine de mort

Publié : ven. 20 janv. 2012, 18:58
par Ungarsduweb
Et en plus ce serai totalement absurde quant un tel malheur arrive je pense que dieu accueille le malheureux enfant avec tout l'amour qu'il mérite
pour donner mon avis sur la peine de mort j'y suis personnellement totalement hostile car la justice des hommes est faillible et le risque d'erreur est trop grand de plus quoi on en dise cela reste un homicide interdit par dieu depuis fort longtemps ceux qui tue en son nom le renie de fait !

Re: L'Eglise et la peine de mort

Publié : ven. 20 janv. 2012, 22:16
par ti'hamo
"Si cela est vrai, c'est un choix curieux car d'une part l'enfant a besoin de sa mère et, d'autre part, la mère est susceptible de concevoir d'autres enfants.."
Moi c'est cette remarque que je trouve curieuse ; la vie de la mère serait à préserver dans la mesure où elle peut encore potentiellement enfanter ? C'est cette logique comptable chez ceux qui se veulent humanistes et objecteurs de conscience qui m'étonne chaque fois.

Re: L'Eglise et la peine de mort

Publié : ven. 20 janv. 2012, 22:42
par spk
Il me semble au contraire que l'abolition de la peine de mort est liée à la déchristianisation. Permettez-moi de justifier ce paradoxe.
Tout d'abord, il faut comprendre que le problème de la peine de mort n'est pas qu'un cas particulier du problème du châtiment en général. A ma connaissance, nul ne va jusqu'à contester tout droit au châtiment. Ce qui pose problème, c'est que ce châtiment soit la mort, donc définitif.
Or, une société déchristianisée, c'est d'abord une société qui ne croit pas en une vie après la mort. Dès lors, la peine de mort apparaît monstrueuse aux yeux des hommes de bonne volonté, car il est évident qu'elle ne peut pas être en vue du bien de la personne châtiée. C'est donc une société qui se venge, une société qui sait bien au fond d'elle-même qu'elle a sa part de responsabilité, et qui de plus connaît sa faillibilité, puisque la justice n'est plus qu'affaire humaine, ayant perdu son fondement transcendant. On ne peut pas être pour la peine de mort quand on est athée, si on n'est pas une crapule.
En revanche, pour le chrétien, la force du pardon est telle qu'un instant suffit. Dieu peut accorder la grâce de sa miséricorde quand il le veut à qui il le veut. Le supplicié peut être pardonné pour un sentiment de repentir parfait au moment où le couteau de la guillotine fond sur lui. Ce moment de repentir n'est pas plus improbable qu'une conversion dans cet enfer moral que nous appelons prison.

Re: L'Eglise et la peine de mort

Publié : sam. 21 janv. 2012, 0:58
par Isabelle47
Mais que savez-vous du pardon de Dieu?
Serait-il automatique à partir du moment où le coupable aurait purgé sa peine selon la justice des hommes?
Et pourquoi Dieu pardonnerait-il à un homme justement parce qu'il est condamné et mis à mort par la société des hommes?
Et que savons-nous du pardon de Dieu pour, précisèment, cette société même qui accepte d'ôter la vie à l'un des siens?
J'avoue que, personnellement, je ne sais pas.

Re: L'Eglise et la peine de mort

Publié : sam. 21 janv. 2012, 0:59
par Théophane
D'ailleurs, nous avons plusieurs témoignages de condamnés à mort qui se sont convertis avant leur exécution. Cependant, je pense, en tant que citoyen et en tant que juriste, que certains crimes sont trop graves pour être punis par une simple peine privative de liberté, fût-ce la réclusion criminelle à perpétuité. Par exemple, alors qu'on parle en ce moment de la libération de cette jeune fille qui avait servi d'appât dans l'affaire du gang des barbares en 2006, je pense que la peine capitale aurait été méritée (si elle avait été prévue par le Code pénal) pour les auteurs des tortures et actes de barbarie ayant entraîné la mort de la victime. Si j'étais avocat général dans un procès aux assises et que l'arsenal juridique répressif me le permettait, je n'hésiterais pas, pour certaines infractions d'une gravité et d'une violence graves, à requérir une telle peine.

Re: L'Eglise et la peine de mort

Publié : sam. 21 janv. 2012, 1:17
par Isabelle47
Mais dans ce cas-là, est-ce que nous ne parlons pas aussi sous le coup de l'émotion?
Le gang des barbares, c'est l'expression du mal à l'état pur (j'ai lu le livre glaçant que Morgan Sportes en a tiré), du mal et de la bêtise crasse conjugués mais, même du fin fond de cette horreur, il n'y aurait pas la possibilité de se racheter?
De nouveau, je ne sais pas, je pose la question.

Re: L'Eglise et la peine de mort

Publié : sam. 21 janv. 2012, 9:32
par PaxetBonum
C'est ce que dit Théophane : la condamnation a mort peut-être la planche de salut.
Le dernier sursaut de la conscience avant de comparaître devant Dieu.
Condamnation a mort et possibilité de rachat se sont régulièrement conjugué de paire même pour de terribles tueurs en série.

Re: L'Eglise et la peine de mort

Publié : sam. 21 janv. 2012, 11:16
par Aldous
Théophane a écrit :D'ailleurs, nous avons plusieurs témoignages de condamnés à mort qui se sont convertis avant leur exécution.
Bonjour,

C'est une bien étrange conversion que celle opérée parce qu'on va mourir par exécution. La conversion c'est quelque chose qui s'effectue en pleine liberté; on peut se demander où est la part de liberté quand cela se fait sous la pression d'une exécution? Se convertir, c'est aussi changer de vie; à l'avenant quand on est menacé de mort, c'est quand même un changement de vie qui arrive bien mal à propos.

cordialement,

Re: L'Eglise et la peine de mort

Publié : sam. 21 janv. 2012, 11:35
par spk
Je précise que je n'ai pas voulu défendre la peine de mort. J'ai seulement essayé d'interpréter le paradoxe de la corrélation entre son abolition et la déchristianisation. Ainsi, j'ai avancé l'idée qu'un incroyant humaniste ne pouvait qu'être hostile à la peine de mort. Cela ne veut pas dire qu'un chrétien soit nécessairement pour. Difficile pour lui je suppose de ne pas se souvenir que le Christ a été condamné à mort.

Re: L'Eglise et la peine de mort

Publié : sam. 21 janv. 2012, 15:23
par Harfang
C'est une bien étrange conversion que celle opérée parce qu'on va mourir par exécution.
Il n'y a rien de forcé : que l'on se convertisse ou non, la peine sera tout de même exécutée. L'approche de la mort est un moment favorable : la proximité avec la tombe fait souvent tomber toutes nos idoles et toutes nos illusions et ce n'est pas étonnant que beaucoup de conversions se fassent à l'article de la mort.

Re: L'Eglise et la peine de mort

Publié : sam. 21 janv. 2012, 22:10
par Ungarsduweb
J'ai du mal a imaginer comment on peut être chrétien et favorable a la peine de mort, la justice des hommes est faillible le risque d'erreur est trop grand.
Trois choses me vienne a l'esprit,
Tu ne tuera point
Que celui qui n'a jamais pécher jette la premiére pierre
Seul Dieu est autoriser a juger les hommes
La peine de mort est un Homicide celui qui prononce cette peine se permet de juger en lieux et place de Dieu et devra en répondre devant lui !
Tuer n'efface pas le passé.

Re: L'Eglise et la peine de mort

Publié : dim. 22 janv. 2012, 0:21
par Théophane
Isabelle47 a écrit :Mais dans ce cas-là, est-ce que nous ne parlons pas aussi sous le coup de l'émotion?
Pour ma part, je ne crois pas. Bien entendu, certaines affaires criminelles ne peuvent que susciter notre émotion et notre indignation. Pourtant, l'institution judiciaire est là pour opérer clairement le départ entre le droit et les sentiments, et pour une bonne marche de la justice, il est nécessaire qu'elle soit rendue de façon dépassionnée.
Plus concrètement, les différents cas auxquels j'ai été amené à m'intéresser en tant que juriste, notamment en enseignant le droit pénal, m'ont amené à considérer que certains crimes commis avec des circonstances aggravantes d'une violence exceptionnelle méritaient une peine aussi lourde que la peine de mort. Non pas qu'il soit nécessaire que la peine soit prononcée ni même exécutée, mais qu'elle soit au moins prévue par le Code pénal afin d'être un instrument répressif dans la main des jurés d'assises.
Le gang des barbares, c'est l'expression du mal à l'état pur (j'ai lu le livre glaçant que Morgan Sportes en a tiré), du mal et de la bêtise crasse conjugués mais, même du fin fond de cette horreur, il n'y aurait pas la possibilité de se racheter?
Bien sûr que si, mais n'oublions pas que le but d'une peine n'est pas uniquement d'amender ou de réinsérer mais aussi et surtout de punir l'auteur d'une infraction.

Re: L'Eglise et la peine de mort

Publié : sam. 04 févr. 2012, 21:22
par Amour&Responsabilité
lmx a écrit :
Lors d'un accouchement médicalement difficile, sauf erreur de ma part, l'Eglise privilégerait la vie de l'enfant à la place de celle de la mère s'il y a un choix à faire. C'est une sorte de peine de mort pour la mère. Est-ce toujours exact ?
il me semble que c'est inexact : dans ce cas c'est bien plutôt la vie de la mère qu'on doit privilégier.
Quand la vie d'une femme enceinte est vraiment menacée par sa grossesse, l'Église ne demande ni de privilégier la vie de l'enfant, ni de privilégier la vie de la mère. Au yeux de Dieu et de l'Église, chaque vie est d'égale valeur, et ce serait de l'utilitarisme que de dire que l'on doit systématiquement sacrifier l'enfant parce que la mère est utile pour s'occuper de l'enfant et peut-être des autres enfants.

Quand un acte médical qui a pour but de sauver la vie de la mère a aussi pour conséquence la mort de l'enfant, l'Église ne considère pas que cet acte soit un avortement. Mais elle n'oblige pas non plus à le faire. C'est à la mère de choisir. Elle n'est pas obligée de mourir pour sauver son enfant, mais l'Église considère que c'est un acte bon de le faire, puisque Gianna Beretta Molla (1922-1962) a été béatifiée par Jean-Paul II, parce qu'elle a donné sa vie pour permettre à l'enfant qu'elle portait de vivre. Elle avait pourtant plusieurs autres enfants à charge.

« Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime » nous dit Jésus. Mais cela doit être libre, et ce n'est pas demandé à tout le monde, du moins au sens physique du terme.

PEINE CAPITALE

Publié : lun. 12 août 2013, 9:45
par Jhomme20
Bonjour,

Je me demandais quelle était, clairement, la position des chrétiens à l'égard de la peine de mort. Je suis a priori contre. Cela dit je voulais savoir s'il y avait une règle précise.
Le Seigneur soit avec vous,
Jhomme20