adieu12 a écrit : ↑lun. 13 janv. 2020, 14:35
au travers de cette anecdote dont la véracité n'engage que votre bonne foi.
C'est tout de même limite impoli, et je ne crois pas qu'un "croyant" dirait cela, même s'il n'en exclurait pas la possibilité. Car pour un croyant "il faut présupposer que tout bon chrétien doit être plus enclin à sauver la proposition du prochain qu'à la condamner; et s'il ne peut la sauver, qu'il s'enquière de la manière dont il la comprend et, s'il la comprend mal, qu'il le corrige avec amour" (St Ignace)
Ceci pour illustrer en quoi il y a une différence, mais qui relève pas de la morale que l'on peut mettre en sondage ou statistique, car elle ne relève pas de la morale dite publique.
Autrement, bien sûr que je suis d'accord que d'un point de vue sociologique et surtout contemporain, il n'y a pas de différence morale et à cela il y a plusieurs raisons :
1> Ceux qui se disent athées ont eu des parents et/ou grands-parents et/ou + qui étaient chrétiens, ils ont été imprégnés de la morale chrétienne et en présentent encore les caractéristiques comme référence, puisqu'elles se retrouvent également dans les lois.
- Or même une société qui n'aurait pas connu la morale chrétienne aura dû se donner des règles de vie sociale ou ne serait-ce que communautaire, et ces règles s'appuieront plutôt plus que moins sur une loi naturelle qui pour un croyant vient de Dieu et en tout cas ne saurait être en désaccord avec.
Pour trouver un athéisme "pur", il faudrait remonter au paganisme où trouver une société qui se serait développée sans la connaissance de la révélation Divine. Or il s'y trouvera pas mal de superstitions, comme autant de tentatives pour aller au-delà de ce qui est connu du réel, et la fameuse impartialité de l'athée pourrait bien provenir comme d'une cause de la croyance en un Dieu unique, bienveillant, immanent et transcendant, qui a permis de s'affranchir de certaines peurs ataviques et d’attitudes dont la foi chrétienne a permis de réaliser l’insuffisance ou la barbarie
Votre tentative que j'ai trouvé" belle" pour connaître vos racines, ne serait-ce que pour vous défaire de sa gangue de préjugés, et qui vous fait vous intéresser à la bible, peut selon moi suffire, si elle est impartiale, à mener vers la foi, car les différences sont nombreuses qui ont été apportées par le christianisme et qui certes ne correspondent à rien de palpable, qui sont mélangées et dissimulées avec d’autres mœurs, mais qui font du bien et qui se sont inscrites dans la sensibilité de chacun.
2> ceux qui se disent chrétiens sont pour la plupart en mode "auto-gestion" et se sont séparés des instructions morales du magistère. Ils ne sont pas si éloignés des premiers que cela mais ont une autre manière de conserver le souvenir du christianisme, c'est tout
3> ceux qui sont de vrais pratiquants, pour beaucoup sont âgés, ils le sont en partie parce qu'ils ne sauraient se défaire de leur foi sans se défaire de plus, et les autres, encore une fois, relèvent par ce qui les distingue moralement de choses qui ne relèvent pas de la loi civile. C’est à cela qu’ont servi les canonisations devenues nombreuses depuis peu, à donner des exemples. L’attitude de Ste Maria Goretti à l’égard de son assassin, par exemple. Ou celle de ces princes Russes qui sachant que l’on viendrait les tuer, n’ont pas levé une armée ni cherché à se défendre, pour appliquer la loi du Christ. IL y aurait tant d’exemples magnifiques à citer. Certes, on peut trouver hors du christianisme de tels exemples, citer la mort de Socrate, etc. Mais ce ne sera pas vrai de la part d’autant de personnes et de conditions ou d’âges si divers.
Nous vivons une période de décadence religieuse, vous n’avez pas remarqué ?
Il serait bien sûr facile de prétendre que nul n’étant parfait, il ne faut pas juger la foi chrétienne sur les croyants tous imparfaits, puisqu’une comparaison de « moralité » s’appuie sur le fait que cette foi doit quand même se manifester par-là en eux. Il ne s’agit pas de juger de l’enseignement du Christ, mais de son résultat (et je m’abstiens de dire que c’est en fait bien pour Le juger) et en ne se limitant pas aux élites (quoique, pourquoi ne serait-ce pas au contraire nécessaire, de ne retenir par exemple que des moines ?). Mais elle se manifeste par le repentir avant tout, qui n’est pas mesuré par ces sondages, pas plus que le ferme propos ou la capacité à pardonner. D’où la facilité à en faire des « esclaves » ou à dire que la religion est un opium, sauf que ces esclaves croient en leur dignité et finissent par la faire respecter à force de patience et d’intelligence. Le mouvement pacifiste de Gandhi s’appuie sur les travaux de Tolstoï, en quête d’un christianisme authentique. Mais une fois « libéré », on oublie ce qui nous a sauvé et qui se dégrade, qui devient une sensibilité maladive ou exagérée. (le repentir devient du remord et honteux, ou s'évapore en regret et nostalgie, par exemple.)
S’il est difficile de retrouver aujourd’hui des traces d’un athéisme inné et naturel (parce que sans Dieu souvent l’homme s‘en est créé plusieurs) il est peut-être plus facile d’en retrouver d’un vrai christianisme. Les Eglises orientales n’ont pas connu d’inquisition ni de Saint Barthélémy, ni de monarchie de droit Divin, elles ont pour beaucoup connu le joug de l’islam qui les a obligé à cumuler un relatif pouvoir temporel, mais certaines ont été relativement préservées. Avec les moyens de communication moderne, ces vestiges vivants disparaîtront plus vite, or ce serait plutôt dans la comparaison de cultures et de civilisations, qu’il faudrait travailler à une comparaison.
En morale pure, forcément, elle ne sera pas parlante pour la raison que j’ai dite. Mais sur une foule de comportements secondaires et accessoires, qui souvent sont renvoyés ou attribués à la personnalité ou le caractère et qu’il faudrait d’abord identifier avant, il n’y a pas photo.
« La masse » est tiraillée entre deux extrêmes, et l’humilité propre aux croyant veut qu’ils dissimulent leur vertu et ne s’en vantent pas : ce dont un sondage ne mesurera pas l’impact. Un croyant « s’accusera » beaucoup plus facilement et ne dissimulera pas, il se mentira moins déjà à lui-même, donc aux autres, etc..