Théodore a écrit :Les "superstitions" dont il est question sont liés à l'Adoration Eucharistique, aux pouvoirs prêtées aux hosties en-dehors du Sacrement. Je ne sais plus quels catholiques remuaient monts et rivières au sujet des miettes d'ostie tombées par terre durant l'office

Mais enfin Théodore ! Si la transsubstantiation est vraie alors il ne s’agit pas de superstitions, bien au contraire !
Ce genre de reproches me fait un peu penser à ceux qui rangent les miracles dans les absurdités. Pourquoi ? Parce qu’ils partent du principe que le surnaturel n’existe pas, principe qu’ils n’ont bien sûr aucunement prouvé.
Théodore a écrit :De manière générale, la critique de Luther est la suivante, je pense : ce que Dieu a instauré, ce que Dieu fait, c'est le Sacrement, ni plus ni moins. Les signes physiques ne sont d'aucune utilité en-dehors des sacrements ; ainsi, l'eau bénite ne sert de rien en-dehors du baptême, de même pour l'ostie.
D’accord. Mais sur quelle preuve irréfutable tirée des Écritures s’appuie-t-il ? Je veux bien qu’il voit les sacrements autrement, et qu’il invente ses propres théories, mais encore faut-il, avant de dire que tout le monde se goure avant soi, prouver ce qu’on avance.
En outre, le gros problème de la position de Luther, c’est qu’il se trompe du tout au tout en assimilant l’eau du Baptême à l’hostie consacrée. En effet, l’eau du Baptême n’est pas le sacrement mais le moyen par lequel elle est administrée (d'ailleurs, sachez le, un Baptême est valide même si l'eau utilisée n'est pas de l'eau bénite). Or le pain et le vin consacrés sont le sacrement.
Théodore a écrit :Et la raison en est selon lui, je pense, la suivante : le "ceci est mon corps" est intimement lié au "prenez, mangez".
Je comprends. Mais encore une fois, ce n’est pas ce que dit le Christ : Luther interprète... En outre, si le Christ transforme vraiment le pain et le vin en son corps et son sang, faut-il en conclure qu’il produit le miracle exactement inverse à la fin de la célébration ? Dieu produirait, en quelque sorte un « contre sacrement » pour annuler les effets du premier ? Pourquoi ?
Bon, moi je veux bien que Luther interprète mais la question, encore et toujours, et celle de la vérité : d’un côté j’ai une croyance qui s’enracine dans la Tradition de l’Église du Christ, de l’autre j’ai une tradition issue des croyances personnelles d’un homme… dont on serait en droit de se demander quelles sont les preuves qu’il reçut de Dieu la mission de réformer l’Église. Franchement, n’est-ce pas croire à la légère que de mettre sa foi dans le premier venu ? Car Luther est exactement cela : le premier venu. Il n’a aucune autorité. Il n’est pas apôtre. Il n’a pas accompli de prodiges pour justifier que Dieu l’ait envoyé. Pourquoi le croire lui, Théodore ? Hormis le fait que vous avez été élevé dans le luthérianisme, quelles sont les raisons de croire à ce que dit Luther plutôt qu’à ce que dit l’Église ?
Sans vouloir vous blesser, ce sera toujours le reproche que je ferai au protestantisme : cette exaltation de l’opinion personnelle comme si chacun était potentiellement infaillible. L’attitude juste du catholique est au contraire une attitude humble devant une autorité que nous croyons instituée par le Christ, celle des apôtres et de leurs successeurs.
Théodore a écrit :Or, nous sommes d'accord pour dire que, si tel est bien le cas, la transsusbtantiation est disqualifiée ; car si elle était vraie, alors le pain et le vin disparaîtraient après le Sacrement. Or, ce n'est pas le cas...
Là, je ne vous suis plus. Je pense que vous faites la même erreur que Luther : vous ne comprenez pas que c’est le pain et le vin consacrés qui sont le sacrement. Or à moins de dire que les sacrements de Dieu sont temporaires (!!!), je ne vois aucune raison de suggérer que le pain et le vin consacrés redeviendraient du simple pain et du simple vin après la Messe.
Au contraire, la position catholique et orthodoxe est parfaitement cohérente. A l’image du baptisé qui, ayant reçu une fois pour toutes le Baptême, est plongé dans mort et la Résurrection du Christ sans retour possible, le pain et le vin consacrés qui deviennent le sacrement du corps et du sang du Christ le sont sans retour possible.
Fraternellement,