Suliko a écrit :Je partais du principe selon lequel une liberté religieuse partielle n'est pas une véritable liberté, mais une simple tolérance de l'Etat (comme par exemple en France pour les protestants, avec l'édit de Nantes).
Mais enfin, Suliko, pourquoi donc voulez-vous une liberté religieuse absolue ? Personne n’est absolument libre et personne ne le sera jamais ! Vous-même, vous devez obéir à la loi.
La liberté religieuse, au sens de l’Église, c’est la liberté de ne pas être contraint dans sa conscience. Mais ce ne sera jamais la liberté de faire ce qu’on veut en toute circonstance. C’est là un principe fondamental de la notion de liberté dans le christianisme : nous ne sommes libres que de faire le bien. Par exemple, personne n’est libre de tuer ou de violer.
Suliko a écrit :Un autre exemple me vient en tête : le Bhoutan. D'après ce que je sais, le prosélytisme chrétien (ou autre) y est interdit pour conserver la foi bouddhiste des habitants. Cela est-il compatible avec la liberté religieuse que vous décrivez ou pas? Pour moi, c'est une limitation à la liberté religieuse, mais c'est tout à fait compréhensible de la part d'un petit Etat traditionnel désireux de conserver ses traditions et sa religion.
Tout dépend. Je conçois tout à fait que le prosélytisme agressif puisse être interdit. En revanche, vous ne pouvez empêcher les gens de vivre en chrétien ou de parler de leur foi à leurs amis, leurs collègues, etc. Si donc il s’agit de faire taire les chrétiens par la force, et d’interdire les gens de se convertir, là ça devient injuste. Par exemple, l’Arabie Saoudite qui interdit tout signe chrétien, Bible, croix, etc. agit de façon inique.
Suliko a écrit :OK. (C'est de fait le cas dans certains pays) Mais bon, dans une école catholique, ce n'est pas seulement les quelques heures de religion par semaine qui sont "catholiques", c'est au contraire toute une ambiance (par exemple la prière du matin, avant de commencer les cours; la messe, etc...) De fait, cela mettra mal à l'aise des parents non catholiques...Non?
Oui, et tant pis pour eux. Là effectivement, il faut accepter « l’atmosphère ». Tout comme un pays chrétien aura une forcément une ambiance chrétienne.
Mais veuillez noter que cette ambiance n’est pas contraire à la liberté religieuse. Respecter la liberté de l’autre, ce n’est pas ne plus exister face à lui pour qu’il ne soit pas gêné.
Suliko a écrit :De toute façon, à moins d'être dans un Etat totalitaire, on ne peut par définition rien imposer à la conscience (tout au plus peut-on contraindre les citoyens à agir de telle ou telle manière...)
Sinon, je n'arrive pas à être convaincue...Je ne vois pas comment un tel Etat confessionnel pourrait résister à la tentation de restreindre certaines libertés (d'expression, de culte, etc...) pour favoriser la religion officielle...D'ailleurs, c'est peut-être la population elle-même qui éprouverait cette tentation plus fortement que le pouvoir.
Attention, je parle en théorie, pas en pratique. N’oubliez jamais que l’être humain est une créature blessée par le péché originel. Je partage donc votre avis : la tentation serait grande de tomber dans la répression. Voilà pourquoi Vatican II est si important : si jamais un État voulait devenir catholique, il ne pourrait plus tomber dans ce travers sans se renier.
Suliko a écrit :Certes, les mêmes droits, mais il y a dans un sens contrainte, puisque le protestantisme ou l'islam (par exemple) permettent le divorce et pas le catholicisme. Vous me direz qu'actuellement, nous sommes dans une situation similaire. Oui, mais le mariage civil tel qu'il existe aujourd'hui en France est beaucoup moins contraignant que le mariage catholique! (Et ce n'est pas rien...)
Mais je ne dis pas qu’il n’y aurait pas de contrainte. De fait il y en aurait puisque l’État poursuivrait le bien commun selon la vision catholique. Mais tout le monde serait logé à la même enseigne.
Comprenez que toute loi, qu’elle soit laïque, religieuse, etc. est forcément contraignante. Il n’y a que les anarchistes pour croire à une liberté absolue. Par exemple, je ne suis pas forcément d’accord avec les limitations de vitesse. Bon, ben j’obéis quand même et je n’ai pas l’impression d’être privé de ma liberté.
Il faut vraiment faire la distinction entre ce qui relève des lois nécessaires au bien commun, et de ce qui relève du totalitarisme et du formatage idéologique.
Cordialement,