Jean-Ferdinand a écrit :Je crois que vous n'avez pas compris mon propos.
là où vous voyez l'hypersexualisation des personnages pour livres d'enfants comme étant l'élément principal que dénonce l'article, l'auteure et moi dénonçons le choix des éditeurs de livres de faire des livres différents pour les garçons et les filles (l'hypersexualisation en étant une conséquence), et les parents qui décident de leur propre chef de restreindre les lectures de leurs enfants aux seuls livres compatibles avec leur sexe...il faut arrêter de croire que les petits garçons sont NATURELLEMENT intéressés par les camions et les petites filles par les poupées. Les exemples donnés par la libraire montrent bien que les parents montrent à l'enfant ce qui doit l'intéresser ou pas (en disant des phrases comme "oh non ça c'est un livre de fille").
L'hypersexualisation, à mon avis, est plutôt une conséquence du libéralisme, mais c'est un autre sujet.
Je n'ai pas dit que c'était l'élément principal, c'est juste que par paresse, je n'ai parlé que de cet aspect. Mais bien entendu ce n'est pas le seul.
Pour moi, le plus triste dans tout ça, c'est le manque d'imagination des auteurs, ou des éditeurs ! Quelle pauvreté, tous ces clichés !
Quant à votre théorie que les petits garçons ne sont pas naturellement attirés par les camions... attendez d'avoir des enfants vous-même, ou du moins de voir de près un vrai petit garçon !
Vous savez, avant d'avoir des enfants, je pensais comme vous. J'avais la tête farcie de livres et de théories féministes. Quand mon fils est né, je l'ai habillé de préférence en rose. Ensuite je lui ai donné des poupées. J'ai pris soin de ne lui donner aucun jouet guerrier, car nous étions très écolos. (mon mari me laissait faire, il n'avait pas d'idée spéciale sur la question).
Le résultat ?
La couleur de ses vêtements, il s'en fichait complètement.
Il n'avait rien contre les poupées, mais ça ne le passionnait pas.
Ce qu'il adorait, c'était les scies, les marteaux, ce genre de choses. Au point que pour ses 2 ans, nous lui avons offert 1 kilo de clous, qu'il s'amusait à planter dans un vieux banc.
Quant aux armes, il se fabriquait des pistolets avec ses tartines.
Ce n'est pas nous qui lui avons dit de faire ça. C'est lui.
(Mais il y a certainement des petits garçons qui n'aiment pas les camions ou ce genre de choses. Chacun est libre.)
Actuellement, notre fils est toujours écolo et bricoleur, il vit avec une femme charmante, ils ont deux enfants, notamment un adorable petit garçon de 2 ans qui distingue très bien les camions et les tracteurs, qui n'aurait pas idée de confondre un vélo avec une moto ; et qui aime aussi beaucoup les livres (je me régale à lui lire "La vache orange", que j'ai tant de fois lue à son père il y a 30 ans !)
Ma conclusion : les filles et les garçons, c'est pas pareil !
Et aussi : il faut respecter les enfants. Ne pas leur imposer nos idéologies, mais les laisser vivre en paix.
Dans la question évoquée par cet article, il y a 2 choses différentes, que l'article ne distingue peut-être pas vraiment: le point de vue des enfants, et le point de vue des parents.
Les parents ont peur du regard des autres sur les goûts de leurs enfants. Ils ont peur que leurs fils ne deviennent pas virils s'ils ont des activités ou des vêtements "de filles". Ils ont peur de ne pas être dans l'air du temps.
Les enfants, eux, ne se soucient pas de ça. Ils veulent juste vivre, faire ce qui leur plaît, sans se prendre la tête !