Maintenant que nous avons établi la liste des occurrences du terme "mystère" (mysterium et sacramentum) dans le Nouveau Testament, nous allons pouvoir avancer un peu sur le chemin parcouru par l'Eglise pour comprendre ce que sont les sacrements.
IX - du mystère à la notion de sacrement
Le sens profane
Le terme "mystère" nous vient du grec mustêrion, et signifie tout d'abord "secret", "chose cachée à notre connaissance". C'est un terme courant dans son usage profane.
Le terme est employé dans ce sens dans l'Ancien Testament, et notamment dans les livres marqués par l'influence de la culture grecque : Tobie, Judith, Proverbes, Ecclésiaste, Macchabées... C'est peut-être le sens à retenir parfois même dans le Nouveau Testament, notamment
Ap 17, 5.
Les cultes à mystères
Dans la culture et la religion grecque, il a acquis d'autres significations, avec notamment les
cultes à mystère. Ces cultes grecques et orientaux (mystères d'Eleusis, de Dionysos, d'Isis, d'Attis et Cybèle, de Mithra...) ont pour caractéristique commune que le croyant suit un parcours initiatique, succession de rituels complexe et secrète, au cours de laquelle l'initié, appelé
myste, représente et accompli (il fait
anamnèse) le mythe fondateur du culte, dans le but de s'unir à la divinité pour en obtenir la protection. Le mystère est donc ce qui est progressivement découvert par le myste au cours de son initiation.
Certains n'ont pas manqué de faire le rapprochement avec la religion chrétienne, négligeant de ce fait la différence fondamentale entre les cultes à mystère et le christianisme.
Déjà, il faut garder à l'esprit que le christianisme puise ses racines dans le judaïsme de l'Ancient Testament, qui ne connait pas cette notion de mystère (mais qui utilise la notion de mystère dans son sens profane de chose secrète, cachée).
Ensuite, les cultes à mystère font anamnèse d'un récit mythologique, qui les met en rapport avec les forces de la nature (ce que sont les dieux polythéistes : dieu du ciel, de la mer, de l'amour, de la fertilité, de la guerre...). Le salut que nous célébrons dans le christianisme est un événement historique, déterminé, unique : la mort et la résurrection de Jésus. Et il nous met en relation avec Dieu qui est transcendant, extérieur à sa création.
La similitude formelle que l'on peut voir entre cultes à mystères et christianisme reste donc de pure forme, et ne tient pas sur le coeur de la foi.
Par contre, dans les premiers temps de l'Eglise, les cultes à mystère étaient très répandus. Le mithraisme, notamment était très courant dans l'Empire romain. Les évêques et penseurs chrétiens auront donc à coeur de bien marquer la différence : la religion chrétienne n'est pas un culte de plus, mais quelque chose de radicalement différent.
C'est probablement ce qui a guidé Tertullien et les Pères latins a privilégier le terme de
sacramentum au lieu de
mysterium, pour ne pas utiliser le même vocabulaire que les cultes à mystères.
Les philosophes et l'école de Platon
A la suite de Platon, les philosophes grecs conçoivent leur démarche comme une initiation à la Sagesse (sophia). L'initiation devient un cheminement intellectuel qui conduit à chercher des réalités plus profondes et encore invisibles : les mystères. On n'est plus initié
par des rites, mais
à une pensée.
Le mystère dans la Bible
Ainsi que nous l'avons vu, le terme "mystère" est parfois utilisé dans la Bible simplement dans son sens profane.
Dans le livre de Daniel (Dn 2, 19-27) ou la Sagesse (Sg 2, 22 et Sg 6, 24), on voit apparaître la notion de
mystères divins, que Dieu fait connaître aux hommes.
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- Daniel 2 :
17 Alors Daniel alla dans sa maison, et il fit connaître l'affaire à Hananya, Mishaël et Azarya, ses compagnons, 18 leur disant de demander grâce en présence du Dieu du ciel au sujet de ce mystère, pour qu'on ne fasse pas périr Daniel et ses compagnons avec le reste des sages de Babylone. 19 Alors le mystère fut révélé à Daniel dans une vision de nuit. Alors Daniel bénit le Dieu du ciel.
20 Daniel prit la parole et dit: " Que le nom de Dieu soit béni, depuis toujours et à jamais! Car la sagesse et la puissance lui appartiennent.
21 C'est lui qui fait alterner les temps et les moments; il renverse les rois et élève les rois; il donne la sagesse aux sages, et la connaissance à ceux qui savent discerner.
22 C'est lui qui révèle les choses profondes et occultes; il connaît ce qu'il y a dans les ténèbres, et avec lui demeure la lumière.
23 A toi, Dieu de mes pères, mon action de grâce et ma louange, car tu m'as donné la sagesse et la force! Et maintenant, tu m'as fait connaître ce que nous t'avions demandé; puisque tu nous as fait connaître l'affaire du roi.
Sagesse 2, 22
22 Ils ne connaissent pas les secrets de Dieu, ils n'espèrent pas que la sainteté puisse être récompensée, ils n'estiment pas qu'une âme irréprochable puisse être glorifiée.
Sagesse 6, 24 (vulgate) ou 6,22 (Jérusalem, Crampon...)
24 quid est autem sapientia et quemadmodum facta sit referam et non abscondam a vobis sacramenta Dei sed ab initio nativitatis investigabo et ponam in lucem scientiam illius et non praeteribo veritatem
22 Mais ce qu'est la sagesse et son origine, je vais l'exposer, sans vous cacher les mystères de Dieu. Je remonterai jusqu'au début de la création, je mettrai au grand jour ce qui la concerne, et je ne m'écarterai pas de la vérité.
Avec Daniel, plus que la connotation eschatologique, ce qui est important est la notion de Révélation : c'est Dieu qui fait connaître le mystère à l'homme, et non l'homme qui le découvre par lui-même.
Dans les évangiles, Jésus annonce les mystères du Royaume (
Mt 13,11 ; Mc 4, 11 ; Lc 8, 10)
St Paul emploie le mot
mystère dans ses épîtres. Souvent, il désigne le mystère de la Révélation du Christ au monde pour son salut (
Rm 16, 25 ; Col 1, 26-27 ; Col 4, 3 ; Eph 1, 9 ; Eph 3, 3-9 ; 1Tim 3, 9). Mais parfois, il l'utilise aussi dans un sens plus général (
1Cor 2, 8 ; 1Cor 4, 1 ; 1Cor 13, 2 ; Col 2, 2) : l'ensemble de la foi, les mystères que fait connaître l'Esprit (1Cor 14,2), la prophétie de l'aveuglement d'Israël et de sa conversion finale (Rm 11, 25)... Mais toujours chez Paul, le mystère est un secret que Dieu révèle à l'homme.
Les autres épîtres catholiques n'utilisent pas le mot mystère, et curieusement St Jean ne l'emploie que dans son Apocalypse. A Ap 10, 7, il l'utilise pour désigner toute l'économie du salut, dans sa globalité.
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- Ap 10, 7 :
7 Mais aux jours où l'on entendra le septième ange, quand il commencera de sonner de sa trompette, alors sera l'accomplissement du mystère de Dieu, comme il en fit l'annonce à ses serviteurs les prophètes.
Le mystère dans les premiers temps de l'Eglise
Pour les premiers chrétiens, le coeur de la notion de mystère est inspiré du livre de Daniel : tout passage de la Bible rapportant un événement dans lequel Dieu révèle le salut à l'homme, puis de manière plus générale tout ce par quoi Dieu révèle son dessein secret. On commence à parler de mystère pour désigner le Déluge, le passage de la Mer Rouge, le sacrifice d'Isaac, la Genèse bien sûr...
C'est ainsi que l'on trouve chez les Pères le mot "mystère" utilisé pour désigner les vérités de la foi, vérités qui dépassent les capacités de la raison humaine. Irénée de Lyon parle ainsi des mystères de Dieu que nous devons croire même sans comprendre
(Contre les hérésies, II). Eusèbe de Césarée appelle mystères ces vérités inexprimables, inconcevables (Démonstration évangélique,
livre 4)
Pendant les premiers siècles de l'Eglise, il n'y avait pas de mot servant à désigner globalement ce que nous appelons aujourd'hui les sacrements. Au fur et à mesure que l'on comprend mieux leur similitude, on se met à vouloir les appeler d'un nom qui les couvre tous. C'est progressivement le mot "mystère" qui sera employé, sans pour autant être réduit à ce seul usage.
C'est toujours aujourd'hui le cas dans les Eglises s'exprimant en grec : le mot musterion est utilisé dans toute la variété de signification que nous avons vu, depuis le sens profane jusqu'au sens de sacrement (au sens moderne du terme).
Tertullien et la latinisation de l'Eglise.
Durant cette période, l'Eglise d'Occident se latinise : elle passe progressivement du grec (qui était la langue dominante de l'Empire romain) au latin. Dans les plus anciennes traductions latines de la Bible (les
vetus latina, traductions antérieures à la Vulgate), on emploie alternativement
mysterium et
sacramentum. Ce dernier mot de
sacramentum est probablement dû à Tertullien, qui était juriste de formation, et fils de militaire (en latin,
sacramentum était utilisé à la fois en droit et dans l'armée).
Il semble que Tertullien utilise le mot sacrement pour la 1e fois dans son "
Aux martyrs", écrit en 197. Il l'emploie alors dans son sens latin classique, celui du serment prêté par le soldat lorsqu'il est enrôlé :
Tertullien, Aux martyrs a écrit :Toutefois que la prison, bienheureux confesseurs, soit un séjour incommode aux Chrétiens eux-mêmes, je vous l'accorde. Mais ne nous sommes-nous pas enrôlés dans la milice du Dieu vivant, le jour où nous avons répondu aux paroles du sacrement?
Il reprend le mot dans son
Contre Marcion, pour la première fois dans le sens moderne :
Tertullien, Contre Marcion a écrit :Mais sans sortir de toi-même, considère l'homme au dedans et au dehors de lui. Pardonneras-tu à cet ouvrage de notre Dieu, que ton maître, le Dieu le meilleur, a aimé d'un amour si tendre ; pour lequel il a daigné descendre de son troisième ciel dans notre chétive et indigente humanité ; pour lequel il n'a pas rougi de mourir sur une croix, captif dans l'étroite prison où l'enfermait le Créateur ? Moins dédaigneux, lui, il n'a répudié jusqu'à ce jour, ni l'eau du Créateur dont il lave ses disciples, ni l'huile dont il les consacre, ni le mélange du lait et du miel avec lequel il enfante les siens, ni le pain, représentation vivante de son corps. Jusque dans ses sacrements, il a besoin des aumônes du Créateur.
Tertullien mentionne ici 4 sacrements que nous connaissons bien : l'eau pour le baptême, l'huile pour la confirmation, mais l'ordre, le pain pour l'eucharistie. J'avoue ne pas saisir la référence au lait et au miel.
De manière plus explicite encore, c'est au
livre 4 du Contre Marcion qu'il considère le baptême comme un sacrement :
Tertullien, Contre Marcion a écrit :Ou bien non, ton christ interdit absolument le divorce, de quel droit alors détruis-tu le mariage, soit en refusant d'unir l'homme et la femme, soit en excluant du sacrement du baptême, et de l'eucharistie les deux époux, à moins que par un pacte réciproque ils n'aient conspiré contre les fruits du mariage, autant que contre le Créateur lui-même?
La syntaxe de la phrase laisse entendre qu'il considère d'ailleurs l'eucharistie elle aussi comme un sacrement. Ce qu'il expose sans ambiguité dans le
livre 5 :
De là nous avons démontré par le sacrement du pain et du calice, tel qu'il est contenu dans l'Evangile, la vérité du corps et du sang de Jésus-Christ
Plus loin au livre 5, Tertullien explique les fondements scripturaires du sacrement du mariage :
Me sera-t-il plus difficile de prouver maintenant que le même Dieu est le Dieu de l'homme et du Christ, de la femme et de l'Eglise, de la chair et de l'esprit, quand j'entends l'Apôtre mettre en avant et développer la pensée du Créateur: « C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme; et ils ne formeront tous deux qu'une seule chair? Ce sacrement est grand. »* Il me suffit de ce témoignage: les sacrements du Créateur sont grands aux yeux de l'Apôtre, vils et méprisables aux yeux des hérétiques. « Mais je vous déclare que ce sacrement signifie Jésus-Christ et l'Eglise. » Tu l'entends; il explique le sacrement, il ne le divise pas. Il prouve que la figure du mystère a été préparée d'avance; par l'auteur du mystère apparemment.
* Ephésiens 5, 31-32
On notera l'utilisation à la fois du terme sacrement et du terme mystère.
Cet usage du terme sacrement dans un sens proche de celui qu'il a aujourd'hui sera développé dans son traité
Du Baptême, qui commence ainsi :
Tertullien, Du Baptême, a écrit :Heureux sacrement que celui de notre baptême! quel effet ne produit-il pas? il efface la tache de nos péchés passés, il nous rend enfants de Dieu, et nous ouvre l'entrée à la vie éternelle.
Tertullien explique aussi que le but des sacrements est la sanctification de l'homme :
ibid. a écrit :Ainsi la nature des eaux, sanctifiée par l'Esprit saint, a reçu le pouvoir de sanctifier l'homme dans le sacrement.
Il explique enfin la manière dont il comprend l'action de l'Esprit dans le baptême :
ibid a écrit :Toute sorte d'eau a donc, par son ancienne prérogative d'avoir porté le Saint-Esprit, le pouvoir et la disposition à devenir le sacrement de la sanctification, au même temps que Dieu est invoqué pour cet effet ; car aussitôt le Saint-Esprit descend, et s'arrêtant sur les eaux, les sanctifie par sa présence ; les eaux ainsi sanctifiées deviennent, pour ainsi parler, empreintes d'une vertu de sanctifier elles-mêmes.
Ainsi que le lien entre corporel et spirituel :
ibid. a écrit :D'ailleurs elles (les eaux) ont un rapport spécial aux desseins de Dieu dans l'action du baptême. Nous sommes souillés par nos péchés comme par autant de honteuses taches : les eaux sont propres à purifier. Mais comme les péchés ne paraissent pas sur la chair, car personne ne porte à l'extérieur la marque de l'idolâtrie, de l'adultère, de la fraude, ils impriment leur tache dans l'âme, qui est la principale cause du péché. C'est l'esprit qui commande, et la chair ne fait qu'obéir. Cependant la faute est commune à tous les deux : à l'esprit, parce qu'il commande, et à la chair, parce qu'elle obéit. Ainsi les eaux ayant reçu pour ainsi dire une vertu médicinale par la descente de l'Esprit du Seigneur, l'âme y est lavée par le moyen du corps, et la chair y est purifiée par le moyen de l'esprit.
Selon Tertullien, les eaux du baptême ne donnent pas le Saint Esprit :
Je ne veux pas dire que les eaux nous donnent le Saint-Esprit; mais l'eau, à laquelle l'ange préside, nous purifiant de nos crimes, nous prépare à le recevoir cet Esprit saint.
Il continue sa description du rituel du baptême par l'onction, puis immédiatement après, l'imposition des mains.
ibid. a écrit :VI. Au sortir du bain salutaire on fait sur nous une onction sainte, suivant l'ancienne cérémonie où l'on avait coutume de prendre de l'huile renfermée dans une fiole pour en oindre ceux que l'on consacrait au sacerdoce
[...]
VII. Après cela on nous impose les mains en invoquant et attirant sur nous le Saint-Esprit par la prière qui accompagne cette sainte cérémonie.
[...]
VIII. C'est donc alors que l'Esprit très-saint descend volontiers du sein du Père sur les corps ainsi purifiés et bénis
Du temps de Tertullien, donc, l'imposition des mains était considérée comme faisant partie du rituel du baptême. Le chrétien était baptisé dans l'eau pour le rachat des péchés, oint d'huile, puis par l'imposition des mains recevait le baptême dans l'Esprit.
Cette description est très proche du rituel tel que pratiqué encore de nos jours par les Eglises de rites orientaux. Dans le rite romain, baptême et confirmation sont séparés en deux rituels disctincts, avec l'onction qui joue le rôle de "trait d'union", puisque l'onction donnée le jour du baptême est annonce de celle qui sera donnée à la confirmation, les deux étant faite du même saint chrême béni par l'évêque.
Cependant, même lorsqu'il traite du "sacrement du baptême", la notion de sacrement ne saurait être réduite à la liste de 7 sacrements que l'on trouve aujourd'hui au Catéchisme (et pour cause, puisque cette liste n'a été finalisée qu'au XIIe siècle !). Ainsi, Tertullien n'hésite pas à parler dans le même texte du "sacrement de la foi" :
XIII. Quelques-uns, également audacieux et impies, proposent encore plusieurs questions. Si la foi, disent-ils, suffit, le baptême n'est donc pas nécessaire. Or Abraham devint agréable à Dieu sans autre sacrement que celui de la foi.
Aujourd'hui encore, nous continuons dans l'Eglise à utiliser le terme "sacrement" dans ce sens général, bien plus vaste que la liste restreinte des 7 sacrements. J'ai déjà eu l'occasion d'en parler au début de cette longue discussion.
J'invite vivement les lecteurs de ce fil à lire tout le traité de Tertullien, on y voit de manière très claire combien la doctrine de l'Eglise concernant le baptême était déjà fixée de son temps : la description du rituel, ses effets, qui en sont les ministres, quels en sont les fondements scripturaires, la préparation au baptême, les réponses aux controverses à son sujet (beaucoup de points discutés dans ce fil l'étaient déjà du temps de Tertullien). La seule erreur de Tertullien était de ne pas reconnaître le baptême des hérétiques (car il considérait qu'ils adoraient un dieu différent). Cette erreur sera corrigée par la suite, notamment grâce à St Augustin qui a clarifié la doctrine de la grâce.
Dans son "De la résurrection de la chair", Tertullien expose la nécessité de la participation de la chair au salut (il fait l'apologie de la résurrection des corps, contestée par nombre de philosophies et d'hérésies). Cela l'amène à mentionner le lien entre sacrement, corps et esprit :
Tertullien, De la résurrection des corps a écrit :IX. Ainsi donc, pour récapituler, cette chair que Dieu forma de ses mains à son image, qu'il anima d'un souffle de vie à la ressemblance de son être, qu'il établit dans cet univers pour l'habiter, en jouir et commander à toutes ses œuvres; qu'il revêtit de ses sacrements et de sa discipline; dont il aime la pureté, dont il approuve les mortifications, dont il récompense les souffrances: cette même chair ne ressusciterait pas, après avoir tant de fois appartenu à Dieu!
Voilà, je dois m'arrêter là pour l'instant, je poursuivrai plus tard pour les pères après Tertullien.