Etant donné que je fais face à des habitués du forum et que je les connais assez pour savoir que la conversation est sans issue, c'est mon dernier post et j'invite les intéressés à m'envoyer des messages privés si vous voulez connaître mes réponses aux contradictions interminables à venir. Que Dieu vous bénisse.
Suliko: Je faisais avant tout référence aux posts qui prêchent la peine capitale actuellement sans aucune condition morale comme si l'enseignement actuel de l'Eglise ne comptait pas. Et en rejetant la position de l'Eglise, Cinci montre que mon post était au contraire tout à fait pertinent. Corrigez moi si je me trompe mais en disant "penchait généralement vers la miséricorde", vous semblez minimiser mes citations qui disent qu'elle
s'impose moralement la miséricorde quand c'est possible, ce n'est pas simplement une miséricorde selon nos envies.
Carhaix: Vous pouvez vous opposer à la conversion charitable si Dieu l'avait désirée, tout comme vous pouvez pécher si Dieu avait désiré le contraire, la conversion dans l'urgence/sous la pression n'est donc pas un argument qui justifie la peine de mort en cas d'alternatives possibles. Quant à la loi civile, l'Eglise a tout à fait le droit de se prononcer sur la question car il s'agit de morale, tout comme elle a tout à fait le droit d'appeler à l'abolition de l'avortement. Si c'était aussi simple alors n'importe quel gouvernement pourrait imposer des lois contraires à la morale sous prétexte que l'Eglise n'a pas son mot à dire.
Cinci On a l'impression que vous feriez tout pour plier le magistère de l'Eglise à vos opinions politiques. Je doute que ce soit utile de vous répondre car vous ne semblez pas bien intentionné, je relèverai quand même des malhonnêtetés flagrantes de votre part:
Vous ne citez qu'un bout de ce catéchisme dont la suite est que s'il est possible de faire autrement, alors on ne doit pas appliquer la peine de mort:
Mais si des moyens non sanglants suffisent à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine.
Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’Etat dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable " sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants " (Evangelium vitae, n. 56).
http://www.vatican.va/archive/FRA0013/_P7U.HTM
Vous ne citez pas le catéchisme en vigueur qui interdit clairement la peine de mort à notre époque actuelle (comme si vous pouviez piocher le catéchisme qui vous plaît le mieux):
2267. Pendant longtemps, le recours à la peine de mort de la part de l’autorité légitime, après un procès régulier, fut considéré comme une réponse adaptée a la gravité de certains délits, et un moyen acceptable, bien qu’extrême, pour la sauvegarde du bien commun.
Aujourd’hui on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves. En outre, s’est répandue une nouvelle compréhension du sens de sanctions pénales de la part de l’État. On a également mis au point des systèmes de détention plus efficaces pour garantir la sécurité à laquelle les citoyens ont droit, et qui n’enlèvent pas définitivement au coupable la possibilité de se repentir.
C’est pourquoi l’Église enseigne, à la lumière de l’Évangile, que « la peine de mort est inadmissible car elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne »[1] et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde.
http://www.vatican.va/roman_curia/congr ... te_fr.html
Vous avez maladroitement détourné les citations du Pape Pie XII qui met le magistère au dessus des théologiens:
Non, Saint Augustin et Saint Thomas ne sont pas les garants du magistère, ou du dépôt traditionnel de la foi, bien qu'ils peuvent en témoigner. C'est donc bien un faux argument d'autorité que de les utiliser comme des références sur la question alors que le magistère peut parfaitement les contredire. La fidélité aux enseignements du Pape est dû au fait qu'il exerce ce magistère, magistère que vous rejetez dès qu'il vous dérange. Vous ne pouvez donc pas dire qu'un saint était d'un autre avis pour justifier de rejeter l'avis du magistère. Vous ne pouvez pas suivre St Jean-Paul II (quoique superficiellement, car il expliquait bien que la peine de mort devait être évitée au maximum et qu'elle était rarement sinon jamais nécessaire) et ne pas suivre le Pape François sous son pontificat sans tomber dans l'hypocrisie.
Vous esquivez les citations de Pie XII en leur donnant une utilité que je n'ai jamais invoqué
Les citations du Pape Pie XII sont là pour vous rappeler que l'obéissance est due au Pape même quand ses ordonnances sont faillibles, et c'est exactement ce que vous contestez en le défiant et en disant que le Pape n'est pas infaillible en tout: ça n'est en rien une justification catholique traditionnelle pour désobéir. En plus de cela, vous dressez une fausse opposition entre lui et le Pape François sur l'immoralité intrinsèque de la peine de mort, or c'est complètement faux, car le Pape François fait un jugement temporel et disciplinaire en décidant d'interdire la peine de mort à l'heure actuelle. Il ne dit pas que la peine de mort est intrinsèquement immorale. A l'inverse, le Pape Pie XII n'a jamais dit non plus que la peine de mort devrait être autorisée en tous temps y compris 70 ans plus tard.
Et si votre intention malhonnête est de dire "je ne dois pas consentir à la discipline actuelle car la discipline passée autorisait la peine de mort", sachez que Pie XII condamnait ce comportement chez les schismatiques en disant que seul la discipline en vigueur importe:
28 Nous savons bien, hélas ! que pour légitimer leurs usurpations, les rebelles se réclament de la pratique suivie en d'autres siècles, mais il n'est personne qui ne voie ce que deviendrait la discipline ecclésiastique si, en telle ou telle question, il était permis à n'importe qui de reprendre des dispositions qui ne sont plus en vigueur parce que la suprême autorité de l'Eglise en a décidé autrement depuis longtemps. Bien plus, le fait d'en appeler à une discipline diverse, loin d'excuser leurs actes, prouve leur intention de se soustraire délibérément à la discipline actuellement en vigueur, la seule qu'ils doivent suivre : discipline qui vaut non seulement pour la Chine et pour les territoires d'évangélisation récente mais pour toute l'Eglise ; discipline qui a été sanctionnée en vertu du pouvoir suprême et universel de gouvernement qui fut conféré par Notre-Seigneur aux successeurs de l'apôtre Pierre.
http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/fr/i3e.htm#c
Vous calomniez le Pape François en disant que ça n'est qu'une initiative personnelle, mais c'est faux, il a fait appel à la congrégation sur la doctrine de la foi et n'a jamais établi de changement seul
http://www.vatican.va/roman_curia/congr ... te_fr.html
J'ajouterai que même si ça n'était que sa propre initiative, ça ne justifierait aucune désobéissance à sa discipline. Le Pape Pie X a pris des initiatives contestées de son temps et sa qualité de Pape lui en accordait totalement le droit:
blog.adw.org/2017/09/strange-moments-liturgical-history-paragon-liturgical-tradition-may-caused-unintended-effects/
Votre argument selon quoi le Pape pourrait être dissocié du magistère alors qu'il en est le chef suprême est donc fallacieuse / mensongère.
Vous faites semblant de ne pas voir une progression dans la position de l'Eglise
Jean-Paul II, dans le catéchisme que vous avez tronqué dit que "
les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable " sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants", et c'est clairement un progrès vis à vis de ce qu'enseignait Pie XII. Par ailleurs, il n'existe PAS de règle qui interdit à un Pape de changer, même radicalement, une discipline, et c'est à croire que vous seriez prêt à en inventer si ça pouvait justifier votre haine des ordonnances de l'Eglise.
Vous prétendez que votre désaccord politique vous permet de rejeter la position de l'Eglise, alors que c'est faux:
Même en donnant tous les arguments du monde, ce n'est absolument pas par votre libre examen que vous pouvez juger d'une telle décision. Pas même si vous étiez un théologien, comme l'enseignait la congrégation pour la doctrine de la foi sous Jean-Paul II:
27. Même si la doctrine de foi ne lui apparaît pas être en cause, le théologien ne présentera pas ses opinions ou ses hypothèses divergentes comme s'il s'agissait de conclusions indiscutables. Cette discrétion est commandée par le respect de la vérité ainsi que par le respect du Peuple de Dieu (cf. Rm 14, 1-15; 1 Co 8; 10, 23-33). Pour les mêmes raisons, il renoncera à leur expression publique intempestive. [ce que vous faites Cinci, rendez vous à l'évidence]
28. Ce qui précède trouve une application particulière dans le cas du théologien qui aurait de sérieuses difficultés à accueillir, pour des raisons qui lui paraissent fondées, un enseignement magistériel non-irréformable.
Un tel désaccord ne pourrait être justifié s'il se fondait seulement sur le fait que la validité de l'enseignement donné n'est pas évidente, ou sur la persuasion que la position contraire est plus probable. De même, le jugement de la conscience subjective du théologien ne saurait suffire, car celle-ci ne constitue pas une instance autonome et exclusive pour juger de la vérité d'une doctrine.
29. Jamais en tout cas ne pourra manquer une attitude fondamentale de disponibilité à accueillir loyalement l'enseignement du Magistère, comme il convient à tout croyant au nom de l'obéissance de la foi. C'est pourquoi le théologien s'efforcera de comprendre cet enseignement dans son contenu, dans ses raisons et dans ses motifs. À cela il consacrera une réflexion approfondie et patiente, prompt à revoir ses propres opinions et à examiner les objections qui lui seraient faites par ses pairs.
http://www.vatican.va/roman_curia/congr ... on_fr.html
En partant de là, je ne vois même pas l'intérêt de répondre au dernier paragraphe, vu que vous ne faites pas de poids sur cette décision et que votre devoir est au mieux d'humblement garder votre désaccord comme hypothétique. En plus, c'est un homme de paille car personne n'a dit que les conditions propices à l'abolition étaient partout. Cependant, étant donné que les réformes carcérales en questions peuvent être développées par ces pays, ce qui éviterait d'appliquer la peine de mort, alors c'est leur devoir de le faire. Cela revient exactement au même.
Et oui, votre vision statique du milieu carcéral est caricaturale, je vois pas pourquoi vous prétendez avoir la science infuse sur les prisons du monde et leur histoire (à moins que vous connaissiez des historiens qui disent que le système carcéral n'a pas progressé du tout en un siècle dans vos pays en question). Il y a toujours et encore des réformes carcérales pour améliorer les prisons:
Au mexique:
http://www.law.northwestern.edu/academi ... eforms.pdf
A Haiti:
https://issat.dcaf.ch/fre/Apprendre/La- ... ule-of-Law
En amérique latine en général:
https://www.unodc.org/unodc/fr/frontpag ... bbean.html
En Europe et aux Etats-Unis:
https://en.wikipedia.org/wiki/Prison_reform
Dans le monde:
The role of technology in criminal justice and prison systems, such as the use of ‘telemedicine’ to provide mental healthcare and treatment, and the rise in access to online education and training.
The expansion of prison alternatives, including community service orders and electronic monitoring, and a growing trend in the use of restorative justice.
https://www.penalreform.org/resource/gl ... ends-2018/
En cas de doute, le Pape Pie XII dit qu'il est plus juste de faire confiance en priorité au magistère, vous ne faites de toutes évidence confiance qu'en vous même et votre prétention à la compréhension du système carcéral dans le monde. Je rappelle le contexte de ma position au cas où on chercherait encore à l'esquiver:
Si comme théologiens ils sont activement intéressés à l’ « orientation » et utilisent des arguments théologiques scientifiques, on aurait pu se demander si c’est la parole des théologiens ou celle du magistère de l’Eglise qui a le plus de poids et offre une meilleure garantie de vérité. A ce propos, on lit dans l’encyclique Humani generis : Quod quidem depositum (fidei)… nec ipsis theologis divinus Redemptor concredidit authentice interpretandum, sed soli Ecclesiae Magisterio… Quare Decessor Noster imm. mem. Pius IX, docens nobilissimum theologiae munus illud esse, quod ostendat quomodo ab Ecclesia definita doctrina contineatur in fontibus, non absque gravi causa illa addidit verba : eo ipso sensu, quo ab Ecclesia definita est6. Donc pour la connaissance de la vérité, ce qui est décisif ce n’est pas l’opinio theologorum [l’opinion des théologiens] mais le sensu Ecclesiae [le sens de l’Eglise]. Sinon ce serait faire des théologiens presque des magistri Magisterii [timoniers du Magistère] ; ce qui est une erreur évidente.
http://www.clerus.org/bibliaclerusonline/es/cl5.htm
Bonne journée.