Bonjour,
Libremax a écrit :Vous en donnez comme seule justification les formations grammaticales du français et le déroulement du texte de la Genèse. Je suis très étonné.
Je ne donne pas pour explication les formations grammaticales du français, mais une règle structurelle de l'hébreu biblique, langue sacrée dans laquelle s'est donnée la révélation.
Libremax a écrit :Que nous importe de savoir que EVE n'est pas le féminin d'ADAM, dès lors qu'il est question d'êtres vivants, conscients et animés, que nous sommes?
Il nous importe ici de savoir ce que Dieu nous révèle. Puisque quand Dieu parle d'Adam et d'Eve c'est de l'être humain qu'il parle et il veut nous enseigner quelque chose. Il nous importe donc de savoir quoi. C'est le fondement même de l'herméneutique biblique, si on veut dépasser le seul sens littéral. A dire, vrai je n'ai pas vraiment compris votre remarque, pas plus que celle d'Antioche : dois-je comprendre qu'il ne faut pas chercher la vérité dans la Bible ou qu'il ne faut pas chercher à la comprendre ?
Libremax a écrit :Cher Pneumatis, à moi il me semble que vous opérez des glissements subtils mais lourds de conséquences entre le mot "ADAM", l'Humain, et l'individu de sexe mâle. Ni l'être humain ni l'individu mâle ne se réduisent au mot "ADAM", quelquesoit son féminin en hébreu.
Oui c'est tout l'intérêt du langage : de même que Dieu ne se limite pas au mot "Dieu", le mot sert à signifier la chose qu'on veut décrire avec. En hébreu quand on dit "Adam" on parle de l'Homme dans sa totalité, mais on parle aussi de notre premier parent, individu de sexe masculin et compagnon d'Eve, première parente et individu de sexe féminin.
En hébreu, comme en grec ou en latin il me semble, le masculin sert pour désigner la totalité de ce qui est différenciable en genre. Et ce qui est différenciable en genre l'est par l'apparition du féminin.
Libremax a écrit :La femme est l'être complémentaire de l'homme pour le don de la vie, et oser poser qu'elle est engendrée de l'Homme n'est corroboré que dans votre seule interprétation fort rigoureuse de la lettre de la Genèse, même si vous ne donnez ici que des symboles.
Aucune femme sur Terre n'est engendrée de l'Homme, que ce soit biologiquement ou spirituellement. Elle ne l'est que de l'Homme...et de la femme. "Homme et femme il les créa" est-il aussi écrit.
Je n'ai jamais dit que les femmes étaient engendrée par les hommes. J'ai dit que le féminin et le masculin (la différenciation des genres) naissait d'une complexification de la Totalité, figurée par le masculin qu'elle engendre.
Ainsi, si la révélation dit vrai, notre corps est le temple de l'Esprit Saint. Or ce temple comporte les parties suivantes :
- parvis des femmes
- parvis des hommes
- Saint
- Saint des Saints
Le Saint et le Saint des Saints se font face et constituent à eux-deux le coeur du temple. Seul le Saint est ouvert sur l'extérieur. On accède au Saint des Saints par le Saint. Tout autour de ce coeur, se trouve le parvis des hommes, avec un accès vers le Saint. Tout autour du parvis des hommes se trouve le parvis des femmes, avec un accès vers le parvis des hommes.
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Ainsi donc dans notre corps tout commence par le féminin : le rôle de notre corps, comme élément du sensible, donc en ce qu'il porte de signification, commence par une signification dans le féminin, c'est-à-dire dans le différencié. Et pour cause : nous sommes des individus sexués. Quand on bébé vient au monde et qu'on le présente à ses parents, on ne dit pas "C'est un bébé" ou "C'est un être humain". On dit "C'est un garçon" ou "C'est une fille". La première signification de notre corps est donc du différencié.
Ensuite par cette différenciation, on peut remonter vers l'essence de l'homme. On entre dans le parvis des hommes, et donc au-delà du "féminin" se trouve le "masculin" signifiant de l'essence humaine indifférenciée. En effet, chacun de nous porte en lui le sens de l'humanité (qu'il soit homme ou femme).
Du parvis des hommes nous pouvons accéder au Saint qui est le lieu du prêtre, des offrandes et du sacrifice. Avec les deux premières instances, nous pouvions définir, comme des animaux dont l'espèce est "Humaine". En entrant dans le Saint, nous nous distinguons définitivement de cette animalité, car notre corps, plus que de représenter un sexe ou une "espèce", va représenter une "mission", une "vocation". C'est tout le sens du sacrifice : c'est là que se manifeste le sens de la vie.
Enfin par le Saint nous pouvons (peut-être) nous trouver en relation avec le Saint des Saints ou vie en nous l'unique grand prêtre, Jésus Christ. C'est lui, et lui seul, habitant le Saint des Saints en ce temple, qui donne le sens à cette vie, qui la conditionne, en conditionne le sacrifice et s'offre sur l'autel du sacrifice pour notre salut. Par lui notre temple est vraiment saint, et donc notre corps qui est ce temple peut vraiment ressusciter.
Vous voyez donc qu'on est très très loin de faire des échelles de valeur. Ce sujet est pénible à traiter parce qu'il réveille tous les préjugés et toutes les vieilles passions de défense des sexes... Je ne m'intéresse pas à ceux qui veulent absolument établir des échelles de valeur entre les individus. Saint Paul a été clair là-dessus : il n'y a plus ni juifs ni païens, ni esclaves ni hommes libres, ni hommes ni femmes...
Pour ce qui est du problème des échelles de valeur, si dans une "hiérarchie" (ordre sacré) des genres vous tenez à voir des valeurs différentes plutôt que des fonctions différentes, c'est vous qui faites le glissement et pas moi.
Sur cette question de "valeur" j'ai déjà répondu dans ce fil de discussion, ceci :
Une dernière remarque sur les fonctions différentes : notre valeur, si nous tenons absolument à la mesurer, se calcule sur notre effort à être le plus parfaitement ce que Dieu attend de nous, à être Vrai ! Et une femme qui est vraiment femme sera toujours mieux qu'un homme "à côté de ses pompes", si on veut vraiment faire des comparaisons. Ce sont des appels différents. Je re-précise là-dessus que pour le prêtre c'est encore autre chose qu'un homme, supérieur dans la hiérarchie du temple (mais pas supérieur en vérité là encore : un mauvais prêtre sera moins Vrai qu'un saint homme). Et donc ce que j'ai proposé comme explication dans mon précédent message justifie du même coup la réponse au célibat des prêtres : le prêtre n'est ni masculin ni féminin, il ne peut donc pas embrasser la vocation au mariage. Vivre en couple ferait de lui un "homme" et non plus un "prêtre" dans le quaternaire du temple "femme-homme-prêtre-grand prêtre", et qui donc lui ferait simplement travestir sa vocation.
Enfin, posez-vous juste la question : vous l'avez noté "Homme ET Femme il les créa". C'est là normalement qu'il faut se demander "Pourquoi ?". Si donc Dieu nous a créé Homme et Femme c'est que, étant incarné dans un sexe ou dans l'autre, nous avons des fonctions différentes de par notre nature même.
Libremax a écrit :Dite ainsi, en tout cas, elle sous-entend qu'une femme ne peut représenter l'Humanité.
Elle sous-entend que l'homme, seul, serait l'être asexué par nature, neutre, représentatif, l'archétype de la race humaine.
Il y a derrière tout cela l'idée que seul l'homme présente et représente la race humaine: Dès lors, la femme ne le peut. Si on suit cette idée, elle doit être considérée comme sous-partie différenciée de la race. Et toujours selon cette idée, l'homme, lui, a seul la possibilité de sortir de sa condition sexuée.
C'est là que vous faites un glissement qui ne va pas. Monsieur et Madame ont tous les deux des rôles à jouer suivant les fonctions définies par leurs nature. Ce qui détermine leur destinée n'est pas leur nature, mais ce qu'ils en font. Les hommes et les femmes doivent répondre différemment à leur vocation, comme les gens mariés doivent répondre à une vocation différente des prêtres. Il n'y en a pas une qui mérite plus le salut que l'autre, mais les deux doivent jouer leur rôle et ne pas chercher à prendre la place de leur partenaire.
Pour revenir au prêtre, la révélation nous indique, par toutes les approches, empirique comme théorique, révélée par l'Eglise en arguments rationnels reconnaissables dans les Ecritures, qu'on n'accède à la vocation de prêtre qu'en ayant préalablement assumé la fonction d'Homme. Quand on devient prêtre, on n'est alors plus dans la vocation d'Homme mais dans la vocation de Prêtre. On n'est plus ni homme ni femme dans ce cas. Cela justifie du même coup l'abstinence sexuelle totale découlant de cette vocation. Cela explique aussi les propos de Saint Paul sur le célibat et le mariage, et cela explique que, pas plus que dans ce que je vous dis ici, Saint Paul ne soit le misogyne qu'on a tant décrié. Le féminin et le masculin sont en tout homme, mais c'est justement notre part de féminité qui nous impose d'être sexué : c'est le propre du féminin de nous différencier.
Sur ce sujet, je peux vous recommander le livre d'Annick de Souzenelle, le Féminin de l'être : Pour en finir avec la côte d'Adam. Cette éminente bibliste spécialiste de l'hébreu biblique a traité du féminin et de sa signification. Je n'ai que survolé l'ouvrage qui reprenait des choses qu'en substance j'avais déjà abordé par ailleurs, mais je vous garantie que de dévaloriser la femme est tout le contraire de ce que produit cette oeuvre. C'est même plutôt tout le contraire. Sauf que ce n'est pas un féminisme stupide, basé sur une absence de réflexion totale qui voudrait juste que l'homme et la femme soient pareils quand Dieu les a pourtant créé différents.
Pour le reste je vous recommande aussi cette référence littéraire, de laquelle s'inspire en partie mon approche du féminin (du moins de son auteur en général plus que de ce livre en particulier) et que j'évoque ici sur mon blog :
http://pneumatis.over-blog.com/article-26816491-6.html. L'ouvrage, le Bestiaire de la Bible, fait de la femme ni plus ni moins que la merveille centrale de toute la création. Là où vous avez vu une dévalorisation, c'est au contraire par le féminin que toute la quête de Dieu commence. Elle est la porte d'entrée, par là que la vie commence. Elle est ce qui, dans l'âme humaine, permet la relation à Dieu puisqu'elle est tout simplement la matrice de la grâce divine. A méditer : le rôle de la vierge Marie.
PS : à Antioche, je n'ai pas bien compris votre contribution, mais c'est difficile de savoir à qui vous vous adressez. Je prie beaucoup pour les vocations de prêtres, et plus particulièrement en cette année sacerdotale qui commence. Mais cela ne dispense en rien à faire un petit travail d'exégèse pour comprendre la révélation de Dieu. Pour rappel, croire sans comprendre ce n'est pas avoir la foi, c'est du fidéisme et c'est dénoncé par l'Eglise.