Journal de Julien Green
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Re: Fioretti de Julien Green
9 mai 1972
Hier, écouté la Fantaisie chromatique de Bach, jouée par Fischer avec un art inégalable. Il y a des passages presque fantomatiques, qui semblent venus d'un autre monde. On aurait dit que l'ombre du grand Bach était revenue pour effleurer le clavier. J'ai entendu souvent ce morceau joué avec une énergie inutile et des affirmations assourdissantes, là où Fischer ne nous donne qu'un murmure.
(Coup de chance: la voici - avec l'interprétation applaudie par JG !)
Hier, écouté la Fantaisie chromatique de Bach, jouée par Fischer avec un art inégalable. Il y a des passages presque fantomatiques, qui semblent venus d'un autre monde. On aurait dit que l'ombre du grand Bach était revenue pour effleurer le clavier. J'ai entendu souvent ce morceau joué avec une énergie inutile et des affirmations assourdissantes, là où Fischer ne nous donne qu'un murmure.
(Coup de chance: la voici - avec l'interprétation applaudie par JG !)
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
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Re: Fioretti de Julien Green
13 mai 1972
Il y a des heures où je crains ce que je pourrais devenir, à cause de ce monde diabolique qui s'agite parfois dans ma tête. Le juge est devant la porte et il frappe. Je me compare au fou de l'Evangile qui élisait domicile dans les tombeaux. Ces tombeaux sont ma mémoire, cimetières des joies interdites. Mais le Christ a guéri le fou qu'on a retrouvé vêtu et revenu à la raison. La confession opère ce miracle. Je ne suis pas double, je suis deux. c'est ce que je ne puis expliquer à personne. Tantôt l'un de nous parle, tantôt l'autre, avec une égale sincérité et une brutalité effrayante. Il m'arrive d'avoir peur de ce que je m'entends dire. Les deux hommes de saint Paul, je les connais. "Je ne fais pas le bien que j'aime, et je fais le mal que je hais"...
(La bouteille à la mer, Journal, p 19)
Il y a des heures où je crains ce que je pourrais devenir, à cause de ce monde diabolique qui s'agite parfois dans ma tête. Le juge est devant la porte et il frappe. Je me compare au fou de l'Evangile qui élisait domicile dans les tombeaux. Ces tombeaux sont ma mémoire, cimetières des joies interdites. Mais le Christ a guéri le fou qu'on a retrouvé vêtu et revenu à la raison. La confession opère ce miracle. Je ne suis pas double, je suis deux. c'est ce que je ne puis expliquer à personne. Tantôt l'un de nous parle, tantôt l'autre, avec une égale sincérité et une brutalité effrayante. Il m'arrive d'avoir peur de ce que je m'entends dire. Les deux hommes de saint Paul, je les connais. "Je ne fais pas le bien que j'aime, et je fais le mal que je hais"...
(La bouteille à la mer, Journal, p 19)
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http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
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Re: Fioretti de Julien Green
22 mai 1972
A Saint-Pierre de Rome, un fou d'origine hongroise a fracassé à coups de marteau la Pieta de Michel-Ange. Il a cassé un bras, ainsi qu'un oeil, et le nez de Marie.
Trouvé sur Wikipedia, à ce sujet:
Le 21 mai 1972, jour de la Pentecôte, un déséquilibré du nom de Lazlo Toth, a mutilé la sculpture en la frappant de quinze coups de marteau, et a notamment brisé le nez de la Vierge. L'œuvre d'art a depuis été restaurée et est à présent protégée derrière une vitre blindée.
Les travaux de restauration de cet acte de vandalisme ont fait apparaître sur la main gauche de la Vierge le monogramme de Michel-Ange resté caché pendant près de 500 ans : un M. dessiné sur la paume avec les lignes de la main
Une copie de l'œuvre peut-être trouvée au Cimetière de Passy (près du Trocadero, à Paris), conservée dans une boîte en plexiglas transparent.
A Saint-Pierre de Rome, un fou d'origine hongroise a fracassé à coups de marteau la Pieta de Michel-Ange. Il a cassé un bras, ainsi qu'un oeil, et le nez de Marie.
Trouvé sur Wikipedia, à ce sujet:
Le 21 mai 1972, jour de la Pentecôte, un déséquilibré du nom de Lazlo Toth, a mutilé la sculpture en la frappant de quinze coups de marteau, et a notamment brisé le nez de la Vierge. L'œuvre d'art a depuis été restaurée et est à présent protégée derrière une vitre blindée.
Les travaux de restauration de cet acte de vandalisme ont fait apparaître sur la main gauche de la Vierge le monogramme de Michel-Ange resté caché pendant près de 500 ans : un M. dessiné sur la paume avec les lignes de la main
Une copie de l'œuvre peut-être trouvée au Cimetière de Passy (près du Trocadero, à Paris), conservée dans une boîte en plexiglas transparent.
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Re: Fioretti de Julien Green
4 juin 1972
"Dans La Nuit obscure de l'esprit, saint Jean de la Croix parle assez de la peur qu'inspire le démon: "C'est une pour l'âme une peur qui surpasse tous les tourments de cette vie... Elle ne dure pas longtemps, sans quoi, si l'épreuve se prolongeait, l'esprit quitterait le corps..." C'est ce que j'ai éprouve en 1923, rue Cortambert, et que Mauriac appelait une grâce."
"Dans La Nuit obscure de l'esprit, saint Jean de la Croix parle assez de la peur qu'inspire le démon: "C'est une pour l'âme une peur qui surpasse tous les tourments de cette vie... Elle ne dure pas longtemps, sans quoi, si l'épreuve se prolongeait, l'esprit quitterait le corps..." C'est ce que j'ai éprouve en 1923, rue Cortambert, et que Mauriac appelait une grâce."
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Re: Fioretti de Julien Green
Guy a écrit :![]()
![]()
Merci stephlorant de nous partager ces réflexions de Julien Green, un grand personnage de la spiritualité chrétienne du XXe siècle. J'encourage beaucoup la lecture de ses écrits.
Merci à vous pour l'encouragement à recopier... parfois, c'est un peu lassant, et puis, il a tellement le don d'écrire, lui !
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Re: Fioretti de Julien Green
11 juin 1972
En 1905, dans les ténèbres de mon enfance, alors même que ma mère brandissait un long couteau dentelé au-dessus de mon sexe en menaçant de me le couper, et cela à la lueur d'une bougie que tenait ma soeur Mary, Freud travaillait peut-être à ses pages sur la castration, à l'autre bout de l'Europe.
(Quelle révélation ! Moi, je pourrais raconter combien j'ai pu être traumatisé lors d'une récréation dans la "classe des petits", lorsqu'il a fallu jouer au jeu de la "chaise musicale"... Je suis rentré en pleurs chez moi et j'ai dit à ma mère que c'était un jeu du diable... j'étais si effrayé qu'elle ma retiré de cette école... mais aujourd'hui encore, ce jeu d'exclusion explique bien comment fonctionne la société !)
En 1905, dans les ténèbres de mon enfance, alors même que ma mère brandissait un long couteau dentelé au-dessus de mon sexe en menaçant de me le couper, et cela à la lueur d'une bougie que tenait ma soeur Mary, Freud travaillait peut-être à ses pages sur la castration, à l'autre bout de l'Europe.
(Quelle révélation ! Moi, je pourrais raconter combien j'ai pu être traumatisé lors d'une récréation dans la "classe des petits", lorsqu'il a fallu jouer au jeu de la "chaise musicale"... Je suis rentré en pleurs chez moi et j'ai dit à ma mère que c'était un jeu du diable... j'étais si effrayé qu'elle ma retiré de cette école... mais aujourd'hui encore, ce jeu d'exclusion explique bien comment fonctionne la société !)
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Re: Fioretti de Julien Green
17 juin 1972
"Découragé par le ton de certains passages de mon discours. On ne peut toucher à Mauriac sans que cela tourne au sermon. L'homme veut cela. Il y a du sermon dans tout ce qu'il écrit. Cela n'affleure pas toujours, mais en filigrane, cela se lit.
(La bouteille à la mer, Livre de poche, p. 28)
"Découragé par le ton de certains passages de mon discours. On ne peut toucher à Mauriac sans que cela tourne au sermon. L'homme veut cela. Il y a du sermon dans tout ce qu'il écrit. Cela n'affleure pas toujours, mais en filigrane, cela se lit.
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Re: Fioretti de Julien Green
27 juin 1972
Dans son livre sur Milton, Marjorie Hope Nicolson rappelle que lorsque John Donne prêchait à Saint Paul de Londres, il y avait dans l'assistance des hommes qui s'évanouissaient de terreur. Le débauché d'hier mettait tout son génie dans ces explorations du royaume infernal où sa place l'attendait s'il ne s'était converti. Ainsi le terrifiant doyen punissait le coureur de filles avec tout le savoir-faire du temps. C'était le magistral règlement de compte dans l'admirable décor de son époque. Il faisait griller à sa place le jeune homme qu'il avait été, gibier destiné à l'enfer.
Dans son livre sur Milton, Marjorie Hope Nicolson rappelle que lorsque John Donne prêchait à Saint Paul de Londres, il y avait dans l'assistance des hommes qui s'évanouissaient de terreur. Le débauché d'hier mettait tout son génie dans ces explorations du royaume infernal où sa place l'attendait s'il ne s'était converti. Ainsi le terrifiant doyen punissait le coureur de filles avec tout le savoir-faire du temps. C'était le magistral règlement de compte dans l'admirable décor de son époque. Il faisait griller à sa place le jeune homme qu'il avait été, gibier destiné à l'enfer.
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Re: Fioretti de Julien Green
Biographie de John Donne. (De fait, Wikipedia indique que ses Sermons lui valurent une fulgurante renommée). Comme on connaît mal l'Eglise d'Angleterre!
-----------------------------
John Donne est né en 1572 et fut élevé au sein d’une famille catholique romaine. Son père, un forgeron se prénommant lui-même John, mourut en 1576 en laissant derrière lui trois enfants et sa femme, Elizabeth. Cette dernière était la fille de John Heywood, un proche parent de Sir Thomas More. En 1593, Henry, le frère cadet de John mourut de fièvre en prison, où il avait été enfermé pour avoir hébergé illégalement un prêtre. Son oncle, un prêtre jésuite, fut supplicié et exécuté : sous le règne d’Élisabeth Ire , la persécution généralisée des Catholiques, tant physique que financière, était en effet monnaie courante.
Ayant l'ambition de faire carrière dans les services de l'État, il commença des études de droit à Thavies Inn en 1591 et suivit des études à l’université d'Oxford (à Hart Hall, qui deviendra Hertford College) et à l’université de Cambridge, sans toutefois pouvoir obtenir un diplôme en raison de ses convictions religieuses.
Dans les années 1590, avant, ou peu après la mort de son frère, John Donne fut contraint de se convertir à l’anglicanisme.
Il eut par ailleurs l’occasion de voyager sur le continent et, en 1596-97, accompagna le comte d’Essex dans une expédition à Cadix et aux Açores.
En 1598, il devint le secrétaire du garde des Sceaux Thomas Egerton (lord Ellesmere). Bien qu'il fut très estimé par son protecteur, celui-ci le congédia en 1601, pour avoir épousé en secret sa nièce, Ann More, mariage auquel la famille du lord s'opposait.
Destitué, un temps emprisonné, Donne partagea alors avec sa femme, qui lui donna douze enfants, quatorze années difficiles où se succédèrent en vain les œuvres de circonstance pour gagner la faveur de personnages influents.
Ordonné prêtre en 1615, il devint prédicateur à Lincoln's Inn (1616-1621), poste qu'il abandonna après avoir été nommé doyen de la cathédrale Saint-Paul (1621). Donne acquit, grâce à ses Sermons, dont 160 ont été recueillis, une fulgurante renommée. En 1617, la mort de sa femme va accroître son obsession de la mort mais aussi sa ferveur religieuse. Il mourut en février 1631 après avoir prononcé devant Charles Ier sa dernière prédication, « le Duel de la mort ».
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John Donne est né en 1572 et fut élevé au sein d’une famille catholique romaine. Son père, un forgeron se prénommant lui-même John, mourut en 1576 en laissant derrière lui trois enfants et sa femme, Elizabeth. Cette dernière était la fille de John Heywood, un proche parent de Sir Thomas More. En 1593, Henry, le frère cadet de John mourut de fièvre en prison, où il avait été enfermé pour avoir hébergé illégalement un prêtre. Son oncle, un prêtre jésuite, fut supplicié et exécuté : sous le règne d’Élisabeth Ire , la persécution généralisée des Catholiques, tant physique que financière, était en effet monnaie courante.
Ayant l'ambition de faire carrière dans les services de l'État, il commença des études de droit à Thavies Inn en 1591 et suivit des études à l’université d'Oxford (à Hart Hall, qui deviendra Hertford College) et à l’université de Cambridge, sans toutefois pouvoir obtenir un diplôme en raison de ses convictions religieuses.
Dans les années 1590, avant, ou peu après la mort de son frère, John Donne fut contraint de se convertir à l’anglicanisme.
Il eut par ailleurs l’occasion de voyager sur le continent et, en 1596-97, accompagna le comte d’Essex dans une expédition à Cadix et aux Açores.
En 1598, il devint le secrétaire du garde des Sceaux Thomas Egerton (lord Ellesmere). Bien qu'il fut très estimé par son protecteur, celui-ci le congédia en 1601, pour avoir épousé en secret sa nièce, Ann More, mariage auquel la famille du lord s'opposait.
Destitué, un temps emprisonné, Donne partagea alors avec sa femme, qui lui donna douze enfants, quatorze années difficiles où se succédèrent en vain les œuvres de circonstance pour gagner la faveur de personnages influents.
Ordonné prêtre en 1615, il devint prédicateur à Lincoln's Inn (1616-1621), poste qu'il abandonna après avoir été nommé doyen de la cathédrale Saint-Paul (1621). Donne acquit, grâce à ses Sermons, dont 160 ont été recueillis, une fulgurante renommée. En 1617, la mort de sa femme va accroître son obsession de la mort mais aussi sa ferveur religieuse. Il mourut en février 1631 après avoir prononcé devant Charles Ier sa dernière prédication, « le Duel de la mort ».
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http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
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Re: Fioretti de Julien Green
30 juin 1972
Un bénédictin américain m'envoie un livre qui fait là-bas un peu de bruit: "The Exorcist" Il s'agit d'une fillette possédée du démon, exorcisée par deux Jésuites qui en meurent l'un et l'autre. L'auteur a reproduit les inimaginables blasphèmes que profèrent les démons pendant l'exorcisme. Il est à noter que la luxure est l'arme principale du démon.
L'auteur de ce livre, que j'ai lu après avoir vu le film, c'est un nommé William P. Blatty. Pour écrire son livre, il s'est basé sur le récit de plusieurs exorcismes. Les paroles crues mais énoncées en latin et à l'envers... sont particulièrement frappantes. Une de mes amies, le lendemain d'avoir vu le film, avait éprouvé tant d'angoisse qu'une de ses mèches de cheveux avait blanchi en une nuit !
Un bénédictin américain m'envoie un livre qui fait là-bas un peu de bruit: "The Exorcist" Il s'agit d'une fillette possédée du démon, exorcisée par deux Jésuites qui en meurent l'un et l'autre. L'auteur a reproduit les inimaginables blasphèmes que profèrent les démons pendant l'exorcisme. Il est à noter que la luxure est l'arme principale du démon.
L'auteur de ce livre, que j'ai lu après avoir vu le film, c'est un nommé William P. Blatty. Pour écrire son livre, il s'est basé sur le récit de plusieurs exorcismes. Les paroles crues mais énoncées en latin et à l'envers... sont particulièrement frappantes. Une de mes amies, le lendemain d'avoir vu le film, avait éprouvé tant d'angoisse qu'une de ses mèches de cheveux avait blanchi en une nuit !
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Re: Fioretti de Julien Green
4 juillet 1972
"A Faverolles"... écrit Julien Green. J'ai passé près de trois heures à trouver, puis vérifier et revérifier qu'il s'agissait du "bon" village de Faverolle, en Eure et Loir.
Quelques notes de l'auteur, trouvées datées du 16 juillet m'ont beaucoup aidé (si j'avais été moins impatients, j'aurais tourné quelques pages..) et voici ce que je lis sur l'endroit:
"L'église serait du XIIIe siècle, également son grand clocher d'aspect plus militaire que religieux. achevé au XVIIe siècle. Le presbytère, que nous occupons, construit en 1773 par l'abbé Dautencourt, curé de Faverolles depuis 1740. Il a eu l'heureuse idée de mourir le 6 juillet 1789. Je croirais le presbytère construit sur des éléments beaucoup plus anciens. On a parlé d'une halle du XIIIe ou du XIVe siècle. Telle qu'elle est, la vieille maison aurait servi de refuge pendant une nuit à Victor Hugo en fuite au moment du coup d'Etat. Il décrit le presbytère dans Les misérables en le transportant ailleurs et le nom de Faverolles revient à plusieurs reprises au début de ce roman. Je n'en ai pas parlé, crainte des visites de curieux. Il ne s'agit du reste que d'une tradition locale."

Si vous êtes en vacances dans la région, voici une occasion !
http://www.paroisse-nogent-le-roi.com/l ... olles.html
"A Faverolles"... écrit Julien Green. J'ai passé près de trois heures à trouver, puis vérifier et revérifier qu'il s'agissait du "bon" village de Faverolle, en Eure et Loir.
Quelques notes de l'auteur, trouvées datées du 16 juillet m'ont beaucoup aidé (si j'avais été moins impatients, j'aurais tourné quelques pages..) et voici ce que je lis sur l'endroit:
"L'église serait du XIIIe siècle, également son grand clocher d'aspect plus militaire que religieux. achevé au XVIIe siècle. Le presbytère, que nous occupons, construit en 1773 par l'abbé Dautencourt, curé de Faverolles depuis 1740. Il a eu l'heureuse idée de mourir le 6 juillet 1789. Je croirais le presbytère construit sur des éléments beaucoup plus anciens. On a parlé d'une halle du XIIIe ou du XIVe siècle. Telle qu'elle est, la vieille maison aurait servi de refuge pendant une nuit à Victor Hugo en fuite au moment du coup d'Etat. Il décrit le presbytère dans Les misérables en le transportant ailleurs et le nom de Faverolles revient à plusieurs reprises au début de ce roman. Je n'en ai pas parlé, crainte des visites de curieux. Il ne s'agit du reste que d'une tradition locale."

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Re: Fioretti de Julien Green
7 juillet 1972
"Notre curé nous retient un moment sur la route pour nous parler de la rosace de l'église qu'on devait refaire (*), mais le verrier chargé de cette opération est mort subitement, il y a trois ou quatre jours. L'abbé a de beaux yeux bleus rieurs, le teint fleuri d'un homme de la campagne, beaucoup de dignité et de bonne humeur. Il parle un beau français, ce qui est de plus en plus rare, déplore amèrement la disparition du latin et l'abaissement général de la culture. Une lettre écrite en français, sans fautes, surprend aujourd'hui comme une chose d'autrefois".
(*) D'après la photo que j'ai pu trouver, la rosace a été tout de même refaite !
"Notre curé nous retient un moment sur la route pour nous parler de la rosace de l'église qu'on devait refaire (*), mais le verrier chargé de cette opération est mort subitement, il y a trois ou quatre jours. L'abbé a de beaux yeux bleus rieurs, le teint fleuri d'un homme de la campagne, beaucoup de dignité et de bonne humeur. Il parle un beau français, ce qui est de plus en plus rare, déplore amèrement la disparition du latin et l'abaissement général de la culture. Une lettre écrite en français, sans fautes, surprend aujourd'hui comme une chose d'autrefois".
(*) D'après la photo que j'ai pu trouver, la rosace a été tout de même refaite !
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Re: Fioretti de Julien Green
12 juillet 1972
"Pensé à ce journal où reflue sans cesse la faim charnelle désormais insatisfaite à jamais, ces lourds souvenirs. Je tiens à dire que ce que j'écris alors est involontaire. Je suis la victime d'une force énorme qui est l'instinct, contre lequel je ne puis lutter. Ma liberté d'agir est menacée, sinon parfois sans doute suspendue. Comment ne verrais-je pas là quelque chose de plus que l'obsession: une sorte de mainmise du mauvais ? Cela se produit presque invariablement après des élans spirituels, des prières plus longues, et je le dis en tremblant: après la communion. Il y a là un obstacle que le démon ne supporte pas. En temps ordinaire, je n'aurais pas recopié ce passage qui représente assez bien le genre de coupures que je me crois tenu de faire. On ne livre pas ces choses au public. Cependant, je pense que nous arrivons à un moment où nous n'avons que juste le temps de dire ce qui nous tient à coeur avant que le silence ne nous soit imposé."
Note: Je trouve cet aveu de Julien Green assez important pour qu'il serve de réconfort à tous ceux et toutes celles qui revenant vers l'Eglise, éprouvent une très grande contradiction, rencontrent des pensées nauséabondes qui refluent et vont, évidemment, se demander s'il n'est pas trop tard, si tout n'est pas déjà perdu d'avance, Or, c'est là qu'est le piège ! Dans le dégoût de nous-mêmes que le démon nous inspire. Je compte donc placer ce message ici et là, lorsque je trouverai des 'recommençants' que la honte paralyse... D'autres ont vécu cela, mais il suffit de fermer les yeux et de foncer: les ténèbres s'évanouiront !!!
"Pensé à ce journal où reflue sans cesse la faim charnelle désormais insatisfaite à jamais, ces lourds souvenirs. Je tiens à dire que ce que j'écris alors est involontaire. Je suis la victime d'une force énorme qui est l'instinct, contre lequel je ne puis lutter. Ma liberté d'agir est menacée, sinon parfois sans doute suspendue. Comment ne verrais-je pas là quelque chose de plus que l'obsession: une sorte de mainmise du mauvais ? Cela se produit presque invariablement après des élans spirituels, des prières plus longues, et je le dis en tremblant: après la communion. Il y a là un obstacle que le démon ne supporte pas. En temps ordinaire, je n'aurais pas recopié ce passage qui représente assez bien le genre de coupures que je me crois tenu de faire. On ne livre pas ces choses au public. Cependant, je pense que nous arrivons à un moment où nous n'avons que juste le temps de dire ce qui nous tient à coeur avant que le silence ne nous soit imposé."
Note: Je trouve cet aveu de Julien Green assez important pour qu'il serve de réconfort à tous ceux et toutes celles qui revenant vers l'Eglise, éprouvent une très grande contradiction, rencontrent des pensées nauséabondes qui refluent et vont, évidemment, se demander s'il n'est pas trop tard, si tout n'est pas déjà perdu d'avance, Or, c'est là qu'est le piège ! Dans le dégoût de nous-mêmes que le démon nous inspire. Je compte donc placer ce message ici et là, lorsque je trouverai des 'recommençants' que la honte paralyse... D'autres ont vécu cela, mais il suffit de fermer les yeux et de foncer: les ténèbres s'évanouiront !!!
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Re: Fioretti de Julien Green
16 juillet 1972
"Un des plus constants de mes soucis est celui de ne pas tricher. je veux aller à Dieu, mais je ne veux pas mentir aux hommes".
"Un des plus constants de mes soucis est celui de ne pas tricher. je veux aller à Dieu, mais je ne veux pas mentir aux hommes".
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Re: Fioretti de Julien Green
26 juillet 1972
"De nouveau rue de Varenne... Je me suis remis à écrire mon discours (*). Papini, esprit faux, écrivait que Bernanos et Mauriac étaient tous les deux des auteurs sataniques. Je ne le crois pas, mais il est certain que l'un et l'autre savaient...
(*) Il s'agit du discours qu'il doit prononcer concernant son prédécesseur à l'Académie française, François Mauriac.
(Le verbe 'savaient' mis en italique, est en italique aussi dans mon exemplaire du journal.)
"De nouveau rue de Varenne... Je me suis remis à écrire mon discours (*). Papini, esprit faux, écrivait que Bernanos et Mauriac étaient tous les deux des auteurs sataniques. Je ne le crois pas, mais il est certain que l'un et l'autre savaient...
(*) Il s'agit du discours qu'il doit prononcer concernant son prédécesseur à l'Académie française, François Mauriac.
(Le verbe 'savaient' mis en italique, est en italique aussi dans mon exemplaire du journal.)
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)
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