Re: L'Eglise en Egypte connaît le martyre
Publié : ven. 26 mai 2017, 18:48
Marana tha !
Viens Seigneur Jésus !
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Pour l'intelligence de la foi
https://cite-catholique.org/
Le progrès est que la "grande" presse (Le Monde, Libé... et Google News qui répercute leurs titres) en a quelque peu parlé, plus que les fois précédentes à ce qu'il me semble... c'est déjà ça. Il est grand temps que les Occidentaux prennent conscience de ce que vivent les populations de l'autre côté de la Méditerranée. Je ne me souviens pas de titres aussi gros jusqu'ici. J'en ai tellement marre d'entendre des lamentations sur l'attentat de Manchester comme si c'était du jamais vu, alors que ça fait des années qu'on ne s'émeut pas de toutes les attaques identiques que subissent nos frères chrétiens d'Orient, et d'autres aussi, parfois quotidiennement comme en Irak... Tout ça parce qu'on n'en parle pas assez chez les "faiseurs d'opinion".
Suliko,Suliko a écrit : Cher archi,
Dieu sait combien la situation des chrétiens d'Orient est douloureuse et combien ils méritent notre compassion et nos prières, mais faisons tout de même attention à ne pas faire de la théologie en nous laissant trop envahir par les sentiments. Il ne saurait être question de demander à des chrétiens non catholiques tués en haine du christianisme d'intercéder pour nous. D'un point de vue strict, il n'est pas possible d'être martyr si l'on n'est pas catholique, puisque le martyr meurt au nom de son attachement à la vraie foi. L'Eglise ne peut donc pas porter sur les autels des non catholiques. Néanmoins, cela ne nous empêche pas d'espérer qu'une bonne partie de ces pauvres coptes étaient de bonne foi dans l'hérésie, surtout les gens simples ne sachant pas grand chose de la théologie (sans parler des enfants !), mais seul Dieu connaît tout cela ! Il saura reconnaître les siens ! Malgré tout, je ne crois pas que l'on rendre un véritable service aux chrétiens non catholiques tués par des musulmans en les supposant automatiquement sauvés et martyrs. Prions plutôt pour eux, pour leur retour dans l'Eglise, et aussi pour leur bourreaux, qui certes sont d'un point de vue spirituel bien plus à plaindre que leurs victimes.
Chère Suliko.Suliko a écrit : ↑lun. 29 mai 2017, 20:26 Cher archi,
Dieu sait combien la situation des chrétiens d'Orient est douloureuse et combien ils méritent notre compassion et nos prières, mais faisons tout de même attention à ne pas faire de la théologie en nous laissant trop envahir par les sentiments. Il ne saurait être question de demander à des chrétiens non catholiques tués en haine du christianisme d'intercéder pour nous. D'un point de vue strict, il n'est pas possible d'être martyr si l'on n'est pas catholique, puisque le martyr meurt au nom de son attachement à la vraie foi. L'Eglise ne peut donc pas porter sur les autels des non catholiques. Néanmoins, cela ne nous empêche pas d'espérer qu'une bonne partie de ces pauvres coptes étaient de bonne foi dans l'hérésie, surtout les gens simples ne sachant pas grand chose de la théologie (sans parler des enfants !), mais seul Dieu connaît tout cela ! Il saura reconnaître les siens ! Malgré tout, je ne crois pas que l'on rendre un véritable service aux chrétiens non catholiques tués par des musulmans en les supposant automatiquement sauvés et martyrs. Prions plutôt pour eux, pour leur retour dans l'Eglise, et aussi pour leur bourreaux, qui certes sont d'un point de vue spirituel bien plus à plaindre que leurs victimes.
Argument faux, cher archi. Car Rome ne reconnaît pas la canonisation des saints "schismatiques". Rome a reconnu, dans les documents qui ont été à la base de la réintégration dans la Sainte Église Catholiques de certaines Églises Orientales jusque là en schisme leurs compétence en tant qu'Églises sui iuris. Saint Grégorie Palamas est considéré saint par l'Église Catholique Roumaine de rite byzantin (dont je fais partie) non pas parce qu'il est considéré comme tel par Rome, mais parce que l'organe compétant pour établir la calendrier des saints est le Synode de cette Église.archi a écrit : ↑lun. 29 mai 2017, 21:55
Par ailleurs, quand vous dites que "l'Eglise ne peut donc pas porter sur les autels des non catholiques", si vous impliquez par "catholiques" le fait d'être en pleine communion avec le pape, vous êtes dans l'erreur. L'Eglise reconnaît la canonisation de pas mal de saints "schismatiques", vénérés au moins par les Eglises catholiques orientales, par exemple St Grégoire Palamas, St Séraphim de Sarov, St Grégoire de Narek (arménien élevé par le Pape François au rang de Docteur de l'Eglise), St Isaac de Ninive (assyrien)... Et à part l'élévation au rang de Docteur de St Grégoire de Narek, tout ceci date bien d'avant Vatican II... Les choses ne sont pas noires et blanches en la matière.
Mais qu'est-ce-que cela change donc? Ces saints sont bien vénérés sur des autels catholiques, de façon pleinement canonique, sur décision des évêques ayant autorité pour le faire.Altior a écrit : ↑lun. 29 mai 2017, 22:21Argument faux, cher archi. Car Rome ne reconnaît pas la canonisation des saints "schismatiques". Rome a reconnu, dans les documents qui ont été à la base de la réintégration dans la Sainte Église Catholiques de certaines Églises Orientales jusque là en schisme leurs compétence en tant qu'Églises sui iuris. Saint Grégorie Palamas est considéré saint par l'Église Catholique Roumaine de rite byzantin (dont je fais partie) non pas parce qu'il est considéré comme tel par Rome, mais parce que l'organe compétant pour établir la calendrier des saints est le Synode de cette Église.
Heureusement pas tous!Sur le fond, je suis complètement d'accord avec Suliko. Ce qu'elle dit est bien une banalité évidente pour tout catholique tradi.
Seriez-vous en train de nous dire que la grâce sanctifiante n'existe pas dans les éléments séparés de l'Eglise catholique, qui confèrent des sacrements reconnus comme valides? C'est une hérésie, ça...Les saints sont les gens qui se trouvent certainement au Paradis. Ceux qui vont certainement au Paradis sont les catholiques qui meurent en état de grâce sanctifiante. Pour les autres, on peut au plus espérer, mais on ne peut pas parler de saints, justement parce que la certitude manque.
La question n'est pas là. La grâce sanctifiante peut exister en dehors de l'Eglise visible et effectivement, des gens non matériellement membres de l'Eglise peuvent être sauvés. Cependant, ce ne sont pas des choses dont nous pouvons juger. Nous sommes donc obligés de nous en tenir à ce que nous constatons, à savoir l'hérésie matérielle (qui peut, comme j'ai bien fait attention de le préciser, être de bonne foi!). La question de la responsabilité du schisme et de l'hérésie ne se pose donc même pas en ce qui concerne le sujet de ce fil. (Et d'ailleurs, si l'on élargit votre raisonnement sur la responsabilité, force est de constater que les musulmans ne sont pas plus responsables d'être musulmans que les monophysites ne le sont d'être monophysites, etc...)Seriez-vous en train de nous dire que la grâce sanctifiante n'existe pas dans les éléments séparés de l'Eglise catholique, qui confèrent des sacrements reconnus comme valides? C'est une hérésie, ça...
Qui n'existe pas pour les coptes, comme je l'ai rappelé plus haut. Les coptes ont une foi reconnue comme orthodoxe par l'Eglise, qui ne correspond pas à l'hérésie monophysite dont ils étaient jadis accusés.Suliko a écrit : ↑mar. 30 mai 2017, 22:11La question n'est pas là. La grâce sanctifiante peut exister en dehors de l'Eglise visible et effectivement, des gens non matériellement membres de l'Eglise peuvent être sauvés. Cependant, ce ne sont pas des choses dont nous pouvons juger. Nous sommes donc obligés de nous en tenir à ce que nous constatons, à savoir l'hérésie matérielle (qui peut, comme j'ai bien fait attention de le préciser, être de bonne foi!).
Si vous ne faites aucune différence entre une Eglise séparée - qui conserve une foi orthodoxe et des sacrements valides - et la religion musulmane, effectivement...La question de la responsabilité du schisme et de l'hérésie ne se pose donc même pas en ce qui concerne le sujet de ce fil. (Et d'ailleurs, si l'on élargit votre raisonnement sur la responsabilité, force est de constater que les musulmans ne sont pas plus responsables d'être musulmans que les monophysites ne le sont d'être monophysites, etc...)
Ladite définition suppose évidemment, pour être tenable, une conception "élargie" et augustinienne de l'Eglise catholique.Je suis désolées, mais l'enseignement de l'Eglise est trop clair sur la question du martyr des non catholiques - et ce déjà dans les écrits des Pères - pour que je puisse le passer sous silence. Prenez par exemple le concile de Florence: "Personne ne peut être sauvé, si grandes que soient ses aumônes, même s'il verse son sang pour le nom du Christ, s'il n'est pas demeuré dans le sein et dans l'unité de l'Eglise catholique."
Aujourd'hui, le danger principal qui menace les chrétiens est le terrorisme islamique. Les chrétiens vivant au Proche et Moyen-Orient sont les premiers visés, mais ne nous faisons pas d'illusions, le fait de vivre "confortablement" en Occident nous protégera de moins en moins. L'islam est une religion qui se définit notamment par son rejet - et sa haine affichée dans le Coran - de l'essentiel de ce qui fait la foi catholique depuis le début de l'Eglise, c'est-à-dire la divinité du Christ - et le dogme trinitaire, Sa mort et Sa résurrection.Notez bien que jamais je ne me serais permise d'aborder cette question délicate - surtout vu le contexte actuel - si vous n'aviez pas appelé les catholiques à demander l'intercession de ces pauvres coptes sauvagement assassinés. Il me semblait juste de tenter, peut-être un peu maladroitement, de remettre les choses au clair face à ce qui me paraissait être un abus de votre part. Ceci étant dit, il est évident que l'enseignement traditionnel de l'Eglise n'enlève absolument rien au courage admirable de ces chrétiens qui ont préféré mourir plutôt que de réciter la shahâda !