Nicolianor a écrit :
Je suis désolé, mais toute forme d'intelligence et de sagesse provient de Dieu et non du néant ou de la matière.
C'est exact. Tout ce qui est créé est produit par Dieu. L'intelligence humaine est créée par Dieu. Votre objection est donc inconsistante
Nicolianor a écrit :Notre capacité à penser et à réfléchir est un don de Dieu.
C'est exact. L'âme humaine est créée par Dieu. C'est donc un don. Or cette âme humaine est intelligente et volontaire. Donc la capacité de penser et de vouloir humainement (facultés ou puissances opératives) sont un don de Dieu, dont l'homme use en pensant et en voulant (opérations).
Nicolianor a écrit :L'intelligence humaine n'est qu'une corruption par le péché de ce don de Dieu.
NON !
1/ Tout homme est par nature intelligent et volontaire. Par nature, non par péché !
A) Il est naturel à l’homme d’avoir une intelligence humaine, que l’homme soit saint ou pécheur.
Concile Œcuménique de Constantinople IV (8ème Œcuménique), 10ème session, canon 11 :
Texte latin : «
L’Ancien et le Nouveau Testament enseignent que l’homme a une seule âme raisonnable et intellectuelle, et tous les Pères et Docteurs, porte-parole de Dieu dans l’Église affirment la même doctrine […] Si quelqu’un a l’audace d’agir à l’encontre de ce grand et saint concile, qu’il soit anathème, et exclu de la foi et de la religion chrétienne. »
Texte grec : « L’Ancien et le Nouveau Testament enseignent que
l’homme a une seule
âme raisonnable et intellectuelle, et tous les Pères et Docteurs, porte-parole de Dieu dans l’Église affirment la même doctrine […]
Si quelqu’un à l’avenir a l’audace de dire le contraire, qu’il soit anathème. »
Concile Œcuménique de Vienne (15ème Œcuménique), Constitution « Fidei catholica » :
« De plus, avec l'approbation du saint concile, Nous rejetons comme étant erronée et ennemie de la foi toute doctrine ou position qui affirme témérairement ou qui met en doute que la substance de l'âme rationnelle ou intellective n'est pas vraiment et par elle-même forme du corps humain, et, pour que la vérité de l'authentique foi catholique soit connue de tous et que soit barrée la route conduisant à toutes les erreurs et que personne ne s'y engage,
Nous définissons que doit être considéré comme hérétique quiconque osera désormais affirmer, soutenir ou tenir avec entêtement que l'âme rationnelle ou intellective n'est pas forme du corps humain par elle-même et par essence. »
Concile Œcuménique de Latran V (18ème Œcuménique), 8ème session, Bulle Apostolici regiminis :
« Nous condamnons et réprouvons tous ceux qui affirment que
l'âme intellective est mortelle ou unique en tous les hommes, ou qui sont dans le doute à ce sujet. En effet, non seulement celle-ci
est vraiment, par soi et essentiellement forme du corps humain, comme il est dit dans le canon de notre prédécesseur, le pape Clément V, publié au concile de Vienne, mais elle est à la vérité immortelle,
sujette à la multiplicité selon la multiplicité des corps dans lesquels elle est infusée, effectivement multipliée et sujette à être multipliée dans l'avenir. »
Pape Pie IX, Bref Eximiam tuam à l'archevêque de Cologne, contre les écrits d’Anton Günther :
«Nous constatons que dans ces mêmes livres il est porté atteinte à la conception et à la doctrine catholique concernant
l'homme, lequel
est constitué d'un corps et d'une âme de telle sorte que l'âme,
c'est-à-dire l'âme rationnelle, est
par elle-même la
forme vraie et immédiate du corps. »
Pape S.Pie X, Décret de la Sacrée Congrégation des Études : Thèses approuvées de philosophie thomiste :
« 13. Il y a deux sortes de corps, les corps vivants et les corps inertes. Dans les corps vivants, étant donné que se trouvent dans le même sujet la partie motrice et la partie mue, la forme substantielle appelée du nom d'âme appelle une disposition organique, c'est-à-dire des parties distinctes. »
« 14.
En aucune manière les âmes d'ordre végétatif et d'ordre sensible ne subsistent par elles-mêmes ni ne se produisent elles-mêmes, mais elles existent seulement selon le principe par lequel le vivant existe et vit, et comme elles dépendent entièrement de la matière, lorsque le composé périt, elles périssent par là même par accident. »
« 15.
Au contraire, l'âme humaine subsiste par elle-même ; elle est créée par Dieu pour être unie à un sujet suffisamment préparé, et par nature elle est impérissable et immortelle. »
« 16.
Cette âme rationnelle est unie au corps de manière à en constituer la forme substantielle unique, et par elle l'homme existe comme homme, comme animal, comme vivant, comme substance et comme être. L'âme donne à l'homme toute sa perfection essentielle ; en outre elle communique au corps l'acte d'exister par lequel elle existe elle-même. »
« 17. Deux ordres de facultés proviennent de l'âme humaine en vertu de sa nature, les premières qui ont rapport aux sens ont pour sujet le composé, les secondes l'âme seule. L'intellect est une faculté intrinsèquement indépendante d'un organe. »
« 18.
L'intelligence suit nécessairement l'immatérialité, en sorte que le degré d'intellectualité correspond au degré d'éloignement de la matière. L'objet adéquat de l'intelligence est communément l'être lui-même ;
le propre de l'intellect humain dans l'état présent de l'union est limité à abstraire les quiddités de leurs conditions matérielles. »
« 19. Nous puisons la connaissance dans les choses sensibles. Mais comme le sensible n'est pas intelligible en acte, il faut admettre, en plus de l'intellect atteignant formellement (les intelligibles), l'existence dans l'âme d'une faculté active abstrayant les formes intelligibles des images. »
« 20. Par ces formes intelligibles nous connaissons directement les formes universelles ; les êtres individus nous les atteignons par les sens et par l'intellect faisant retour aux images ; par analogie, nous accédons à la connaissance des réalités spirituelles. »
« 21.
La volonté suit l'intellect, elle ne le précède pas ; la volonté désire nécessairement ce qui lui est présenté comme le bien qui satisfait son appétit de toute manière, mais parmi plusieurs biens qui lui sont présentés comme désirables, elle choisit librement par un acte de jugement révocable. Ainsi le choix suit le dernier jugement pratique ; enfin la volonté exécute. »
DONC TOUT HOMME EST PAR NATURE COMPOSÉ D’UNE « ÂME RATIONNELLE OU INTELLECTIVE » ET D’UN CORPS. ET PUISQUE CETTE ÂME INTELLECTUELLE EST LA FORME SUBSTANTIELLE DE L’HOMME, CETTE ÂME EST HUMAINE. DONC TOUT HOMME A UNE ÂME HUMAINE RAISONNABLE, RATIONNELLE, INTELLECTIVE, INTELLECTUELLE. DONC TOUT HOMME, DU SEUL FAIT QU’IL EST HOMME, A UNE INTELLIGENCE HUMAINE.
B) Donc le Christ a une intelligence humaine.
LE VERBE INCARNÉ N’EST PAS SEULEMENT VRAI DIEU, IL EST ENCORE VRAI HOMME. ET C’EST POURQUOI EN SUS DE SON INTELLIGENCE ET DE SA VOLONTÉ DIVINE, IL A UNE INTELLIGENCE ET UNE VOLONTÉ HUMAINE :
Statuta Ecclesiae Antiqua :
« l'Incarnation divine est advenue non pas dans le Père ni dans l'Esprit Saint mais seulement dans le Fils, en sorte que lui, qui dans la divinité était le Fils de Dieu le Père, est devenu en l'homme le Fils de l'homme sa mère, vrai Dieu du Père et vrai homme de la mère, tenant la chair du sein de la mère, et
une âme humaine raisonnable ».
Pape Innocent III, Lettre « Eius exemplo » à l'archevêque de Tarragone, 18 décembre 1208 :
« Nous croyons de notre coeur et nous confessons de notre bouche que l'Incarnation ne s'est pas faite dans le Père ni dans l'Esprit Saint, mais dans le Fils seulement ; de sorte que celui qui était en divinité le Fils de Dieu le Père, était, en humanité, le Fils de l'homme, vrai homme de la mère, ayant une vraie chair des entrailles de la mère et
une âme humaine raisonnable ».
Concile Œcuménique de Vienne (15ème), Constitution « Fidei catholica » :
« Nous confessons ouvertement avec la sainte Mère Eglise que le Fils unique de Dieu, qui subsiste éternellement avec le Père en tout ce en quoi le Père existe comme Dieu, a assumé dans le temps et dans le sein virginal, en l'unité de son hypostase et personne,
les parties de notre nature qui lui sont en même temps unies, par lesquelles lui, qui existe en lui-même comme vrai Dieu, est devenu vrai homme, à
savoir un corps humain passible et une âme intellective ou rationnelle, informant véritablement par elle-même et de manière essentielle le corps lui-même. »
Pape Pie IX, Lettre apostolique Dolore haud mediocri à l'évêque de Breslau :
« Nous considérons que
la conception selon laquelle il y a en l'homme un unique principe de vie, à savoir l'âme rationnelle, par laquelle le corps aussi reçoit et son mouvement et toute sa vie et ses sensations, est très commune dans l'Eglise de Dieu, et que la plupart des docteurs - et surtout les plus approuvés - la considèrent comme à ce point liée au dogme de l'Eglise, qu'elle en est l'interprétation légitime et la seule vraie, et que par conséquent elle
ne peut être niée sans erreur dans la foi. »
L’ÉGLISE CATHOLIQUE ENSEIGNE DONC FORMELLEMENT ET EXPLICITEMENT QUE LE VERBE INCARNÉ A UNE INTELLIGENCE HUMAINE ET UNE VOLONTÉ HUMAINE.
NICOLIANOR LE NIE OBSTINÉMENT…
2/ Le péché originel affaiblit mais ne détruit pas l’intelligence ou le libre-arbitre de l’homme. Le péché originel ne détruit ni l’intelligence ni la volonté humaines :
Concile Œcuménique de Trente (19ème Œcuménique) 5ème session, Décret sur le péché originel :
«
Que la concupiscence ou le foyer du péché demeure chez les baptisés, ce saint concile le confesse et le pense ; cette concupiscence étant laissée pour être combattue, elle ne peut nuire à ceux qui n'y consentent pas et y résistent courageusement par la grâce du Christ. Bien plus, “celui qui aura lutté selon les règles sera couronné” [II Tm II 5].
Cette concupiscence, que l'Apôtre appelle parfois “péché”, le saint concile déclare que l'Eglise catholique n'a jamais compris qu'elle fût appelée péché parce qu'elle serait vraiment et proprement péché chez ceux qui sont nés de nouveau, mais parce qu'elle vient du péché et incline au péché. Si quelqu'un pense le contraire : qu'il soit anathème. »
Concile Œcuménique de Trente (19ème Œcuménique) 6ème session, Décret sur la justification :
« En premier lieu le saint concile déclare que pour avoir une intelligence exacte et authentique de la doctrine de la justification, il faut que chacun reconnaisse et confesse que, tous les hommes ayant perdu l'innocence dans la prévarication d'Adam, devenus impurs et (comme le dit l'Apôtre) “enfants de colère par nature” [Ep II 3] comme cela a été exposé dans le décret sur le péché originel, ils étaient à ce point “esclaves du péché” et sous le pouvoir du diable et de la mort, que non seulement les païens, par la force de la nature, mais aussi les juifs, par la lettre même de la Loi de Moïse, ne pouvaient se libérer ou se relever de cet état, même si
le libre arbitre n'était aucunement éteint en eux, bien qu'affaibli et dévié en sa force. »
Thèses sur la foi et la raison contre le fidéisme :
«
Quelque faible et obscure soit devenue la raison par le péché originel, il lui reste assez de clarté et de force pour nous guider avec certitude à l’existence de Dieu … »
Pape S.Pie IX, Lettre Gravissimas inter à l'archevêque de Munich-Freising :
« Si ces partisans de la philosophie défendaient les vrais principes et les vrais droits de la raison et de la philosophie et eux seuls, ils devraient recevoir des louanges méritées. Car la vraie et saine philosophie occupe une place très remarquable, puisque sa tâche est de chercher soigneusement la vérité, de former justement et sérieusement
la raison humaine, obscurcie sans doute mais nullement éteinte par la faute du premier homme, et de l'éclairer ; de saisir son objet de connaissance et un grand nombre de vérités, de bien les comprendre, de les approfondir, et de démontrer nombre d'entre elles, comme l'existence, la nature, les attributs de Dieu, que la foi aussi propose à croire, par des arguments tirés des principes, de les justifier, de les défendre, et, de cette manière, d'ouvrir la voie pour qu'on tienne plus exactement ces dogmes par la foi, et même pour que les dogmes les plus cachés, que la foi est seule d'abord à connaître, soient, d'une certaine manière, compris par la raison. Voilà ce que doit faire et ce à quoi doit s'occuper la science austère mais très belle de la vraie philosophie ... »
DONC L’HOMME CONSERVE SA RAISON ET SA LIBERTÉ, SON INTELLIGENCE ET SON VOULOIR, AVANT COMME APRÈS LE PÉCHÉ ORIGINEL.
L’INTELLIGENCE ET LA VOLONTÉ HUMAINE SONT FORTIFIÉES PAR LA GRÂCE ET AFFAIBLIES PAR LE PÉCHÉ ; QUE SUITE AU PÉCHÉ ORIGINEL L’INTELLIGENCE ET LA VOLONTÉ HUMAINES SOIENT AFFAIBLIES N’EMPÊCHE PAS QU’ELLES DEMEURENT.
Nicolianor a écrit :L'intelligence de Dieu ne change pas ou ne s'améliore pas, elle est déjà parfaite.
C’est pleinement exact.
Nicolianor a écrit :Elle ne s'aditionne pas avec une intelligence qui lui est étrangère.
Le Verbe incarné est VRAI DIEU ET VRAI HOMME. En conséquence de quoi à son intelligence divine s’ajoute une intelligence humaine.
Nicolianor a écrit :C'est comme si vous affirmiez que sa nature humaine lui a permis d'en savoir plus, alors qu'il sait déjà tout.
Votre remarque fait apparaître que vous confondez la personne du Verbe et sa nature divine. Or la personne du Verbe incarné n’est pas seulement Dieu ; elle est encore homme, vrai homme, de même nature que nous selon l’humanité.
Votre confusion s’explique par votre incapacité à comprendre correctement le mystère de l’union hypostatique. Au lieu de dire que l’homme Jésus est, comme tout homme, composé d’une essence (âme rationnelle et corps) et d’une existence, et qu’en Jésus l’existence n’est pas une existence créée mais est l’existence incréée qu’est la nature divine, en conséquence de quoi le Verbe unit à Lui une nature humaine complète (âme rationnelle créée et corps), donc est cette nature humaine qu’il existe, en sus d’être la nature divine, vous supprimez une partie de la nature humaine, l’âme rationnelle créée, et vous dites que la nature divine joue son rôle, ce qui est typiquement apollinariste, comme vous ne pouvez l’ignorer.
Pour répondre à votre remarque, l’intelligence humaine du Verbe incarné ne donne pas à la nature divine du Verbe un quelconque surcroît de connaissance : elle donne à la nature humaine du Verbe de pouvoir connaître intellectuellement.
L’Église enseigne que le Verbe incarné est Omniscient à raison de sa nature divine, et qu’il ne l’est pas à raison de sa nature humaine. Car le Verbe n’est pas seulement Dieu, il est encore homme. Comme Dieu, Il est éternel, comme homme, il est mortel. Comme Dieu, il est Impassible. Comme homme, il souffre la Passion. Comme Dieu, il est Intelligence Infinie, comme homme il est intelligence bornée.
Nicolianor a écrit :Jésus prophétise par son propre esprit et les hommes prophétise par l'esprit de Dieu.
Sophisme !
L’homme qu’est le Verbe incarné ne prophétise que parce que le Dieu qu’est le Verbe incarné le lui donne ; le Verbe étant vrai Dieu ET vrai homme.
L’homme qu’est le Verbe incarné prophétise en tant qu’homme, et cet homme qu’est le Verbe incarné prophétise parce que le Dieu qu’est le Verbe incarné donne l’esprit de prophétie à l’homme qu’est le Verbe incarné.
Il est manifeste que votre apollinarisme vous conduit au monoénergisme.
Nicolianor a écrit :L'animal a une volonté car il a des désirs à assouvir, c'est là que réside sa volonté. Si l'animal n'avait pas de volonté, comme vous le dites, il n'aurait aucun désir, soit de mangé et de boire.
L’animal a un appétit sensible, qui le pousse à satisfaire à ses instincts et pulsions, mais cet appétit sensible n’est pas une volonté, laquelle est un appétit rationnel : «
La volonté suit l'intellect, elle ne le précède pas ; la volonté désire nécessairement ce qui lui est présenté comme le bien qui satisfait son appétit de toute manière, mais parmi plusieurs biens qui lui sont présentés comme désirables, elle choisit librement par un acte de jugement révocable. Ainsi le choix suit le dernier jugement pratique ; enfin la volonté exécute. » (S.Pie X, Décret de la Sacrée Congrégation des Études).