Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2008-2009)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
Règles du forum
Forum de partage de méditations chrétiennes
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Indispensable humilité

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16,9-15.
Ressuscité de grand matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d'abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons.
Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s'affligeaient et pleuraient.
Quand ils entendirent qu'il était vivant et qu'elle l'avait vu, ils refusèrent de croire.
Après cela, il se manifesta sous un aspect inhabituel à deux d'entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne.
Ceux-ci revinrent l'annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus.
Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu'ils étaient à table : il leur reprocha leur incrédulité et leur endurcissement parce qu'ils n'avaient pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité.
Jésus ressuscité dit aux onze Apôtres : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création.

Saint Marc, dans son style concis et tranchant, souligne le rôle de messagère de la Résurrection, attribué à Marie-Madeleine - rôle essentiel, exceptionnel, attribué à une femme dont le Seigneur avait expulsé sept démons. Ne serait-ce pas que dans cette délivrance, il y avait une image même de notre propre délivrance, à la fois du péché et de la mort ? Mais il souligne aussi, et par deux fois, l'endurcissement des onze autres (les premiers choisis, les plus proches d'entre les proches). Ce que je retiens, pour mon propre compte, c'est que, pour entretenir vive et haute la flamme de notre foi, il est bon, il est juste et il est nécessaire d'en revenir souvent à ce point de l'espace et du temps où le Christ miséricordieux a croisé notre chemin et a défait les nœuds de notre incroyance. C'est toujours la reconnaissance de notre état de pécheur, de notre état de pauvre mortel, de notre équilibre si précaire qu'un simple incident peut le faire basculer... qui permet au Seigneur d'autant plus facilement de venir à notre secours. C'est donc d'humilité qu'il s'agit.

Aujourd'hui, je n'ai pas difficile de dire que c'est l'acidité de mon estomac, due à de multiples soucis, ainsi mes nuits hantées par autant de souvenirs que par la solitude et la crainte de la mort, qui m'ont rendu plus facile de "replonger" ma foi dans la prière. Aujourd'hui, à midi, après avoir de nouveau remué en moi tant de choses passées, j'ai reçu la grâce de m'abandonner de nouveau tout à fait. Comme si, d'un instant, même la conscience de ma propre identité n'avait plus aucune importance, pourvu de vivre dans la foi. Je me suis mis à prier et je n'ai plus cessé. C'est ce type d'état de prière qui m'a permis de dire un jour: à présent que j'ai retrouvé la prière, je ne m'arrêterai plus avant d'avoir retrouvé Jésus. Quel sentiment de liberté tout à coup !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

21 avril - Le prix de la vie éternelle

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 3, 7-15)
3
14 De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé,
15 afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.

C'est cet amour de miséricorde, qui va jusqu'au don total, absolu, et plus encore, dans de très grandes souffrances, que l'homme a si diffile à recevoir de Dieu . Le jour de ma conversion, dans les premiers instants, j'ai été ahuri et ma première réaction a été celle du refus: "Non, ce n'est pas possible, je ne veux, l'amour ne peut aller jusque-là ! Et pourtant, si... et c'est même le commencement de toute l'histoire. Maintenant, lorsque il y a quelqu'un que je dois aimer, souvent c'est le Seigneur qui me propose telle ou telle personne, et en quelques occasions, j'ai eu l'impression que mes sentiments n'étaient pas vraiment les miens, mais qu'ils m'avaient été "infusés" afin que j'accomplisse un ou plusieurs gestes de miséricorde. De toute manière, suis-je par moi-même capable d'aimer quiconque ? Aimer vraiment, c'est-à-dire sans que le désir de posséder s'empare de moi ? Non, il y a toujours une lutte, un renoncement dont je sais qu'il peut être pénible.

Il n'y a pas d'amour sans liberté. Cette règle est absolue, au point que Dieu lui-même n'y échappe pas. (En réalité, Il lui suffirait sans doute de se manifester au monde dans la gloire de l'Amour - mais même ainsi, il resterait quelques âmes perdues qui Le rejetteraient).
Aimer ne va jamais sans souffrances, mais il faut bien se mettre à l'esprit également que lorsqu'il n'y a plus d'amour, souvent il n'y a plus de vie non plus. Il est tout à fait clair pour moi que celui aime est vivant, et celui qui n'aime pas est déjà mort. Il y a de nombreuses âmes déjà mortes que nous croisons chaque jour, mais c'est une faveur de Dieu de ne pas pouvoir pénétrer l'état de l'âme de notre prochain - tout comme c'est une faveur aussi de ne pas voir comme nous sommes vus (car nous nous écroulerions de chagrin devant toutes les peines causées quotidiennement à Jésus Amour).

Il a plu à Dieu de vouloir nous donner la vie éternelle, et quel prix n'a-t-il pas payé ! Parfois lorsque je songe à cela, je n'ose plus me regarder dans mon miroir...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Le chemin vers la lumière -22/4

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,16-21.
le Jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises.
En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses oeuvres ne lui soient reprochées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu. »

Pour vivre dans la lumière, chaque heure de chaque jour, dans la bonne santé ou la maladie, dans la solitude ou la rencontre, mais toujours en plein accord avec le Seigneur, cela pousse ou entraîne à diverses attitudes. J'aime beaucoup la démarche de Simone Weil, qui est si rigide qu'elle effraie parfois, mais qui dès le commencement de sa recherche avait indiqué le but final: l'accès à la vérité. En ce qui me concerne, je dois passer par les sacrements, mais aussi la prière, la tenue d'un petit carnet de route, dans lequel je note les combats que je dois mener, ces partages sur internet qui permettent un ressourcement dans l'après-midi (après la messe du matin).

Les pires moments sont évidemment ceux de la solitude humaine. La solitude est parfois pire que la maladie, car dans la maladie, il est souvent plus aisé de rencontrer Dieu - car Dieu nous veille; et il y a moins de tentations à affronter que lorsque tout va bien. L'Evangile dit bien: "celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses oeuvres soient reconnues comme des oeuvres de Dieu." Il vient, il est sur le chemin, il n'est pas encore arrivé, il doit accomplir en chemin de nouvelles oeuvres...

Beaucoup d'entre nous, je dis cela pour le réconfort, peuvent se rassurer qu'après, dix, vingt, trente ans ou plus sur ce chemin, l'essentiel est déjà fait... pour autant que ce soit vers la lumière qu'on ait regardé en marchant, et non vers soi-même. Il m'arrive des jours où j'aurai beaucoup moins hâte de travailler, de rechercher un quelconque "impact" dans le monde. Beaucoup de choses que j'avais crues "absolument nécessaires", commence à perdre de l'importance, du volume dans mon coeur. Et je dis, à la manière du Baptiste: il est important que Jésus grandisse, tandis que "moi" doit diminuer.

O, Jésus, mon Seigneur et mon Dieu !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

La solitude, un don de l'Esprit ?

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,31-36.
Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tout. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel rend témoignage de ce qu'il a vu et entendu, et personne n'accepte son témoignage.
Mais celui qui accepte son témoignage certifie par là que Dieu dit la vérité.
En effet, celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, car Dieu lui donne l'Esprit sans compter.
Le Père aime le Fils et a tout remis dans sa main.
Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire en lui ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »

Chez Jean, je retrouve toujours le verbe "demeurer" avec une sensation de douceur et de chaleur, comme une présence intime et heureuse. Cependant, ici, c'est la colère de Dieu qui demeure sur celui qui refuse de croire... Et je me pose la question: Seigneur, est-il si simple, pour un homme, d'abord de croire, et ensuite de subir la colère de Dieu s'il a, ensuite, refusé de croire ?

Cette question monte en moi de ces années d'obscurité, qui sont encore latentes, quelque part dans les profondeurs de mon "petit moi" avant ma conversion... En réalité, chaque fois que nous commettons une faute, n'est-ce pas comme si nous refusions de croire ? N'est-ce pas, à chaque fois, comme l'endurcissement de coeur des scribes et des pharisiens, que nous reproduisons ? A partir du moment où j'ai cru, j'aurais tellement voulu tracer une ligne toute droite ! Mais il ne s'agit, le plus souvent, que d'une pauvre ligne toute brisée et je ne peux qu'espérer qu'elle soit regardée de très-haut...

D'où l'importance des sacrements. Le sacrement de Réconciliation, bien sûr, mais je songe aussi à l'Eucharistie où l'âme puise des forces, et je songe encore à la prière, et aux exercices quotidiens. Ce ne sont pas des exigences, tellement difficiles, car l'Esprit nous y pousse et nous en donne les moyens.

J'écrirais volontiers qu'il existe une sorte de nouveau sacrement, qui est celui de la solitude.
J'ai lu cette étymologie du mot sacrement « signe visible et efficace de l'amour de Dieu » ... La personne qui reçoit le sacrement reçoit à travers lui le « don de l'Esprit ».
Il est difficile d'accepter la solitude, de la supporter sans chercher à s'en soustraire de toutes les manières possibles. Je suis très certainement influencé par mes dernières lectures de Simone Weil, car j'ai découvert chez elle cette même pensée: le signe visible et efficace de la présence de Dieu, c'est justement le sentiment de son absence. Sentiment douloureux, qui semble parfois cruel et intolérable. Mais cette peine est un terrain solide sur lequel avancer ! S'il n'y avait pas cette difficulté, nous n'avancerions jamais, nous ne ferions aucun effort. Pour s'en convaincre, il suffit de songer au nombre de distractions que le monde propose : c'est comme si l'homme n'avait pas été "équipé", dès la naissance, pour savoir se passer de sons et d'images !

Je retrouve une idée similaire dans l'Evangile où nous voyons Jésus, après son baptême par Jean, "poussé par l'Esprit au désert." Finalement, je ne retiens pas le mot de sacrement, mais sûrement celui du "don de l'Esprit". Il faut bien que nous subissions la solitude, car notre faim et notre soif d'aimer ne peuvent que s'accroître par elle. Il faut savoir se réjouir d'une potion un peu amère lorsque nous savons qu'elle nous guérira !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Le salut de paix

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24,35-48.
Les disciples qui rentraient d'Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s'était passé sur la route, et comment ils avaient reconnu le Seigneur quand il avait rompu le pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même était là au milieu d'eux, et il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

Il suffit aux disciples de retour d'Emmaüs qu'ils rapportent leur aventure, pour qu'à nouveau Jésus apparaisse au milieu d'eux et les salue par le mot de la paix... Cela nous arrive donc tous les jours, en différentes occasions, et nous n'y voyons rien. Au cours de la journée d'hier, j'ai pourtant été rempli de joie, de douceur, de force vive et de parole lors d'une rencontre qui m'avait quelque peu effrayé au départ. A présent, lorsque j'y songe, j'ai quelque regret, une impression de trop peu, du vague au coeur, mais je chasse tout cela: d'autres occasions viendront. Pour rencontrer Jésus, il suffit de garder l'esprit ouvert, de prêter attention au Seigneur, ou que je sois, quoi que l'on fasse. Je sais bien qu'Il est ici-même, tandis que je rédige mon partage depuis un cybercafé: il suffit de songer à Lui, et Lui est présent. Si je ne ressens pas sa présence, il y a deux raisons possibles: cela deviendrait trop facile et je ne ferais plus rien, la seconde raison est la sanctification. Et je veux me réjouir quoi qu'il m'advienne.

La paix soit avec vous, je le répète, puisque c'est pour chacun d'entre nous et c'est pour vous aussi. Puissions-nous tous avancer de façon résolue, dans la paix, avec le désir de servir notre prochain comme nous avons nous-même été servis !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Le pain de la foi

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,22-29.
Jésus avait traversé le lac en marchant sur les eaux. Le lendemain, la foule restée sur l'autre rive du lac se rendit compte qu'il n'y avait eu là qu'une seule barque, et que Jésus n'y était pas monté avec ses disciples, qui étaient partis sans lui. Cependant, d'autres barques, venant de Tibériade, étaient arrivées près de l'endroit où l'on avait mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâce. La foule s'était aperçue que Jésus n'était pas là, ni ses disciples non plus. Alors les gens prirent les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.
L'ayant trouvé sur l'autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés.
Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l'homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son empreinte. » Ils lui dirent alors : « Que faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Jésus leur répondit : « L'œuvre de Dieu, c'est que vous croyiez en celui qu'il a envoyé. »

Ces mouvements de foule, ces déplacements en barques, dont la description trahit une grande agitation, dévoile combien les hommes se laissent vite aveugler par des apparences et des solutions qui ne leur coûtent rien. Ils voudraient bien s'emparer de Jésus, le proclamer roi et bénéficier de ses largesses... tout en récriminant plus tard, comme leurs aïeux l'avaient fait déjà lorsque Moïse, après l'exode, les guidait dans le désert.

Jésus commence donc par s’échapper pour laisser le temps épuiser quelque peu leur ardeur. Ensuite, Il les renvoie vers eux-mêmes. La nourriture dont Il les a rassasié pour un jour n'est que l'annonce de celle dont Il les nourrira jusque dans l'éternité. Il y a effectivement un travail à accomplir, toujours le même, celui de renoncer aux mentalités du monde et de croire.

En lisant ce texte, je songe au passage d’Isaïe, au chapitre 30 :
« Dans l'angoisse, le Seigneur te donnera du pain,
et de l'eau dans la détresse.
Celui qui t'instruit ne se dérobera plus
et tes yeux le verront.
Quand tu devras aller ou à droite ou à gauche,
tes oreilles entendront celui qui te dira :
« Voici le chemin, prends-le ! »

et je me réjouis de voir comment, au travers de toute sa vie publique, le Seigneur va accomplir les écritures, de manière tangible et palpable, puis, au travers des signes, conduire l’homme à rechercher en lui-même la présence du Dieu sauveur.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Avatar de l’utilisateur
Pneumatis
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 1937
Inscription : jeu. 19 févr. 2009, 17:22
Localisation : Châteaubriant
Contact :

Re: Le pain de la foi

Message non lu par Pneumatis »

Déjà au tentateur du désert qui dit à Jésus de transformer une pierre en pain, Jésus répond : « Il est écrit : Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Mathieu 4, 4.

Et il précise à ses disciples les effets de la véritable prière, en parlant du Père : Lequel d'entre vous donnerait une pierre à son fils qui lui demande du pain ? Mathieu 7, 9

Alors puisque Jésus est ce pain de vie éternelle, fait nourriture dans la "Maison du Pain" (né dans une mangeoire à Beth-Léem), prions le Seigneur comme Il nous l'a appris : Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Le pain du ciel et celui de la terre

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,30-35.
Après la multiplication des pains, la foule dit à Jésus: "Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire? Quelle oeuvre vas-tu faire? Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l'Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n'est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c'est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours. » Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n'aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n'aura plus jamais soif.

La foule n'a guère été satisfaite par la réponse du Christ à sa demande, dans l'Evangile d'hier. Hésitante, elle retombe sur son pied gauche et demande un signe avant de pouvoir croire en Lui. La multiplication des pains et des poissons n'était-elle pas assez éloquente? Mais elle est déjà oubliée, reléguée. La question revient de nouveau : comment obtenir ce pain mystérieux qui dure jusque dans la vie éternelle, comment le fait de croire peut-il épargner de devoir manger matin, midi et soir? Ils parlent de manière terrestre, ils restent sur un seul plan, tandis que la parole de Jésus les plans, le terrestre et le céleste, l'humain et le divin.

Est-il possible donc de demeurer vivant uniquement par la foi en Jésus, le pain qui descend de Dieu et donne la vie au monde ? Oui, cette parole est vraie et vaut sur les deux plans. (Ou bien que l'on m'explique comment Marthe Robin a pu "tricher" depuis son lit de souffrance pour s'alimenter, durant cinquante ans, d'un autre pain que l'hostie...) Mais il y a d'autres réponses possibles que de donner le nom de Marthe Robin.

Après sa rencontre avec la Samaritaine, Jésus dit aussi aux disciples : "J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas. Ma nourriture, c'est d'accomplir la volonté de mon Père". Je ne sais pas s'il vous est arrivé, mais à moi, oui, de sauter un repas pour arriver au bout d'un travail qui vous passionnait. Vous avez tout simplement oublié de manger. Plusieurs fois, lorsque je me sens absorbé par un texte que je désire explorer à fond pour pouvoir y revenir ensuite uniquement par la mémoire, j'oublie mon estomac, j'arrive en retard et je mange léger. Le phénomène est connu sous d'autres formes, puisqu'on dit facilement: "Quand j'ai appris cela, j'ai eu l'appétit coupé".

Le pain de Jésus, le pain qu'est Jésus est tout entier amour de miséricorde. Si nous plaçons nos vies entre ses mains, nous pouvons être certains de parvenir dans le Royaume, non seulement comblés des biens qui ne passent pas, mais sans avoir manqué non plus des biens qui passent. Il n'est guère étonnant que le pain quotidien fasse l'objet d'une demande particulière dans le Notre Père !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Jésus, le pain indispensable

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 6, 44-51)

44i Après avoir multiplié les pains, Jésus disait à la foule des Juifs: "Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m'a envoyé ne l'attire vers moi, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous instruits par Dieu lui-même. Tout homme qui écoute les enseignements du Père vient à moi. Certes, personne n'a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi a la vie éternelle. Moi, je suis le pain de la vie."

Jésus est le pain de vie, et ce pain, c'est la Parole incarnée, c'est la Parole gardée, absorbée, vécue. Aujourd'hui, j'en vis. Même si je n'ai pu ce matin participer à l'Eucharistie - par laquelle la Parole se fait pain visible, c'est la Parole qui me pousse au partage par l'écriture, par la prière, par l'acceptation de la solitude humaine, par mon travail. Je constate que ce petit passage de saint Jean contient beaucoup d'enseignement théologique en quelques lignes. Pour un homme, afin de vivre et de durer, l'attachement à la personne du Christ est primordial: le Père même attire tout homme vers le Fils.

Tandis qu'un beau soleil envahit le ciel pour le premier mai, j'ai beaucoup entendu de propos sur le suicide, ce matin. Y a-t-il une saison pour le suicide ? Mais je n'ai pu qu'écouter et prier, ainsi que je le fais d'habitude. Comment convaincre que nos vies n'appartiennent qu'au Seigneur ? Comment rassurer que rien de mal ne peut arriver à quiconque se place en Dieu par le Fils ? J'ai tout de même tenté un message par SMS qui disait: "Ma bonne fortune, c'est que tout est exposé sous le regard du Seigneur. Que je sois en forme ou malade, que me retrouve seul ou que je sois accompagné, je cherche le regard du Seigneur."Il est le Bien, le grand Bien, le souverain Bien, je sais cela, par chaque fibre de mon corps, et la souffrance même ne peut me faire douter.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Le Christ et l'abolition des sacrifices humains

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 6, 52-59)

52 Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
53 Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous.
54 Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
55 En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.
56 Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui.
57 De même que le Père, qui est vivant, m'a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi.
58 Tel est le pain qui descend du ciel : il n'est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »
59 Voilà ce que Jésus a dit, dans son enseignement à la synagogue de Capharnaüm.

En tenant ce langage, volontairement cru mais empreint d'une grande solennité (« Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas la vie en vous."), Jésus s'en prend directement à notre manque de foi. C'est encore plus évident dans l'emploi de ces termes : "celui qui me mangera vivra par moi."

Mais n'y a-t-il pas aussi une évocation des rituels de sacrifices humains pratiqués dans les nations païennes, et l'annonce de leur disparition ? Je songe au dieu Moloch-Baal, au sujet duquel j'ai trouvé ce récit: "Selon Diodore, 500 enfants de la noblesse furent exécutés de la plus atroce des façons. Un immense Baal trônait sur la place centrale de la cité. Il était creux, et l’on entretenait à l’intérieur un immense brasier. Les bras de la statue, articulés, emportaient les enfants, encapuchonnés de noir, dans la gorge béante où ils étaient précipités vivants, sous les yeux d’une foule que Diodore de Sicile décrit ivre de joie démente et de folie meurtrière."

La foi chrétienne a absorbé la notion de sacrifice. Ou devrais-je dire: la Croix donne le sens véritable du sacrifice, comme le don intégral de soi dans l'Amour. Il n'y a que l'Amour qui permette même de petits sacrifices de l'Ego, le "moi" demeurant toujours en nous comme un animal aux griffes pointues qui ne demande qu'à mordre et à consommer et qui ne sait que réclamer toujours son droit et se plaindre à la face de la terre. (Je me souviens ici de la fameuse peinture : le Christ de saint Jean de la Croix de Salvador Dali, dont j'aimerais trouver un commentaire approprié (?) mais qui m'est toujours apparue comme le signe d'un renversement complets des valeurs terrestres.)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Avatar de l’utilisateur
Bruno1600
Ædilis
Ædilis
Messages : 25
Inscription : jeu. 29 janv. 2009, 19:36

Re: La pierre qui a été roulée...

Message non lu par Bruno1600 »

Bonjour Etienne! :ciao:

Pardonnez mon scepticisime et loin de moi l'idée de faire un jeu de mot avec "rouler" ("tromper"), je suis certainement beaucoup moins croyant que vous, je note du reste que vous aussi vous vous posez des questions , mais sur ce passage là j'ai vraiment du mal, parce que chaque évangile nous offre une version différente des faits. A l'Evangile selon Saint Marc que vous citez sur cet épisode, je cite la version des 3 autres:

Saint Matthieu

28,1 Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l'autre Marie vinrent visiter le sépulcre.
28,2 Et voilà qu'il se fit un grand tremblement de terre : l'Ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s'assit.
28,3 Il avait l'aspect de l'éclair, et sa robe était blanche comme neige.
28,4 A sa vue, les gardes tressaillirent d'effroi et devinrent comme morts.
28,5 Mais l'ange prit la parole et dit aux femmes : "Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié.
28,6 Il n'est pas ici, car il est ressuscité comme il l'avait dit. Venez voir le lieu où il gisait,
28,7 et vite allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d'entre les morts, et voilà qu'il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez. Voilà, je vous l'ai dit."
28,8 Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
28,9 Et voici que Jésus vint à leur rencontre : "Je vous salue", dit-il. Et elles de s'approcher et d'étreindre ses pieds en se prosternant devant lui.
28,10 Alors Jésus leur dit : "Ne craignez point ; allez annoncer à mes frères qu'ils doivent partir pour la Galilée, et là ils me verront."


Saint Luc

24,1 Le premier jour de la semaine, à la pointe de l'aurore, elles allèrent à la tombe, portant les aromates qu'elles avaient préparés.
24,2 Elles trouvèrent la pierre roulée de devant le tombeau,
24,3 mais, étant entrées, elles ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.
24,4 Et il advint, comme elles en demeuraient perplexes, que deux hommes se tinrent devant elles, en habit éblouissant.
24,5 Et tandis que, saisies d'effroi, elles tenaient leur visage incliné vers le sol, ils leur dirent : "Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ?
24,6 Il n'est pas ici ; mais il est ressuscité. Rappelez-vous comment il vous a parlé, quand il était encore en Galilée :
24,7 Il faut, disait-il, que le Fils de l'homme soit livré aux mains des pécheurs, qu'il soit crucifié, et qu'il ressuscite le troisième jour."
24,8 Et elles se rappelèrent ses paroles.
24,9 A leur retour du tombeau, elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres.
24,10 C'étaient Marie la Magdaléenne, Jeanne et Marie, mère de Jacques. Les autres femmes qui étaient avec elles le dirent aussi aux apôtres ;

Saint Jean

20,1 Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala vient de bonne heure au tombeau, comme il faisait encore sombre, et elle aperçoit la pierre enlevée du tombeau.
20,2 Elle court alors et vient trouver Simon-Pierre, ainsi que l'autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : "On a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l'a mis."
20,3 Pierre sortit donc, ainsi que l'autre disciple, et ils se rendirent au tombeau.
20,4 Ils couraient tous les deux ensemble. L'autre disciple, plus rapide que Pierre, le devança à la course et arriva le premier au tombeau.
20,5 Se penchant, il aperçoit les linges, gisant à terre ; pourtant il n'entra pas.
20,6 Alors arrive aussi Simon-Pierre, qui le suivait ; il entra dans le tombeau ; et il voit les linges, gisant à terre,
20,7 ainsi que le suaire qui avait recouvert sa tête ; non pas avec les linges, mais roulé à part dans un endroit.
20,8 Alors entra aussi l'autre disciple, arrivé le premier au tombeau. Il vit et il crut.
20,9 En effet, ils ne savaient pas encore que, d'après l'Ecriture, il devait ressusciter d'entre les morts.
20,10 Les disciples s'en retournèrent alors chez eux.
Saint Matthieu parle explicitement d'"Ange du Seigneur" là où Saint Luc parle de "deux hommes" et Saint Marc d'"un jeune homme", quant à Saint Jean il ne fait tout simplement pas mention de la présence d'une tierce personne homme ou ange, avec laquelle les femmes seraient entrées en communication, ce qui d'ailleurs est cohérent avec la suite de son récit à lui, puisque les femmes n'ayant pas eu d'explication rapportent à Simon Pierre: "On a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l'a mis."


Saint Matthieu rapporte que c'est l'"Ange du Seigneur" qui terrifie les gardes alors que les femmes sont elles aussi présentes et assistent à la scène, chez Saint Luc les gardes ne sont déjà plus là lorsque les femmes arrivent, même constat chez Saint Marc et Saint Jean.

On ne peut pas vraiment dire que les témoignages concordent :incertain:
L'homme ne progresse pas de l'erreur vers la vérité, mais de vérités en vérités, d'une vérité moindre à une vérité plus grande.
Avatar de l’utilisateur
Invité
Barbarus
Barbarus

Re: La pierre qui a été roulée...

Message non lu par Invité »

L'important ce n'est pas la pierre roulée, c'est il n'est pas ici. Il faut le chercher ailleurs en Galilée
Les anges sont là comme pour une nouvelle annonciation. Un temps nouveau commence.
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Le bon pasteur et le banquet des noces

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10,11-18.

Jésus disait aux Juifs : « Je suis le bon pasteur, le vrai berger. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis.
Le berger mercenaire, lui, n'est pas le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas : s'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit ; le loup s'en empare et les disperse.
Ce berger n'est qu'un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.
Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent,
comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis.

J'ai entendu ce passage aujourd'hui, à l'occasion de la journée des vocations. Les paroles de Jésus sont si simples que je me suis demandé : ont-elles besoin d'un commentaire de plus ? Oui, tout de même, ne serait-ce que pour entretenir ma joie ! Evidemment, le berger mercenaire est celui qui est payé pour garder les brebis et sa motivation n'est pas l'amour, mais le gain. Tandis que Jésus est le pasteur qui "connaît", et ce verbe revient trois fois. Jésus connaît ses brebis de la même manière qu'il est lui-même connu du Père et que le Père le connaît. Il y a déjà là, en substance, l'icône de la trinité, d'André Roubiev. (A rechercher sur fr.orthodoxwiki.org/André_Roublev) Le Seigneur qui s'annonce comme le bon pasteur nous invite tout simplement au banquet de l'Amour.

Il y a aussi l'amour livré: je donne ma vie pour mes brebis. Je comprends ceci un peu mieux chaque jour, car plus je m'implique dans le service de mon prochain, plus je suis délivré des soucis de mon entretien, ou de ma santé, ou de mes revenus. Aujourd'hui, j'ai écrit à une personne malade, jadis très cultivée, qui n'a pu reconnaître dans une rime un vers de Victor Hugo: "Peu importe: c'est d'abord le poème qu'on aime, et ensuite le poète; toi, tu es le poème et est Dieu le poète. Et tout est dit: car t'aimer est ce qui vient en premier, et ce qui vient en second n'en retire rien."

Celui qui sait lire est celui qui comprend aussi.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Re: La pierre qui a été roulée...

Message non lu par etienne lorant »

Pardonnez mon scepticisime et loin de moi l'idée de faire un jeu de mot avec "rouler" ("tromper"), je suis certainement beaucoup moins croyant que vous, je note du reste que vous aussi vous vous posez des questions , mais sur ce passage là j'ai vraiment du mal, parce que chaque évangile nous offre une version différente des faits.

Bonjour Bruno,

Tout au début, il y a bien longtemps, ces apparentes contradictions m'empêchaient de croire. Cependant, je restais intéressé, attiré. Et puis, un jour, une émotion m'a saisi tout entier à partir de mots simples et doux prononcés par le Christ. Par exemple: "Je te bénis, Père, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux petits et aux simples". Vers la fin, peu avant la conversion, j'ai réalisé que le "petit livre" (les 4 évangiles) avaient tendu comme un piège à ma glorieuse et toujours suspicieuse intelligence; j'avais été obligé de tourner les pages, de revenir en arrière, d'aller lire autre chose, de consulter des commentaires, etc. Jusqu'au moment où j'ai commencé d'entrer dans les évangile comme un spectateur entrerait dans un scène en trois dimensions. Mais je n'y suis plus entré par le haut, mais par le bas: l'intelligence avait cédé un peu de sa domination pour que le coeur puisse goûter toutes ces bonnes choses qui alimentent chaque jour ma vie, et j'espère bien jusqu'à mon dernier jour !

Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
Pater civitatis
Pater civitatis
Messages : 13130
Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53

Par devant seulement

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10,1-10.
Jésus parlait ainsi aux pharisiens: "Amen, amen, je vous le dis: celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c'est lui le pasteur, le berger des brebis.
Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.

Ce n'est pas le passage entier, mais ces quelques lignes m'ont suffi. Elles m'ont rappelé ce que j'ai déclaré souvent aux amis et aux amies qui m'avaient trahi ou tenté de me tromper (ou réussi !). Dans mon idée, la porte de la bergerie, c'est la conscience de l'homme. Après un incident malheureux qui avait brisé la relation, comme ils voulaient revenir, je leur ai dit, à chacun(e): "Je suis d'accord. Reviens quand tu veux, mais désormais, vient par la porte de devant, n'essaie plus de passer par la porte de derrière, ou d'escalader un mur pour entrer par une fenêtre !". Certain(e)s ont dit ne pas comprendre ce langage et je leur ai dit qu'ils finiraient par comprendre. Les autres ont tenté de m'avoir par les sentiments, et c'est ce que j'appelle passer par la fenêtre, ou d'entrer par la porte de derrière, c'est à dire en se cachant derrière des faux-semblants ou en usant de jeux de séduction. Les véritables affections sont demeurées, parfois avec des éclipses de dix ans, mais elles causent ma joie.

Quant au Christ, Lui m'a appelé par mon nom, j'ai écouté sa voix, il m'a fait sortir de tous mes imbroglios de sentiments, de désirs, de chagrins et il m'a conduit au soleil où j'ai goûté l'herbe fraîche. L'herber fraîche a pour moi le nom de nourriture de la vérité.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité