Chère Maudette,
peut-être, si vous avez le temps, lisez ce fil depuis le début... Il est long mais très riche des efforts et des astuces de chacun. Il se pourrait que vous y trouviez des billes pour avancer dans votre problématique?
Dernièrement, un intervenant partait du principe qu'un acte, surtout ce cette nature, était précédé de l'idée de l'acte, qui en devenait une sorte de stimulus, on va dire.
Si d'aventure cela ressemble à ce qu'il se passe pour vous, peut-être pourriez-vous essayer d'identifier les circuits qui vous reconduisent immanquablement aux mêmes actes?
Une fois identifiés, ne pouvez-vous essayer d'en changer le cours, de les dévier vers une activité, de faire un quelque chose d'automatique pour y échapper et petit à petit imprimer autre chose comme automatisme en vous? Je sais pas, faire la vaisselle, lire un bouquin, n'importe quoi qui vous semble facile et accessible en toute occasion... et éviter soigneusement bien sûr les occasions qui vous font retomber.
A coté de cette démarche comportementale et qui a besoin de temps, vous pouvez aussi entreprendre une démarche spirituelle de rapprochement d'avec Marie[*]; suite à une épreuve pas rigolote, j'ai eu envie de prier et d'en apprendre plus sur Elle, et j'ai beaucoup lu et médité autour des thèmes mariaux; il s'en est suivi un total changement de vue de toute ma vie, chose à laquelle j'étais à 100 lieues de m'attendre, mais qui en douceur m'a changée en profondeur, sur tous les aspects, même sexuel : j'aimais bien les hommes, comme des pommes, maintenant je les aime infiniment plus, mais comme des justes ; non que je ne leur ai jamais fait bien mal, mais la vision que j'avais de l'homme était la vision d'un mâle (

euh, oui, c'est très réducteur, pardon messieurs...), et je ne pensais pas à la critiquer, vu que c'était la seule que je connaissais, la seule que les médias véhiculaient, -un peu à la façon dont les médias véhiculent la vision du foetus dépersonnalisé en lieu et place d'un bébé bel et bien humain, mais en formation-. Aussi quand une vision des choses nous va, on ne pense pas trop à la remanier en profondeur.
Mais à la lumière de la méditation, beaucoup, et de la prière, beaucoup aussi, les choses se sont décantées, dépouillées, rincées, m'ont obligée à aller à l'essentiel, et derrière ce qui me semblait essentiel à chercher encore; ce que je voulais, c'était savoir ce que Marie pensait de ceci, de cela, qu'aurait-elle fait devant telle situation, etc.. Aussi ça pousse à beaucoup lire, à déconstruire au risque de la fragilité, pour reconstruire autre chose d'inimaginable, dans l'abandon à Dieu, aveuglément, et l'abandon, c'est vraiment dur quand ça coûte de faire confiance au milieu des larmes. Mais c'est aussi jubilatoire.
Ca prend des années, mais ce travail spirituel ce n'est pas du temps perdu, même si on ne s'en rend compte qu'à posteriori. Mais je suis contente, très contente aujourd'hui de récolter les fruits de tous ces efforts. Et de savoir qu'ils ne sont pas finis, que ma contemplation, ma méditation vont encore me valoir efforts et progression, j'en suis suavement extatique, doucement, simplement, et je n'aspire qu'à adorer pour m'unir à la Croix (euh, ça coûte aussi des larmes, c'est pas facile, mais c'est prenant).
Voilà, je vous souhaite beaucoup de courage, et dites-vous que ce sont nos défauts, les plus confortables et les plus durs à changer, qui sont parfois les meilleurs tremplins pour les plus beaux voyages spirituels.
[*]j'en parle justement sur ce fil, page 12 et avant. Mais ce que je dis c'est pas le plus intéressant...
Encore une fois prenez le temps de lire ce fil, les interventions de tous démontrent beaucoup de courage, d'efforts, de prière, et pleins de bonnes idées d'aide, et je gage que cela vous apportera beaucoup, ne serait-ce que de contempler l'homme (en tant que masculin) dans ce qu'il a de plus beau alors qu'il croit que c'est le plus misérable; son humilité, ses efforts, et chose propre aux hommes, son incroyable ressort face à l'adversité et à la chute, sa volonté qui se forge d'autant plus qu'elle combat et ne gagne pas toujours, chose que moi femme je leur envie beaucoup

! Ce fil est un vivier d'anges qui n'ont pas encore compris qu'ils en sont, et pas des moindres, mais qui se font encore avoir par des fumées, comme des apprentis qu'ils sont!
Un ange pour moi est la détermination même, la virilité au sens noble du terme, celle du combattant

qui est d'autant plus fort qu'il sait de quoi il parle, tout cela tourné vers Dieu, l'âme tendue comme un arc qui ne souhaite rien d'autre qu'on ne le décloue de rien pour pouvoir vaincre de tout, et exulter dans la palme du martyre de celui qui a lutté quotidiennement sans rien lâcher, ni à l'usure, ni à l'orgueil

. Regardez et lisez bien Maudette; ils en sont tous!
La grâce ne cesse de les couvrir, cachée sous leurs mots, leurs attitudes de gladiateurs

, et ils n'en voient rien...