Seuls le Mercredi des Cendres et le Vendredi Saint sont jours de jeûne prescrits. Comme le précise Nelly, le jeûne, c'est un repas sans viande et une collation dans la journée (midi ou soir selon vos obligations). Le jeûne ne s'applique pas aux enfants (sous-entendu, n'ayant pas fini leur croissance), aux personnes malades, aux femmes enceintes ni aux travailleurs de force. Il ne doit en aucun cas contrevenir à un traitement médical, et n'a évidemment de sens que s'il n'est pas compensé par un abus contradictoire (exemple : en ce qui me concerne, le jeûne me met régulièrement de mauvaise humeur

; à moi donc d'y être attentif

, avec la grâce de Dieu, bien sûr).
Pour l'abstinence, l'Eglise catholique prescrit de la pratiquer pendant toute la durée du Carême à l'exception des dimanches et du Jeudi Saint. Mais (et là, Nelly va un peu vite à mon avis) plus que des privations systématiquement alimentaires, elle nous demande de nous abstenir d'une ou plusieurs pratiques routinières dans un effort sur soi qui nous coûte. Pour l'un le tabac ou le vin à table, pour l'autre la ... médisance, (la liste est ouverte) ..., pour tous dans le double but du partage et de la pénitence. L'Eglise rappelle aussi que c'est d'abord une pratique du cœur et pas seulement du corps.
Pour savoir l'abstinence qui vous convient, pourquoi ne pas méditer le chapitre 58 d'Isaïe ? Tout est dedans. Si c'est trop long, lisez au moins les versets 6 à 8.
- 1 Crie à pleine voix, ne te retiens pas, dit le Seigneur.
Comme le son du cor, que ta voix porte loin.
Dénonce à mon peuple sa révolte,
aux descendants de Jacob leurs fautes.
2 Jour après jour, tournés vers moi,
ils désirent connaître e que j'attends d'eux.
On dirait une nation qui agit comme il faut,
et qui n'abandonne pas le droit proclamé par son Dieu.
Ils réclament de moi de justes jugements
et désirent ma présence.
3 Mais ils me disent :
« À quoi bon pratiquer le jeûne, si tu ne nous vois pas ?
À quoi bon nous priver, si tu ne le remarques pas ? »
Alors je réponds :
Constatez-le vous-mêmes :
jeûner ne vous empêche pas de saisir une bonne affaire,
de malmener vos employés,
4 ni de vous quereller ou de donner des coups de poing !
Quand vous jeûnez ainsi, votre prière ne m'atteint pas.
5 Est-ce en cela que consiste le jeûne tel que je l'aime,
le jour où l'on se prive ?
Courber la tête comme un roseau,
revêtir l'habit de deuil, se coucher dans la poussière,
est-ce vraiment pour cela que vous devez proclamer un jeûne,
un jour qui me sera agréable ?
6 Le jeûne tel que je l'aime, le voici, vous le savez bien :
c'est libérer les hommes injustement enchaînés,
c'est les délivrer des contraintes qui pèsent sur eux,
c'est rendre la liberté à ceux qui sont opprimés,
bref, c'est supprimer tout ce qui les tient esclaves.
7 C'est partager ton pain avec celui qui a faim,
c'est ouvrir ta maison aux pauvres et aux déracinés,
fournir un vêtement à ceux qui n'en ont pas,
ne pas te détourner de celui qui est ton frère.
8 Alors ce sera pour toi l'aube d'un jour nouveau,
ta plaie ne tardera pas à se cicatriser.
Le salut te précédera
et la glorieuse présence du Seigneur sera ton arrière-garde.
9 Quand tu appelleras, le Seigneur te répondra ;
quand tu demanderas de l'aide, il te dira : « J'arrive ! »
Si tu cesses chez toi de faire peser des contraintes,
de ridiculiser les autres en les montrant du doigt,
ou de parler d'eux méchamment,
10 si tu partages ton pain avec celui qui a faim,
si tu donnes à manger à qui doit se priver,
alors la lumière chassera l'obscurité où tu vis ;
au lieu de vivre dans la nuit, tu seras comme en plein midi.
11 Le Seigneur restera ton guide ;
même en plein désert, il te rassasiera et te rendra des forces.
Tu feras plaisir à voir, comme un jardin bien arrosé,
comme une fontaine abondante dont l'eau ne tarit pas.
12 Alors tu relèveras les anciennes ruines,
et tu rebâtiras sur les fondations
abandonnées depuis longtemps.
On te nommera ainsi :
« Le peuple qui répare les brèches des murailles
et redonne vie aux ruelles de la ville ».