Le "problème" avec l'Église catholique disparaîtrait soi-disant si l'Église pouvait totalement se comporter comme les gens du monde se comportent, c'est à dire dénonçant et condamnant tout ce que le monde dénonce et condamne, réagissant avec exactement la même vigueur face aux mêmes scandales et pour châtier les mêmes coupables. C'est ce qui s'appelle un formidable appel au conformisme.
Tant que l'Eglise sera en communion avec Dieu, elle ne pourra l'être avec le monde. Et elle sera toujours attaquée, et toujours plus attaquée que le reste du monde, lui, sera coupé de Dieu. Si l'Eglise devenait conformiste elle abandonnerait Dieu et sombrerait dans l'instant. Car elle vit de la Grâce d'une part, et parce que quand on hurle avec les loups, les loups vous bouffent dès le refrain fini.
Mais cela soulève un autre problème, celui des étoiles du ciel balayées par le queue du dragon de l'Apocalypse : Aujourd'hui, si non seulement les laïques, mais aussi les prêtres perdaient, ont perdu et continuent de perdre cette fermeté dans la foi appelée de vos voeux Cinci, cette fermeté de charité, de force, de pureté, de détachement des séductions du monde, -voire sataniques (l'abus des petits)- , toutes ces qualités nécessaires pour rester dans l'orbite de Dieu,
la Lumière qui émane de l'Eglise diminuerait.
A cette Lumière diminuée répondra immanquablement les Ténèbres, et des foules d'âmes sombreront, toujours plus, dans l'ombre de la mort spirituelle...
Quelle noirceur écrasera les foules lorsque beaucoup d'étoiles se seront éteintes dans le ciel de Dieu? La malice du Griffu sait cela, le sait avec précision, avec une nette vision que nous n'avons pas... Il s'applique à éteindre, mot après mot, acte après acte, cette Lumière de Dieu dans les âmes choisies, pour qu'à leur tour ils les éteignent dans les âmes...
C'est ce qu'il se passe sous nos yeux; les chrétiens sont ulcérés en masse par une poignée d'âmes consacrées rebelles à Dieu qui ont
étonnamment joui de pouvoirs qui n'auraient jamais dû être les leurs, avec une durabilité dans le pouvoir du mal, une organisation généralisée (Pennsylvanie) qui me laisse perplexe... Comment ne pas comprendre quel affaiblissement du sacerdoce a été semé, dûment semé sans hasard possible dans l'âme des prêtres? (Prêtres : sel de la terre, Lumière du monde, etc.) Et je rejoins Cinci sur ce point : la hargne du pouvoir sera et sera pire encore demain. Cette lumière noire qui est la signature de ceux qui adorent la bête.
Je pense que le Pape, l'Eglise, prend de plus en plus conscience de cela, pas tant dans le fond, Elle l'a toujours su, que dans la forme, cette forme actuelle pédocriminelle, fruit de tant de maladies spirituelles dénoncées haut et fort par le Pape lors du Noël 2014 (les 15 maladies de l'âme). Je ne vois pas un Pape si mou, si ouvert doctrinalement, si dangereux pour la foi. Je vois un Pape combattant, un Jésuite choisi par Dieu avec Sagesse et au bon moment, car il ne fallait ni un naïf, ni une élite coupée des réalités de son monde; en ce sens on ne peut soutenir que Mgr Bergoglio ait été coupé du monde lors de son ministère argentin.
Je vois aussi un Pape seul, isolé, qui finirait presque par faire figure de moustique solitaire face à une nuée de frelons... Un Pape qui même s'il ne nous plaît pas dans tous ses gestes, a un besoin accru de nos prières, de notre solidarité, de notre aide... Les victoires spirituelles sont le fait d'une équipe de nos jours, car comme le souligne Cinci, il y a une hargne particulière contre l'Eglise, hargne non due au hasard, qui gagnera en puissance d'autant plus que les Chrétiens seront divisés, émus, déboussolés; la tentation du reniement s'insinuera d'autant plus qu'ils seront affaiblis spirituellement.
Je comprends qu'on soit perplexe devant la décision du Pape, en retrait, devant la démission du Cardinal Barbarin. Je comprends qu'on soit offusqué de la mise en retrait de ce Cardinal, là où on aurait respiré plus facilement devant une décision plus franche. Mais que fait-on quand on ne regarde que le doigt là où il faut viser la lune? Qu'on ne regarde que l'immédiat là où il faut savoir voir ce qu'il en sera demain? On attaque l'Eglise de nos doutes, pour se conformer, se persuader que la finesse de nos critiques valide à la fois notre culture, notre intelligence, notre connexion à notre société.
Après un moment légitime de surprise et de condamnation des faits, doit venir, pour notre bien commun, un autre temps, de paix retrouvée où on peut laisser en toute confiance le Pape décider de ce qui est le mieux pour préserver l'Eglise;
parce que Dieu n'est pas absent de la vie de celui qui le prie avec foi et justesse, surtout si celui-ci est son Vicaire, son Prêtre.
Si on pouvait réaliser que chaque mécontentement, de la part des offusqués par le factuel comme de la part des insatisfaits par le pontificat, chaque critique ouvre la porte de la sortie de route pour d'autres; que chaque fois qu'on se complait dans l'irritation c'est bien contre Dieu qu'on argumente.