Ce que dit l'Eglise au sujet de la communion. En ayant toujours à l'esprit que la pratique de la communion dans la main est autorisée par un indult et qu'elle n'est pas la pratique normale, ordinaire et traditionnelle de l'Eglise.
Exhortation Apostolique Post-synodale Sacramentum Caritatis
http://www.vatican.va/holy_father/bened ... haristique
Numéro 50:
Un autre moment de la célébration auquel il est nécessaire de faire référence concerne la distribution et la réception de la sainte Communion. Je demande à tous, en particulier aux ministres ordonnés et aux personnes qui, préparées de manière appropriée et en cas de réelle nécessité, sont autorisées à exercer le ministère de la distribution de l'Eucharistie, de faire leur possible pour que le geste, dans sa simplicité, corresponde à sa valeur de rencontre personnelle avec le Seigneur Jésus dans le Sacrement.
Pour ce qui est des prescriptions pour la pratique correcte, je renvoie aux documents récemment publiés. Que toutes les communautés chrétiennes s'en tiennent fidèlement aux normes en vigueur, voyant en elles l'expression de la foi et de l'amour que tous doivent avoir pour ce sublime Sacrement. De plus, que l'on n'omette pas le temps précieux d'action de grâce après la Communion: outre l'exécution d'un chant opportun, il peut aussi être très utile de se recueillir en silence.
Les documents récemment publiés:
http://www.vatican.va/roman_curia/congr ... pitre%20IV
Instruction Redemptionis Sacramentum
sur certaines choses à observer et à éviter
concernant la très sainte Eucharistie
Chapitre IV - La Sainte Communion
2. La distribution de la Sainte Communion
- 88 - Les fidèles reçoivent normalement la Communion sacramentelle de l’Eucharistie au cours de la Messe et au moment prescrit par le rite même de la célébration, c’est-à-dire immédiatement après la Communion du prêtre célébrant.
Il revient au prêtre célébrant de donner la communion, avec, le cas échéant, l'aide des autres prêtres ou des diacres; la Messe elle-même ne doit pas se poursuivre tant que la Communion des fidèles n’est pas achevée. Les ministres extraordinaires peuvent aider le prêtre célébrant,
selon les normes du droit, seulement en cas de nécessité.
- 90 - «Les fidèles communient à genoux ou debout, selon ce qu’aura établi la Conférence des Évêques», avec la confirmation du Siège Apostolique. «
Toutefois, quand ils communient debout, il est recommandé qu’avant de recevoir le Sacrement ils fassent le geste de respect qui lui est dû, que la Conférence des Évêques aura établi».
- 91 - Au sujet de la distribution de la sainte Communion, il faut se rappeler que «les ministres sacrés ne peuvent refuser les sacrements aux personnes qui les leur demandent opportunément, sont dûment disposées et ne sont pas empêchées par le droit de les recevoir». Ainsi, tout baptisé catholique, qui n’est pas empêché par le droit, doit être admis à recevoir la sainte Communion. Par conséquent, il n'est pas licite de refuser la sainte Communion à un fidèle, pour la simple raison, par exemple, qu'il désire recevoir l'Eucharistie à genoux ou debout.
- 92 - Tout fidèle a toujours le droit de recevoir, selon son choix, la sainte communion dans la bouche.
Si un communiant désire recevoir le Sacrement dans la main, dans les régions où la Conférence des Évêques le permet, avec la confirmation du Siège Apostolique, on peut lui donner la sainte hostie. Cependant, il faut veiller attentivement dans ce cas à ce que l’hostie soit consommée aussitôt par le communiant devant le ministre, pour que personne ne s’éloigne avec les espèces eucharistiques dans la main. S’il y a un risque de profanation, la sainte Communion ne doit pas être donnée dans la main des fidèles.
- 93 - Il faut maintenir l’usage du plateau pour la Communion des fidèles, afin d’éviter que la sainte hostie, ou quelque fragment, ne tombe à terre.
- 94 - Il n’est pas permis aux fidèles de «prendre eux-mêmes la sainte hostie ou le saint calice, encore moins de se les transmettre de main en main». De plus, à ce sujet, il faut faire cesser l’abus suivant : pendant la Messe de leur mariage, il arrive que les époux se donnent réciproquement la sainte Communion.
Ce que dit le secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin:
Le secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin, Mgr Ranjith, a affirmé que la pratique de la communion dans la main a été introduite
abusivement et à toute vitesse dans certains milieux de l'Eglise tout de suite après le Concile, devenant ensuite ordinaire dans toute l'Eglise.
Cette pratique a contribué à favoriser un affaiblissement graduel et croissant de l'attitude de révérence envers les saintes espèces eucharistiques. Particulièrement évident, selon lui, parmi les enfants et les adolescents. De surcroît, la possibilité de recevoir l'hostie dans la main est à l'origine de
graves abus que n'a jamais voulus la constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium.
Pour le secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin, le manque de recueillement et le grand esprit d'insouciance posent un problème alarmant. Des communiants reviennent à leur place comme si rien d'extraordinaire ne s'était passé est inacceptable. Rappelons qu’il faut fermement croire que dans le Très Saint Sacrement de l'Eucharistie sont contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang conjointement avec l'âme et la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, et, par conséquent, le Christ tout entier (Saint Concile de Trente).
Autre citations de Mgr Ranjith:
"Je crois que le temps est venu d'
évaluer cette pratique et de
la revoir, et
si nécessaire, de
l'abandonner".
"Maintenant, plus que jamais, il est
nécessaire d’aider les fidèles à renouveler une foi vive en la présence du Christ dans les espèces eucharistiques, dans
le but de renforcer la vie même de l’Eglise et de la défendre au milieu des dangereuses distorsions de la foi."
Ce que je constate et pense:
1) La question qui occupe ce fil est très remarquable de ce qui s'est passé dans les années 1970 et 1980.
Une pratique que l'on autorise pas est finalement autorisée dans certains cas. La pratique autorisée dans certain cas devient une pratique générale. La pratique normale devient exceptionnelle et le fait d'une "minorité"... la pratique normale est "interdite" par
de très nombreux prêtres (diffamations, insultes, refus du sacrement, etc.). Finalement, le temps passant, on accorde "généreusement" que la pratique normale est, elle aussi, "normale"... etc.
2) La désobéissance objective et systématique de certains clercs dans l'Eglise aura permis qu'une pratique non autorisée soit autorisée contre la tradition de l'Eglise et contre le droit.
La décision de ne pas autoriser la communion dans la main a été rendue inopérante parce que la question a été renvoyée à la compétence des
Conférences épiscopales.
3) Ni le Concile Vatican II, ni le Novus Ordo Missae de Paul VI ne disent que la communion doit être reçue debout et dans la main.
4) SS le Pape Benoît XVI a réintroduit à Rome la distribution de la communion sur la langue. Avant lui, SS le Pape Jean-Paul II avait exprimé son hostilité à la pratique de la communion dans la main. Paul VI n'a accordé l'autorisation de communier dans la main que par un indult.
5)
Le fait de se communier soi-même debout a-t-il apporté quoi que ce soit au respect que les catholiques doivent avoir pour l'Eucharistie?
NON.
Amicalement.
Virgile.