Re: Hellfest, festival de l'Enfer ?
Publié : ven. 26 juin 2009, 16:35
Bonjour à tous,
En tant que festivalier, j'ai pris du plaisir à lire ces 12 pages de débat. Oui, cela fait vraiment du bien de voir un dialogue qui s'installe.
En fait, je voudrais m'adresser à ceux qui critiquent les réactions un peu virulentes des metalleux : Il faut remettre la situation dans le contexte, dans l'histoire du Hellfest :
Je suis de la région de Clisson, 33 ans, et était bénévole sur le festival pour ses 3 dernières éditions. Entre 15 et 25 ans, j'ai connu une bonne partie des groupes de musique de Clisson et alentours. Il était déjà difficile de se faire accepter, difficile de trouver des endroits pour répéter, pour faire des concerts. Clisson a toujours été une petite cité calme, tranquille, un peu bourgeoise, coincée et pas très intéressée par les musiques actuelles, ni par les jeunes. Du moins c'est l'impression que nous avions à cette époque, mais je trouve que ça s'est (un peu) amélioré depuis (merci Animaje).
Passons sur la première édition du Furyfest qui n'était qu'un petit concert pour arriver au Hellfest.
Ben (l'organisateur) avait à coeur que le Hellfest puisse se dérouler à Clisson, sa ville natale. Seulement voilà, je crois que vous n'imaginez pas toutes les difficultés que le festival a eu pour s'installer, pour exister, être reconnu. Il a fallu le mériter, bien plus que pour tout autre style de musique, ou autres activités culturelles.
Les metalleux, tout de noir vêtus, étaient considérés comme des personnes dangereuses, qui allaient bruler les églises, mettre la ville à feu et à sang ; ils ont été diabolisés. Les habitants de Clisson avaient peur, et la mairie écoutait ses habitants.
Je crois qu'il ne vaut mieux pas compter les articles parus dans les médias locaux qui présentaient le festival est son public sous un jour peu glorieux. Il y a eu des collectifs Anti-Hellfest, de la diffamation, des batons dans les roues, 0€ de subventions au début, etc...
Les premières éditions se sont passées sans encombre, sans problèmes. Les clissonnais ont fini par se rendre compte que ses grands chevelus à l'allure inquiétante n'avaient de violent que la musique qu'ils écoutaient, et que sous leurs airs noir, ils étaient des personnes très calmes, agréables et polies.
Clisson s'est détendu.
Clisson s'est rendu compte que les festivaliers étaient aussi des consommateurs.
Alors Clisson a ouvert son centre ville.
Des animations orienté metal se sont ajoutées devant les café, sous les halles. Les restaurateur ont créé des menus "Special Hellfest", les supermarchés ont décuplé la taille des rayons bière et les mamies n'avaient plus peur de faire leur courses en même temps que ces milliers de clients habillés tout en noir.
Même si aujourd'hui le festival est bien installé, que peu de clissonnais ont envie de le voir partir ou disparaitre (surtout pas les commercants), Il faut que vous soyez conscient que l'enfance du Hellfest a été extrêmement difficile tourmenté et douloureuse. D'une certaine manière c'est une manifestation encore fragile, et je pense que les festivaliers, qui viennent des 4 coins de la planète, le savent pertinemment.
Maintenant, peut-être que vous comprendrez mieux pourquoi après le collectif "Clisson sans Hellfest" puis cette année, les propos ("Scandale ! Hellfest, le festival de la haine et de l'antichristianisme") et les actions (Perte d'un sponsor, articles de presse supprimés) démarrés par le site e-deo ; peut-être que vous comprendrez mieux la réaction parfois épidermique de certains fans de ce style de musique.
Pour ma part, j'écoute très peu de métal, mais je ne louperai ce festival pour rien au monde, l'ambiance y est tellement bonne que la fin du week-end donne un bon coup de blues. Je me souviens que dimanche après-midi, tranquillement assis sur l'herbe, je regardais autour de moi, et je voyais ces milliers de personnes qui souriaient qui riaient, puis d'autres, amassés devant une scène, profitant au maximum de la musique. J'observais, et ça me faisait frissonner, c'était le bonheur, j'en avais les larmes aux yeux.
Bien à vous.
En tant que festivalier, j'ai pris du plaisir à lire ces 12 pages de débat. Oui, cela fait vraiment du bien de voir un dialogue qui s'installe.
En fait, je voudrais m'adresser à ceux qui critiquent les réactions un peu virulentes des metalleux : Il faut remettre la situation dans le contexte, dans l'histoire du Hellfest :
Je suis de la région de Clisson, 33 ans, et était bénévole sur le festival pour ses 3 dernières éditions. Entre 15 et 25 ans, j'ai connu une bonne partie des groupes de musique de Clisson et alentours. Il était déjà difficile de se faire accepter, difficile de trouver des endroits pour répéter, pour faire des concerts. Clisson a toujours été une petite cité calme, tranquille, un peu bourgeoise, coincée et pas très intéressée par les musiques actuelles, ni par les jeunes. Du moins c'est l'impression que nous avions à cette époque, mais je trouve que ça s'est (un peu) amélioré depuis (merci Animaje).
Passons sur la première édition du Furyfest qui n'était qu'un petit concert pour arriver au Hellfest.
Ben (l'organisateur) avait à coeur que le Hellfest puisse se dérouler à Clisson, sa ville natale. Seulement voilà, je crois que vous n'imaginez pas toutes les difficultés que le festival a eu pour s'installer, pour exister, être reconnu. Il a fallu le mériter, bien plus que pour tout autre style de musique, ou autres activités culturelles.
Les metalleux, tout de noir vêtus, étaient considérés comme des personnes dangereuses, qui allaient bruler les églises, mettre la ville à feu et à sang ; ils ont été diabolisés. Les habitants de Clisson avaient peur, et la mairie écoutait ses habitants.
Je crois qu'il ne vaut mieux pas compter les articles parus dans les médias locaux qui présentaient le festival est son public sous un jour peu glorieux. Il y a eu des collectifs Anti-Hellfest, de la diffamation, des batons dans les roues, 0€ de subventions au début, etc...
Les premières éditions se sont passées sans encombre, sans problèmes. Les clissonnais ont fini par se rendre compte que ses grands chevelus à l'allure inquiétante n'avaient de violent que la musique qu'ils écoutaient, et que sous leurs airs noir, ils étaient des personnes très calmes, agréables et polies.
Clisson s'est détendu.
Clisson s'est rendu compte que les festivaliers étaient aussi des consommateurs.
Alors Clisson a ouvert son centre ville.
Des animations orienté metal se sont ajoutées devant les café, sous les halles. Les restaurateur ont créé des menus "Special Hellfest", les supermarchés ont décuplé la taille des rayons bière et les mamies n'avaient plus peur de faire leur courses en même temps que ces milliers de clients habillés tout en noir.
Même si aujourd'hui le festival est bien installé, que peu de clissonnais ont envie de le voir partir ou disparaitre (surtout pas les commercants), Il faut que vous soyez conscient que l'enfance du Hellfest a été extrêmement difficile tourmenté et douloureuse. D'une certaine manière c'est une manifestation encore fragile, et je pense que les festivaliers, qui viennent des 4 coins de la planète, le savent pertinemment.
Maintenant, peut-être que vous comprendrez mieux pourquoi après le collectif "Clisson sans Hellfest" puis cette année, les propos ("Scandale ! Hellfest, le festival de la haine et de l'antichristianisme") et les actions (Perte d'un sponsor, articles de presse supprimés) démarrés par le site e-deo ; peut-être que vous comprendrez mieux la réaction parfois épidermique de certains fans de ce style de musique.
Pour ma part, j'écoute très peu de métal, mais je ne louperai ce festival pour rien au monde, l'ambiance y est tellement bonne que la fin du week-end donne un bon coup de blues. Je me souviens que dimanche après-midi, tranquillement assis sur l'herbe, je regardais autour de moi, et je voyais ces milliers de personnes qui souriaient qui riaient, puis d'autres, amassés devant une scène, profitant au maximum de la musique. J'observais, et ça me faisait frissonner, c'était le bonheur, j'en avais les larmes aux yeux.
Bien à vous.