Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2008-2009)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Le baiser de l'autel

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 8,21-30.
Jésus disait aux Juifs: "Je m'en vais; vous me chercherez et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je m'en vais, vous ne pouvez pas y aller." Les Juifs disaient : « Veut-il donc se suicider, puisqu'il dit : 'Là où moi je m'en vais, vous ne pouvez pas y aller' ? » Il leur répondit : « Vous, vous êtes d'en bas ; moi, je suis d'en haut. Vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. C'est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. Si, en effet, vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. » Ils lui demandaient : « Qui es-tu donc ? » Jésus leur répondit : « Je n'ai pas cessé de vous le dire. J'ai beaucoup à dire sur vous, et beaucoup à condamner. D'ailleurs celui qui m'a envoyé dit la vérité, et c'est de lui que j'ai entendu ce que je dis pour le monde. » Ils ne comprirent pas qu'il leur parlait du Père. Jésus leur déclara : « Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien par moi-même, mais tout ce que je dis, c'est le Père qui me l'a enseigné. Celui qui m'a envoyé est avec moi ; il ne m'a pas laissé seul parce que je fais toujours ce qui lui plaît. » Sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui.

Pour la première fois, Jésus a parlé en s'identifiant au Père. Mais une fois encore, il l'a fait d'une façon claire, mais demeurée incompréhensible par un auditoire hostile et inattentif. Évidemment, pour moi comme pour tous ceux qui lisent l'Evangile, le "JE SUIS" c'est bel et bien la réponse que Dieu a donné à Moïse depuis le buisson ardent, lorsque ce dernier lui a demandé Son nom.

J'ai songé que, dans ma propre existence, le Seigneur m'a parlé en de multiples occasions, mais j'étais inattentif (mais aussi méfiant, au début). Il m'a parlé aussi de façon mystérieuse, par d'autres bouches, par des événements qui m'ont pris à défaut, parfois dans des rêves qui me sont longtemps restés obscurs. Est-ce à dire qu'Il a parlé pour rien et que tout s'est perdu? Évidemment, non: la Parole n'est-elle pas comme du grain semé en terre ? Il faut lui laisser le temps de lever en nous. J'ai donc compris au moment où cela m'était nécessaire. Ainsi, le jour où des policiers sont venus saisir un lot de compact-discs, je n'ai rien compris, mais plus tard, la veille de mon acquittement, j'ai compris : insensiblement, par mon activité, je m'étais laissé reprendre par l'ambition de la richesse et j'avais conçu des projets qui m'éloignaient de la grâce de ma conversion.

Ce que Jésus dit aujourd'hui aux Juifs, tous le comprendront donc plus tard. En effet : "Quand vous aurez élevé le Fils de l'homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien par moi-même, mais tout ce que je dis, c'est le Père qui me l'a enseigné."

Ce matin, avant que commence la messe, je crois avoir reçu un de ces petits "signes qui parlent". Bien que ce soit tout à fait commun, habituel, j'ai ressenti quelque chose d'émouvant au fond de moi lorsque le prêtre s'est penché pour baiser l'autel. Cela m'a rappelé une lecture que j'avais faite... Mais je ne m'en suis vraiment souvenu qu'en écrivant ce petit commentaire; c'est dans la Passion telle que l'a rapportée AC Emmerick:

"Les archers conduisirent le Sauveur au milieu de la place, et plusieurs esclaves entrèrent par la porte occidentale, portant le bois de la croix qu'ils jetèrent à ses pieds avec fracas. Les deux bras étaient provisoirement attachés à la pièce principale avec des cordes. Les coins, le morceau de bois destiné à soutenir les pieds, l'appendice qui devait recevoir l'écriteau et divers autres objets furent apportés par des valets du bourreau. Jésus s'agenouilla par terre, prés de la croix, l'entoura de ses bras et la baisa trois fois, en adressant à voix basse à son Père un touchant remerciement pour la rédemption du genre humain qui commençait. Comme les prêtres, chez les païens, embrassaient un nouvel autel, le Seigneur embrassait sa croix, cet autel éternel du sacrifice sanglant et expiatoire". La lecture de cette vision m'a rempli d'une forme de crainte respectueuse pour tout ce qui s'accomplit à la messe chaque jour, qui paraît parfois si anodin, mais qui puise à la source la plus sacrée de notre foi.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Barbarus
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Re: Qui peut juger, condamner, exécuter ?

Message non lu par Invité »

Quant aux signes tracés par terre, j'avoue que je ne me suis jamais interrogée là-dessus. Je pense à ces gribouillis que font les enfants. Ou plutôt, je suppose qu'il voulait juste se donner une contenance, feindre d'être occupé ailleurs, l'essentiel étant de ne pas regarder la femme, pour éviter de l'humilier davantage (...)
En complément à ce que vous dite et en regardant les notes de la T.O.B
Faire des signes sur le sol comme pour dénombrer les péchés comme dit Job
13,25
Veux-tu traquer une feuille qui s'envole
pourchasser une paille sèche
pour que tu rédiges contre moi d'amers verdicts
en m'imputant les crimes de ma jeunesse.
Jésus en faisant les signes sur le sol prend en compte les péchés.
Il y a aussi une parole de Jérémie qui peut éclairer
Jr17,13
Espoir d'Israël, Seignenur,
tous ceux qui tabandonnent son couvert de honte
ceux qui s'écartent de moi sont inscrits sur la terre
car ils abandonnent la source d'eau le Seigneur.
En faisant des signes sur la terre, jésus veut dire que se réalise pour la femme adultère et pour ses acusateurs
ce qui est arrivé à Jonas dans les profondeur de la terre dans son poisson
Jn2,7 Je suis descendu jusqu'au matrice des montagnes, à jamais les verrous du pays - de la Mort - sont tirés sur moi. Mais de la fausse tu m'as fait remonter vivant oh! Seigneur, mon Dieu!
Jésus en faisant des signes sur le sol ouvre le chemins à tous ceux et celles dont le nom est écrit sur la terre pour la mort .Ceux qui condamnaient s'en vont. La femme adultère n'est pas condamnée Va ne péche plus.
Jésus est venu pour que dans sa mort et sa ressurection ceux qui étaient inscrit sur la terre soient inscrits dans les cieux
Lc10,20
Pourtant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis,
mais réjouissez vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux.
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Re: Qui peut juger, condamner, exécuter ?

Message non lu par etienne lorant »

Je n'espérais plus des partages aussi riches et complets !

Etienne
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Veritas Liberabit Vos

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 8,31-42.
Jésus disait à ces Juifs qui maintenant croyaient en lui :
« Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »
Ils lui répliquèrent : « Nous sommes les descendants d'Abraham, et nous n'avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : 'Vous deviendrez libres' ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : tout homme qui commet le péché est esclave du péché.
L'esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours.
Donc, si c'est le Fils qui vous rend libres, vous serez vraiment libres.
Je sais bien que vous êtes les descendants d'Abraham, et pourtant vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole n'a pas de prise sur vous.
Je dis ce que moi, j'ai vu auprès de mon Père, et vous, vous faites aussi ce que vous avez entendu chez votre père. »
Ils lui répliquèrent : « Notre père, c'est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous êtes les enfants d'Abraham, vous devriez agir comme Abraham.
Et en fait vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu. Abraham n'a pas agi ainsi.
Mais vous, vous agissez comme votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas des enfants illégitimes ! Nous n'avons qu'un seul Père, qui est Dieu. »
Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car moi, c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c'est lui qui m'a envoyé.

Ces disciples qui croient en lui... sont les hommes d'un moment. La Parole les a touchés, mais ils n'ont pas perçu la nouveauté de l'Amour. Ils entendent bien demeurer dans leurs traditions, leurs raisonnements et par extension, dans toutes leurs habitudes - et dans leurs péchés. Jésus le sait, bien sûr. ils voit leurs cœurs et il va continuer de débattre avec eux, il ne se résigne pas, quand bien même il reconnaît l'intention meurtrière que dissimule ce bref élan de foi.

Veritas Liberabit Vos. La vérité vous rendra libres. L'efficacité de cette parole, j'ai pu la mesurer le jour où des inspecteurs de police, décidés de me faire citer des noms que je ne pouvais pas connaître, m'ont rendu confiance lorsque je me suis rendu compte de ma complèe ignorance. L'un deux avait consulté mon dossier militaire, avait lu la mention "catholique" sur ma plaque d'identification et avait poussé cet argument : "Dans votre bible, on dit bien : faute avouée, à moitié pardonnée, n'est-ce pas ?" La réponse m'est vraiment sortie toute seule de la bouche, avec un grand sourire: "Ah, non, cela, vous pouvez vérifier, ce n'est nulle part écrit dans la Bible. Par contre, il est dit: "La vérité vous rendra libre". Or, je vous ai dit la vérité et je n'ai plus rien à faire ici, je rentre chez moi dès maintenant". Ils ne m'ont pas retenu, car ils n'avaient rien, ils le savaient et moi aussi. Cette fois-là, je suis sorti tout pétillant de la convocation, car ce mot avait agi sur eux comme sur moi - je me sentais protégé de tout, à l'abri de ma propre innocence.

La vérité nous rendra tous libres, tout à fait, à l'écoute de Jésus. C'est bien pourquoi, après l'Eucharistie la plus fréquente possible, qui m'apporte joie et force, j'ai encore ce bonheur de reprendre les lectures ensuite et de manger de nouveau la Parole. Comme Jean le rapporte dans l'Apocalypse : "Je pris donc le petit livre de la main de l'ange et je le mangeai. Dans ma bouche, il fut doux comme du miel, mais, après l'avoir mangé, mon estomac fut rempli d'amertume." L'amertume est pour tout ce qui demeure "ventre, monde et chair" en moi, mais comme il est vrai que j'ai du miel dans la bouche, et dans mon coeur, et dans mes doigts lorsque j'écris ! La suite du texte de Jean précise encore qu'il faudra "prophétiser" beaucoup. Oh, je ne suis pas prophète, dans le sens où je n'ai rien à prédire, mais il n'en demeure pas moins que j'ai beaucoup à partager. Comme disait quelqu'un "Partager, ce n'est pas diviser, mais multiplier - que ma joie soit donc partagée à la mesure dont il est dit que nous serons mesurés !
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Anne
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Re: Qui peut juger, condamner, exécuter ?

Message non lu par Anne »

;) On ne sait jamais quand l'Esprit va frapper!

Continue de semer, Étienne! Pour ce qui est de la récolte, qui peut prédire? :bulles:
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
2 Co 4, 8-10
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Re: Qui peut juger, condamner, exécuter ?

Message non lu par etienne lorant »

Chère Anne,

Tes éloges me vont droit au coeur... Et pendant ce temps-là, je ne fais plus grand chose, j'essaie de protéger mes marchandises ou de les évacuer toutes avant le percement de mon mur, mais plus je fais, plus je découvre à faire. Je pensais avoir 185 bandes dessinées à évacuer, et d'après mes calculs d'aujourd'hui, je serais proche du triple ! J'ai l'impression, vraiment que plus j'enlève, plus ça se remplit !!! Est-ce la pêche miraculeuse ?
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Accueillir la Parole

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10,31-42.
Les Juifs allèrent de nouveau chercher des pierres pour lapider Jésus.
Celui-ci prit la parole : « J'ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes de la part du Père. Pour laquelle voulez-vous me lapider ? » Les Juifs lui répondirent : « Ce n'est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, c'est parce que tu blasphèmes : tu n'es qu'un homme, et tu prétends être Dieu. » Jésus leur répliqua : « Il est écrit dans votre Loi : J'ai dit : Vous êtes des dieux. Donc, ceux à qui la parole de Dieu s'adressait, la Loi les appelle des dieux ; et l'Écriture ne peut pas être abolie. Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : 'Tu blasphèmes', parce que j'ai dit : Je suis le Fils de Dieu.
Si je n'accomplis pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire.
Mais si je les accomplis, quand bien même vous refuseriez de me croire, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. »
Les Juifs cherchaient de nouveau à l'arrêter, mais il leur échappa.
Il repartit pour la Transjordanie, à l'endroit où Jean avait commencé à baptiser. Et il y demeura.
Beaucoup vinrent à lui en déclarant : « Jean n'a pas accompli de signe ; mais tout ce qu'il a dit au sujet de celui-ci était vrai. »
Et à cet endroit beaucoup crurent en lui.

Auprès des raisonneurs, Jésus sert des arguments raisonnés. Arguments contre lesquels ils ne savent que répondre, car ils s'en prennent à Celui dont les toutes les Ecritures émanent... Mais quand-bien discuteraient-ils des heures entières, ils ne croiraient pas en lui. Faillite du langage humain: on ne peut pas "démontrer" Dieu. (Ce qui me fait penser à "Chevy", quand il parle des "arguments rationnels" et de "l'incohérence")... Mais il suffit qui reparte pour la Transjordanie, là où Jean avait baptisé, et c'est tout le contraire qui se passe: ce sont les autres qui parlent et sortent d'eux-même un argument favorable à Jésus : "Beaucoup vinrent à lui en déclarant : « Jean n'a pas accompli de signe ; mais tout ce qu'il a dit au sujet de celui-ci était vrai. »

La Vérité a donc besoin d'être accueillie et Dieu n'impose rien, car ce serait contraire à Lui-même. Ce serait contraire à l'homme aussi, qui comprend très bien qu'il n'y a pas d'amour sans liberté. Au-delà de ces considérations, j'ai été ému de la peine de Jésus lorsqu'il pose la question: « J'ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes de la part du Père. Pour laquelle voulez-vous me lapider ? " Je n'y vois aucune ironie, seulement une très grande lassitude, mais combien de nous auraient déjà abandonné !
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Les prophéties et leur interprétation

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 11,45-57.

Alors, l'un d'entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : « Vous n'y comprenez rien ; vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu'un seul homme meure pour le peuple, et que l'ensemble de la nation ne périsse pas. »
Ce qu'il disait là ne venait pas de lui-même ; mais, comme il était grand prêtre cette année-là, il fut prophète en révélant que Jésus allait mourir pour la nation.
Or, ce n'était pas seulement pour la nation, c'était afin de rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés.

Caïphe devait être prophète cette année-là, et il le fut. Cependant, lui-même, en appliquant les mots qui lui sont inspirés sur "l'intérêt" qu'ils ont à exécuter Jésus, montre bien que le sens réel de ce qui est en train de se passer lui échappe complètement. C'est l'apôtre Jean, lui aussi prophète, qui la redresse, la complète et en donne la perspective globale. Ce passage nous en apprend beaucoup non seulement sur les prophéties en elles-mêmes mais sur la qualité des interprétations. Et force est bien de constater que le grand prêtre Caïphe présente très peu de points communs avec l'apôtre Jean !

C'est la raison pour laquelle je garde toujours une certaine distances à l'égard des prophéties "modernes". Il en court de toutes sortes. Depuis la croix de 738 mètres de hauteur qui devait être érigée sur la butte de Dozulé, jusqu'aux "trois jours de ténèbres" annonciateurs de la fin des temps, en passant par l'extraordinaire longévité des messages de Medjugorje, j'ai entendu parler de toutes sortes d'événements extraordinaires... Mais il n'y a pas que moi: dans un passage de son Journal, dans les années 50, Julien Green en quelques lignes la publication de "messages célestes" qui annonçaient - entre autres et après mille et une péripéties, le sacre, à Reims, d'un nouveau roi de France - "avant l'an 2000" !

Je n'ai aucune autorité pour me prononcer et je ne le fais pas. Même si je me sens "en phase" avec certains textes que j'ai lus, je n'en dis rien pour autant. J'ai cité une mystique avec bonheur - mais seulement depuis sa béatification. De même pour les écrits du père Charles de Foucauld dont la profondeur me ravit. Et de toute façon, ce qui compte, la seule certaine à mes yeux, c'est d'accomplir aujourd'hui la volonté de Dieu, dans cet espace de temps qui m'a été offert de vivre, entre mon lever et mon coucher.
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La trahison ou l'amour renversé

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,21-33.36-38.
A l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, au cours du repas qu'il prenait avec ses disciples, il fut bouleversé au plus profond de lui-même, et il attesta: "Amen, amen, je vous le dis: l'un de vous me livrera."
Les disciples se regardaient les uns les autres, sans parvenir à comprendre de qui Jésus parlait.
Comme il y avait à table, tout contre Jésus, l'un de ses disciples, celui que Jésus aimait,
Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler.
Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? »
Jésus lui répond : « C'est celui à qui j'offrirai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l'Iscariote.
Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. »
Mais aucun des convives ne comprit le sens de cette parole.
Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d'acheter ce qu'il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres.
Quand Judas eut pris la bouchée, il sortit aussitôt ; il faisait nuit.
Quand Judas fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l'homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.
Si Dieu est glorifié en lui, Dieu en retour lui donnera sa propre gloire ; et il la lui donnera bientôt.
Mes petits enfants, je suis encore avec vous, mais pour peu de temps, et vous me chercherez. J'ai dit aux Juifs : Là où je m'en vais, vous ne pouvez pas y aller. Je vous le dis maintenant à vous aussi.
Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je m'en vais, tu ne peux pas me suivre pour l'instant ; tu me suivras plus tard. »
Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant ? Je donnerai ma vie pour toi ! »
Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m'aies renié trois fois.

L'imagerie populaire a eu beau conférer à Judas la figure-type du traître, un homme au visage par avance marqué d'infamie, au regard fuyant, à l'agitation révélatrice, ou que sais-je encore, je constate que l'Évangile, quant à lui, nous montre un proche du Seigneur, proche comme tous les autres. D'ailleurs, au cours du repas, il ne devait pas être attablé loin du Maître puisque que c'est de lui qu'il reçoit bouchée à manger. Geste si simple, affectueux, que cette bouchée de pain d'abord trempée, puis remise: on dirait une mère donnant la cuillerée de soupe à son enfant ! Les autres disciples ont vu cela, mais personne n'a vu clair, car en fait, c'est à ce moment-là que tout bascule dans l'esprit de Judas. Mais comment ? Qui le dira, qui l'expliquera ? Le signe de cette bouchée me rappelle tout de suite le psaume 54:

Si l’insulte me venait d’un ennemi,
je pourrais l’endurer ;
si mon rival s’élevait contre moi,
je pourrais me dérober.

Mais toi, un homme de mon rang,
mon familier, mon intime !
Que notre entente était bonne,
quand nous allions d’un même pas
dans la maison de Dieu !


et il me semble que sa traduction est que "l'on n'est jamais mieux trahi que par ceux que l'on aime". En effet, le caractère monstrueux de la trahison ne procède pas de l'acte en lui-même, mais du renversement brutal de l'affection qui unissait les deux parties.

Du coup, l'autre trahison, celle de Pierre, pourrait être mise sur le même plan. Et l'on pourrait même plaider en faveur de Judas que celui-ci, du moins, ne s'était pas engagé à donner sa
vie ! Mais je ne relève ce point que pour démontrer encore combien porter un jugement est moins simple qu'il paraît.

Il y a dans ma mémoire la trace d'une ou deux trahisons que j'ai subies et dont j'ai gardé une certaine amertume... Le pardon est difficile, mais bien nécessaire, car curieusement mes propres traîtrises (il y en a forcément eu quelques-une) semblent échapper à l'examen de ma conscience: mon miroir a de ses oublis fâcheux...
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L'Amour se rejoint par le bas...

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,1-15.

1.Avant la fête de la Pâque, sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout.
Au cours du repas, alors que le démon a déjà inspiré à Judas Iscariote, fils de Simon, l'intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu'il est venu de Dieu et qu'il retourne à Dieu,

2.se lève de table, quitte son vêtement, et prend un linge qu'il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l'eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu'il avait à la ceinture. Il arrive ainsi devant Simon-Pierre. Et Pierre lui dit : « Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds ! » Jésus lui déclara : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n'auras point de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n'a pas besoin de se laver : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, . . . mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c'est pourquoi il disait : « Vous n'êtes pas tous purs. » Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m'appelez 'Maître' et 'Seigneur', et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j'ai fait pour vous.

Le premier paragraphe de cet Evangile rassemble un ensemble de données qui nous sont exposées afin que nous ayons une meilleure compréhension de l'événement:
- C'était avant la fête de Pâques
- Jésus savait que l'heure était venue
- Jésus a aimé les siens qui étaient dans le monde et il les aima jusqu'au bout
- Judas Iscariote est déjà sous l'emprise du démon
- Jésus a la pleine conscience de qui Il est, que le Père a tout remis entre ses mains, qu'il est est venu de Dieu et qu'Il retourne à Dieu.

En fonction de tout cela, le Seigneur va s'abaisser encore un peu plus bas, lui le Maître et le Seigneur, et se placer dans la position de l'esclave; il va laver les pieds de ses disciples. En agissant ainsi, il manifeste que l'Amour qui est dans le Père est encore au-delà de ce que les disciples et tous les autres témoins ont pu se le représenter.

Il a déjà déclaré qu'il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Mais ici, il montre que le fait de donner sa vie, cela n'implique pas seulement de mourir en faveur de ceux que l'on aime. Car la mort est un événement ponctuel, tandis que l'Amour se perpétue sans fin. Pour aimer les siens jusqu'au bout, Jésus montre par le lavement des pieds qu'il n'y a pas non plus d'exception, de limite dans le geste de l'affection véritable, et ceci au coeur du quotidien.

Telle est la gloire du Fils de l'homme, une gloire qui doit être comprise dans le sens de valeur véritable, qui n'a rien à voir avec ce que le monde comprend, qui se situe constamment à un autre niveau et qui prend, à chaque fois le contrepied du sens que l'homme attribue au mot. La gloire, ici, c'est aussi l'humilité portée à son sommet par l'abaissement même. C'est assez paradoxal pour inspirer la crainte de Dieu.

C'est je crois, le même renversement de toutes les valeurs dites "acquises" qui a fait jaillir de la bouche du centurion romain: "Vraiment, celui-ci était le Fils de Dieu !" La gloire de Dieu se dévoile dans l'étonnement de l'homme. Loué sois-tu, mon Seigneur et mon Dieu !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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La pierre qui a été roulée...

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Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16,1-8. (11/4/2009)

Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus. De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au sépulcre au lever du soleil. Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l'entrée du tombeau ? »
Au premier regard, elles s'aperçoivent qu'on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande. En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de peur. Mais il leur dit : « N'ayez pas peur ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n'est pas ici. Voici l'endroit où on l'avait déposé. Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : 'Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l'a dit. ' » Elles sortirent et s'enfuirent du tombeau, parce qu'elles étaient toutes tremblantes et hors d'elles-mêmes. Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur.

Pourquoi la pierre du tombeau a-t-elle été roulée et mise à l'écart ? Jésus ressuscité ne pouvait-il pas, dans son corps glorieux, traverser n'importe quelle muraille ? Assurément ! Il l'a fait en apparaissant à ses disciples, alors que toutes les portes étaient closes. Il y a donc là un signe, et la présence d'un ange, messager des volontés divines, me le confirme.
La pierre roulée fait songer également à cette prison où furent enfermés les disciples (voir les Actes des Apôtres 5, 19-25): durant la nuit, les chaînes tombèrent de leurs pieds, les portes s'ouvrirent et ils se retrouvèrent libres dans la rue... Il n'est guère étonnant que l'ange ait donné une mission aux saintes femmes. Une mission, oui ! Sans doute la première de toutes. La mission qui consiste à annoncer que tout ce que le Christ avait annoncé s'est accompli, et s'est accompli comme Il l'avait annoncé.

La pierre du tombeau, qui a été enlevée, c'est le symbole de la liberté retrouvée, du désespoir anéanti dans la Vie, des ténèbres que la lumière a percées, d'une délivrance plus forte que tous les écrasements que nous connaissons en ce monde.

Finalement, il n'y a qu'une seule pierre qui vaut quelque chose, c'est la pierre "angulaire", celle-là même que les bâtisseurs ont rejetée. Dans toute de vie de croyant, il y a la rencontre entre le malheur (conséquence de l'esprit de domination des hommes - que Simone Weil appelle "la pesanteur")... et la Joie. Cette joie qui est don de Dieu: pur, absolu, vivifiant, consolation et force pour vivre. Mais aussi longtemps que nous sommes sur cette terre, l'oppression du monde demeurera, cependant que notre âme sera traversée par la Joie.

Etrange condition: nous demeurons de chair mais nous sommes nés de nouveau, nés de l'Esprit. Et ce qui est chair est chair et connaît le sort de la chair, mais ce qui est de l'Esprit est esprit et appartient déjà à la vie éternelle. Jusqu'au jour où j'ai connu le Christ, dans une illumination, car Il s'est montré en même temps à mes yeux de chair et à mon esprit, il m'a été impossible de croire et d'adhérer à cette double état de l'être. Car tout raisonnement est de la chair, mais la foi est de l'esprit; sans le secours gratuit du Seigneur, j'en serais demeuré à la philosophie. Je me souviens que Paul écrit au Galates:
"Les tendances de la chair s'opposent à l'esprit, et les tendances de l'esprit s'opposent à la chair. En effet, il y a là un affrontement qui vous empêche de faire ce que vous voudriez."

Je ne fais donc plus ce que je veux, sous la puissance de la Joie, mais je fais ce que je ne veux pas, sans pouvoir m'en attribuer aucun mérite: tout est donné au moment où j'agis. Le tombeau vide trouvé par les saintes femmes, c'est le message, et c'est d'office le renvoi, la mission, le travail pour le Royaume. Heureux sommes-nous d'avoir entendu et d’avoir cru !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Les mutations des larmes

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Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,11-18.

Marie Madeleine restait là dehors, à pleurer devant le tombeau. Elle se penche vers l'intérieur, tout en larmes, et, à l'endroit où le corps de Jésus avait été déposé, elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l'un à la tête et l'autre aux pieds.
Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé le Seigneur mon Maître, et je ne sais pas où on l'a mis. » Tout en disant cela, elle se retourne et aperçoit Jésus qui était là, mais elle ne savait pas que c'était Jésus.
Jésus lui demande : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le gardien, elle lui répond : « Si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi, j'irai le reprendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » Elle se tourne vers lui et lui dit : « Rabbouni ! » ce qui veut dire : « Maître » dans la langue des Juifs.
Jésus reprend : « Cesse de me tenir, je ne suis pas encore monté vers le Père. Va plutôt trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. » Marie Madeleine s'en va donc annoncer aux disciples : « J'ai vu le Seigneur, et voilà ce qu'il m'a dit. »

"Cesse de me tenir", dit Jésus à Marie Madeleine. Le Christ, que ni la Croix, ni la tombe n'ont pu retenir, reste cependant tenu par les larmes de celle à propos de qui il avait dit:
"si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour. » (Luc 7,47) Il est donc tout à fait remarquable de noter que, même après la Résurrection, le bon Pasteur reste extrêmement attentif à ses brebis. A celle-ci en particulier, qu'il appelle par son nom "Marie !"

Cet Evangile est bouleversant de tendresse et d'amour profond. A la première lecture, c'est l'attention constante du Seigneur qui m'a retenu, mais en relisant le passage, je me suis dit encore que les larmes de Marie-Madeleine ont été subtilement transformées, elles ont subi véritable mutation en passant de la détresse à la joie pure. Ceux qui pleurent leurs péchés versent aussi des larmes de joie le jour de leur pardon. Ainsi, la sincérité du repentir est à la fin la source d'une grande joie... "Il y a plus de joie dans les cieux pour un seul qui se repent que pour cent qui n'ont pas besoin de se repentir".
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La Parole est toujours la Parole

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Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24,13-35.

Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d'aller plus loin.
Mais ils s'efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna.
Alors leurs yeux s'ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.
Alors ils se dirent l'un à l'autre : « Notre coeur n'était-il pas brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route, et qu'il nous faisait comprendre les Écritures ? »
A l'instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :
« C'est vrai ! le Seigneur est ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »
A leur tour, ils racontaient ce qui s'était passé sur la route, et comment ils l'avaient reconnu quand il avait rompu le pain.

Ce changement instantané entre le Jésus "d'avant" et "d'après" la résurrection, toujours le même, mais qui ne se laisse plus reconnaître qu'à sa Parole et aux signes, est éminemment éducatif: c'est désormais par la foi que ses disciples communiqueront avec le Christ. Eux et nous. Le passage de l'Evangile qui me touche le plus aujourd'hui, ce sont ces quelques mots, auxquels je m'associe immédiatement: "Mon coeur n'était-il pas tout brûlant en moi, tandis qu'il me parlait sur ma route et me faisait comprendre les Écritures?" ... mais si je reçois l'une ou l'autre inspiration qui me fait brûler de l'intérieur, de toute façon, cette inspiration finit au "nous", c'est-à-dire au partage. Car la Parole que le Seigneur nous inspire, ainsi que son Amour qui fait nos cœurs se réchauffer pour mieux nous enlever comme un moteur d'avion... si nous ne partageons pas, alors, c'est perdu - en tout cas c'est fort dommage. Car la Parole, c'est vraiment du pain de la Vie. Partager ce pain, c'est le multiplier, et le multiplier au-delà de ce que nous pouvons imaginer. C'est pour nous, mais ce n'est pas que pour nous. C'est une Parole, mais c'est une nourriture. Un fruit d'amour, de joie, de force, appelé à s'étendre de notre coeur à tout notre être et au-delà de notre être individuel, à tous ceux qui ont faim...
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Les témoins...

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Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 24, 35-4Cool
35i Les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment ils avaient reconnu le Seigneur quand il avait rompu le pain.
36 Comme ils en parlaient encore, lui-même était là au milieu d'eux, et il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
37 Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit.
38 Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ?
39 Voyez mes mains et mes pieds : c'est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n'a pas de chair ni d'os, et vous constatez que j'en ai. »
40 Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
41 Dans leur joie, ils n'osaient pas encore y croire, et restaient saisis d'étonnement.
Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
42 Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé.
43 Il le prit et le mangea devant eux.
44 Puis il déclara : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j'étais encore avec vous : Il fallait que s'accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
45 Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures.
46 Il conclut : « C'est bien ce qui était annoncé par l'Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d'entre les morts le troisième jour,
47 et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
48 C'est vous qui en êtes les témoins.

A ma modeste mesure, là où je suis, je suis témoin - et je dois m'efforcer de l'être plus, Cependant, du fait qu'aucun d'entre nous n'a été créé "pareil" à son voisin, ma manière d'être témoin, est particulière. Et aujourd'hui, justement, 16 avril 2009, c'est le septième jour de la neuvaine à la Miséricorde divine, jour durant lequel Jésus demande qu'on lui présente toutes les "âmes qui honorent et glorifient particulièrement la miséricorde de Jésus".

Pratiquer la miséricorde, c'est ma façon à moi d'être témoin de Jésus. Ce n'est pas moi qui l'ai choisie, cette voie. J'avais d'abord beaucoup penché pour la spiritualité franciscaine, avant d'explorer d'autres attitudes devant Dieu, mais sans jamais réussir à m'y fixer.

A la fin, c'est le besoin, devenu faim et soif, de savoir distinguer quel est le premier attribut de la divinité, qui m'a valu une réponse... qui m'est vraiment tombée du Ciel ! Car Dieu est justice et sainteté, mais son attribut premier, c'est l'amour miséricordieux.

A ma conversion, il m'était venu tout seul (en fait, non pas "tout seul", car cela m'avait été "insufflé") d'essayer de venir en aide aux jeunes de mon quartier qui sortaient des maisons d'accueil et ne savaient vraiment pas comment s'insérer dans le système social. L'attitude de vie de l'apôtre de la Miséricorde consiste en l'abandon de la foi devenue confiance, ainsi que la pratique d'un amour de "compassion active" envers le prochain. Sans le savoir, j'avais pratiqué cette double attitude durant les trois premières années qui avaient suivi ma conversion, à une époque où toute la théologie de la Miséricorde était toujours en examen à Rome. Ces études allaient aboutir, le 30 avril 2000, à la canonisation de soeur Faustine Kowalska, à qui le Christ avait dicté toutes ses volontés à ce sujet.

En Belgique, dans la Basilique du Sacré-Coeur, à Koekelberg, aura lieu ce 19 avril la dixième Solennité en l'honneur du Christ miséricordieux. En ce qui me concerne, c'est la première fois que j'y participerai. Je dois à la vérité de dire que je n'avais pas prévu de m'y rendre, mais c'est une contrariété, en un temps où s'allient en même temps la solitude et les soucis, qui m'y a fait songer. J'avais besoin d'un "programme de remplacement" et il m'est tombé sous les yeux hier soir en rangeant des papiers. Je m'étais préparé également à m'y rendre seul - ce qui est plus difficile pour un provincial comme moi, et voici que, finalement non, je ne serai pas seul dans les avenues de la capitale... Qui dira que Dieu ne prend pas soin de ses amis ! (Je n'y ai rien compris moi-même !)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Les yeux de la foi

Message non lu par etienne lorant »

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 21, 1-14)
01i Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord du lac de Tibériade, et voici comment.
02 Il y avait là Simon-Pierre, avec Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres disciples.
03 Simon-Pierre leur dit : « Je m'en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, ils passèrent la nuit sans rien prendre.
04 Au lever du jour, Jésus était là, sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c'était lui.
05 Jésus les appelle : « Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ? » Ils lui répondent : « Non. »
06 Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n'arrivaient pas à le ramener, tellement il y avait de poisson.
07 Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C'est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre l'entendit déclarer que c'était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n'avait rien sur lui, et il se jeta à l'eau.
08 Les autres disciples arrivent en barque, tirant le filet plein de poissons ; la terre n'était qu'à une centaine de mètres.
09 En débarquant sur le rivage, ils voient un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain.
10 Jésus leur dit : « Apportez donc de ce poisson que vous venez de prendre. »
11 Simon-Pierre monta dans la barque et amena jusqu'à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s'était pas déchiré.
12 Jésus dit alors : « Venez déjeuner. » Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c'était le Seigneur.
13 Jésus s'approche, prend le pain et le leur donne, ainsi que le poisson.
14 C'était la troisième fois que Jésus ressuscité d'entre les morts se manifestait à ses disciples.

Jésus ressuscité reproduit la pêche miraculeuse par laquelle il avait inauguré sa mission. Voici un signe qui n'est pas seulement miracle, mais c'est aussi un signe très humain, un souvenir vivant. De toutes sortes de façons, le Seigneur va apprendre à ses disciples comment vivre sur deux plans en même temps: sur le plan humain - car la vie continue, mais aussi dans la foi en sa présence continuelle avec eux.

Dans ce but, il est très important que le visage de chair de Jésus ne soit plus reconnaissable comme autrefois. Je me souviens de la figure du Christ que j'ai vue, sur mon crucifix, lors de ma conversion. Un instant auparavant, sa tête était couchée sur le côté et il était mort; et l'instant suivant, elle était toute droite - ce qui changeait aussi la position générale du corps, il était vivant, son corps palpitait et ses yeux me fixaient. Mais puis-je dire que je connais donc le visage du Seigneur ? La réponse est non. Tout ce que je peux dire, c'est que la représentation en plâtre d'un visage "classique" de Jésus (avec cheveux long et petite barbe)est devenue "Quelqu'un", tout en demeurant une représentation. Est-ce que je m'exprime bien ? Tout le temps qu'a duré cette "illumination", j'ai eu le même sentiment que les disciples dans l'Evangile d'aujourd'hui : j'ai tout de suite su, du plus profond de mon être, Qui se manifestait à moi sous cette forme. Alors évidemment: "Aucun des disciples n'osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c'était le Seigneur.

Les soeurs Clarisses en ville, tout comme les religieuses de Cracovie (où vécut sainte Faustine), m'ont assuré un jour que le Seigneur, pour s'adresser individuellement à nous, emprunte la voix de son prêtre. Je leur avais posé une question, car j'avais été très surpris d'entendre dire un jour par un prêtre, au cours d'une lecture, quelque chose qui ne me rappelait rien dans la Bible. Si vous voulez, vous pouvez chercher, vous ne trouverez pas cette petite tirade: "Vous désirez le bien, mais vous ne savez pas résister au mal". Je sais bien que saint Paul dit quelque chose qui en est très proche, mais les mots et leur association dans la phrase que j'ai citée, ils n'existent pas dans l'Ecriture.

Il y a donc toujours un "double plan" à l'œuvre dans la démarche de la foi. Aussi abandonné que nous pensons être parfois par le Ciel, le Seigneur est présent. Je pense qu'il ne faut pas chercher l'expérience surnaturelle. Le visage de Jésus et sa Parole sont présents dès que nous rencontrons le "prochain". C'est cela que Dieu veut. Évidemment, c'est beaucoup plus difficile de reconnaître Jésus dans notre prochain, mais parvenir à dépasser nos représentations mentales, c'est essentiel pour vivre une foi authentique.

(Moi-même, aujourd'hui, je ne songeais pas du tout à un tel commentaire. Je l'ai pourtant écrit. C'est dire qu'en même temps, tout est parfaitement ordinaire, et tout est extraordinaire. Ce qui compte, c'est avoir foi et avancer.)
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