Bonjour, Marco Polo,
et merci pour votre citation du CNPL.
Marco Polo a écrit :
Centre national de la pastorale liturgique, site du cef.fr donc de la conférence des évêques de France...
Il faut redire de temps a autre, notamment aux plus jeunes que recevoir l'hostie dans la bouche ou dans la main possède une égale légitimité.
Le CNPL n'explique pas par rapport à quoi et dans quelle perspective cette "égale" légimité est posée.
C'est ce qu'il faudrait expliquer au plus jeunes. Les documents cités dans ce fil prouvent au moins qu'il y a d'une part une pratique issue de la tradition apostolique et que l'Eglise demande de maintenir... et l'usage d'une pratique demandée par une minorité, certains évêques, et qui est seulement autorisée.
On peut parler de légitimité (à defaut de légalité) autant que l'on veut: c'est un terme qui masque la vraie difficulté.
A nouveau, la même question: pourquoi demander cette pratique? Dans quel but? A quelles fins?
Chacun est libre; il n’y a pas une façon plus chrétienne ou plus pieuse, ni même plus traditionnelle que l’autre puisqu’on a communié dans la main jusqu’au 9e ou 10e siècle.
Chacun est libre?
Il n'empêche que l'on a purement et simplement "imposé" la pratique de la communion sur la main, et que celui qui communie dans la bouche est perçu comme "tradi" au mieux, "intégriste" au pire. Et pourquoi?
Le "on a communié dans la mains jusqu'au 9ème ou 10ème siècle" n'est pas un argument en soi: relire les documents cités sur le fil quant à ce que dit l'Eglise (Concile de Trente, etc.)
En France, la communion dans la main fut autorisée par le Conseil permanent de l’Episcopat, le 19 juin 1969.
A quel titre? Dans quelles conditions? Relire les documents cités dans le fil. Ils sont éminemment instructifs.
On peut souhaiter cependant que ceux qui communient dans la bouche avancent légèrement la langue, sans la tirer, sur la lèvre inférieure en ouvrant légèrement la bouche. Il est ainsi plus facile d’y déposer l’hostie.
On peut également demander a ceux qui communient dans la main de présenter les deux mains l’une sur l’autre, en faisant d’une main un trône pour l’autre "qui doit recevoir le Roi", selon la très belle formule de saint Cyrille de Jérusalem. Saisir l’hostie entre le pouce et l’index, comme au vol, n’est pas un geste de réception. En outre il est plus respectueux de ne pas communier en se déplaçant, mais de porter l’hostie a la bouche, soit avant de se remettre en marche, soit après avoir fait un pas sur le côté pour laisser la place a la personne qui suit.
"la très belle formule de saint Cyrille de Jérusalem" n'est pas de saint Cyrille de Jérusalem mais de l'un de ses successeurs... qui était arien.
Tiens! un arien... il faudrait donc aller voir qu'elle est la théologie de ces ariens au sujet de l'eucharistie...
Encore une fois, le problème n'est pas d'opposer ceux qui communient dans la main, à ceux qui communient dans la bouche. C'est exactement le type même du débat qui ne mène nulle part.
Ce qu'il faudrait expliquer c'est la raison qui a poussé certains clercs, une minorité, à demander l'autorisation de donner la communion dans la main, puis à généraliser cette pratique dans toute l'Eglise au détriment de l'autre pratique, qui elle est une pratique qui remonte aux temps apostoliques.
La communion dans la main, c'est:
1) le fidèle qui prend l'hostie dans sa main et s'administre lui-même la communion.
Pourquoi certains clercs ont-ils désiré que les fidèles s'administrent eux même la communion?
Qu'est-ce que cela veut dire au sujet du ministère ordonné?
Qu'est-ce que cela veut dire au sujet du sacrement de l'eucharistie?
2) a l'évidence, et sans préjuger de la droiture d'intention et de la foi de chacun, le respect dû au sacrement est amoindri (ce que l'on constate dans la réalité, ce que l'Eglise affirme aujourd'hui).
Pourquoi certains clercs ont-ils désiré que les fidèles manifestent un moindre respect vis-à-vis de l'hostie?
Qu'est-ce que cela veut dire au sujet du sacrement de l'Eucharistie?
3) pourquoi cette pratique a-t-elle été imposée à tous les fidèles catholiques?
Oui, au fond, pourquoi cette pratique est-elle encore aujourd'hui sujette à tant de débats?
Et pourquoi certains clercs sont-il si résolumment opposés au rétablissement de la communion sur la langue?
Quelle est la théologie de ces clercs?
Que disent-ils au sujet du "saint Sacrifice de la messe"?
Que disent-ils au sujet de la "présence réelle"?
Que disent-ils au sujet du ministère ordonné des prêtres?
Quelle est leur conception du sacerdoce?
Est-il étonnant que dans le type d'ecclésiologie développé et mis en pratique par ces clercs, le nombre de prêtres diminuent et que les séminaires se vident?
Chacun répond ou ne répond pas à ces questions.
Lorsqu'une pratique nouvelle est mise en place dans l'Eglise, les fidèles ont le devoir de chercher à comprendre pourquoi elle l'est, dans quelle conditions et pour quelle finalité.
Et, pour citer un philosophe très peu catholique mais intelligent, "l'ignorance n'est pas une excuse".
Amicalement.
Virgile.