Mettre sur un pied d'égalité un avortement le jour même d'un viol ou le lendemain, avant la nidation, et sans savoir d'ailleurs s'il y a eu fécondation ou pas, et un avortement d'un embryon déjà formé issu d'un couple "classique", est une aberration intellectuelle.
Non, c'est vous qui vous méprenez, car la dignité de l'embryon ne dépend pas de ses parents. Qu'ils forment un couple classique ou non ne change rien à son droit à la vie.
Un enfant, ça coûte très cher à élever. Et ceux qui disent le contraire ont été parents à une autre époque ou ne sont pas encore parents.
Certes, cela coûte cher, mais sommes-nous obligés de vivre dans un tel confort matériel alors que nos parents et grands-parents vivaient plus simplement et n'en étaient pas plus malheureux pour autant?
Suliko, vous vous méprenez en pensant qu'avec Dieu, on avorte moins. Un sondage était paru il y a un an : la part des catholiques pratiquants qui ont recours à l'avortement serait presque aussi grande que celles des non-croyants.
Non, je ne me méprends pas. Généralement, ce sont les sondages qui sont faussés, car pour être considéré comme pratiquant, il suffit parfois d'aller à la messe une fois par mois, voir pour les grandes fêtes et les mariages...Or, vous savez bien que les catholiques pratiquants (réguliers!) sont environ 4% en France. Je doute très sincèrement que ce soient ces quelques pourcents-là qui ont été choisis pour ces sondages dont vous me parlez...Mais j'attends la preuve que je me trompe.
Vous pouvez être contre l'avortement mais si vous y êtes confrontée alors que vous n'avez ni les moyens, ni la stabilité, ni un entourage solide, ni une communauté qui vous soutient, ou que vous êtes faible psychologiquement, rien ne dit que vous ne le ferez pas.
Sincèrement, le seul cas où je pressens pouvoir être ébranlée et sujette au doute serait celui du viol...Dans tout autre cas, je me vois mal mettre de côté mes valeurs pour plaire au monde ou me sortir d'une situation plus que délicate...Mais vous pensez sans doute que je me sens plus forte et sûre de moi que je ne le suis vraiment, ou alors que je suis trop jeune pour vraiment comprendre tous les enjeux de la question...
Et j'en remets encore une couche mais si vous saviez le nombre de pères catholiques pratiquants qui inciteraient facilement leur femme à avorter... tout ça parce qu'ils ne voient pas comment être père de nouveau, ou que la situation matérielle les paralyse.
Et j'imagine que la définition donnée à pratiquant est la même que celle dans le sondage que vous mentionnez plus haut....Ce qui fausse toute la donne!
Je passe évidemment sur les avortements de complaisance. Cela n'est pas mon propos car je suis opposée à l'avortement mais dans des cas particuliers, et en prenant en compte la faiblesse humaine, je ne peux pas imaginer rendre les parents pénalement responsables quand c'est la société toute entière qui l'est (ne ne donnant pas les moyens matériels et humains d'élever convenablement et dans la paix les enfants).
Par définition, les avortements de complaisance ne correspondent pas à votre définition (manque de moyens matériels)!
La complaisance, c'est de se débarrasser d'un enfant parce qu'on est encore étudiante et qu'une maternité nous gâcherait la vie, ou alors faire de même pour ne pas sacrifier sa carrière professionnelle, etc...
Ces cas sont moins rares que ce que vous croyez...
Il fut un temps où l'on parlait de Dieu à tous les coins de rues, où l'avortement était condamné, mais où toutes les situations qui existent aujourd'hui se retrouvaient quand même, où il y avait tout autant d'adultères même au sein des couples "légaux", etc.
Personne n'a encore prouvé que le taux d'avortement avant sa légalisation était aussi élevé qu'aujourd'hui, voire plus.
Quant à l'adultère, il existe depuis que le monde existe, je le sais bien. Néanmoins, autrefois, la famille demeurait le socle de la société, malgré les péchés des uns et des autres.
(Et puis sincèrement, les relations hors mariage étaient quand même plus rares autrefois, surtout chez les femmes. (Parce qu'en ce qui concerne les hommmes, j'ai de gros doutes!!) Aujourd'hui, on divorce tellement que les adultères de fait (si ce n'est de droit) sont légions...)
Le coeur de l'homme n'ayant pas changé, les problématiques restent les mêmes. Seuls les moyens de l'exprimer ont évolué.
Et ce n'est certainement pas en légalisant l'avortement que l'on y répond correctement.