Faut-il croire aux miracles ?

« Dieu leur donnera peut-être de se convertir et de connaître la vérité. » (2Tm 2.25)
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Forum de débats dialectiques entre personnes de bonne volonté autour de la religion chrétienne (catholicisme) et des objections formulées à son encontre

NB : L'attention des intervenants est particulièrement attirée sur la courtoisie et le respect ; les blasphèmes et provocations visant à blesser le sentiment religieux des lecteurs seront modérés ; les discussions inutilement polémiques seront verrouillées et leur initiateurs sanctionnés.
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Raistlin
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Re: Faut-il croire aux miracles ?

Message non lu par Raistlin »

chevy a écrit :
Raistlin a écrit : La Résurrection du Christ est la seule case sur laquelle nous devons tout miser : si elle vraie, alors tout est vrai. Si elle est fausse, alors vaine est notre foi et nous sommes les plus à plaindre, comme dit Saint Paul.
Ah, en voilà au moins un qui réagit comme moi (mais lui, dans le BON sens bien sûr, et moi dans le MAUVAIS sens ;) )

UN ELEMENT DE BASE EST FAUX ET TOUT EST FAUX ...

pour Raistlin, c'est la Résurrection qui détermine tout

pour moi, c'est le changement de Lucifer en Satan , car c'est encore plus "basique" ...
Vous vous trompez. Tout l'édifice chrétien repose sur la Résurrection du Christ. Ses ennemis ne s'y sont d'ailleurs pas trompés : voyez l'affirmation du coran comme quoi le Christ n'est pas ressuscité, voyez les tentatives des pseudo exégètes pour décrédibiliser les évangiles, etc.

La Trinité, l'Incarnation, la Rédemption, tous ces mystères ne sont acceptables et compéhensibles qu'à la lumière de la Croix et de la Résurrection.

Votre erreur de raisonnement est la suivante : sous prétexte que vous ne comprenez pas comment Lucifer se change en Satan, vous décrétez que la Résurrection est un mensonge puisque cela remet en question votre foi en elle.
Alors que c'est à la lumière de la foi que vous devriez tenter de comprendre le changement de Lucifer en Satan.

Cordialement,
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Re: Faut-il croire aux miracles ?

Message non lu par jpeg »

Exactement Paul parle de nouvel Adam, Satan finalement n'a aucun rapport avec la resurrection, elle a lieu pour l'Homme comme reconciliation de l'homme avec Dieu.
chevy
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Re: Faut-il croire aux miracles ?

Message non lu par chevy »

et bien je vais vous exposer mon point de vue (déjà exposé ailleurs, mais on a du l'oublier)

La Résurrection n'a eu lieu que parce qu'il y a eu Incarnation
Celle ci n'a eu lieu que parce qu'il y a eu nécessité de Redemption (Messie)
Cette Rédemption n'a été nécessaire que parce qu'il y a eu la Chute d'Adam et le Péché Originel
Cette chute a été provoquée par Satan

lequel est un ange déchu, qui était Lucifer "au début" (le porte lumière, favori de Dieu, le plus proche de Dieu)

[Merci de surveiller vos propos : vous êtes sur un forum catholique. Cordialement. Raistlin]
s'il n'avait pas CHANGE ... rien de ce qui est arrivé sur Terre ne serait arrivé ...!!


C'est donc bien le point BASIQUE de TOUTE RELIGION MONOTHEISTE :
le "revirement" de Lucifer !


et ce revirement ... me bloque car je ne peux l'imaginer SANS TEMPS, SANS CHRONOLOGIE : pour moi, il y a Lucifer "AVANT" ("bon") et Lucifer "APRES" = ("mauvais") Satan ....

CQFD ;)
et désolé dde revenir au problème du TEMPS ... je n'y peux rien, ça revient tout le temps et partout !!
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Re: Faut-il croire aux miracles ?

Message non lu par jpeg »

Bien sûr, en parlant de miracles, je pense à tout ce que je lis chez les pentecotistes, des ministeres de guérisons, de prophéties. Des guérisons à la pelle, en creusant un peu, j'ai entendu plusieurs histoires les mêmes mais dont personne n'a jamais été le témoin: une histoire de pretre (déjà on sent qu'à la base c'etait pour convertir le catholique) qui avait perdu la jambe et dont la jambe repoussait ( :zut: ). Bref un seul mot d'ordre discernement, parce qu'apres le risque c'est les dérives gourouistes, les gens qui disent "pas besoin de te soigner" laisse faire Dieu etc etc.

Ce qui ne veut pas dire heureusement que les miracles n'existent pas, même actuels. Et chaque guérison mérite qu'on loue Dieu
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Cgs
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Re: Faut-il croire aux miracles ?

Message non lu par Cgs »

Bonjour,

La façon dont l'Eglise considère les guérisons miraculeuses de Lourdes est une belle illustration de vos propos. Vraisemblablement, beaucoup de guérisons ont eu lieu dans ce sanctuaire marial, mais peu ont réellement été reconnues par l'Eglise. Pourquoi ? Car l'Eglise est prudente, et enquête profondément avant de reconnaître une guérison, et c'est tout à fait normal. Le risque d'idolâtrie est permanent, et nous ferait perdre l'essentiel de la foi chrétienne.

Bien à vous,
Cgs
Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.
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coeurderoy
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Re: Faut-il croire aux miracles ?

Message non lu par coeurderoy »

Les miracles les plus éclatants et probants sont...les moins médiatisés : conversion du coeur, permanence de l 'Eglise et de la succession apostolique, diversité des charismes (évidente sur ce forum),
variété des grâces touchant les plus simples comme les plus savants !
Mais le monde est friand de sensationnel. Dieu présent au milieu de nous demeurera signe de contradiction car ceux qui préfèrent les ténèbres à la Lumière ne supportent pas Son éclat.
Et pourtant, dans nos campagnes déchristianisées, nos villes hypernerveuses, nos écrans pollués, dans l'âme de nos enfants agressés Il trouve des chemins de grâce : un véritable miracle vu la culture et l'éducation dans lesquelles nous baignons dès l'enfance.

Notre Foi est peut-être plus grande que celle du sire de Joinville, le compagnon de Saint-Louis, né et mort en terreau chrétien. Personnellement, considérant ce que j'ai vu et vécu depuis l'âge de raison ( 7 ans en 1964) je considère miraculeuse la présence visible et active du Corps Mystique du Christ - y compris sur les canaux offerts par "la toile" ! ;)

Fraternellement, en Jésus notre Unique sauveur !
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Re: Faut-il croire aux miracles ?

Message non lu par Phenix »

Mac a écrit :Donc ce qui ce passe à lourde est en parfaite concordance avec les textes de l'évangile et même de l'ancien testament qui parlent de la manière d'accorder du seigneur. Le manque de foi, le levain des pharisiens est un handicap pour les guérisons. Dieu n'exauce pas tout comme pour les paralytiques qui sont restés sur le carreau à la piscine de Siloé, comme pour ceux qui n'ont pas été guérit à Nazareth lorsque le Seigneur fut rejeté par sa patrie, comme dans le cas de la parabole du juge qui se fait longtemps prier, comme cela aurait été le cas pour la cananéenne si elle n'avait pas insister ( pour ne pas dire chialer, car je pense que c'est ce qu'elle a dû faire vu le refus du Seigneur au départ), comme pour les lèpreux dans l'exemple de Naaman le Syrien. " Sil avait la foi, je les aurais guéris".
Je reviens sur le fait que vous pensez que toutes les persnnes de Lourdes ne sont pas gueris car toutes n'ont pas la foi, d'après ce que vous pensez.

Je viens de lire un texte intéressant hier soir, qui pourrait laisser penser le contraire: “Toute la foule cherchait à le toucher [Jésus], parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.” (Luc 6:19). “On allait jusqu’à apporter les malades dans les grandes artères et les déposer là sur des petits lits et des lits portatifs, afin qu’au passage de Pierre son ombre au moins atteignît l’un ou l’autre d’entre eux. Même des villes autour de Jérusalem, la multitude s’assemblait, amenant des malades et des gens tourmentés par des esprits impurs, et tous étaient guéris.” (Actes 5:15, 16).

Si on examine le contexte de Luc 6:19 par exemple, on remarque qu'il y avait "les disciples" mais aussi "une grande multitude de gens" venant de différentes régions. Or à l'époque, seul ceux qui étaient disciples du Christ et donc le suivez, avaient réellement la foi; car, comme le dit Jacques, la foi sans oeuvre est morte (Jacques 2:26).

De nos jours, ceux qui vont voir un guérisseur religieux ou qui se rendent dans un lieu de pèlerinage (Lourdes en l'occurence) dans l’espoir d’un rétablissement sont-ils tous guéris?
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Raistlin
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Re: Faut-il croire aux miracles ?

Message non lu par Raistlin »

Phénix,

Dieu reste libre de guérir qui Il veut. Il n'est nullement tenu de guérir tous ceux qui le Lui demandent.

Les passages que vous citez ne sauraient éclairer ce qui se passe à Lourdes (ou dans d'autres sanctuaires) pour la simple et bonne raison qu'ils sont propres au temps où le Seigneur marchait sur la Terre. Et rien n'oblige Dieu à continuer à agir ainsi (à moins que vous ne vouliez expliquer à Dieu comment il devrait agir ?).

Il est vrai que depuis le départ du Christ, les miracles - même s'ils demeurent une réalité de l'Église depuis 2000 ans - sont moins nombreux. Mais il faut bien comprendre à ce sujet que la pédagogie de Dieu n'a pas pour but de satisfaire tous nos caprices : Dieu est d'abord là pour nous éduquer, dans la foi, à la charité, à l'abandon et à la confiance.
Un miracle n'est jamais seulement un cadeau personnel, c'est avant tout un signe pour la communauté.

Cordialement,
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coeurderoy
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Re: Faut-il croire aux miracles ?

Message non lu par coeurderoy »

D'ailleurs notre incrédulité est telle que nous ne prenons pas attention à ces miracles permanents :

: Vie de l'esprit et de l'âme vivace chez ceux qui ont connu l'horreur (morts d'enfants, guerres
d'extermination, régimes totalitaires, etc)

- Eternelle jeunesse et harmonie de la nature (plantes, bêtes, minéraux) malgré les agressions de
l'homme contre ce miroir divin

-Présence du Christ, dans les saints, à Auschwitz, Calcutta, dans les hôpitaux, prisons, lieux de mort...

-Vitalité de l'Eglise "malgré tout" !

- Présence de Jésus, dans l'Eucharistie, les âmes et les coeurs

-Infinie patience du Créateur envers ses créatures égarées, hargneuses, ingrates, peccamineuses...
"Le coeur qui rayonne vaut mieux que l'esprit qui brille"

Saint Bernard de Clairvaux
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Re: Faut-il croire aux miracles ?

Message non lu par Corso »

Astoria a écrit :
L'évidence n'est que le fruit de l'intuition et des sens. Ce ne serait pas la première fois qu'ils nous trahissent.
Les postulats de la raison, comme par exemple « deux grandeurs égales à une troisième sont égales entre elles », sont aussi des évidences.

Et encore une fois pour qualifier une évidence de fausse évidence il faut en faire la preuve, preuve qui en l’occurrence ne pourrait s’inscrire que dans un paradigme déterministe aujourd’hui dépassé.

Ensuite il y a encore une autre difficulté, qui rejaillit sur la raison elle-même. En effet que serait la raison sans la liberté ? Eh bien ce ne serait plus « la raison », à proprement parler, mais un système formel, c’est à dire un système qui produit mécaniquement des formules et propositions en fonction de règles d’inférence et de paramètres d’entrée, le même fonctionnement qu’un programme de calcul d’ordinateur. Si donc la liberté est une illusion cela équivaut à dire que notre programme de calcul a produit une erreur, et dans quel cas un programme de calcul produit un résultat faux ? Lorsque la liste des paramètres en entrée n’est pas la bonne (évoquer la possibilité qu’il y ait un bug dans le programme ouvre un autre débat...). Ceci s’applique parfaitement à une erreur du type : « Je vois le bâton immergé partiellement dans l’eau, tordu, donc il est tordu ». Ici il n’y a qu’un seul paramètre en entrée « Je vois le bâton immergé partiellement dans l’eau ». Mais si vous mettez en entrée les bons paramètres vous obtenez : «Je vois le bâton immergé partiellement dans l’eau, tordu, et je connais les lois sur la réfraction établies par Descartes, donc il n’est pas tordu, ce n’est qu’une illusion d’optique ». Le fait d’avoir rajouté les lois de Descartes en paramètre d’entrée permet de produire le bon résultat. Donc nous voyons que dans ce cas-là nous pouvons expliquer de façon déterministe la production de l’erreur tout comme la production du bon résultat et nous voyons même que le mécanisme qui permet de passer de l’erreur à la vérité est un mécanisme d’apprentissage tout aussi déterministe.

Mais la liberté pourrait-elle être une erreur du même type qu’une illusion d’optique et rectifiable de la même manière ? Non car la liberté porte sur le programme lui-même, c’est à dire qu’elle affirme quelque chose au sujet de l’homme, homme réduit à un programme de calcul dans le cadre d’une théorie sans liberté. Par conséquent il faudrait que le programme se prenne lui-même en paramètre pour d’abord produire un résultat erroné puis ensuite se corriger. Le problème c’est qu’un programme qui admet comme un de ses paramètres d’entrée, lui-même, n’est plus un programme, c’est tout le problème de l’auto-référence, avis aux informaticiens...

Nous sommes donc conduits à cette absurdité lorsque nous nions la liberté, et au passage nous voyons que la raison ne peut s’identifier à un simple système formel, plus exactement tous ses jugements ne sont pas formalisables, ainsi en est-il de ses jugements auto-référentiels. Le « Connais toi toi-même » de Socrate est donc bien une injonction de la libre raison, dont la portée est au-delà de tout programme éducatif ou d’apprentissage.




Astoria a écrit :
Je ne suis pas d'accord, le résultat est déterminé, vous saviez déjà que vous trouveriez l'électron à Paris où à New York.
Un état quantique constitué d’une superposition d’états déterminés est un état indéterminé. La règle c’est : déterminé + déterminé = indéterminé, l’état avant la mesure est (1/2)|Paris> + (1/2)|New-York>, donc indéterminé.

C’est là qu’il ne faut pas faire de confusion avec le paradigme classique: déterminé + déterminé = déterminé. Par exemple, |Cet homme est gros> + |Cet homme est grand> =|Cet homme est gros et grand>, même plus |l’homme gros et grand> est plus déterminé que |l’homme simplement gros> et que | l’homme simplement grand>. Mais |Cet homme est gros> + |Cet homme est maigre> n’existe tout simplement pas classiquement, il existe cependant en quantique comme état indéterminé.

La raison en est que dans le cadre classique, un objet possède ses déterminations indépendamment de la mesure, alors qu’en quantique c’est la mesure qui va faire acquérir une détermination bien particulière à l’objet, avant la mesure il les possède toutes: la mesure est la mise en rapport de l’objet avec l’appareillage instrumental, c’est seulement à ce moment-là qu’il acquiert une détermination classique. La mécanique quantique est positiviste en ce sens qu’elle n’accorde aucune existence aux déterminations classiques en dehors d’un fait, et ce fait c’est la mesure.

Exemple : classiquement, lorsque vous dites cet homme est bon, vous sous-entendez qu’il est bon indépendamment de son rapport avec les autres et que les autres ne peuvent que prendre acte de sa bonté intrinsèque. En quantique ce n’est plus possible : cet homme ne peut être bon en dehors de son rapport avec les autres, c’est son rapport avec les autres qui va être la mesure de sa bonté, avant il est « bon et méchant », après mesure, c’est à dire mise en rapport avec les autres (dispositif de mesure), il est ou bien bon ou bien méchant.

Il me semble que vous faites aussi une confusion entre « état lié » et « état déterminé ». L’état (1/2)|Paris> + (1/2)|New-York> n’est pas un état déterminé, mais c’est un état lié car probabilisable : une chance sur deux d’être à Paris ou New-york. Mais il existe aussi des états non liés, c’est à dire non probabilisables, c’est le cas lorsque vous avez une incertitude infinie sur la position (voir les inégalités d’Heisenberg lorsque la vitesse est parfaitement déterminée), à ce moment-là l’incertitude est radicale: vous ne pouvez plus assigner de probabilités en fonction de la position. Mathématiquement cela veut dire que la fonction d’onde n’est pas normalisable, elle ne représente donc plus une probabilité de présence.

Astoria a écrit :
Jouons aux dés. Si j'en lance 1, j'ai 1 chance sur 6 d'avoir 1,2,3,4,5 ou 6.
Le résultat est connu.
Non : la loi de probabilité est connue, mais pas le résultat de l’expérience.

Astoria a écrit :
Dans le cas du hasard, je lance mon dé et là j'obtiens 1,2,42 ou 399,547.
C’est le cas que j’ai évoqué plus haut d’une expérience non-probabilisable, un cas particulier du hasard: il n’y a pas de différence de nature avec une expérience probabilisable, également hasardeuse, simplement une différence de degrés : l’une est plus hasardeuse que l’autre du fait de l’impossibilité de lui donner une loi de probabilité.
Astoria a écrit :
D'où mon extrapolation sur les fentes d'Young.

J'aime beaucoup cet exercice de pensée! On ne sait plus quoi penser de la particule: onde ou corpuscule?
Alors justement, allons plus loin, car la théorie quantique des champs va plus loin que la mécanique quantique. Pour comprendre le changement paradigmatique entre la mécanique quantique (dite classique) et la théorie quantique des champs, le plus simple est de partir de l’état non-lié précédent, nous avons vu que dans ce cas-là la fonction d’onde ne peut plus être interprétée comme l’onde de probabilité d’une particule, si donc elle n’est plus l’onde de probabilité de la particule alors qu’est-elle ?

Pour lui redonner une signification, il faut utiliser l’équivalence suivante : « un être occupant toutes les positions à la fois est équivalent à plusieurs êtres virtuels remplissant tout l’espace ». Pour faire simple: occuper 2 positions à la fois c’est se dédoubler, n positions à la fois c’est se démultiplier. Dans le registre parapsychologique (voir le cas Emilie Saget) ou la vie des Saints (voir le cas Padre Pio) la bilocation équivaut bien à un dédoublement, c’est à dire que le double est un autre virtuel de soi-même, occupant un lieu différent. On retrouve également cette notion de double dans la fylgja des sagas nordiques, le doppelgänger des Allemands (voir Goethe) et dans bien d’autres cultures.

La particule est donc remplacée par un champ de particules virtuelles, les coordonnées spatiales ne représentent plus la position d’une particule mais indexent les particules virtuelles. Point important à noter : dans ce nouveau paradigme il y a possibilité d’auto-action, vous vous dédoublez et puis vous serrez la main à votre double, en fait vous vous serrez la main. Il s’agit de l’auto-action du champ, le champ agit sur lui-même. Le rapprochement avec la conscience consciente d’elle-même, c’est à dire qui se prend elle-même pour objet, est évident, nous avons donc ici, contrairement au déterminisme classique vu plus haut, qui coinçait sur l’auto-référence, la possibilité de modéliser une auto-action.

Ce paradigme peut paraître surréaliste aux yeux du béotien, mais c’est le paradigme de la physique contemporaine, celui permettant notamment de comprendre et prédire les phénomènes se produisant dans les accélérateurs de particules.

Autre point fort de ce paradigme et c’est le cas de le dire : il permet d’identifier un champ de particules avec un champ de force classique, ainsi le champ électro-magnétique est un champ de photons. Pour faire simple cette force à distance, que du temps de Newton certains qualifiaient de magique car s’exerçant sans contact, découle en fait d’un échange de particules virtuelles. D’ailleurs pour ne pas qu’il y ait d’ambiguïté avec la physique classique et pour bien insister sur le fait que cet échange modifie l’énergie du système, on parle plutôt de « quanta d’énergie », lorsqu’un footballeur en fait chuter un autre en lui shootant dedans, on peut dire qu’il lui a balancé un « quantum d’énergie », à savoir l’énergie cinétique du ballon. La description en terme de propagation de quanta et de niveaux d’énergie est bien plus pertinente en théorie quantique des champs. Peut-être Jung y songeait-il, lui qui ayant travaillé avec le grand physicien Wolfgang Pauli, intitula un de ses ouvrages « les énergies de l’âme ».

Plus précisément lorsque par exemple un aimant repousse un autre aimant, des particules virtuelles viennent à l’existence, elle sont créées, puis elles se propagent d’un aimant à l’autre et sont ensuite annihilées, c’est le fameux processus de création-annihilation de particules. Si l’on fait une analogie avec la conscience : la sensation naît, elle se propage dans la conscience, puis s’annihile. Mais là où ça se complique terriblement, c’est que lorsque l’on fait les calculs (intégrales de chemin) on s’aperçoit que même les particules virtuelles qui n’existent pas, qui n’ont pas été créées et qui ne sont que virtuelles contribuent à la force d’interaction. Comment donc quelque chose qui n’existe pas, qui est seulement possible peut-il contribuer à produire un effet réel ? Eh bien là encore nous avons la violation d’un postulat classique qui affirme que seul l’être en acte peut être une cause efficiente. Des particules seulement en puissance d’être, donc n’existant pas (encore) contribuent à produire un effet réel. Cela pourrait d’ailleurs remettre en cause le caractère absolu de l’existence actuelle, qui ne serait plus qu’une manifestation relativement à un dispositif de mesure (à un certain univers), et sur cette manifestation des êtres non manifestés pourraient agir de façon invisible.

Et de nouveau il y a une analogie frappante avec la conscience: prenons le cas d’un orateur qui doit s’exprimer devant un auditoire. Soit il a appris à l’avance son discours, il connaît son discours avant de le dire ou formulé autrement « le discours s’est déjà manifesté », le discours est mémorisé et donc il ne reste plus qu’à le débiter mécaniquement en y mettant du trémolo pour faire naturel, d’un point de vue déterministe cela s’explique parfaitement. Mais lorsque l’orateur improvise, comment peut-il tenir un discours qui n’existe pas encore, d’un point de vue déterministe on serait tenté de dire que puisque le discours n’existe pas encore, qu’il n’y a donc rien de mémorisé, l’orateur va débiter n’importe quoi et n’arriver à sortir quelque chose de cohérent qu’après plusieurs essais infructueux. Or nous savons que certains orateurs excellent dans l’art de l’improvisation, ils parlent avant de connaître ce qu’ils disent. On pourrait dire que chez eux la connaissance non encore manifestée de ce qu’ils vont dire influe déjà sur ce qu’ils disent.


Astoria a écrit :

Soit mais je mettais l'accent sur la nature des porteurs de charges. Dans les nerfs et au niveau des connexions synaptiques, ces porteurs ont la taille de l'atome (dimension autour de l'Angström) alors que des électrons dans un circuit ont une taille beaucoup plus petite (voire une dimension nulle). Vous voyant venir avec le principe d'Heisenberg, j'ai voulu prendre les devants.
Un atome est une particule quantique, régie par la mécanique quantique, tout comme l’électron. Ne me dites pas que vous croyiez, parce que la taille de l’atome est plus grande que celle de l’électron que l’atome relevait de la physique classique ?
Astoria a écrit :

Il faut bien s'entendre sur ce qui ne peut voyager plus vite que la vitesse de la lumière. L'énergie ne peut dépasser c. Mais une information ne transportant pas d'énergie?
Diable, si vous connaissez un moyen de transporter de l’information sans transporter de l’énergie vous êtes le futur prix nobel, plus besoin d’onde hertziennes ou de fils électriques pour recevoir les infos. Je pense que vous vouliez dire une « non-information », puisque l’émetteur (celui qui réalise la mesure) ne peut qu’émettre un signal aléatoire, le contraire d’une information.
Astoria a écrit :
Quand vous parlez de particules jumelles, est-il raisonnable de les considérer comme séparées?
Si le système de particules intriquées est considéré comme un tout, la causalité n'est pas violée.
D’un point de vue classique, elles sont séparées, et d’un point de vue classique la causalité est donc violée, cela n’a pas échappé à Einstein, qui souhaitant rester dans un paradigme classique a contesté la complétude de la mécanique quantique. Bohr n’a pas vraiment contesté que le paradigme classique soit violé, au contraire, mais il a contesté l’avis d’Einstein comme quoi la mécanique quantique serait incomplète (la suite lui a donné raison contre Einstein), et qu’il fallait désormais faire avec un nouveau paradigme. Mais de toute façon en quantique, il n’y a plus de causalité au sens classique, étant donné que « les mêmes causes ne produisent pas toujours les mêmes effets »

Astoria a écrit :
Parce que le sujet a un cerveau. Le problème pour le cerveau est qu'il n'y a que lui-même pour l'expliquer. Et ça ne réfute pas une vision mécaniste.
C’est tout sauf une réponse scientifique, c’est comme si vous répondiez qu’une voiture va vite parce que c’est une voiture, vous avez en fait éludé la question du modus operandi, la bonne réponse aurait été parce qu’elle a un moteur à 4 temps qui développe telle puissance, assorti d’une description du fonctionnement.
Astoria a écrit :
Je crois comprendre que vous voulez parler de zététique. Vous savez je ne m'attache guère à la renommée d'un scientifique, ce n'est pas elle qui va me convaincre mais ses arguments.
Encore faut-il les comprendre et pour cela avoir pris connaissances de leurs travaux, si en science il n’y a pas d’autorité, en tout cas il y a des références.

Voilà en tout cas une étude fort intéressante sur la « psychée quantique », quoique difficile lorsque l’on n’a pas les bases suffisantes en quantique.

http://www.physics.nus.edu.sg/~phybeb/Psyche26.pdf
Cette délicate patine,
ces superbes dorures.

Et les siècles de sagesse
qu'ils contiennent.

J'en connais qui tueraient
pour cette collection.
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GuilhemMaurice
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Re: Faut-il croire aux miracles ?

Message non lu par GuilhemMaurice »

Bonjour,

Je suis à la recherche de références du magistère à propos des miracles et de leur nécessité dans la foi.

Je viens de survoler le forum et encore une fois je suis sidéré par les messages de ...chevy. (Rendez-vous s'il vous plait si vous me lisez!)

Peut-être que j'ai zappé les références mais je voudrais connaître la position du magistère dessus: faut-il croire aux miracles? Je veux dire est-ce qu'il est nécessaire de croire aux miracles de Lourdes par exemple, des évangiles, etc...? Est-ce un péché que de ne pas y croire?

En vous remerciant d'avance.

PS: cela ne concerne pas un doute personnel mais j'ai besoin de tenir un discoours avec des références qui me manquent pour le moment...
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Raistlin
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Re: Faut-il croire aux miracles ?

Message non lu par Raistlin »

GuilhemMaurice a écrit :Peut-être que j'ai zappé les références mais je voudrais connaître la position du magistère dessus: faut-il croire aux miracles? Je veux dire est-ce qu'il est nécessaire de croire aux miracles de Lourdes par exemple, des évangiles, etc...? Est-ce un péché que de ne pas y croire?
Faut-il croire aux miracles ? Drôle de question... Comment voulez-vous faire autrement alors que le coeur de la foi chrétienne, c'est un authentique miracle : la Résurrection du Seigneur ? Saint Paul le dit lui-même : si le Christ n'est pas ressuscité, vaine est notre foi.

Donc oui, les miracles font partie de l'Écriture et donc de la foi catholique. Oui, vous devez croire que Dieu peut faire des miracles et qu'Il en a fait au cours de l'Histoire Sainte. (Au demeurant, la raison ne s'oppose nullement à la possibilité du miracle, c'est l'idéologie matérialiste qui refuse cette idée... mais le matérialisme n'est pas toujours rationnel.)

En revanche, pour ce qui est des apparitions, des miracles de Lourdes, etc. l'Église ne vous commande rien. Vous n'êtes nullement obligé d'y croire.
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GuilhemMaurice
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Re: Faut-il croire aux miracles ?

Message non lu par GuilhemMaurice »

Raistlin a écrit :
GuilhemMaurice a écrit :Peut-être que j'ai zappé les références mais je voudrais connaître la position du magistère dessus: faut-il croire aux miracles? Je veux dire est-ce qu'il est nécessaire de croire aux miracles de Lourdes par exemple, des évangiles, etc...? Est-ce un péché que de ne pas y croire?
En revanche, pour ce qui est des apparitions, des miracles de Lourdes, etc. l'Église ne vous commande rien. Vous n'êtes nullement obligé d'y croire.
Merci pour votre réponse. Effectivement je me suis mal exprimé, evidemment on doit croire aux miracles, à la notion de miracles en général. En fait, je me pose la question sur les miracles particuliers comme ceux de Lourdes ou ailleurs: quand l'Eglise reconnait un miracle particulier, doit-on absolument y croire? Est-ce une exigence essentielle de la foi que de croire que cet évènement particulier est un miracle?

Vous répondez qu'il n'est pas nécessaire de croire aux miracles de Lourdes. Je l'ai eu appris aussi mais j'aimerais me baser sur des instructions précises du magistère, avez-vous ces références? Il est très important pour moi de citer les sources pour ce que j'avance.
En vous remerciant d'avance.
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Raistlin
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Re: Faut-il croire aux miracles ?

Message non lu par Raistlin »

GuilhemMaurice a écrit :Vous répondez qu'il n'est pas nécessaire de croire aux miracles de Lourdes. Je l'ai eu appris aussi mais j'aimerais me baser sur des instructions précises du magistère, avez-vous ces références? Il est très important pour moi de citer les sources pour ce que j'avance.
En vous remerciant d'avance.
Il vous faudra alors chercher les textes de Rome sur la question. Je pensais les avoir sous la main mais je ne les retrouve pas.

Cela étant dit, je suis certain de ce que j'avance : les apparitions privées, même reconnues par l'Église, n'engagent pas la foi du fidèle car elles n'appartiennent pas à la Révélation. Elles peuvent découler mais ne faisant ni partie de l'Écriture, ni de la Tradition, ni du Magistère, elles ne sauraient exiger l'adhésion du fidèle. Cependant, l'Église recommande fortement, dans certains cas, d'y adhérer.
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bnauchocolat
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Re: Faut-il croire aux miracles ?

Message non lu par bnauchocolat »

Bonjour,

je me suis renseigné sur le miracle de fatima et il apparaît difficile de nier ce qui s'est passé :

1) Trois enfants pauvres disent avoir vu Marie.
Il apparaît déjà peu probable que des individus de 10 ans inventent de tel faits, bien loin des préoccupations d'un enfant.
On peut imaginer les pressions qu'ils ont subi de la part des villageois. Pressions psychologiques, physique, il semble même qu'ils aient été en prison. Malgré cela ils persistent dans leur témoignage.
Pourquoi inventer des apparitions une seule fois par mois, sur une période de 5 mois ??

2) Le journal anticlérical fait la une sur le fait surnaturel . On ne peut donc douter de la véracité des autres témoignages.

Marques da Cruz dans un livre relève le témoignage de sa soeur. Elle dit avoir vu saint joseh avec l'enfant Jesus.
Profondément impressionnée, je me suis écriée moi-même : « Oh ! Mon Dieu ! Que votre puissance est donc grande !... ». Et au même moment je vis Saint Joseph avec l’Enfant Jésus sur les bras, au milieu du soleil,
Les trois enfants diront aussi avoir vu saint joseph.

3) Le miracle a lieu a l'endroit, le jour et à l'heure prévu trois mois à l'avance.

4) Les trois secrets de fatima qui se sont déroulés.
L'attentat contre Jean paul 2 s'est déroulé le 13 du mois, comme les apparitions de Marie.

5) Soeur Lucie a passé sa vie dans un couvent. Pourquoi aurait-elle fait cela si tout était faux ?
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