antoinemarie a écrit :La guitare n'est pas un instrument liturgique…
D'accord. Je ne sais pas jouer de l'orgue : vous pensez qu'une messe a capela pour un mariage, c'est mieux ?
A la base, le chant liturgique est a capella. On peut presque considérer l'orgue comme un abus liturgique, il n'a été admis qu'à la Renaissance (et encore, assez tard dans celle-ci je crois). Les Orientaux proscrivent toujours les instruments dans leur liturgie.
Le problème de la guitare, c'est que je ne connais guère de chant liturgique traditionnel qui s'accompagne à la guitare. Tout ce qu'on a vu se développer à la guitare depuis 40 ans, ce sont des chansonettes insipides inspirées de la variété la plus mièvre. Je n'exclus pas qu'on puisse faire mieux, mais je ne l'ai jamais entendu .
Le culte divin mérite mieux que des chansonettes, un mariage aussi. Pour ce dernier, n'était-il pas possible de trouver un organiste disponible?
rendre un culte à Dieu, digne de ce nom
Qui est capable de savoir si le culte rendu à Dieu est digne ou non ? Ce qui est important c'est la validité de l'Eucharistie et la proclamation de la Parole de Dieu.
Je ne suis pas relativiste : je préfère largement les cérémonies avec une belle liturgie.
Maintenant c'est comme le baptême d'intention : Dieu voit notre coeur et pas uniquement la forme extérieure de la liturgie qui doit être au service du culte en Esprit et en Vérité que nous rendons au Seigneur.
Réduire à liturgie à une forme extérieure à but simplement esthétique, qui entoure une Eucharistie devant simplement être valide (il suffirait alors de prononcer les parties principales de la Prière Eucharistique pour que la messe soit "valide"), est beaucoup trop réducteur. Comme le dit l'adage traditionnel,
Lex orandi, lex credendi, la loi de la prière est la loi de la foi, autrement dit on croit comme on prie. La liturgie sacrée qui nous a été transmise par l'Eglise est articulée autour de l'Ecriture Sainte: essentiellement, ce sont des psaumes, des cantiques de l'Ancien et du Nouveau Testament), bref c'est l'Ecriture Sainte
vécue et transmise en Eglise, à travers les temps liturgiques: la proclamation de la Parole ne se limite pas aux 2 ou 3 lectures du jour, mais imprègne toute la liturgie du début à la fin. A cela s'ajoutent les prières fortement théologiques qui ont été rajoutées au cours des siècles.
La liturgie est également une mystagogie, un enseignement et une appropration des mystères par les symboles, symboles non pas décryptés analytiquement, mais vécus et contemplés. Enfin, c'est aussi, bien sûr, un culte rendu collectivement à Dieu, qui se doit d'être digne et soigné.
N'oublions pas aussi que la liturgie est une source doctrinale, que des choses qui n'ont pas forcément été explicitées sont vraies parce qu'elles font depuis toujours partie de la pratique liturgique. Un exemple, si la proclamation de l'Immaculée Conception en tant que dogme au bout de 19 siècles d'Eglise est crédible, c'est entre autres parce que bien avant d'être un dogme explicite, la fête de la Conception de Marie a toujours été célébrée, en Orient aussi bien qu'en Occident.
Bien sûr, il y a une croissance et une évolution de la liturgie au cours des âges - mais cette croissance, quand elle se fait en Eglise, sous l'inspiration de l'Esprit, est lente et organique, pas réinventée du jour au lendemain par un ingénieur ou un bricoleur liturgique et ensuite imposée de force. C'est là tout le problème de la réforme liturgique: un Novus Ordo inventé par un comité de liturgistes, au prix d'un charcutage sans nom de la Tradition de l'Eglise latine. Et maintenant, des bricoleurs, clercs ou laïcs "engagés", qui se croient permis d'inventer des trucs dans un but "pastoral" ou des symboles à la mesure de leur entendement fort médiocre, au lieu de se laisser enseigner par l'Eglise.
Respectons les formes
sacrées transmises par la Tradition, laissons-nous enseigner par elles au lieu d'écouter notre amateurisme, efforçons-nous de retrouver ce qui a été perdu et de comprendre, de contempler et de conserver ce qui ne l'a pas été.
In Xto,
archi.