cracboum a écrit :J'ai tenu la porte à une vieille dame qui marchait difficilement avec sa canne (pourquoi diable ne s'en séparait-elle pas ?), et pour ne pas me faire attendre la vieille dame a forcé l'allure, esquissant une grimace de douleur.
Le sourire qu'elle m'a adressé ensuite contrastait avec son regard ou se lisaient offrande de soi et pardon, que j'imagine être celui des martyres à leur bourreau.
N'étant pas une petite vieille moi-même, mais un homme parfaitement valide et encore droit sur mes deux pieds, chaque fois qu'un individu poli et obligeant me tient la porte alors que je ne suis encore qu'à 30 mètres de lui, cela me pousse inévitablement à presser le pas, voire courir ! pour éviter de faire attendre, répondant ainsi à une politesse par une autre politesse (plus ou moins contrainte). Avec cette idée désagréable que je serais parfaitement salaud si je décidais au contraire de ne rien changer à mon allure, et de laisser mon bienfaiteur attrapper quelques crampes le temps que je le rejoigne, alors que finalement, c'est mon droit le plus légitime...
Dans le même style de politesse : l'automobiliste qui veut vous obliger à traverser alors que vous ne voulez pas. Vous avez mis un premier pied sur le trottoir, avant de remonter précipitamment pour ne pas vous faire écraser. Et à présent, la voiture décide de poireauter tant que vous n'aurez pas traversé. Finalement après une petite hésitation (traversera... traversera pas... ?), vous vous décidez à tenter de nouveau votre chance sur la chaussée, lorsque l'automobiliste, exactement au même moment, a l'idée de redémarrer (parce qu'il vous voit hésiter) : 2e retour précipité sur le trottoir pour ne pas se faire écraser ! Cette fois-ci, c'est décidé : vous ne remettrez pas les pieds sur la route tant que la voiture sera là devant. Et ça peut durer longtemps comme ça... Aussi, à présent, systématiquement, je contourne la voiture par l'arrière, ainsi aucun risque (sauf cas rarissime de marche arrière délibérée pour écraser le piéton récalcitrant, qui ose résister à la politesse la plus élémentaire).