Cet événement est raconté par trois évangélistes.
Vous citez Jean. Vous pouvez compléter avec Marc (chapitre 6):
45. Et aussitôt il obligea ses disciples à monter dans la barque et à le devancer sur l'autre rive vers Bethsaïde, pendant que lui-même renverrait la foule.
46. Et quand il les eut congédiés, il s'en alla dans la montagne pour prier.
47. Le soir venu, la barque était au milieu de la mer, et lui, seul, à terre.
48. Les voyant s'épuiser à ramer, car le vent leur était contraire, vers la quatrième veille de la nuit il vient vers eux en marchant sur la mer, et il allait les dépasser.
49. Ceux-ci, le voyant marcher sur la mer, crurent que c'était un fantôme et poussèrent des cris ;
50. car tous le virent et furent troublés. Mais lui aussitôt leur parla et leur dit : « Ayez confiance, c'est moi, soyez sans crainte. »
51. Puis il monta auprès d'eux dans la barque et le vent tomba. Et ils étaient intérieurement au comble de la stupeur,
52. car ils n'avaient pas compris le miracle des pains, mais leur esprit était bouché.
53. Ayant achevé la traversée, ils touchèrent terre à Gennésaret et accostèrent.
Et avec Matthieu (chapitre 14):
22. Et aussitôt il obligea les disciples à monter dans la barque et à le devancer sur l'autre rive, pendant qu'il renverrait les foules.
23. Et quand il eut renvoyé les foules, il gravit la montagne, à l'écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul.
24. La barque, elle, se trouvait déjà éloignée de la terre de plusieurs stades, harcelée par les vagues, car le vent était contraire.
25. A la quatrième veille de la nuit, il vint vers eux en marchant sur la mer.
26. Les disciples, le voyant marcher sur la mer, furent troublés : « C'est un fantôme », disaient-ils, et pris de peur ils se mirent à crier.
27. Mais aussitôt Jésus leur parla en disant : « Ayez confiance, c'est moi, soyez sans crainte. »
28. Sur quoi, Pierre lui répondit : « Seigneur, si c'est bien toi, donne-moi l'ordre de venir à toi sur les eaux. » -
29. « Viens », dit Jésus. Et Pierre, descendant de la barque, se mit à marcher sur les eaux et vint vers Jésus.
30. Mais, voyant le vent, il prit peur et, commençant à couler, il s'écria : « Seigneur, sauve-moi ! »
31. Aussitôt Jésus tendit la main et le saisit, en lui disant : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »
32. Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.
33. Ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, en disant : « Vraiment, tu es Fils de Dieu ! »
34. Ayant achevé la traversée, ils touchèrent terre à Gennésaret.
Si on reprend la scène, on voit que les disciples partent d'un côté du lac pour se rendre de l'autre côté, sans Jésus.
En lisant les autres versions, on voit que Jésus ne peut être arrivé avant eux, d'une manière ou d'une autre, sur l'autre rive.
Vingt-cinq ou trente stades équivalant à quatre ou cinq kilomètres, la barque ne se trouvait alors probablement qu'au milieu du lac qui en mesure une douzaine dans sa plus grande largeur.
Pourtant la nuit était avancée (ils sont partis après la multiplications des pains, peut-être après le repas du soir) et ils avaient ramés longtemps (la quatrième veille correspond à la période de 3 à 6 heures du matin). De plus, quand on rame, on voit d'où on vient, pas où l'on va. Donc, Jésus les suivait, il ne les précédait pas. Il ne semblait pas se chercher un "lift" non plus: selon Marc, il s'apprêtait à les dépasser!
Il faut aussi garder en mémoire que certains de ces disciples étaient des pêcheurs d'expérience, habitués à naviguer sur ce lac (comme c'est le seul dans le coin, on ne peut le confondre avec un autre). Ils auraient été capables de voir si Jésus arrivait en bateau, même s'il faisait encore nuit, encore plus si le jour commençait à pointer! De plus, on peut le redire, ils connaissent très bien ce plan d'eau qui peut s'avérer typiquement très houleux en cas de tempête (quand j'y suis allée, la veille il y en avait justement eu une et plusieurs quais avaient été emportés tant elle avait été violente). Notez aussi que le vent était contraire, ce qui ajoutait au danger de cette traversée: on perçoit bien la peur des disciples, même celle de Pierre qui est pourtant expérimenté!
Le fait qu'ils touchent presqu'immédiatement terre, selon Jean, peut être expliqué de différentes façons: ayant déjà marché sur les eaux, Jésus n'en est pas à un miracle près et peut avoir ramené la barque à bon port rapidement (ou le temps leur a paru beaucoup plus court une fois la tempête apaisée et le danger passé).
Bien sûr, on peut aussi y aller symboliquement et voir dans ces textes des métaphores expliquant que Jésus peut nous aider à traverser les tempêtes tout aussi métaphoriques si nous avons la foi... C'est à vous de voir!
J'espère que ça vous aide un peu: d'autres compléteront sans doute mieux que moi!
